L’Église catholique connaît un grand mouvement : des protestants qui se font catholiques. Certains fondamentalistes disent que ces témoignages ne valent rien parce qu’ils ne racontent pas comment Jésus les a sauvés du péché. Que pouvons-nous répondre ? »

Les histoires de conversion classiques présentées par les catholiques : le dénominateur commun

Je présente ci-dessous une critique protestante que j’ai lue dans une célèbre librairie en ligne, à propos de Surprised by Truth (surpris par la Vérité), un autre best-seller catholique aux États-Unis :

« On pourrait relever bien des similitudes entre les histoires de Bob Sungenis et de Julie Swenson. Mais celle qui me frappe le plus est celle-ci : outre la répétition constante des mêmes arguments en faveur de la suprématie romaine (p. ex. la négation de la suffisance de l’Écriture, la nature « fracturée » du protestantisme face à la prétendue unité de Rome, etc.), on ne voit pas nos convertis à Rome parler de comment ils en sont venus à prendre conscience de leur condition de pécheurs et à dépendre totalement du Christ pour tout leur salut (C’est moi qui souligne. Éd.)

Je parle de ce moment bouleversant où nous nous rendons compte que nous ne sommes rien devant Dieu, impuissants à nous sauver, ayant besoin d’un Substitut parfait, d’un Sauveur parfait. Ceux qui se sont véritablement Réformés savent de quoi je parle.

On ne renie pas facilement la justification par la foi pour accepter des concepts comme le purgatoire, les indulgences, le trésor des mérites et le sacrifice de la Messe, quand on s’est véritablement plongé dans ce que signifie être en paix avec Dieu par l’œuvre d’un autre, l’œuvre de Jésus-Christ (Romains 5, 1-2). Ceux qui se sont agenouillés au pied de la croix, désespérant de leurs propres œuvres et mérites, et qui ont vu, par la grâce de Dieu, la perfection de l’œuvre du Sauveur en leur faveur, ne peuvent pas embrasser vite ni facilement un système qui fait du salut une aventure menée à deux entre Dieu et l’homme.

M. Sungenis et Mme Swenson ont établi leur demeure à Rome. Mais une chose est sûre : ils n’ont jamais bâti de maison sur un fondement solide à Genève. Quiconque détient un titre de propriété là-bas sait qu’on peut y lire, tout en haut : Sola Scriptura, Sola Fide, Soli Deo Gloria.

 

Réponse à la critique

Notre ami dit :

« On ne voit pas nos convertis à Rome parler de comment ils en sont venus à prendre conscience de leur condition de pécheurs et à dépendre totalement du Christ pour tout leur salut. »

Bien sûr que non. Nous, catholiques, savons que les évangéliques (protestants) « nés de nouveau » sont bel et bien chrétiens, et qu’ils portent l’Esprit Saint. Ainsi, chercher comment « un évangélique se sauve en devenant catholique » est tout simplement un sophisme.

Mais — et c’est très important : tous les chrétiens évangéliques ne sont pas orthodoxes à 100 %. Croient-ils tous en la Très Sainte Trinité ? Au péché originel ? Au credo de Nicée (je crois en un seul Dieu, etc.) ? À la nécessité d’être baptisé pour appartenir à l’Église du Christ… etc. ? — non, ils ne le sont pas. Tous « deviennent sauvés », mais comment se fait-il alors qu’ils soient si confus sur ces questions ? La réponse est simple. Ce qui empêche les chrétiens évangéliques d’atteindre la vraie doctrine est la même chose qui empêche beaucoup de catholiques d’aimer le Christ : Le péché.

Un très grand défaut du catholicisme d’aujourd’hui est l’absence du kérygme (prêcher l’amour de Jésus et la manière dont il peut changer nos vies) dans le ministère. Mais il existe bel et bien (surtout avec la Mission 2000). Seulement, notre frère ne l’a pas cherché. Avez-vous entendu parler du Renouveau charismatique? Par ce mouvement, l’Esprit Saint a changé la vie de centaines de milliers de jeunes dans le monde entier. Ils ont été guéris de nombreuses maladies, physiques et psychologiques. De vrais miracles. Des guérisons. Des libérations. Le problème, c’est que, comme certains fondamentalistes disent que « l’Église catholique est du diable », tout cela n’est évidemment que des « tours de Satan » (bon, c’est ce qu’on disait déjà quand le Seigneur chassait les démons). Les chrétiens œcuméniques savent où se présente notre Seigneur.

Le vrai problème, c’est l’inertie anti-Église qui est à l’œuvre dans les familles, et celle-là, oui, elle est diabolique. Ses symptômes sont :

·Orgueil — « Pourquoi me confesser à un pécheur comme moi ? »
« Moi, ça va, je ne mens pas, je ne tue pas, je ne vole pas » (comme si les commandements étaient au nombre de 3 et non de 10)

·Paresse. « Bah, les chapelets, c’est fatigant… c’est ENNUYEUX ! Pourquoi jouer les grenouilles de bénitier quand je peux aller en boîte avec mes copains ? »

·Luxure. « Pourquoi l’Église ne se modernise-t-elle pas sur le sexe ? Ils sont d’un autre âge ! »

·Idolâtrie télévisuelle. « J’irai à l’église quand “ça me viendra”. Mais là, c’est le clásico, América contre Chivas, et je ne peux pas le rater ! »

·Donner plus d’importance au divertissement :
« Je savais bien qu’il y avait quelque chose qui clochait dans les messes… tous ces rituels ennuyeux et dépourvus de sens. Ici, on chante, ici, on joue de la guitare ! »

·Hypocrisie. « Vous voulez que MOI, j’aille me confesser à ces corrompus ? Regardez tous ces vols au Vatican ! ». Ah, mais quand on lui demande l’aumône… « oh, une autre fois, plutôt ».

·Cynisme. « Tout le monde sait que l’église est pleine d’hypocrites. Moi, au moins, j’accepte que Dieu m’a fait comme ça et que je ne peux pas changer »
(Et moi je demande : pourquoi critiquons-nous ? Faisons-nous quelque chose pour corriger ? Dénonçons-nous les corruptions auprès de l’évêque ?)

Il est très facile de rejeter la faute sur le clergé. « Ce sont eux qui m’ont fait pécher ! ». C’est là le chemin facile par lequel beaucoup vont à la perdition. Croyez-vous que l’Église catholique soit parfaite ? Bien sûr que non, mais nous sommes TOUS coupables. Nous péchons tous et nous crucifions TOUS le Christ. Dire que seuls les catholiques l’ont fait est un jugement bien grave.

NOUS SOMMES TOUS L’ÉGLISE


L’Église compte des personnes corrompues parce que nous sommes corrompus.
L’Église compte des personnes hypocrites parce que nous sommes hypocrites.
etc.

Les abus arrivent dans toutes les églises et dans toutes les dénominations. Il est très facile de rejeter la faute sur l’Église, parce qu’il n’y aura probablement pas de scandale dans une petite église fondée il y a 2 ans. Ou — pourrait-il y avoir un scandale dans une église d’un seul membre (moi et ma bible) ? Le protestantisme a tendance à tenir un double discours :
Quand il y a un scandale, ils disent : « Ce n’était pas dans MON église ». Mais quand leur église produit de bons fruits, ils disent : « Vous voyez ? NOUS — les protestants, nous avons raison ! »
Mais attendons quelque 10, 15 ou 20 ans, que l’église x grandisse un petit peu. Elle se divisera irrémédiablement. C’est ce qui se passe tout le temps. 30 000 églises protestantes dans le monde, qui se contredisent.

Poursuivons avec la critique :

Je parle de ce moment bouleversant où nous nous rendons compte que nous ne sommes rien devant Dieu, impuissants à nous sauver, ayant besoin d’un Substitut parfait, d’un Sauveur parfait. Ceux qui se sont véritablement Réformés savent de quoi je parle.

Quand quelqu’un trouve un grand trésor, il va le dire à tout le monde. Hé, regardez ! Je l’ai trouvé, je l’ai trouvé ! Imagine que tu participes à des fouilles archéologiques et que tu découvres la croix où le Christ est mort. Tu le dirais à tout le monde, non ? HÉ, J’AI TROUVÉ LA CROIX, J’AI TROUVÉ LA CROIX ! On la mettrait dans un musée où tout le monde pourrait la voir. Ou si tu trouvais son manteau, ou sa couronne d’épines. Et que se passe-t-il quand tu trouves son Église ? Cela ne serait-il pas important ? La même Église que Jésus a fondée. Exactement la même. Avec des défauts dus au temps, mais toujours les mêmes croyances, la même liturgie. La même Église. Ne le crierais-tu pas sur les toits ?

J’AI TROUVÉ SON ÉGLISE ! J’AI TROUVÉ SON ÉGLISE !

Les témoignages de protestants devenus catholiques NE SONT PAS ceux de pécheurs sans remède qui ont trouvé le salut.

Ce sont des témoignages de chrétiens déjà sauvés et rachetés qui ont trouvé la Vérité.

Dis-moi : commenterais-tu chaque paragraphe important de tous les livres de la Bible par toi-même, sans l’aide de personne, en croyant que l’Esprit t’illuminera à chaque instant ? L’Esprit Saint est l’Esprit d’humilité. Il faut être humble et admettre que l’on ne connaît pas toutes les réponses, lesquelles se trouvent DÉJÀ quelque part. Le christianisme n’est pas une religion du « faites-le vous-même ». C’est une religion fondée sur l’Église, laquelle repose à son tour sur le Christ. 1 Tm 3, 15 dit que l’Église est la colonne et le fondement de la Vérité. La philosophie du « faites-le vous-même » repose tout simplement sur l’orgueil. Il n’est pas possible de croire que l’Esprit Saint t’illuminera quand tu liras la Bible, et de croire en même temps qu’il n’a illuminé personne d’autre avant toi.

Et c’est de cela que parlent les témoignages catholiques. Le christianisme protestant repose sur « Dieu, la Bible et moi ». Réinventer la roue en interprétant la Bible à partir de zéro. Sans recherche, sans analyses linguistiques, ni même un peu d’histoire. En revanche, le dogme catholique est déjà complet. Rien de « mon pasteur dit ». L’ÉGLISE a dit, et elle n’en a pas changé. Contrairement à ce que font les Témoins de Jéhovah, il n’y a pas de « lumières nouvelles » (ou plutôt de lumières clignotantes) dans le catholicisme. Aucun pape n’a défini un dogme catholique qui en ait contredit un autre déjà défini. Un dogme se définit habituellement par ces mots : « Que celui qui contredit ceci soit anathème ». Les érudits catholiques ont déjà fait le travail d’interpréter la Bible, avec tous les éléments, en s’appuyant sur le travail d’autres érudits et des saints. Et cela sans mentionner le dépôt de la Foi (1 Tm 6, 20) qui vient à travers la Tradition orale (2 Th 2, 15) et se préserve dans la Succession apostolique (2 Tm 2, 2), et que nous pouvons lire dans les écrits des Pères de l’Église.

Il y a tant de mystères cachés dans la Bible… elle est si dense qu’il faut bien des années pour en découvrir un. Le plus caché et le plus difficile (pour certains) est le mystère de l’Église. Nous sommes tous l’Église, et l’Esprit Saint vit en chacun de nous, pour nous tous. Et nous participons à un même pain, et nos prières aident tous nos frères. Nous sommes un avec le Christ. UN. Ce lien se rompra-t-il quand nos tentes s’écrouleront ? Si tu ne comprends pas le mystère de l’Église, comment vas-tu comprendre l’intercession des Saints ?

Quand nous croyons avoir déjà étudié toute la Bible, nous la relisons et nous y trouvons du nouveau. Ces découvertes, enregistrées une à une, étaient déjà présentes dans les documents catholiques et les commentaires bibliques.

Vous voyez où je veux en venir ? Les témoignages des convertis catholiques ne parlent pas de Jésus comme personne, maintenant. Cela, ils l’ont déjà partagé avec beaucoup de gens il y a bien des années. Maintenant, ils parlent de Jésus comme Chemin, Véritéet Vie. Concordance doctrinale. Jésus a été persécuté et crucifié pour Sa doctrine (JE SUIS). Les pharisiens n’aimaient pas la doctrine selon laquelle les païens aussi pouvaient aller au ciel. Et il fut bien plus critique encore quand il dit qu’ils ne pourraient pas trouver la Vie dans les Écritures s’ils refusaient de venir à Lui.

C’est de cette autre persécution que parlent maintenant les protestants nés de nouveau devenus catholiques. Il s’agit d’être persécutés pour la Vérité. Laissez-moi vous rappeler que les ex-Témoins de Jéhovah subissent des persécutions semblables (expulsions, calomnies) quand ils découvrent que la religion dont ils étaient si sûrs pendant tant d’années n’était pas si vraie, après tout.

Le premier commandement dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton espritet de toutes tes forces.

Les convertis catholiques parlaient d’aimer le Seigneur avec leur cœur. Maintenant, aussi avec leur esprit. Avant, il nous fallait le lait spirituel. Maintenant, nous parlons de la nourriture solide. Avant, nous pensions comme des enfants ; maintenant, nous pensons comme des adultes.

Avant, c’était connaître Jésus (kérygme). Maintenant, c’est nous plonger dans Sa doctrine (catéchèse — théologie). Les évangéliques sont de FORMIDABLES évangélisateurs. Mais nos saints ont 2 000 ans d’avance dans l’exploration des confins de l’Amour de Dieu. Le traité du Purgatoire de sainte Catherine de Gênes n’en est qu’un exemple. Le Traité de l’Amour de Dieu, de saint François de Sales. Les Confessions de saint Augustin. Le Château intérieur de sainte Thérèse d’Avila. Et cela sans mentionner les Pères de l’Église — Eusèbe (Histoire de l’Église), Irénée (Contre les Hérésies), Justin Martyr (Dialogue avec Tryphon — un débat judéo-catholique assez complet). Il y a tant de saints remplis de témoignages sur l’amour de Dieu, la conversion, la Croix… de fait, sainte Thérèse d’Avila nous raconte que sa conversion vint de la vue d’une image de Jésus couvert de blessures pour les péchés des hommes. Les images ne nous aident-elles donc pas à accroître notre amour pour Dieu ?

Une remarque au critique : s’il voulait lire comment les catholiques racontent comment Jésus a changé leur vie, il a acheté le mauvais livre. Au lieu de lire « Surpris par la Vérité », il aurait dû lire « Jésus est Vivant » d’Emiliano Tardif : un livre sur l’amour de Jésus, ses miracles et le Renouveau charismatique, écrit pour les catholiques qui comprennent déjà les bases de la théologie catholique, comme le rôle de Marie dans notre salut… il y a tant de livres catholiques qui parlent de l’amour de Dieu.

Lisez les œuvres des saints. Lisez les Confessions de saint Augustin… la « Nuit obscure » de saint Jean de la Croix. Les livres des saints parlent tant de l’amour de Dieu pour l’humanité… mais si ce que vous cherchez, ce sont des livres d’évangéliques pécheurs qui ont découvert Jésus dans l’Église catholique, vous ne cherchez que des mensonges. Pourquoi ? Parce que les chrétiens évangéliques sont déjà chrétiens. À moitié, mais chrétiens.

Au fait, le critique suggère aussi que les chrétiens devenus catholiques « n’étaient pas sauvés », après tout. Dans ses propres termes, il dit : « Ceux qui se sont véritablement Réformés savent de quoi je parle ». Il ne peut pas accepter qu’il existe un vrai chrétien qui ne pense pas comme lui. Il est en train de dire que les protestants devenus catholiques ne s’étaient pas véritablement Réformés. Est-ce avec des préjugés que nous allons progresser dans l’amour ?

On ne renie pas facilement la justification par la foi pour accepter des concepts comme le purgatoire, les indulgences, le trésor des mérites et le sacrifice de la Messe, quand on s’est véritablement plongé dans ce que signifie être en paix avec Dieu par l’œuvre d’un autre, l’œuvre de Jésus-Christ (Romains 5, 1-2).

Bien sûr que non. Si tous le faisaient, ils se feraient catholiques. Voyons maintenant cette erreur subtile : penser que l’œuvre de Jésus N’EST PAS importante pour les catholiques. Elle l’est. Et elle est complète. Mais nous devons l’appliquer à nos vies. C’est pour cela que nous devons évangéliser : le Christ est déjà mort pour tous, mais beaucoup doivent encore l’accepter. Et nous péchons encore. Il ne s’agit pas ici de « la foi seule ». Il s’agit de « une fois sauvé = toujours sauvé ». Voyons comment certains passages « difficiles à comprendre » — Romains, Corinthiens, Philippiens, Jacques, Pierre, Jude… et jusque dans les évangiles eux-mêmes. Nous en tenir à quelque passage favori en ignorant le contexte et d’autres passages de la Bible, c’est nous en tenir à notre propre goût pour décider ce qui est la Vérité et ce qui ne l’est pas, en ignorant Jésus.

Le sacrifice de la Messe N’EST PAS une œuvre « d’hommes ». C’est le MÊME sacrifice que celui de Jésus sur la croix. C’est un mémorial actif et toujours présent. Pas une simple représentation. S’ils pouvaient sentir l’amour de Dieu en recevant la communion, ou en adorant le Christ dans le Très Saint Sacrement, ils se rendraient compte de ce qu’est réellement l’amour. Mais beaucoup ont peur d’accepter que leur système de croyances repose sur une analyse subjective de la vie et de leur entourage. « 200 millions d’évangéliques ne peuvent pas se tromper ! » (Évidemment, 144 000 témoins de Jéhovah ne peuvent pas se tromper non plus, si ? Surtout quand ils croissent si rapidement parmi les gens — cela DOIT venir de Dieu ! (oui, c’est ça). Quand tu acceptes que tu as pu te tromper, et que le catholicisme peut (peut) être l’Église que le Christ a fondée, tu commences à suivre les pas que les ex-Témoins de Jéhovah ont mis en pratique : mettre ta confiance en Dieu, et non dans ton église ni dans les réformateurs. Le réformateur Calvin lui-même a dit : « Revenez à l’Église primitive ! »

Ceux qui se sont agenouillés au pied de la croix, désespérant de leurs propres œuvres et mérites, et qui ont vu, par la grâce de Dieu, la perfection de l’œuvre du Sauveur en leur faveur, ne peuvent pas embrasser vite ni facilement un système qui fait du salut une aventure menée à deux entre Dieu et l’homme.

Agenouillés au pied de la croix… hummm… ça sonne très catholique, non ? Je me demande ce que diraient nos amis fondamentalistes en voyant leur frère s’agenouiller devant la croix. Idolâtrie, je suppose. « Ne vous agenouillez pas devant les images ! Regardez ce que vous êtes en train de faire ! ».
Mais revenons à notre affaire : l’œuvre du Sauveur en notre faveur. Je suis d’accord là-dessus… l’Œuvre de Dieu est parfaite. Mais NOUS , non. Je crois que notre frère évangélique voit le catholicisme comme une religion légaliste… et rien n’est plus éloigné de la vérité.

Le catholicisme N’EST PAS une religion où l’on « gagne des points auprès de Dieu », ni où l’on doit « être sage parce que Dieu te surveille ». Ce n’est pas ça. Mille et une fois, CE N’EST PAS ÇA ! Ça, c’est pour les rebelles, les pécheurs sans remède, qui pèchent, pèchent et pèchent encore… le bon catholique fait de son mieux parce qu’il sait que Dieu ne lui donnera pas de tentations au-delà de ses forces. Autrement dit, s’il pèche, c’est SA faute. Pas celle de Dieu. Et avec les tentations, Dieu nous donne les moyens de les éviter. C’est-à-dire : comment atteindre notre but.

Des outils. La Bible est un outil. La prière en est un autre. Nous, catholiques, savons ce que sont les sacrements et l’intercession des saints. Ce ne sont pas des « œuvres humaines ». C’est une aide de Dieu. Pour l’évangélique, le salut s’obtient par la « prière du pécheur ». Mais même dire « Jésus, je me repens de mes péchés, entre dans mon cœur » est quelque chose que nous faisons. Est-ce une œuvre ? (on a demandé à Jésus ce que nous devons faire pour être sauvés). De même, aller à l’autel et recevoir le Christ dans notre Cœur (l’Eucharistie) n’est pas une « œuvre humaine ». Nous ne gagnons pas de points. Nous acceptons simplement les dons que Dieu nous fait. Saint Pierre, dans sa lettre, nous dit que le baptême nous sauve. Le baptême est-il une œuvre d’hommes ? Bien sûr que non ! Est-il gratuit ? Bien sûr que oui !

Le système catholique est exactement ce que Jésus a dit dans sa parabole : être vigilants. Ne pas abuser. Saint Paul nous dit d’« opérer notre salut avec crainte et tremblement ». Être prudent, être responsable. Quand un chrétien commet une erreur et désobéit à Jésus, il ressent réellement la douleur de son péché et, les larmes au cœur, il demande pardon à Jésus. Nous commettons tous des erreurs. L’Église catholique sait que nous devons être responsables et ne pas nous fier à nous-mêmes sous prétexte que « nous sommes sauvés ». Nous AVONS ÉTÉ sauvés. Mais pas pour toujours. Nous vivons de la vie ÉTERNELLE parce que nous participons de l’Esprit Saint, qui est Éternel. Mais cette communion peut se rompre par le péché, de la même manière qu’Adam pécha et fut chassé du paradis. Jean 3, 16 dit : quiconque CROIT — au présent, une action constante. Les saints catholiques savaient qu’ils n’étaient pas parfaits. Ils demandaient à Jésus de les aider dans leurs problèmes, avec leurs défauts. Les saints catholiques ne se sont jamais contentés d’un « je suis sauvé, et maintenant quoi ? ». Leur but était d’atteindre la PERFECTION et d’être SAINTS, saints à 100 %, sans même une ombre de péché. Oui — les saints catholiques ont cessé d’être pécheurs à un moment de leur vie. Que ce soit par le martyre, ou par une vie de perfection et de communion si complète avec Dieu qu’il leur était déjà impossible de pécher. Lisez sainte Thérèse d’Avila et sachez que, pour les saints, être « toujours sauvé » est une réalité (en théologie catholique, nous appelons cela être « confirmé en Grâce »). Mais une réalité avec des fruits. Sans péchés, pas même les plus petits. Les protestants s’excusent eux-mêmes en disant que « ce ne sont pas des péchés, ce sont des imperfections ». Mais le saint catholique est déjà libre de ces « imperfections ». La certitude de la sécurité éternelle est un don que Dieu ne donne qu’à qui il veut le donner — et pour une bonne raison : faire paître le troupeau. Et ce troupeau, c’est nous.

Les saints catholiques n’ont pas la moindre désobéissance envers Dieu ou envers l’Église. Seulement de l’amour pour tous. Regardez mère Teresa. Nous SAVONS que cela vient de Dieu par ses fruits (la charité). Tout ce travail pour nourrir les pauvres, sans secrets. Rien que l’œuvre de Jésus-Christ à travers une personne. « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

Le catholique ne se contente pas de partager « comment j’ai été sauvé ». Le catholique fervent voudra obéir au commandement de Jésus d’être parfait. Il suivra Jésus dans sa vie, peu importe le prix. Si vous pouviez prendre deux chemins pour l’évangélisation, lequel prendriez-vous ? Celui qui est le plus efficace à court terme, ou un chemin plein de difficultés, de tribulations, de tentations, mais avec encore plus de secours, qui donnera des fruits plus nombreux et meilleurs ? C’est celui-là, celui-là, le chemin catholique. Il n’est pas facile de le suivre — il y a bien des dangers : le scrupule (croire que tout est péché) qui torture les consciences faibles et leur ôte leur liberté, la paresse, le diable qui te combattra beaucoup, par tous les moyens, pour te traîner de nouveau vers son empire. J’ai fait l’expérience de cette lutte en priant le rosaire. Beaucoup de mauvaises pensées et d’oppression pour m’empêcher de le terminer. Des pensées qui me disent que je vais en enfer parce que j’ai fait quelque chose de terrible et que, puisque « je suis en état de péché », mes prières ne me serviraient à rien. La paresse de prier, des pensées sacrilèges et des images de Jésus-Christ et de la vierge Marie… mais en terminant le rosaire, je me retrouve avec plus de forces et une paix de l’âme que Dieu seul peut donner. Comme l’a dit saint Paul : « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous ».

Les armes favorites du démon sont le clergé corrompu et l’inertie familiale de beaucoup de catholiques « à la carte » (un peu de ceci, un peu de cela, et je me fabrique ma propre religion à la maison). Oui — il y a un grand nombre de catholiques qui ignorent complètement Dieu… beaucoup vivent comme des païens, dans un état constant de péché. Et leurs enfants apprennent cela d’eux, et la parole de Dieu ne peut pas porter de fruit parce qu’elle est étouffée par cette vie mondaine. Mais une bonne famille catholique dont les membres lisent la Bible, étudient le catéchisme, vont à la Messe, confessent régulièrement leurs péchés, prient le rosaire et aiment Notre-Dame aura certainement de bons enfants. Beaucoup de saints catholiques venaient de telles familles. Ne soyez pas prompts à juger le catholicisme d’après ce que font beaucoup de catholiques. Jugez le catholicisme d’après ce que les saints catholiques ont fait. Tout comme notre Seigneur.

Être catholique n’est pas facile. Mais quand tu arrives au bout et que tu atteins le but, on te couronnera du prix : la vie éternelle et le gouvernement de nombreuses villes pour avoir été fidèles avec quelques petites pièces. Sans parler d’aider les gens par tes prières quand tu arriveras au ciel, parce que la mort ne nous séparera pas du Christ. Qu’est-ce que la mort, sinon partir et être avec le Christ ?

M. Sungenis et Mme Swenson ont établi leur demeure à Rome. Mais une chose est sûre : ils n’ont jamais bâti de maison sur un fondement solide à Genève. Quiconque détient un titre de propriété là-bas sait qu’on peut y lire, tout en haut : Sola Scriptura, Sola Fide, Soli Deo Gloria.

Je doute qu’un catholique ait une maison portant les inscriptions Sola Fide et Sola Scriptura. L’inscription catholique, c’est celle-ci : « Sur cette pierre je bâtirai mon Église (un fondement bien solide, dirais-je). Et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16, 18).

Et « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20).

Et « tous les jours », cela inclut, bien sûr, du IVe au XVIe siècle, et le XXIe, et tous les autres. Que Dieu vous bénisse !

Auteur : Ricardo García