Nous, catholiques, professons que la Très Sainte Vierge Marie fut vierge avant l’enfantement, dans l’enfantement et après l’enfantement. Nous croyons qu’elle n’eut qu’un seul fils, Jésus, qui fut engendré par l’action et la grâce de l’Esprit Saint.
À la différence de nous et des orthodoxes, le protestantisme est en désaccord avec ce dogme de foi et croit que Marie eut au moins sept enfants, prétendant se fonder sur les Écritures. Le présent chapitre offre un résumé, avec sa réfutation correspondante, des arguments bibliques que les protestants ont coutume d’utiliser pour tenter de justifier leur opinion.
Argument 1 : La Bible parle des frères de Jésus
Parce que la Bible parle des frères de Jésus, les protestants interprètent qu’il s’agit de fils de Marie. Examinons les passages en question :
« Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? » [1]
« Celui-là n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? Et ils étaient choqués à son sujet. » [2]
« Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. » [3]
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères. » [4]
Cependant, une analyse attentive de ces textes révèle que la question n’est pas aussi simple. En effet, tout au long de l’Écriture, il est fréquent de trouver que le mot « frère » est employé dans au moins quatre contextes :
Premier contexte : Pour désigner des frères de sang (fils de la même mère ou du même père)
« L’homme connut Ève, sa femme ; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : « J’ai acquis un homme de par Yahvé. » Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol. » [5]
Dans l’exemple précédent, Caïn est identifié comme frère d’Abel parce qu’ils sont tous deux fils d’Adam et d’Ève.
Deuxième contexte : Pour désigner des parents ou des proches
« Aussi Abram dit-il à Lot : « Qu’il n’y ait pas discorde entre moi et toi, entre mes pâtres et tes pâtres, car nous sommes des frères. » » [6]
Ici nous voyons Abraham appeler Lot son frère, alors qu’en réalité Abraham est son oncle :
« Voici la descendance de Térah : Térah engendra Abram, Nahor et Harân. Harân engendra Lot. » [7]
Dans un autre passage, nous voyons comment la mère et le frère de Rébecca l’appellent « sœur » (ce qui est une manière de dire « parente ») :
« Alors le frère et la mère de Rébecca dirent : « Que la jeune fille reste avec nous une dizaine de jours, ensuite elle partira. » Mais il leur répondit : « Ne me retardez pas, puisque c’est Yahvé qui m’a mené au but : laissez-moi partir, que j’aille chez mon maître. » Ils dirent : « Appelons la jeune fille et demandons-lui son avis. » Ils appelèrent Rébecca et lui dirent : « Veux-tu partir avec cet homme ? » Et elle répondit : « Je veux bien. » Alors ils laissèrent partir leur sœur Rébecca, avec sa nourrice, le serviteur d’Abraham et ses hommes. Ils bénirent Rébecca et lui dirent : « Notre sœur, ô toi, deviens des milliers de myriades ! Que ta postérité conquière la porte de ses ennemis ! » » [8]
Dans le Nouveau Testament, Philippe est appelé frère d’Hérode alors qu’il est en réalité son demi-frère :
« L’an quinze du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d’Abilène. » [9]
Philippe était fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem, tandis qu’Hérode était fils d’Hérode le Grand et de Malthace (sa quatrième épouse). Bien que la Bible ne détaille pas sa généalogie et se limite à l’appeler son frère, on sait qu’ils ne sont pas fils de la même mère grâce aux écrits détaillés de l’historien juif Flavius Josèphe.
Il en va de même avec Laban qui appelle Jacob son frère bien qu’il soit son oncle. [10]
Troisième contexte : Pour désigner des membres du même peuple
« Il advint, en ces jours-là, que Moïse, qui avait grandi, alla voir ses frères. Il vit les corvées auxquelles ils étaient astreints ; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères. » [11]
Dans ce texte, on rapporte que Moïse vit qu’on frappait un Hébreu, et comme il appartenait au même peuple que lui, il l’identifie comme l’un de ses frères.
Quatrième contexte : Pour désigner des frères spirituels
« Il leur répond : « Qui est ma mère ? Et mes frères ? » Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. » » [12]
Dans ce texte, la parenté charnelle est opposée à la parenté spirituelle. Le passage dit en peu de mots que la famille de Jésus est celui qui fait la volonté de Dieu.
Une autre preuve que le mot « frère » en lui-même n’implique pas nécessairement des fils d’une même mère se trouve dans plusieurs passages de l’Ancien Testament :
« Tu ne découvriras pas la nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née à la maison ou née au-dehors. » [13]
« L’homme qui prend pour épouse sa sœur, la fille de son père ou la fille de sa mère : s’il voit sa nudité et qu’elle voie la sienne, c’est une ignominie… » [14]
« Maudit soit celui qui couche avec sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère. – Et tout le peuple dira : Amen. » [15]
On observe ainsi comment, dans l’Écriture, être appelé frère de quelqu’un n’implique pas nécessairement d’être fils des mêmes parents, et c’est pourquoi il faut préciser : « fille de sa mère » ou « fille de son père ».
Cette diversité dans l’emploi du mot frère tient à ce qu’en araméen (qui était la langue de Jésus et de ses disciples) il était courant d’utiliser le mot « aja » = frère, pour désigner les parents proches. Et bien qu’en grec (la langue dans laquelle se trouvent les écrits du Nouveau Testament) il existe bien un équivalent pour cousin : « anepsios », le mot « adelphos » (frère en grec) est néanmoins fréquemment employé avec un sens plus large que celui de frère de sang, en raison de la forte influence de la langue araméenne et de l’hébreu dans l’Écriture.
Par ailleurs, on ne saurait en aucune manière négliger la très importante traduction grecque de la Bible, appelée « des Septante » ou « Septante » (LXX). Cette version du deuxième siècle avant Jésus-Christ, soigneusement élaborée et utilisée par la diaspora juive hellénisée, développe un grec à forte composante hébraïque. Et dans celle-ci, le mot anepsios (cousin ou parent en grec) n’est presque pas employé (seulement deux fois : Nombres 36,11 et Tobie 7,2), au profit d’adelphos (frère).
Les traducteurs de la Septante n’ont pas hésité à traduire « aja » (hébreu) par « adelphos » (grec), même dans les cas où la parenté n’était pas celle de frères fils d’un même père ou d’une même mère.[16]
Le grec du Nouveau Testament s’efforce de ne pas s’éloigner d’un iota de la version des Septante, celle-ci étant largement lue et même considérée comme miraculeuse et inspirée. Cela pesa grandement sur Luc, helléniste soigneux.
Si les frères de Jésus n’étaient pas nécessairement fils de Marie et pouvaient être des parents, qui étaient-ils donc ?
Comme nous l’avons vu, selon Matthieu 13,55 et Marc 6,3, les frères de Jésus sont Jacques, Joseph, Jude et Simon.
Si nous commençons par étudier les mentions que les Écritures font de Jacques (appelé Jacob dans certaines traductions), nous verrons qu’il est très probable que ce Jacques nommé « frère du Seigneur » fût l’un des Apôtres. C’est ce que laisse entendre saint Paul dans sa lettre aux Galates :
« Des autres Apôtres, je ne vis que Jacques le frère du Seigneur. » [17]
Une autre preuve qu’il était l’un des Apôtres, c’est qu’il est considéré comme l’une des colonnes de l’Église, au même titre que Pierre et Jean, ce qui aurait été difficile s’il n’avait pas été l’un des Apôtres :
« et reconnaissant la grâce qui m’avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean — ces hommes considérés comme des colonnes — nous donnèrent, à Barnabé et à moi, la main en signe de communion. » [18]
Et parmi les Apôtres appelés Jacques (qui sont deux), aucun n’est fils de Joseph le charpentier, car l’un est fils d’Alphée et l’autre de Zébédée :
« Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre, et son frère André ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Bartholomaios ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques fils d’Alphée, et Thadée. » [19]
Un argument que j’ai souvent entendu de la part des protestants consiste à alléguer que Paul aurait appelé Apôtres d’autres hommes qui n’appartenaient pas au groupe des douze ; il serait donc possible que le frère de Jésus fût un autre Jacques qui aurait lui aussi pu être appelé Apôtre par Paul. Ils citent comme exemple le cas d’Andronicus et de Junias, eux aussi appelés Apôtres :
« Saluez Andronicuos et Junia, mes parents et mes compagnons de captivité, gens de marque parmi les Apôtres, et qui même ont été au Christ avant moi. » [20]
Cette hypothèse, bien que possible, est douteuse dans ce contexte. Lorsque Paul se réfère à Jacques comme à un Apôtre, il raconte le début de son ministère, quand il alla faire la connaissance de Pierre, et il nous dit que, du reste des « Apôtres » (les douze), il ne connut que Jacques. Le contexte le rend également probable, puisque Paul parle des Apôtres « antérieurs à lui » :
« Mais quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang, sans monter à Jérusalem trouver les apôtres mes prédécesseurs, je m’en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas. Ensuite, après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Céphas et demeurai auprès de lui quinze jours : je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. »[21]
Quand Paul dit qu’il n’a vu que Jacques, il ne peut s’agir de Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean, car celui-ci fut martyrisé vers l’an 44 apr. J.-C., comme le raconte le livre des Actes :
« En ce temps-là, le roi Hérode se saisit de quelques membres de l’Église pour les maltraiter. Il fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean. » [22]
Il ne nous reste donc que Jacques le Mineur, fils d’Alphée. À ce sujet, beaucoup de spécialistes pensent que son père Alphée est le même que Cléophas, comme l’argumente le Père Daniel Gagnon :
« Jacques est appelé fils d’Alphée en Matthieu 10,3, ce qui semble dire soit qu’il s’agit d’un autre Jacques, soit que Marie était l’épouse de Cléophas (CLOPAS en grec) et d’Alphée. Mais c’est la même personne, parce que le nom Alphée, en araméen, se traduit Cléopas (Cléophas) en grec, de même que Saül en hébreu est le même que l’Apôtre Paul en grec. Autres exemples : Matthieu-Lévi, Thaddée-Jude. »
Cela est fort logique, car parmi les femmes qui se trouvaient au pied de la croix, la mère de Jacques le Mineur est une autre Marie, épouse de Cléophas (Alphée) :
« Parmi elles se trouvaient Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et de Joses, et la mère des fils de Zébédée. » [23]
« Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. » [24]
« Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin, parmi elles, Marie-Madeleine et Marie mère de Jacques le Petit et de Joses, et Salomé. » [25]
De ces trois passages, bien qu’ils se trouvent dans des Évangiles différents, on peut identifier avec précision les femmes présentes au pied de la croix :
1) Marie-Madeleine
2) Marie, mère de Jacques et de José et épouse de Cléophas (Alphée)
3) Salomé, sœur de la mère de Jésus et mère des fils de Zébédée.
Précisons d’abord qu’ici la mère de Jacques et de José, appelée Marie, n’est pas la mère de Jésus, car celle-ci ne va pas au tombeau, alors que cette Marie-là y va :
« Quand le sabbat fut passé, Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer Jésus. » [26]
Notons ensuite que cette Marie, qui est mère de Jacques, est aussi appelée mère de José (lui aussi nommé frère de Jésus en Matthieu 13,55).
Quoi qu’il en soit, si Alphée n’était pas la même personne que Cléophas, cela signifierait seulement qu’il y a trois personnes appelées Jacques : le fils d’Alphée, le fils de Zébédée et le fils de Cléophas ; mais, dans tous les cas, notons qu’aucun n’est fils de Marie la mère de Jésus, laquelle ne fut ni l’épouse d’Alphée ni celle de Cléophas.
Étant donné l’usage courant des noms à cette époque, on pourrait objecter qu’il est possible que les Jacques et José mentionnés comme frères de Jésus en Matthieu 13,55 et Marc 6,3 ne soient pas les mêmes Jacques et José, fils de Marie, femme de Cléophas (Alphée) ; mais cela ne serait pas seulement très fortuit, cela ne concorderait pas non plus avec la manière dont les évangélistes rapportent les faits. Ils sont très soigneux dans l’identification de ceux dont ils parlent : c’est pourquoi ils présentent Jacques et José comme frères de Jésus en Matthieu 13,55 et Marc 6,3, puis nous présentent Marie, femme de Cléophas, comme leur mère. En somme, on les identifie d’abord eux, puis on part de cette référence pour identifier Marie, femme de Cléophas, comme leur mère. Il ne serait pas logique qu’après avoir identifié ces hommes, on identifie Marie comme la mère d’autres Jacques et José, eux aussi frères, qui n’auraient pas été mentionnés auparavant.
De plus, nous constatons que Jude, également appelé « frère de Jésus » en Matthieu 13,55, se déclare frère de Jacques en Jude 1,1 :
« Jude, serviteur de Jésus-Christ et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, aimés en Dieu le Père et gardés pour Jésus-Christ. »
En outre, d’autres éléments de l’Écriture indiquent que Marie n’eut pas d’autres fils après Jésus.
Jésus est appelé par la Bible « le fils de Marie »
« Celui-là n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient choqués à son sujet.[27]
Le fait que Jésus soit appelé au singulier « le fils de Marie », et non « l’un des fils de Marie », indique qu’il est son fils unique. Il importe aussi de remarquer qu’il est dit que Jésus est fils de Marie et, séparément, frère de Jacques, Simon, Jude et José. Il n’est jamais dit que Marie est mère de Jacques, José, Jude et Simon.
Les soi-disant frères de Jésus dans la Bible semblent être plus âgés que lui
Un autre aspect frappant des Évangiles est que les frères de Jésus apparaissent toujours plus âgés que Jésus, car ils se permettent de lui donner des conseils et de le réprimander :
« Ses frères lui dirent : « Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples, eux aussi, voient tes œuvres… » » [28]
« Ses proches l’apprirent et allaient l’arrêter, car ils disaient : « Il a perdu la raison. » » [29]
Si Jésus était le premier-né, cela aurait été contraire à la coutume juive et orientale. Seuls les frères aînés avaient le droit d’exercer une tutelle sur le reste de la famille, mais non l’inverse. L’aîné conseillait et commandait au plus jeune.
Argument 2 : Jésus est appelé premier-né, donc il y eut d’autres enfants
Les protestants soutiennent que le fait que Jésus soit appelé premier-né implique que d’autres enfants naquirent ensuite. Ceux qui recourent à cet argument affirment que, si Jésus était le fils unique de Marie, il serait appelé « fils unique » et non « premier-né », de même que Jésus, étant le Fils unique du Père, est appelé son unique en des passages comme Jean 1,14 ; 1,18 ; 3,16 ; 3,18 et 1 Jean 4,9.
« Elle enfanta son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle. » [30]
Dans le texte précédent, Jésus est appelé premier-né de Marie, mais dans le texte suivant il est appelé fils unique :
« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » [31]
Avant tout, il importe de préciser que le sens de « premier-né » est « premier enfanté » et n’implique pas l’existence d’autres enfants. Lorsqu’une femme a son premier enfant, celui-ci est à la fois son premier-né et son fils unique. Lorsqu’on veut souligner que cette femme n’a eu qu’un seul fils, on emploie d’ordinaire le mot « fils unique » ; mais lorsqu’on veut souligner qu’il est le premier enfanté, on emploie le mot « premier-né ». En Zacharie, nous pouvons voir comment le Christ (mentionné prophétiquement) est appelé premier-né et fils unique en même temps :
« Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique ; ils le pleureront comme on pleure un premier-né. »[32]
D’autre part, le Christ lui-même est appelé Premier-Né du Père bien qu’il soit aussi son Fils unique :
« Et de nouveau, quand il introduit le Premier-Né dans le monde, il dit : « Que tous les anges de Dieu l’adorent ! » » [33]
Notez comment Jésus est appelé premier-né non seulement de Marie, mais aussi de Dieu le Père, non pas en raison de l’existence d’autres enfants, mais parce que ce mot s’emploie aussi pour désigner une prééminence. Ainsi un fils premier-né est un « fils consacré », un « fils préféré », le « bénéficiaire des bénédictions du droit d’aînesse ». Voyons les passages suivants qui le prouvent :
« « Il m’invoquera : Tu es mon Père, mon Dieu et le Rocher de mon salut ! » Et moi, je ferai de lui mon premier-né, le plus élevé des rois de la terre. » [34]
Le psaume 89 dit que le roi David est appelé premier-né par Dieu (il est le dernier de huit fils et n’est pas le premier roi de la terre, mais il est bien le roi préféré de Yahvé).
Dans le livre de la Genèse, on raconte que Jacob reçut les bénédictions de la primogéniture alors qu’il était le second :
« Jacob dit : « Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse. » Ésaü dit : « Voici que je vais mourir, à quoi me sert le droit d’aînesse ? » » [35]
Éphraïm est appelé « premier-né » en Jérémie 31,9 alors qu’il est le second fils de Joseph en Genèse 41,52 :
« Avec larmes ils viendront, avec supplications je les ramènerai ; je les conduirai vers des ruisseaux d’eau, par un chemin uni où ils ne trébucheront pas : car je suis père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né. » [36]
« Il appela le second Éphraïm, car, dit-il, « Dieu m’a rendu fécond au pays de mon épreuve. » » [37]
Jésus est le premier-né d’entre les morts mais n’est pas le premier à être mort. Il occupe une place spéciale, celle de celui qui a vaincu la mort :
« et par Jésus Christ, le témoin fidèle, le Premier-né d’entre les morts, le Prince des rois de la terre. Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang. »[38]
Israël est appelé le peuple premier-né par Dieu (Exode 4,22), mais il n’est pas le premier peuple de la terre, et il est bien le peuple consacré par lui.
« Tu diras à Pharaon : Ainsi parle Yahvé : Israël est mon fils, mon premier-né. » [39]
Jésus est appelé premier-né de Marie parce que, conformément aux lois religieuses des Juifs, tout premier-né mâle devait être consacré à Dieu :
« Consacre-moi tout premier-né, tout ce qui ouvre le sein maternel parmi les Israélites, aussi bien parmi les hommes que parmi les bêtes : il m’appartient. » [40]
En réalité, les Juifs ne se souciaient pas de savoir s’ils auraient ou non un autre enfant ; ce qui leur importait était d’accomplir la loi du culte qui prescrivait que tout premier-né mâle serait consacré à Dieu, et c’est pourquoi ils appelaient leur premier fils « premier-né », même s’ils ne savaient pas s’ils auraient d’autres enfants par la suite.
Examinons maintenant le dernier argument utilisé pour affirmer que la Vierge Marie eut d’autres enfants après Jésus.
Argument 3 : La Bible dit que Joseph connut Marie, donc ils eurent des relations sexuelles
Et là ils citent Matthieu 1,25 :
« Et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il lui donna le nom de Jésus. » [41]
Avec ce texte, les protestants comprennent que, si Joseph n’a pas « connu » Marie jusqu’à la naissance de Jésus, il l’a fait ensuite, prétendant que « connaître » signifie avoir des relations sexuelles.
Que le mot « connaître », dans le contexte mentionné, se réfère à des relations sexuelles, voilà qui ne se discute pas. Les protestants insistent souvent beaucoup pour prouver ce point, comme si quelqu’un de raisonnablement sensé le niait. Ce qui est certain, c’est que ce texte peut servir à prouver que Jésus est né sans l’intervention de Joseph, mais non à prouver qu’après la naissance de Jésus il l’ait « connue ».
Le texte grec emploie ici « heos » pour le mot « jusqu’à ». Il y a de nombreux passages où ce même mot est employé et où l’on observe qu’il n’implique pas nécessairement un changement d’état postérieur. Parmi ceux-ci, nous pouvons mentionner :
« Je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne t’abandonnerai pas, jusqu’à ce que j’aie accompli ce que je t’ai dit. » [42]
Ici, Dieu promet à Jacob de ne pas l’abandonner avant d’avoir accompli les promesses qu’il lui a faites, mais il ne dit pas qu’il l’abandonnera après les avoir accomplies. Pourquoi le passage ne s’est-il pas simplement borné à écrire « Je ne t’abandonnerai pas » ? Tout simplement parce qu’on voulait souligner que Dieu n’abandonnerait pas Jacob avant d’accomplir ses promesses, sans pour autant affirmer qu’il l’abandonnerait ensuite. De même, en Matthieu 1,25, l’évangéliste n’affirmait pas que Joseph connut Marie après l’enfantement, mais soulignait que Jésus naquit sans l’intervention de Joseph.
Un autre exemple clair se trouve dans le passage suivant :
« Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » [43]
Est-ce que cela signifie que Jésus ne sera plus avec nous après la fin du monde ? Non, celui qui écrit cela veut dire qu’il sera avec nous durant tout ce temps jusqu’à la fin du monde incluse.
Dans le passage suivant, on affirme que la fille de Saül n’eut point d’enfant jusqu’au jour de sa mort :
« Et Mical, fille de Saül, n’eut pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort. » [44]
Pourquoi ne pas avoir écrit simplement « n’eut pas d’enfant » ? Est-ce que Mical eut des enfants après sa mort ? Évidemment non. La formule indique simplement qu’elle n’en eut jamais.
Autres exemples :
« Oracle de Yahvé à mon Seigneur : « Siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau sous tes pieds. » » [45]
« Car David n’est pas monté au ciel, et cependant il dit lui-même : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. » » [46]
Que veut dire « heos » dans ce cas ? Cela signifie-t-il que Jésus n’est plus et ne sera plus assis à la droite du Père une fois que ses ennemis seront tombés ? Que deviendrait le texte si nous interprétions « heos » avec une mentalité protestante ? Eh bien, il dirait qu’après la chute des ennemis du Messie, celui-ci quittera sa place à la droite du Père.
Arrêtons-nous ici avec les exemples pour ne pas accabler le lecteur de citations, mais le lecteur peut trouver d’autres exemples de l’emploi du mot « jusqu’à » (heos) sans changement d’état postérieur en Genèse 8,5 et 49,10 ; 1 Timothée 4,13 et 6,14 ; Romains 8,22 ; Philippiens 1,5.
De plus, on ne peut ignorer toutes les preuves bibliques qui favorisent le dogme de la virginité perpétuelle de Marie. Commençons par remarquer la manière frappante dont l’ange se réfère à Marie lorsqu’il parle à Joseph :
« Après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : ‘Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te le dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.’ Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte ; et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : D’Égypte j’ai appelé mon fils. »[47]
Notons ici un petit détail. Bien que pour tous, Marie était l’épouse de Joseph, l’ange se réfère à elle non pas comme « ta femme » mais comme « sa mère » (la mère de l’enfant). [48]
Pour mieux voir cela, voyons comment l’ange s’adresse à Lot et sa femme dans l’Ancien Testament :
« Comme l’aurore se levait, les anges pressèrent Lot en disant : « Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent là… » » [49]
Quand les anges parlent à Lot, ils lui disent : « Prends ta femme et tes filles », mais avec Joseph, l’ange dit « prends l’enfant et sa mère », ce qui prend tout son sens si Joseph épouse Marie uniquement pour prendre soin d’elle et de l’enfant.
Maintenant, si Joseph avait connu Marie après la naissance de Jésus, on se demande : quand ? Un jour après la purification ? Un an après la naissance de Jésus ? Deux ? Trois peut-être ? Voyons :
Lors de l’exil de la sainte famille en Égypte, après la mort du roi Hérode, un ange apparaît en songe à Joseph et lui ordonne de retourner en Israël avec Marie et l’enfant[50]. Or, on estime que le Messie naquit en l’an 747 de la fondation de l’empire romain, sept ans avant notre ère ; et le roi Hérode le Grand mourut au printemps de l’an 750, c’est-à-dire en l’an 4 av. J.-C. Dès lors, n’est-il pas étrange que, deux à quatre années s’étant écoulées — temps plus que suffisant —, Joseph et Marie aient décidé d’avoir l’un des « quatre frères » et des autres « sœurs » du Seigneur[51] ? Pourtant, le texte biblique est très explicite : la famille de Jésus ne se compose que de Joseph et de Marie.
Lisons ce que dit la Bible sur l’enfance de Jésus, et spécifiquement sur le pèlerinage annuel à Jérusalem :
« Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils y montèrent comme de coutume pour la fête et, une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin et le cherchaient parmi leurs parents et connaissances ; ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent à Jérusalem en le cherchant. Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. »[52]
À cette époque déjà, Jésus avait douze ans et l’on ne mentionne pas d’autres enfants de Joseph et de Marie ; de plus, le fait que Marie participât au pèlerinage à Jérusalem chaque année indique qu’elle n’en avait pas, car la femme, en pareil cas, était dispensée du pèlerinage et restait à s’occuper des petits. Marie aurait-elle pu voyager chaque année jusqu’à ce que Jésus eût douze ans, si elle avait réellement eu les quatre fils et les trois filles que certains veulent lui attribuer ? Quand donc Joseph « connut »-il Marie ? Après que Jésus eut douze ans ?
Plus loin encore, nous avons une autre preuve que Joseph n’eut pas d’autres enfants avec Marie, car au pied de la croix nous lisons :
« Jésus, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » [53]
Jésus voit que sa mère restera seule et la confie aux soins de Jean, le disciple bien-aimé. Or, si Jésus avait eu d’autres frères, il n’était pas nécessaire (ni légal) que Jean le fît. En réalité, si Jésus avait eu des frères, c’étaient eux qui, selon la coutume juive, se seraient chargés du soin de leur mère, et non un non-membre de la famille, fût-il « le disciple bien-aimé ».
Arguments bibliques additionnels
Marie mentionne à l’ange de manière implicite son intention de rester vierge
Lisons le récit de l’Annonciation dans l’Évangile de Luc :
« Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. Il entra et lui dit : ‘Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi.’ À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.
L’ange lui dit : ‘Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin.’
Mais Marie dit à l’ange : ‘Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?’ L’ange lui répondit : ‘L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; car rien n’est impossible à Dieu.’ Marie dit alors : ‘Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole !’ Et l’ange la quitta. »[54]
Il est important de noter que :
1) Quand la Vierge dit « je ne connais pas d’homme », elle ne se réfère pas au passé ; si tel était le cas, elle aurait employé l’aoriste (je n’ai pas connu d’homme), or elle emploie le présent absolu (je ne connais pas ; au sens de n’avoir pas l’intention de connaître d’homme), ce qui est une référence implicite au vœu de virginité.
2) Il serait illogique que Marie répondît ainsi si elle n’avait pas le propos de demeurer Vierge, car, étant promise à Joseph et recevant l’annonce qu’elle concevra (au futur), le plus normal serait qu’elle tombât enceinte. Malgré cela, Marie ne comprend qu’elle concevra que lorsque l’ange lui explique que l’Esprit Saint descendra sur elle.
La virginité de Marie, le signe que Jésus est le Messie
L’un des signes qui identifieraient Jésus comme le Messie, c’est que sa mère serait une vierge qui enfanterait :
« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte et va enfanter un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. » [55]
Si Marie avait eu plusieurs enfants, c’est-à-dire si elle avait perdu sa virginité, quelle garantie auraient eue les Juifs, des années plus tard, pour croire que Jésus-Christ était le Messie, fils de la vierge ? Car ils auraient pu supposer que l’histoire de la conception par l’Esprit Saint était fausse. D’où le signe. Si Marie n’eut qu’un seul fils, le signe demeurerait qu’elle était la vierge prophétisée par Isaïe. Et si elle demeura intacte, sans avoir de relations avec Joseph, les Juifs ne pourraient nier que Jésus fut conçu par l’Esprit Saint, à moins que Jésus ne fût pas son fils.
Rappelons que ceux qui croyaient en Jésus scrutaient les Écritures pour vérifier si toutes les prophéties et les signes concordaient vraiment :
« Ceux-ci avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la Parole avec beaucoup d’empressement et examinèrent chaque jour les Écritures pour voir si c’était bien vrai. » [56]
Marie, la nouvelle Arche de l’Alliance
« Alors s’ouvrit le sanctuaire de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut dans le sanctuaire ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre et une forte grêle. Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. Puis un autre signe apparut au ciel : un grand Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipita sur la terre. Et le Dragon se tint devant la Femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant aussitôt né. Et elle enfanta un fils mâle, celui qui doit régir toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’à Dieu et jusqu’à son trône. »[57]
La femme du chapitre 12 de l’Apocalypse n’est autre que la Vierge Marie, pour plusieurs raisons :
Premièrement : parce qu’elle est mentionnée comme la nouvelle Arche de l’Alliance. Rappelez-vous que dans l’ancienne arche se trouvait la présence plénière de Dieu, et Marie l’est désormais parce qu’elle porta en son sein le Verbe même de Dieu et que la puissance de la Trinité la couvrit de son ombre :
« L’ange lui répondit : ‘L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.’ »[58]
Deuxièmement : parce qu’elle apparaît avec une couronne à douze pointes, étant reine des douze tribus d’Israël et des douze Apôtres de l’Agneau. Sous le règne de David, dont le Christ est l’héritier, la reine était toujours la mère, qui recevait le titre de « Grande Dame » ou « Guebira » et avait un trône à côté du roi.[59]
Troisièmement : parce que la femme est celle qui enfante le Fils destiné à gouverner les nations avec un sceptre de fer, ce qui ne peut désigner que Jésus.
De même que l’antique arche d’alliance était très sainte, parce que Dieu y demeurait, il en va de même pour Marie, puisqu’elle porta en son sein le Verbe incarné. L’arche d’alliance était si sacrée qu’un homme mourut sur-le-champ pour l’avoir touchée : pourquoi penser que Marie, elle, fut touchée par quelque homme, si en elle résida la plénitude de la divinité ?
« On chargea l’arche de Dieu sur un chariot neuf et on l’emporta de la maison d’Abinadab, qui est sur la colline. Uzza et Ahyo, fils d’Abinadab, conduisaient le chariot. Uzza marchait à côté de l’arche de Dieu et Ahyo allait devant elle. David et toute la maison d’Israël dansaient devant Yahvé de toutes leurs forces, en chantant au son des cithares, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales. Lorsqu’on arriva à l’aire de Nakôn, Uzza étendit la main vers l’arche de Dieu et la retint, car les bœufs la faisaient verser. Alors la colère de Yahvé s’enflamma contre Uzza : sur place, Dieu le frappa pour cette faute, et il mourut là, à côté de l’arche de Dieu. »[60]
Tout ce qui touchait à Dieu était sacré au plus haut point. Il en alla de même pour une porte par où Dieu ordonna que plus aucun homme ne passe, parce que Lui y était passé :
« Il me ramena vers le portique extérieur du sanctuaire, celui qui regarde vers l’orient. Il était fermé. Yahvé me dit : « Cette porte sera fermée. On ne l’ouvrira pas, personne n’y entrera, car Yahvé, Dieu d’Israël, y est entré. Elle sera donc fermée. » » [61]
Si Dieu a fermé une simple porte parce que sa grandeur et sa magnificence étaient passées par elle, pourquoi est-il si difficile de comprendre que Marie, à qui fut confiée la mission la plus sublime de l’histoire, demeurerait consacrée à Dieu ? Si les Juifs craignaient même de regarder l’arche de l’alliance pour ne pas mourir, Joseph oserait-il toucher Marie alors qu’il savait que le Dieu vivant avait été en elle ?
Si les vierges qui étaient au service du temple étaient consacrées dans une virginité perpétuelle en vertu de leur mission, la mission de la Très Sainte Vierge Marie n’était-elle pas plus grande et plus sacrée ?
Notes
- Matthieu 13, 55 ↩
- Marc 6, 3 ↩
- Marc 3, 31 ↩
- Actes 1, 14 ↩
- Genèse 4, 1-2 ↩
- Genèse 13, 8 ↩
- Genèse 11, 27 ↩
- Genèse 24,55-60 ↩
- Luc 3, 1 ↩
- Genèse 29,15 ↩
- Exode 2, 11 ↩
- Marc 3, 33-35 ↩
- Lévitique 18,9 ↩
- Lévitique 20, 17 ↩
- Deutéronome 27,22 ↩
- Genèse 13, 8; 29, 15; 1 Chroniques 15, 4; ↩
- Galates 1,19 ↩
- Galates 2, 9 ↩
- Matthieu 10, 2-3 ↩
- Romains 16,7 ↩
- Galates 1, 15-19 ↩
- Actes 12, 1-2 ↩
- Matthieu 27, 56 ↩
- Jean 19, 25 ↩
- Marc 15, 40 ↩
- Marc 16, 1 ↩
- Marc 6, 3 ↩
- Jean 7,3 ↩
- Marc 3,21 ↩
- Luc 2, 7 ↩
- Jean 3, 16 ↩
- Zacharie 12, 10 ↩
- Hébreux 1, 6 ↩
- Ps 89, 27-28 ↩
- Genèse 25,31-32 ↩
- Jérémie 31, 9 ↩
- Genèse 41,52 ↩
- Apocalypse 1, 5 ↩
- Exode 4, 22 ↩
- Exode 13, 2 ↩
- Matthieu 1, 25 ↩
- Genèse 28, 15 ↩
- Matthieu 28, 20 ↩
- 2 Samuel 6, 23 ↩
- Ps 110, 1 ↩
- Actes 2, 34-35 ↩
- Matthieu 2,13-15 ↩
- Matthieu 1, 20 ↩
- Genèse 19, 15 ↩
- Matthieu 2,19-20 ↩
- Matthieu 13,55 ↩
- Luc 2,41-47 ↩
- Jean 19, 26-27 ↩
- Luc 1,26-38 ↩
- Isaïe 7,14 ↩
- Actes 17,11 ↩
- Apocalypse 11,19 ; 12,1-5 ↩
- Luc 1,35 ↩
- 1 Rois 2,19 ↩
- 2 Samuel 6,3-7 ↩
- Ézéchiel 44, 1-2 ↩