Dîme : le peuple d’Israël devait destiner au culte et à l’entretien des prêtres et des lévites la dixième partie de certains fruits et animaux (Dt 14, 22 ; Lv 27, 32). C’était un véritable impôt religieux, qu’il fallait acquitter une fois l’an (Dt 14, 22). Les pharisiens poussèrent cette pratique de la dîme religieuse jusqu’à l’exagération la plus ridicule, donnant la dixième partie des choses les plus menues et de valeur insignifiante, telles que la menthe, l’aneth et le cumin, mais en oubliant l’humilité, la justice, la miséricorde, la foi et l’amour, ce qui est une grave erreur (Mt 23, 23 ; Lc 11, 42 ; 18, 12).

Nous allons entrer dans les Saintes Écritures pour examiner attentivement tout ce qui a trait à la dîme : si nous, chrétiens, devons la pratiquer, si la manière dont on la pratique est correcte, si le fait de la donner nous apporte réellement une bénédiction, etc. Peut-être serons-nous étonnés de bien des détails que nous ignorions, mais la Parole de Dieu nous les enseignera.

La dîme dans les Saintes Écritures

La dîme n’est pas une loi destinée à l’Église, mais au peuple d’Israël, car elle appartient à la Loi, et l’Église est sous la Grâce.

« Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. » Rm 6, 14 (cf. Rm 3, 19 ; 2 Co 3, 2-11 ; Ga 3, 19 ; Ep 2, 11-15 ; He 7, 11-12)

Le chrétien ne doit pas être au service du mal (le péché), mais au service du bien, « vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce ». Nous voyons très clairement s’opposer ici, comme en d’autres passages, la Loi et la grâce. Mais avec une application terrible : ce qui est de la Loi, c’est le mal, le péché ; ce qui est de la grâce, c’est le bien.

 Dieu demanda que la tribu de Lévi fût entretenue avec les 10 % des fruits du peuple d’Israël, afin que les prêtres lévites se consacrent à plein temps au service du tabernacle ; et cela, depuis l’âge de 25 ans jusqu’à 50 ans, âge auquel ils devaient se retirer (Nb 8, 24-25).

Pour éviter la corruption au sein du peuple d’Israël, Dieu ordonna que la dîme fût toujours donnée en produits : blé, vin, huile, animaux, etc. ; ceux-ci étaient conservés dans le « magasin », qui était un lieu situé dans le temple et servait d’entrepôt pour emmagasiner les produits provenant de la dîme.

L’argent existait déjà depuis les temps d’Abraham : c’est à prix d’argent qu’il acheta le terrain pour la sépulture de son épouse. Les journaliers recevaient « un denier » par jour de travail ; et jusque dans les temps de Moïse nous voyons que Dieu lui dit : « Le salaire du journalier ne demeurera pas avec toi jusqu’au lendemain matin. » (Lv 19, 13).

La plupart des journaliers travaillaient pour les propriétaires des terres (et c’étaient ces propriétaires qui payaient la dîme). Ce qui est étrange, c’est ceci : pourquoi la Bible ne dit-elle pas que ces journaliers devaient remettre 3 deniers par mois, ce qui correspondrait à la dîme selon le concept actuel ?

Il est faux de penser qu’on peut aujourd’hui payer la dîme en argent au lieu des denrées, sous prétexte que l’argent ne se maniait pas alors comme de nos jours et que le troc des aliments était plus courant. Or, dans la Genèse, le mot « argent » est employé environ 44 fois avant que la dîme ne soit mentionnée pour la première fois en Lévitique 27. Par exemple, avec de l’argent on achetait des personnes pour en faire des esclaves (Gn 17, 12), on payait les redevances du sanctuaire (Ex 30, 12s), les impôts du recensement (Nb 3, 47s), etc. C’est quand on n’avait plus d’argent que l’on recourait au troc (Genèse 47, 15-17).

Il n’existe, dans toutes les Saintes Écritures, aucun décret, aucun commandement, ni même un seul exemple d’une église qui ait collecté la dîme, ou d’un chrétien qui l’ait payée.

Beaucoup de leaders chrétiens affirment : « La dîme est biblique, car elle est nommée bien des fois dans la Bible. » C’est vrai ; mais ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’elle est toujours mentionnée pour le peuple d’Israël, jamais pour l’Église.

Lévitique 27 :

30Toute dîme du pays, prélevée sur les semences de la terre comme sur les fruits des arbres, appartient à Yahvé ; c’est une chose consacrée à Yahvé. 31Si quelqu’un veut racheter une partie de sa dîme, il y ajoutera un cinquième de son prix. 32Toute dîme de gros et de petit bétail, de tout ce qui passe sous la houlette, le dixième en sera consacré à Yahvé. 33On n’examinera pas s’il est bon ou mauvais, et on ne le changera pas ; si on le change, l’animal et son remplaçant seront tous deux choses sacrées : ils ne pourront être rachetés. 34Tels sont les commandements que Yahvé ordonna à Moïse pour les enfants d’Israël, sur le mont Sinaï.

Répétons-le : les dîmes bibliques furent établies pour le peuple d’Israël, non pour l’Église de Jésus-Christ.

De nos jours, on inclut dans les cultes des préceptes de la Loi qui procurent quelque bénéfice matériel, comme la dîme et la fête des prémices. Même les évangéliques pentecôtistes n’ont manifesté aucun intérêt à introduire dans leurs églises la fête de la Pentecôte, car ni celle-ci ni aucune des six autres fêtes mentionnées en Lv 23 ne leur procurerait de bénéfice économique. Si on leur demande : pourquoi ne gardez-vous pas la fête de la Pentecôte, ou celle des Tentes, ou la fête des Trompettes ? Aucun n’hésiterait à répondre : « Parce qu’elles étaient pour le peuple d’Israël. » Et qu’en est-il de la dîme ? La fête des prémices, comme les six autres fêtes, correspond au calendrier juif, pour être célébrée une fois l’an.

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Certains leaders sortent des passages de leur contexte pour inspirer de la peur à leurs fidèles s’ils ne donnent pas la dîme ; par exemple : « Vous me frustrez de vos dîmes » Ml 3, 8. Mais ils omettent le reste du passage. Analysons ce que dit ce passage (lire tout le chap. 3 de Malachie) :

Malachie 3 :

3 …aux fils de Lévi 4 Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à Yahvé 6 Car moi, Yahvé, je ne change pas ; c’est pourquoi, fils de Jacob, vous n’avez pas été consumés. 7 Depuis les jours de vos pères, vous vous êtes écartés de mes lois et vous ne les avez pas gardées. Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit Yahvé Sabaot. Mais vous dites : En quoi devons-nous revenir ? 8 Un homme peut-il frustrer Dieu ? Or vous me frustrez. Et vous dites : En quoi t’avons-nous frustré ? Dans vos dîmes et vos offrandes. 9 Vous êtes frappés de malédiction, parce que vous me frustrez, vous, la nation tout entière. 10 Apportez toutes les dîmes au magasin, pour qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; et mettez-moi ainsi à l’épreuve, dit Yahvé Sabaot : vous verrez si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux et si je ne répands pas sur vous la bénédiction jusqu’à surabondance. 11 Pour vous, je menacerai le dévoreur, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et votre vigne ne sera pas stérile dans la campagne, dit Yahvé Sabaot. 12 Toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez une terre de délices, dit Yahvé Sabaot. Différence entre le juste et le méchant 13 Vos paroles contre moi ont été dures, dit Yahvé. Et vous dites : Qu’avons-nous dit contre toi ? 14 Vous avez dit : C’est chose vaine de servir Dieu. Que gagnons-nous à garder sa loi et à marcher affligés devant Yahvé Sabaot ?

Les Israélites étaient sous la Loi de Moïse, dont la règle d’or était de « faire quelque chose pour recevoir quelque chose en échange ». L’Église n’est pas sous la loi mosaïque ; ce « faire quelque chose pour recevoir quelque chose » ne s’applique donc pas : bien plus, il offense Dieu.

Au v. 6, Dieu dit : « Car moi, Yahvé, je ne change pas », et beaucoup en concluent que, si Yahvé ne change pas, sa parole demeure elle aussi pour toujours, et que ce qui est dit ici reste en vigueur et est d’application universelle. Or, il est bien clair que Dieu ne change pas : Lui accomplit toujours sa part du marché, sa part de l’alliance ; en revanche, les Israélites ont toujours enfreint le contrat, cette alliance que Dieu dut sans cesse renouveler à cause d’eux. Nous, oui, nous changeons, car c’est Lui qui nous change lorsque nous nous convertissons, et il fait de nous de nouvelles créatures dans le Christ ; c’est pourquoi il dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » ; de plus, le v. 12 dit : « Toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez une terre de délices », alors que l’Église sera persécutée et haïe en ce monde, jamais une terre désirée. Cette promesse et l’obligation de la dîme ne concernent que le peuple d’Israël ; elles ne sont donc pas universellement obligatoires, comme beaucoup essaient de nous le faire croire.

Au v. 7, les Israélites demandent : « En quoi devons-nous revenir ? », car ils veulent savoir en quoi ils sont en faute ; et Dieu répond qu’ils le volent (v. 9), parce qu’ils ne remettaient pas la dîme comme ils le devaient, mais se la gardaient pour eux, ce qui pouvait faire que les lévites ne fussent plus entretenus ; c’est-à-dire que ceux que Dieu avait désignés pour travailler au service de son peuple se voyaient négligés, contrairement à ce qu’Il avait ordonné. À propos de ce v. 8, beaucoup disent que Dieu parle de « l’homme » pour affirmer que cela s’applique donc à nous, et non aux seuls Juifs ; mais il faut préciser qu’au v. 6 il déclare s’adresser exclusivement aux « fils de Jacob » : c’est donc à ces hommes, fils de Jacob (le peuple d’Israël), que Dieu s’adresse ; nous ne pouvons ni ne devons déformer les Écritures.

Au v. 10, Dieu promet de donner « la bénédiction jusqu’à surabondance » au peuple d’Israël, s’il accomplit d’abord la Loi : « Apportez toutes les dîmes au magasin, pour qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; et mettez-moi ainsi à l’épreuve, dit Yahvé Sabaot : vous verrez si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux et si je ne répands pas sur vous la bénédiction jusqu’à surabondance ». Les Israélites étaient sous la Loi et devaient l’accomplir pour que Dieu les bénisse ; il les met donc au défi, afin qu’en accomplissant la Loi, Lui puisse prouver sa fidélité, sa part du marché. Les Juifs auxquels s’adressait le prophète ne se fiaient pas à Dieu ; c’est pourquoi le Seigneur les met au défi de le « mettre à l’épreuve ». Ce passage n’a donc aucune valeur pour le chrétien, puisque nous sommes sous la grâce et que nous ne pouvons ni ne devons mettre Dieu à l’épreuve ; Il ne va pas nous bénir pour l’accomplissement d’une partie de la Loi ; du reste, nous ne pouvons pas mettre Dieu à l’épreuve, car ce serait l’offenser, Lui surtout qui a tout donné pour nous, qui nous a donné son Fils : « …comment, avec lui, ne nous accordera-t-il pas toutes choses ? » (Rm 8, 32).

Maintenant, si vous croyez que les bénédictions que Dieu va vous donner pour la dîme sont spirituelles, rappelez-vous que Paul a dit : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ » Ep 1, 3. La bénédiction que Dieu promet au peuple d’Israël au v. 11 est matérielle : « Pour vous, je menacerai le dévoreur, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et votre vigne ne sera pas stérile dans la campagne, dit Yahvé Sabaot ».

Malachie dit en 3, 22 (4, 4 selon d’autres numérotations) : « Rappelez-vous la Loi de Moïse, mon serviteur, à qui j’ai prescrit, à l’Horeb, des lois et des coutumes pour tout Israël ». J’insiste : Paul a dit : « Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi — moi qui ne suis pas sans une loi de Dieu, étant sous la loi du Christ — afin de gagner les sans-loi. » (1 Co 9, 21), et ce n’est pas à l’Horeb, mais au Calvaire, que le Christ nous a délivrés par la croix de la malédiction de la Loi. Beaucoup disent que « rappelez-vous la loi de Moïse » signifie ne pas l’oublier, que Jésus n’est pas venu abroger la Loi mais l’accomplir, et qu’Il a dit que pas même un iota de la Loi ne passerait ; mais c’est une demi-vérité, car nous, nous ne pouvions rien accomplir : c’est Lui qui a accompli la Loi pour nous, parce que la fin de la Loi, c’est le Christ, comme le dit Paul, et le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi. Car si vous dépendez de la Loi, Paul dit : « Tous ceux qui se réclament de la pratique de la loi encourent une malédiction ; car il est écrit : Maudit soit quiconque ne s’attache pas à tous les préceptes écrits dans le livre de la Loi pour les pratiquer. » (Ga 3, 10) — vous êtes sous la malédiction si vous n’accomplissez pas absolument toute la Loi, comme l’a dit Jacques : « Aurait-on observé la Loi tout entière, si l’on commet un écart sur un seul point, c’est du tout qu’on devient justiciable. » ; il ne sert donc à rien d’être un fidèle payeur de la dîme si l’on n’accomplit pas les 613 préceptes de la Loi.

Enfin, si le bien-être économique est la conséquence de la dîme (comme beaucoup l’affirment), pourquoi n’y a-t-il aucune preuve que le Seigneur Jésus-Christ ait payé la dîme ? Pourquoi était-il pauvre ? Pourquoi, s’il était pauvre, ses « serviteurs » du XXIe siècle ont-ils des comptes en banque, deux ou trois automobiles, des objets de luxe et de nombreuses propriétés ? Pourquoi n’y a-t-il aucune preuve biblique que Paul, Pierre ou les autres apôtres aient payé la dîme ? Pourquoi étaient-ils pauvres ? Pourquoi, s’ils n’observaient pas la Loi, devrions-nous, nous, l’observer ? N’est-il pas curieux que le Seigneur Jésus, qui était pauvre, ait laissé ses brebis aux soins de gens qui se sont enrichis avec l’Évangile ?

Nous en concluons que l’auteur sacré s’adresse à ceux qui gardent la Loi, au peuple d’Israël, et non à l’Église. En d’autres termes, avec ce passage, beaucoup de leaders chrétiens sont en train de dire que celui qui ne paie pas n’est pas sauvé ; ce qui n’a aucune logique.

Beaucoup vont jusqu’à utiliser des histoires inventées de tragédies arrivées à ceux qui n’ont pas payé la dîme, ou disent que les cieux s’ouvrent avec d’abondantes bénédictions pour ceux qui la donnent. Ils relient tout le bien et tout le mal que l’être humain traverse en cette vie terrestre en le rattachant directement à la dîme : pure superstition. Les maladies font partie de notre nature humaine, de même que les problèmes que nous affrontons jour après jour. Dieu n’est pas un dieu d’intérêt économique, mais spirituel.

Si nous lisons Nb 18, 21-31, qui dit (« Voici, je donne aux fils de Lévi toutes les dîmes en Israël pour héritage, en échange de leur ministère, car ils servent dans le ministère de la Tente du Rendez-vous »), nous verrons que la dîme est un impôt destiné à entretenir les lévites, centralisé dans l’unique sanctuaire. Lisez ce qui suit : Néhémie 10, 36-39 : « De même les premiers-nés de nos fils et de notre bétail, comme il est écrit dans la Loi ; nous amènerions les premiers-nés de notre gros et de notre petit bétail à la maison de notre Dieu, aux prêtres qui officient dans la maison de notre Dieu ; nous apporterions aussi les prémices de nos pâtes, et nos offrandes, et le fruit de tout arbre, et le vin et l’huile, pour les prêtres, aux chambres de la maison de notre Dieu, et la dîme de notre terre pour les lévites ; et les lévites eux-mêmes lèveraient la dîme de notre travail dans toutes les villes ; et un prêtre, fils d’Aaron, serait avec les lévites quand les lévites lèveraient la dîme ; et les lévites porteraient la dîme de la dîme à la maison de notre Dieu, aux chambres de la maison du trésor. Car c’est aux chambres du trésor que les enfants d’Israël et les fils de Lévi doivent apporter l’offrande du blé, du vin et de l’huile ; là se trouvent les ustensiles du sanctuaire, et les prêtres qui officient, les portiers et les chantres ; et nous n’abandonnerons pas la maison de notre Dieu. » et 12, 44 : « En ce jour-là, on établit des hommes sur les chambres des trésors, des offrandes, des prémices et des dîmes, pour y recueillir, des champs des villes, les portions légales pour les prêtres et les lévites ; car grande était la joie de Juda au sujet des prêtres et des lévites qui étaient à leur service. »

Les autres passages de la Bible, particulièrement dans le Pentateuque, les livres historiques, Amos et Malachie, ont trait à l’institution des dîmes, à leur restauration et à leur inobservance.

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Autre détail curieux, et que n’observent pas ceux qui réclament la dîme : pendant deux ans, la dîme devait être portée au tabernacle et gardée dans le magasin ; mais la troisième année, la dîme de cette année-là devait être remise directement dans les villages, et mise à la disposition non seulement des lévites, mais aussi des « étrangers, des orphelins et des veuves » (« Au bout de trois ans, tu prélèveras toute la dîme de tes produits de cette année-là et tu la déposeras dans tes villes. Alors viendront le lévite, qui n’a ni part ni héritage avec toi, ainsi que l’étranger, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes cités, et ils mangeront et se rassasieront, afin que Yahvé ton Dieu te bénisse en toute œuvre que tes mains feront. » Dt 14, 28-29 ; 26, 12-14) ; ce qu’ils n’accomplissent pas, et j’oserais presque l’assurer à 100 % ; je le répète : aucune des églises qui réclament la dîme ne l’accomplit. Les 10 % du salaire mensuel n’étaient pas la coutume d’alors ; mais à vouloir calquer de nos jours cette pratique ancienne, il ne serait pas mauvais que les églises fassent partager par leurs ministres la dîme avec les étrangers, les orphelins et les veuves qu’il y aurait dans la localité. Ne serait-ce que tous les trois ans ! Rappelons que, dans le Nouveau Testament, nous avons des instructions sur la manière dont les églises et les croyants doivent prendre soin des veuves et des orphelins.

Les références à la dîme en 1 Samuel 8, 15.17 concernent la manière dont le roi qu’Israël demande à Samuel prélèverait la dîme sur les biens du peuple ; passage que nous ne commenterons pas, car il est hors de propos.

Une donnée bien plus intéressante encore :

Nombres 18 :

20Yahvé dit à Aaron : Tu n’auras point d’héritage dans leur pays, et il n’y aura point de part pour toi au milieu d’eux. C’est moi qui suis ta part et ton héritage au milieu des enfants d’Israël. 21Voici, je donne aux fils de Lévi toutes les dîmes en Israël pour héritage, en échange de leur ministère, car ils servent dans le ministère de la Tente du Rendez-vous. 22Et les enfants d’Israël n’approcheront plus de la Tente du Rendez-vous, de peur de se charger d’un péché qui les ferait mourir. 23Ce sont les lévites qui feront le service de la Tente du Rendez-vous, et ce sont eux qui porteront leur iniquité ; c’est un statut perpétuel pour vos descendants ; et ils ne posséderont point d’héritage au milieu des enfants d’Israël. 24Car je donne pour héritage aux lévites les dîmes que les enfants d’Israël offriront à Yahvé en offrande ; c’est pourquoi je leur ai dit : Ils ne posséderont point d’héritage au milieu des enfants d’Israël. 25Yahvé parla à Moïse et dit : 26Ainsi parleras-tu aux lévites, et tu leur diras : Quand vous recevrez des enfants d’Israël les dîmes que je vous donne de leur part pour votre héritage, vous en présenterez en offrande balancée à Yahvé la dîme des dîmes. 27Et votre offrande vous sera comptée comme le grain de l’aire et comme le produit du pressoir. 28Ainsi vous présenterez, vous aussi, une offrande à Yahvé sur toutes les dîmes que vous recevrez des enfants d’Israël ; et vous en donnerez l’offrande de Yahvé au prêtre Aaron.

Deux points dans ces versets : 1) il est répété que la dîme se rapporte aux « enfants d’Israël », et 2) il est répété par trois fois que les lévites ne posséderont aucune terre. Ainsi, si nous l’appliquions aujourd’hui, aucun leader ne pourrait posséder ne serait-ce qu’un petit terrain ; et cela, en faisant observer ce que Dieu a stipulé dans l’ancienne Loi.

Plus intéressant encore est le passage suivant :

2 Chroniques 31 :

4Il ordonna aussi au peuple qui habitait Jérusalem de donner la portion revenant aux prêtres et aux lévites, afin qu’ils se consacrent à la Loi de Yahvé. 5Dès que cet édit fut divulgué, les enfants d’Israël donnèrent en abondance les prémices du blé, du vin, de l’huile, du miel et de tous les produits de la terre ; ils apportèrent de même, en abondance, la dîme de toutes choses. 6Les enfants d’Israël et de Juda qui habitaient les villes de Juda donnèrent, eux aussi, la dîme du gros et du petit bétail ; et ils apportèrent la dîme des choses saintes, consacrées à Yahvé leur Dieu, et les déposèrent en monceaux. 7C’est au troisième mois qu’ils commencèrent à former ces monceaux, et ils achevèrent au septième mois. 8Quand Ézéchias et les chefs vinrent voir les monceaux, ils bénirent Yahvé et son peuple Israël. 9Et Ézéchias interrogea les prêtres et les lévites au sujet de ces monceaux. 10Et le grand prêtre Azarias, de la maison de Sadoq, lui répondit : Depuis qu’on a commencé d’apporter les offrandes à la maison de Yahvé, nous avons mangé et nous nous sommes rassasiés, et il en est resté en abondance, car Yahvé a béni son peuple ; et cette grande quantité de provisions est ce qui reste. 11Alors Ézéchias ordonna de préparer des chambres dans la maison de Yahvé ; et on les prépara. 12Et l’on y déposa fidèlement les prémices, les dîmes et les choses consacrées ; le lévite Konanyahu en eut la charge principale, et son frère Shiméï fut le second.

Ce passage nous montre que, lorsque les ministres de Dieu accomplissent les commandements qu’Il a donnés, le peuple est béni et apporte généreusement son aide. Moïse lui-même dut demander qu’on cessât de donner, tant on avait déjà reçu : « On empêcha donc le peuple d’apporter davantage ; car les matériaux suffisaient, et au-delà, pour exécuter tout l’ouvrage » (Ex 36, 3-7). Quelqu’un a-t-il jamais entendu un ministre demander à son assemblée de cesser de donner ? Le roi David, lui aussi, donna au peuple l’occasion de participer par des offrandes volontaires, lors de la généreuse contribution pour le temple de Jérusalem :

1 Ch 29, 9 :

« Et le peuple se réjouit de ses offrandes volontaires, car c’est d’un cœur sans partage qu’ils avaient fait à Yahvé ces offrandes volontaires ». Comme pressentant ce que Paul dirait (« …tout est à vous ; mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu »), David s’exclame : 14 « Car qui suis-je, et qui est mon peuple, pour que nous puissions t’offrir ainsi de plein gré de telles choses ? Tout vient de toi, et c’est de ta main que nous te donnons. »

Il y a une grande différence entre un prêtre lévite et un « lévite spirituel », comme se qualifient beaucoup de leaders religieux :

Fonctions des lévites :

Nombres 3 :

5 Et Yahvé parla à Moïse, disant : 6 Fais approcher la tribu de Lévi, et mets-la à la disposition du prêtre Aaron, pour qu’ils le servent, 7 et qu’ils assument sa charge, ainsi que la charge de toute la communauté devant la Tente du Rendez-vous, pour servir dans le ministère de la Demeure ; 8 et qu’ils gardent tous les ustensiles de la Tente du Rendez-vous et tout ce qui leur est confié par les enfants d’Israël, en officiant dans le service de la Demeure. 9 Et tu donneras les lévites à Aaron et à ses fils ; ils lui sont entièrement donnés d’entre les enfants d’Israël. 10 Et tu établiras Aaron et ses fils pour qu’ils exercent leur sacerdoce ; et le profane qui s’approchera sera mis à mort. 

Parmi leurs fonctions, nous trouvons donc : faire l’expiation pour le peuple, être offerts en offrande à Yahvé, se purifier (être aspergés d’eau, se raser la tête, laver leurs vêtements). Les trois classes d’offrandes et de sacrifices qu’ils offraient étaient : le sacrifice d’expiation, l’oblation et l’holocauste.

On ne trouve même pas que les prophètes, qui avaient plus de droits que les lévites eux-mêmes, aient demandé la dîme pour exercer leur ministère ; dès lors, quel droit ont ceux qu’on appelle « lévites spirituels » ? Nous, chrétiens, nous n’avons pas de sacerdoce de type lévitique, car « vous êtes tous des frères », a dit Jésus (Mt 23, 8). Le ministre de l’Évangile ne doit pas être un salarié, car le « mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis » Jn 10, 13.

Tous reconnaissent que la Loi cérémonielle dictée par Moïse, les rites et les ordonnances cérémoniels, ont été abrogés par Jésus ; pourquoi la dîme, qui appartient à cette Loi, n’a-t-elle pas été abrogée ?

« Car si ce qui était passager s’est manifesté dans la gloire, combien plus glorieux sera ce qui demeure » 2 Co 3, 11.

« Et non comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d’Israël ne fixent pas les regards sur la fin de ce qui devait être aboli » 2 Co 3, 13.

« En disant : “Alliance nouvelle”, il a rendu vieille la première ; or ce qui est vieilli et vétuste est près de disparaître » He 8, 13.

« Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi : n’entendez-vous pas la Loi ? Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de la servante, l’autre de la femme libre. Mais celui de la servante naquit selon la chair, tandis que celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes sont en effet les deux alliances ; l’une, celle du mont Sinaï, enfante pour la servitude : c’est Agar. Car Agar est le mont Sinaï, en Arabie, et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut, qui est notre mère à tous, est libre » Ga 4, 21-26.

En somme, l’Ancienne Alliance était conclue entre le peuple d’Israël et Yahvé : Il les bénirait s’ils gardaient leur part de l’Alliance ; sinon, Il les maudirait ; c’était tout ou rien. Personne ne pouvait modifier ce contrat en choisissant et en prenant ce qui lui plaisait : « Aurait-on observé la Loi tout entière, si l’on commet un écart sur un seul point, c’est du tout qu’on devient justiciable » Jacques 2, 10. Quiconque veut imposer aux autres la dîme de la Loi mosaïque devra aussi lapider sa fille ou son fils rebelle : « Si un homme a un fils indocile et rebelle, qui n’écoute ni la voix de son père ni la voix de sa mère, et qui, même châtié par eux, ne leur obéit pas, alors son père et sa mère se saisiront de lui et le mèneront aux anciens de sa ville, au tribunal du lieu. Ils diront alors aux anciens de sa ville : “Notre fils que voici est indocile et rebelle. Il n’écoute pas notre voix ; c’est un débauché et un ivrogne.” Alors tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra » Deutéronome 21, 18-21. Le Lévitique et les Nombres sont remplis de préceptes auxquels la plupart d’entre nous, chrétiens, n’aimerions pas nous soumettre. La charcuterie serait définitivement interdite. Si le mari d’une femme meurt sans avoir eu d’enfants, son beau-frère devrait lui susciter une descendance. Et même si j’insiste : « Aurait-on observé la Loi tout entière, si l’on commet un écart sur un seul point, c’est du tout qu’on devient justiciable » Jc 2, 10.

Souvenons-nous de ce que Paul nous a dit : « Car la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort » Rm 8, 2. Une alliance a entraîné la mort, et l’autre apporte toujours la vie. Lisez ce que dit Paul au sujet des dix commandements en 2 Corinthiens 3, 4-18.

Notons quelque chose de très important : dans toute la Bible, on observe que la dîme était donnée par les propriétaires des terres et des animaux, car c’était là ce qu’on recevait comme dîme. Les serviteurs ou journaliers ne payaient pas la dîme, puisqu’ils recevaient une rémunération en argent, de laquelle ils ne donnaient rien. De même, quand les distances à parcourir étaient très longues et qu’on ne pouvait, à cause de l’inconfort, apporter la dîme en nature, on vendait tout, on emportait l’argent et l’on achetait ensuite sur place ; et l’on pouvait même disposer de certaines choses selon ce que dictait le cœur : « Si le chemin est trop long pour toi et que tu ne puisses la transporter, parce que le lieu que Yahvé ton Dieu aura choisi pour y mettre son nom est trop loin de chez toi, quand Yahvé ton Dieu t’aura béni, alors tu la vendras, tu serreras l’argent dans ta main et tu iras au lieu que Yahvé ton Dieu aura choisi ; et tu donneras cet argent en échange de tout ce que tu désireras, gros ou petit bétail, vin ou boisson fermentée, ou toute autre chose que tu voudras ; et tu mangeras là devant Yahvé ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille. » Dt 14, 24-26.

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Dans le Nouveau Testament, ce qui a trait à la dîme n’apparaît presque pas :

En Lc 11, 42, Jésus réprimande les pharisiens hypocrites et leur dit : « Malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l’amour de Dieu ». Jésus reprend les pharisiens (qui sont des Israélites et non des chrétiens) pour leur reprocher leur hypocrisie : se soucier davantage de la dîme que de la justice et de l’amour de Dieu. Les pharisiens accomplissent la Loi avec la plus grande minutie dans les petites choses, mais ils la transgressent quand il s’agit d’exigences importantes. Extérieurement ils se montrent irréprochables, mais intérieurement ils sont très loin d’accomplir véritablement la Loi. Les pharisiens payaient la dîme de « la menthe, de la rue et de toute plante potagère » ; or ce ne sont ni les grains ni les fruits des arbres dont parle Lv 27, 30, mais des herbes utilisées comme épices aromatiques.

Les pharisiens recherchaient l’approbation des personnes dévotes et voulaient éviter tout scandale, mais leur intérieur est impur. À eux s’applique la réprimande que Jésus adressa aux disciples : « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » (Lc 6, 26).

Dans le passage parallèle de Matthieu, Jésus dit à ces pharisiens hypocrites : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, et qui laissez le plus important de la Loi : la justice, la miséricorde et la foi. C’est ceci qu’il fallait pratiquer, sans négliger cela » Mt 23, 23. C’est-à-dire sans cesser de pratiquer la justice, la miséricorde et la foi, car eux ne se préoccupaient que du matériel, la dîme. L’enseignement du Christ dans ce passage est clair : un tel soin pour des choses si minimes aurait dû céder la place, plus fortement encore, à un soin plus grand pour les choses fondamentales. Mais il n’en était pas ainsi chez les pharisiens ; ils faisaient ces choses « pour se faire remarquer des hommes » (Mt 23, 5). La pratique de la dîme n’était donc que pure hypocrisie. Jésus mentionne ici la dîme pour dévoiler l’hypocrisie des scribes et des pharisiens (des Juifs qui vivaient encore sous la Loi et étaient tenus de payer la dîme). Le Seigneur ne reproche pas aux pharisiens de ne pas payer la dîme ; cela, ils le faisaient déjà ; s’il les appelle « hypocrites », c’est parce qu’ils ne font que cela en oubliant le plus important. Si tu payais la dîme tout en oubliant ce qui est important pour le Seigneur, tu serais semblable à ces pharisiens que le Seigneur appelle « hypocrites ».

À propos de la miséricorde, Jésus nous a enseigné : « Lequel de ces trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? Il dit : celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Alors Jésus lui dit : Va, et toi aussi, fais de même » Lc 10, 36-37. Tu dois donc te demander : est-ce un acte de miséricorde que de donner dix pour cent de ton salaire à quelqu’un qui possède plus que toi ? Ne serait-il pas injuste de donner à celui qui a le plus et de refuser à celui qui est réellement dans le besoin ? Beaucoup de chrétiens croient que, parce qu’ils paient la dîme et se rassemblent dans leur église, ils ont déjà accompli les commandements de Dieu. Ils croient que, parce qu’ils s’acquittent de cela, Dieu va les bénir. Voilà ce qu’ils croient, parce que c’est ainsi qu’on les a conditionnés à penser. Le problème de ces personnes, c’est qu’elles sont guidées par des chefs qui sont dans les ténèbres : « Guides aveugles, qui arrêtez au filtre le moucheron et engloutissez le chameau ! » (Mt 23, 24). Il faut être très prudent et discerner, car Jésus a dit : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez mers et continents pour gagner un prosélyte, et, quand vous l’avez gagné, vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous ! » Mt 23, 15.

La Loi de la dîme de l’Ancien Testament fut abolie quand le Christ mourut sur la croix, et pas avant : « il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix » Col 2, 14, et « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage » Ga 5, 1 (lire aussi Jc 1, 25 ; 2, 12 et 2 Co 3, 17). Son Nouveau Testament n’avait pas de validité tant que le Christ était vivant ; il entra en vigueur lorsqu’il versa son sang sur la croix : « Voilà pourquoi il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour racheter les transgressions de la première alliance, les appelés reçoivent l’héritage éternel promis. Car là où il y a testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament, en effet, n’est valide qu’à la suite du décès, puisqu’il n’a pas de force tant que vit le testateur » He 9, 15-17.

En He 7, 5, il est de nouveau signalé que la dîme relevait de la Loi ; le texte dit littéralement « selon la Loi » : « Ceux des fils de Lévi qui reçoivent la prêtrise ont ordre de lever la dîme sur le peuple selon la Loi ». La dîme était un précepte établi dans la Loi. Ce même chapitre 7 de l’épître aux Hébreux indique aussi avec beaucoup de précision que maintenant, sous la grâce, les prêtres lévites n’existent plus, car  il y a eu un changement de sacerdoce et de loi : « Car, changé le sacerdoce, nécessairement se produit aussi un changement de loi » He 7, 12.

Certains déforment He 7, 8 pour faire croire que les « hommes mortels » sont les ministres du Christ qui reçoivent les dîmes, ou que le « mais là » se réfère au Christ (là = au ciel) qui recevrait aujourd’hui les dîmes. Mais en étudiant le contexte, il est évident que cela n’a rien à voir avec des dîmes pour des ministres ou pour le Christ. Les versets 5 et 9 disent que ceux qui ont ordre de lever les dîmes sont les fils de Lévi. Ce sont eux les « hommes mortels » du verset 8, et non les ministres chrétiens. La loi de la dîme était faible et inefficace (He 7, 18), et la Nouvelle Alliance, avec son offrande volontaire, abolit la dîme et la destina à disparaître : « En disant : alliance nouvelle, il rend vieille la première. Or ce qui est vieilli et vétuste est près de disparaître. » (He 8, 13 ; 10, 9). Pourquoi reprendre une loi inférieure que le Christ est mort pour abolir ? Rappelons-nous que, lorsque fut écrite l’épître aux Hébreux, le Temple était encore debout et l’on continuait d’accomplir ce que stipulait la Loi ; si le texte se référait aux prédicateurs de l’Église, il ne s’harmoniserait pas. 

Beaucoup diront : mais Jésus a dit : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Matthieu 5, 17) ; or Jésus se réfère ici à sa propre personne : lui, il a accompli toute la Loi comme aucun être humain ne l’a jamais fait. Et  quand il dit : « Celui donc qui violera l’un de ces moindres préceptes, et enseignera aux autres à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le Royaume des Cieux ; au contraire, celui qui les exécutera et les enseignera, celui-là sera tenu pour grand dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 5, 19), il se réfère clairement aux dix commandements, comme le donnent à entendre les versets suivants. Puis Jésus enseigne que toute la Loi et les Prophètes dépendent de ces deux grands commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22, 37-40).

L’obligation de donner la dîme a toujours concerné les Juifs, ceux qui sont sous la Loi. La seule fois où la dîme est mentionnée en dehors de la Loi — et ce ne fut qu’une seule fois —, ce fut quand Abraham donna la dîme de sa victoire sur les rois qui avaient emmené prisonnier son neveu Lot. Il la donna une seule fois, et ce ne fut pas un paiement mensuel ; remarquez qu’il est dit qu’il « donna » en cette occasion la dîme, mais qu’il n’est jamais dit qu’il « paya la dîme ». Il est très clair que ces biens, ce butin, n’appartenaient pas à Abraham : ils étaient aux rois qu’il avait vaincus ; ce ne fut le fruit ni de son travail ni de ses terres. Mais il faut aussi se rappeler qu’à la fin Abraham ne garda rien pour lui : il donna tout à Melchisédech (« Ni un fil ni une courroie de sandale, je ne prendrai rien de ce qui est à toi, et tu ne pourras pas dire : “J’ai enrichi Abram”  » Gn 14, 23), et ce fut la seule fois qu’il donna quelque chose ; il n’est mentionné dans aucun autre passage qu’il ait continué à donner la dîme ni aucune autre contribution. Il faut noter qu’il n’existe dans la Bible aucune disposition permettant à quiconque de prendre la place de Melchisédech pour exiger des dîmes.

Genèse 14 :

17 Quand il revint après avoir vaincu Kedor-Laomer et les rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Shavé, qui est la vallée du Roi. 18 Alors Melchisédech, roi de Shalem et prêtre du Dieu Très-Haut, apporta du pain et du vin ; 19 et il le bénit en disant : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, créateur du ciel et de la terre ; 20 et béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. Et Abram lui donna la dîme de tout.

Quatre points méritent d’être soulignés :

1.      Il est bien connu que les cultes païens de l’Antiquité, en Inde, en Chine, en Grèce et à Rome, pratiquaient la dîme pour leur subsistance, mais sans forcer leurs membres à la donner. Dans les batailles, les vainqueurs avaient coutume de remettre la dîme du butin aux prêtres des dieux, en remerciement envers ces dieux d’avoir rendu la victoire possible. Par exemple en Grèce, dans le temple de Zeus, se trouve une inscription, près d’une Gorgone Méduse, qui dit ceci : « Le temple possède un bouclier d’or ; de Tanagra, les Lacédémoniens et leurs alliés l’offrirent, don des Argiens, des Athéniens et des Ioniens, la dîme pour la victoire à la guerre »[1]. Nous voyons ainsi que c’était une pratique courante parmi les vainqueurs des batailles, chez des guerriers qui ne connaissaient que des dieux païens ; et rappelons-nous qu’à ce moment-là Abram ne connaissait pas encore Dieu.

2.      Un autre point : ce n’est pas Abram qui va remettre la dîme au prêtre Melchisédech comme s’il voulait la donner ; c’est Melchisédech qui « sortit » à la rencontre d’Abram. Et il ne sortit pas pour percevoir, mais pour le bénir.

3.      Dans toute la Bible, et principalement de la Genèse à l’épître aux Hébreux, c’est uniquement en cette occasion qu’il est mentionné qu’Abram remit la dîme ; et rappelons-nous qu’Abraham vécut 175 ans, sans qu’il soit resté aucune trace qu’il ait continué à la donner.

4.      La dîme d’Abraham n’est utilisée nulle part dans la Bible comme exemple à l’appui de la dîme.

Le v. 2 d’Hébreux 7 dit qu’Abraham donna à Melchisédech « la dîme de tout », mais Genèse 13, 2 dit : « Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or ». Mais quelle surprise ! De toute cette grande richesse, Abraham ne donna à Melchisédech ni un poil de son bétail ni un seul petit morceau de son argent et de son or ; il lui donna la « dîme du butin » v. 4 d’Hébreux 7. Ce petit et unique détail suffit à changer tout le panorama.

Nous devons aussi nous rappeler que Jacob, le petit-fils d’Abraham, fit volontairement un vœu spécial de donner la dîme sous certaines conditions ; cela prouve qu’ils n’avaient pas coutume de payer la dîme (Gn 28, 22). Il n’est pas non plus resté trace que Jacob ait accompli ou non sa promesse ; peut-être s’est-il demandé : à qui la donner ? où ? et pour quoi ? et, n’ayant pas trouvé de réponse, c’est pour cela qu’il n’est resté aucune trace de l’accomplissement de sa promesse.

Ce sont là les seuls passages de tout le Nouveau Testament où la dîme est mentionnée ; et ce fut essentiellement pour réprimander les pharisiens à cause de leur hypocrisie, et pour rappeler qu’Abraham, en une occasion, « donna » la dîme. Ainsi, il ne fut jamais demandé à aucun chrétien de payer la dîme. Dans le sermon sur la montagne, où Jésus ratifia les véritables exigences de la Loi, il ne fit aucune mention de la dîme : Jésus aurait-il oublié un détail aussi important ? Si la dîme était une obligation pour le chrétien, ne semble-t-il pas étrange qu’elle ne soit pas mentionnée une seule fois dans tout le Nouveau Testament ? Alors, pourquoi les églises demandent-elles la dîme ?

L’argent n’a aucun pouvoir ni aucune utilité pour obtenir les bénédictions ou les dons de Dieu : « Alors Pierre lui dit : Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent » Ac 8, 20. Et combien, de nos jours, font des dons non par charité mais par intérêt, pour que la vie leur soit favorable (guérir, trouver du travail, résoudre un problème familial ou même sentimental).

La dîme fut une institution divine pour subvenir aux besoins des prêtres lévites, et elle devait être remise en nature, jamais en argent. Les Juifs devaient d’abord obéir pour recevoir ensuite la bénédiction. Les bénédictions que recevaient les Juifs pour avoir d’abord accompli cette disposition portaient sur des choses matérielles : « et voici les bénédictions qui viendront sur toi :… plus de terres, plus d’animaux, plus de fruits, plus de fils, plus de serviteurs » Dt 28, 2. À la différence de cela, maintenant, il n’existe ni la dîme ni la promesse de recevoir davantage de prospérité terrestre ; tout au contraire, il nous est demandé maintenant de ne pas nous amasser de trésors ici-bas sur la terre, mais dans le ciel. Les premiers chrétiens donnèrent tous leurs biens pour qu’ils soient répartis dans l’Église, mais aucun d’eux ne devint riche.

Si quelqu’un vous dit que vous devez payer la dîme, vous ne donneriez plus librement, selon ce que vous avez décidé dans votre cœur ; ce serait une imposition.

Voyons d’autres passages : « Ne savez-vous pas que ceux qui font les fonctions sacrées vivent du temple, que ceux qui servent à l’autel partagent avec l’autel ? De même, le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile. » 1 Co 9, 13-14. Beaucoup interprètent le « de même » dans le sens où la dîme devrait servir à payer le ministre de l’Évangile. Paul a expliqué que l’ouvrier est digne de son salaire. Il fait la différence entre l’ouvrier du temple qui tire sa nourriture de l’autel, c’est-à-dire le lévite qui avait cette fonction à charge, et le prédicateur de l’Évangile qui vit de l’Évangile, semblable à un prophète, lequel ne vécut jamais de la dîme — et je crois qu’il y avait plus droit que n’importe quel dirigeant chrétien. La dîme n’est pas mentionnée comme moyen de paiement, et il n’est pas dit que le ministre de l’Évangile doive tirer sa nourriture de l’autel. Lisez en outre le v. 12, où Paul parle non pas du devoir de la communauté de le soutenir, mais du fait qu’il est préférable de subvenir soi-même à ses besoins.

Mais que le « de même » fasse référence aux lévites mentionnés au v. 13 ; que ces lévites aient reçu la dîme du peuple d’Israël ; et que, par conséquent, les ministres de l’Évangile doivent recevoir les dîmes du nouveau peuple de Dieu (les chrétiens), ce n’est pas un syllogisme[2] valide. D’abord, à prendre cela littéralement, les femmes ministres ne jouiraient pas d’un tel privilège, comme le signale Paul : « tout mâle parmi les prêtres en mangera » — et ils devraient le consommer à l’intérieur du bâtiment où ils se rassemblent. Si l’idée des dîmes perçues par les lévites est assimilée à celle des dîmes perçues par les ministres de l’Évangile, par analogie les ministres ne pourraient être propriétaires ne serait-ce que d’un mètre carré de terre ; ah ! et ils devraient aussi remplir l’exigence de la circoncision. En fin de compte, les versets 12 et 18 nous disent : « … ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ » ; « … pour ne pas user de mon droit en matière d’Évangile. »

Si nous appliquions les versets 13 et 14 aux ouvriers de l’Évangile, ils devraient manger leur nourriture comme le prescrit la Bible : « Voici le rituel du sacrifice de réparation : c’est une chose très sainte. On immolera la victime là où l’on immole l’holocauste, et le prêtre en fera couler le sang sur le pourtour de l’autel. Puis il en offrira toute la graisse : la queue, la graisse qui couvre les entrailles, les deux rognons, la graisse qui y adhère et celle qui est sur les lombes ; et avec les rognons il détachera la graisse qui est sur le foie. Le prêtre fera fumer cela à l’autel, comme mets consumé pour Yahvé : c’est un sacrifice de réparation. Tout mâle parmi les prêtres en mangera ; on en mangera dans un lieu sacré : c’est une chose très sainte. » Lv 7, 1-6.

Je ne crois pas qu’aucun ministre de l’Évangile obéisse à cela, surtout s’il est végétarien. Comment donc subvenir aux besoins des ouvriers de l’Évangile : « Les anciens qui exercent bien la présidence méritent une double rémunération, surtout ceux qui peinent à la parole et à l’enseignement. L’Écriture dit en effet : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain ; et : L’ouvrier mérite son salaire. » 1 Tm 5, 17-18. Si Paul avait dit aux chrétiens (Juifs et Gentils récemment convertis) de donner leurs dîmes aux ouvriers de l’Évangile au lieu de les donner aux lévites, les Juifs lui auraient déclaré la guerre.

 

Ainsi, que jamais on ne vous traite de « maudit » pour ne pas payer la dîme, car « tous ceux qui se réclament de la pratique de la loi encourent une malédiction, car il est écrit : Maudit soit quiconque ne s’attache pas à tous les préceptes écrits dans le livre de la Loi pour les pratiquer » (Ga 3, 10)sachant que pour l’homme cela est impossible : « Aurait-on observé toute la Loi, si l’on commet un écart sur un seul point, c’est du tout qu’on devient justiciable » (Jc 2, 10).

Il serait bon de méditer les passages suivants et de vous demander si vous êtes chrétien ou pharisien :

La Loi fut donnée à la nation d’Israël (Rm 9, 4)

La grâce fut donnée pour toute l’humanité (Rm 10, 12-13)

La Loi : fais cela et tu vivras par cela
(Dt 27, 26)

La grâce : crois et tu seras sauvé (Ac 16, 31)

Si tu ne gardes pas la Loi, tu es maudit (Ga 3, 10b)

Le Christ nous rachète de la malédiction (Ga 3, 13)

Sous la Loi tu vis par les œuvres (Ga 3, 12)

Sous la grâce tu vis par la foi (2 Co 5, 7)

Sous la Loi tu es sous la malédiction (Ga 3, 10a)

Dans la grâce tu es béni de toute bénédiction spirituelle (Ep 1, 3)

Sous la Loi tu devais aller à la maison de Dieu (le bâtiment) avec tes dîmes et tes offrandes. (Ml 3, 10)

Sous la grâce, un tel bâtiment où porter tes offrandes n’existe pas ; chaque croyant fait partie de la maison de Dieu
(1 Co 6, 19 ; Ep 2, 21-22 ; 1 Tm 3, 15 ; etc.)

Garder la Loi est chose qui offense Dieu, car les œuvres de la Loi sont des œuvres mortes (He 6, 1), c’est-à-dire des œuvres de pure cérémonie.

Comment donc l’église se finance-t-elle, si ce ne doit pas être par la dîme ? Rappelons-nous que Paul a dit : « Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte (par exemple, pour être guéri ou obtenir quelque autre faveur), car Dieu aime celui qui donne avec joie » 2 Co 9, 7 (lire 2 Corinthiens 8, 1-12). En 1 Co 16, il ajoute : « que chaque premier jour de la semaine (le dimanche) chacun de vous mette quelque chose de côté, selon ce qu’il aura pu épargner ». Les fonds recueillis peuvent servir à secourir les nécessiteux : « Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu prendre quelque part aux besoins des saints de Jérusalem qui sont dans la pauvreté. » Romains 15, 26, et à pourvoir aux besoins des ministres du royaume (Philippiens 4, 10-20).

Rappelons aussi que les premiers chrétiens avaient l’obligation d’héberger les ministres de la Parole : « Très cher, tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais pour les frères, et cela pour des étrangers : ils ont rendu témoignage à ta charité devant l’Église. Tu feras une bonne action en pourvoyant à leur voyage, d’une manière digne de Dieu. Car c’est pour le Nom qu’ils se sont mis en route, sans rien recevoir des païens. Nous devons donc accueillir de tels hommes, afin de collaborer à leurs travaux pour la vérité. » 3 Jean 5-8 (Actes 6, 14-15 ; 18, 1-3.7). De plus, quand le Christ envoya les Douze, puis les soixante-dix, il ne leur enseigna pas à percevoir des dîmes, mais à demeurer dans les maisons des justes et à manger ce qu’on leur présenterait (Matthieu 10, 5-15 ; Luc 10, 1-12).

Beaucoup de ceux qui lisent ceci en ce moment s’étonneront sûrement du peu qu’ils connaissaient au sujet de la dîme dans les Saintes Écritures.  Maintenant vous le savez.  Maintenant vous êtes responsable de ce que vous savez.

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En résumé, jusqu’ici :

1- Dieu a ordonné que la dîme soit remise en produits aux prêtres lévites, jamais en argent, parce que ceux-ci ne pouvaient pas posséder de propriétés et afin qu’il n’y ait pas de corruption.

2- La dîme « relevait » de la Loi (Mt 23, 23), « selon la Loi » (He 7, 5).

3- Sous la grâce, nous devons faire notre offrande tous les dimanches, librement, selon ce que chacun a décidé dans son cœur, sans que ta main gauche sache ce qu’a donné ta droite.

Le véritable christianisme se fonde sur ce que Dieu a dit, jamais sur ce qu’il n’a pas dit. Aujourd’hui, beaucoup disent : « Montrez-moi un verset de la Bible qui interdise de percevoir la dîme » ; mais ce serait la même chose qu’un drogué qui se justifierait en disant qu’il n’existe pas dans la Bible un verset qui interdise la marijuana.

Apprenons à donner librement et par amour, sans rien attendre en retour ; faisons-le sans que la main gauche sache ce qu’a donné la droite. Vous ne devez rien attendre en retour, parce qu’on ne peut pas « acheter » la faveur de Dieu. Dieu, nous ne pouvons pas le manipuler, et encore moins avec quelque chose comme l’argent. Peut-être en viendrez-vous à donner autant que la dîme, ou davantage ; mais la grande différence, c’est que ce ne sera pas une charge imposée, et c’est alors que viendront les récompenses de la part de Dieu. Ne vous trompez pas en pensant que la dîme que vous donnez aujourd’hui est votre offrande au Seigneur, car vous participeriez à un commandement imposé par des hommes ; rappelez-vous que ce que le Seigneur a disposé pour l’Église, c’est l’offrande, et non la dîme, qui relevait de la Loi.

Ne soyez pas complice de ce que le Seigneur n’a pas commandé, car vous devrez rendre compte un jour de la manière dont vous aurez dépensé ce que le Seigneur vous a confié.

2 Pierre :

2, 1 Il y a eu de faux prophètes dans le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs, qui introduiront insidieusement des hérésies pernicieuses et qui, reniant même le Seigneur qui les a rachetés, attireront sur eux-mêmes une prompte perdition. 

2, 2 Beaucoup suivront leurs débauches, et à cause d’eux la voie de la vérité sera blasphémée,

2, 3 et, par cupidité, au moyen de paroles trompeuses, ils trafiqueront de vous. Leur condamnation, depuis longtemps, n’est pas inactive, et leur perdition ne sommeille pas. 

Les Juifs, de nos jours, ne paient pas la dîme

Les rabbins juifs, qui en théorie doivent connaître et savoir appliquer mieux que quiconque la Loi mosaïque, ne perçoivent pas de dîmes, parce qu’ils savent que seuls les lévites peuvent percevoir la dîme.  À cause de la destruction des archives généalogiques lors de la destruction du Temple en l’an 70 apr. J.-C.,  ils ne peuvent pas identifier les véritables lévites.  Ils utilisent, pour subvenir économiquement à leurs besoins, un système différent, qui consiste en tant de dollars pour chaque siège dans leurs synagogues, ce qui leur permet d’assurer l’entretien et de se soutenir économiquement. Alors, un dirigeant quelconque pourrait-il prouver qu’il est descendant direct d’Aaron pour avoir le droit de demander la dîme (bien que celle qu’on demande aujourd’hui ne soit pas en nature mais en argent) ?

De fait, je présente ci-dessous des commentaires de Juifs sur la dîme :

« Le commandement de la dîme n’est pas obligatoire actuellement, puisque nous ne disposons pas du Temple de Ierushalaim/Jérusalem, et la dîme est l’un des préceptes pour lesquels, afin de les accomplir comme le Seigneur l’a ordonné, son existence et son fonctionnement sont indispensables. »

« Mettre à part la dîme (dix pour cent des revenus bruts annuels) et la remettre en aumône est un commandement que le Seigneur a dicté exclusivement pour les membres de la nation juive, au temps où le Temple était en fonctionnement. »

Qu’en est-il de l’aumône

L’aumône était très pratiquée par les croyants, lesquels craignaient Dieu et étaient très généreux : « Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme du nom de Tabitha, en grec Dorcas. Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait. » Ac 9, 36  et « pieux et craignant Dieu, ainsi que toute sa maison, il faisait de larges aumônes au peuple et priait Dieu sans cesse. » Ac 10, 2.

L’aumône était, avec le jeûne et la prière, l’un des piliers de la vie religieuse, comme Jésus nous l’a enseigné (Mt 6, 1-18). Et nous voyons que Jésus demande que, « quand tu fais l’aumône, ta main gauche ignore ce que fait ta droite, afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Mt 6, 3-4. Selon ces versets, nous recevrons des bénédictions si nous les appliquons comme Jésus nous l’a enseigné : en donnant l’aumône, sans aucun intérêt, « et heureux seras-tu de ce qu’ils n’ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. » Lc 14, 14.

Avec le Christ, il n’y eut jamais de dîme, mais l’aumône et beaucoup de charité : « Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai extorqué quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Lc 19, 8. Rappelez-vous que vous êtes chrétien, disciple du Christ et non de Moïse. Il est certes bien plus dur de suivre le Christ, ou plutôt d’accomplir ses commandements, mais nous devons le faire : « Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous… » Mt 26, 11 ; et personne ne se dépouille de tout pour le donner : « Tous les croyants étaient ensemble et mettaient tout en commun » Actes 2, 44

Reprenons d’autres passages pour voir ce que Jésus nous a commandé de faire de notre argent : « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » Lc 11, 41 ; « Vendez vos biens et donnez-les en aumône ; faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n’approche ni mite ne détruit. » 12, 33 ; « Entendant cela, Jésus lui dit : Une chose encore te fait défaut : vends tout ce que tu as et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. » 18, 22. Ainsi fit Jésus, qui, « de riche qu’il était, s’est fait pauvre à cause de vous, afin de vous enrichir par sa pauvreté » 2 Co 8, 9.

Auteur : Farid Herrera Corrales 

NOTES

  1.  http://www.uned.es/fac-geog/web/planesestudio/historia/449082/guia.pdf
  2.  La définition de Syllogisme dans le dictionnaire de la Real Academia Española est :

    1. m. Phil. Argument composé de trois propositions, dont la dernière se déduit nécessairement des deux autres.