—Salut Jeanne ! Où vas-tu ?
—Salut Louise, à la paroisse ; nous prions Dieu pour la Patrie. Veux-tu venir ?
L —Impossible… enfin, j’aimerais prier avec toi, mais dans ton église je n’entre même pas étourdie.
J —Je ne te comprends pas, Louise… pourquoi dis-tu cela ?
L —Et pourquoi donc le dirais-je ?! Tu n’as pas vu que dans ton Église il y a beaucoup d’images ?!
J —…Oui…. Et quel rapport ?
IMAGES ET IDOLES
L —Le problème, c’est que je ne suis pas d’accord avec cela. Pourquoi vous, les catholiques, utilisez-vous des images, si la Bible les interdit ? Regarde un peu ce que Dieu dit ici dans ma Bible, en Exode 20, 4 : Tu ne te feras pas d’image taillée, ni aucune représentation de ce qui est en haut dans le ciel, en bas sur la terre, et dans les eaux au-dessous de la terre.
J —Eh bien, Louise, ici la Bible ne se réfère pas à n’importe quel type d’images ; elle parle des idoles. Ne confonds pas. Dis-moi, pour toi, une idole et une image, est-ce la même chose ?
L —Bien sûr que c’est la même chose !
J —Voilà l’erreur. Ce n’est pas la même chose. Il existe une grande différence entre une image et une idole. Une IMAGE est n’importe quel type de figure ou de représentation de quelqu’un ou de quelque chose. En revanche, une IDOLE est un être ou une chose considéré comme dieu, auquel on croit attribuer vie et pouvoir (Isaïe 44, 9-20) et que l’on met à la place de Dieu. Elle peut être représentée dans une image ou non.
À QUOI SERVENT LES IMAGES ?
L —De toute façon, les images ne servent à rien, comme nous le voyons clairement dans la Bible.
Les idoles des païens sont argent et or, œuvres de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas ; des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, et il n’y a pas de souffle dans leur bouche. (Ps 115, 4-5).
J —Justement, ici il est question des croyances des païens, qui pensaient qu’une statue était un dieu, avec vie et pouvoir. Ils avaient beaucoup de dieux qu’ils adoraient. Ces croyances étaient un danger pour le Peuple d’Israël, car les Juifs étaient tentés d’imiter les pratiques religieuses des peuples qui les entouraient. Principalement de sculpter des images des dieux cananéens (comme dans le cas du veau d’or en Exode 32, 1), auxquels on rendait un culte par la prostitution sacrée (rites immoraux). C’est pourquoi Dieu leur interdisait de se mêler (de se marier) avec ces peuples, afin qu’ils ne soient pas contaminés par leurs croyances erronées.
Comme tu le verras, en réalité ces idoles étaient le reflet des VICES de l’homme lui-même. AU CONTRAIRE, les images que nous avons sont le reflet de VERTUS CHRÉTIENNES, parce que la Vierge Marie, sainte Rita, saint Gaétan, etc., sont des exemples d’amour, d’humilité et de don à Jésus. Vois-tu la différence ?
Aujourd’hui personne ne pense, comme à l’époque des Juifs, qu’une image ou une statue bouge les yeux ou marche. Si un jour cela arrivait, nous partirions tous en courant ! Tout simplement, les images sont comme les photos d’un être cher. Elles nous aident à entrer dans la présence de Dieu et à nous concentrer sur les réalités invisibles qu’elles représentent.
Réfléchis un peu ! Il y a quelques mois, ta fille s’est mariée. Puis elle est partie vivre dans le Sud. L’autre jour, tu m’as montré les photos et la vidéo. Quelles belles IMAGES ! Quels beaux souvenirs elles t’apportent ! Mais… attention !!! Étions-nous donc en train de commettre de l’idolâtrie en les regardant ? Ou nous souvenions-nous seulement de personnes absentes et de moments passés représentés dans ces images ?
QUE FAUT-IL FAIRE DES IMAGES ?
L —Oui, mais ce que dit la Bible au sujet des images est très clair. Il faut les brûler. Pour ma part, je les ai toutes brûlées. Vous brûlerez les sculptures de leurs dieux (Deutéronome 7, 25).
J —Encore la même chose ! Est-il possible que tu ne te rendes pas compte qu’ici il est question des idoles ? De toute façon, es-tu sûre d’avoir vraiment brûlé “toutes” les images que tu avais ? Pourquoi n’as-tu pas brûlé les photos et la vidéo du mariage de ta fille, qui sont aussi des images ? Et les billets de banque que tu as, n’ont-ils pas l’image d’un héros national ? Nous-mêmes sommes IMAGE DE DIEU (Genèse 1, 26). Quoi ? Devons-nous nous mettre le feu ?
L —…Hein…? … Bon… en réalité, ces images que j’ai ne sont pas religieuses…
J —Aaaah ! Mais ce sont des images. À partir de maintenant, nous pouvons nous comprendre. Regarde bien : le passage biblique que tu me cites en Ex 20, 4, tu l’interprètes hors contexte. Ce verset est accroché au précédent, qui parle clairement d’“autres dieux”. Voyons, lisons dans ta Bible : Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi (Ex 20,3). Dieu n’interdit pas de faire des images comme signes religieux. Il CONDAMNE L’IDOLÂTRIE. C’est-à-dire TRANSFORMER les images en idoles ou en faux dieux.
L —Mais dans la Bible nous ne trouvons aucune image religieuse.
J —Ce n’est pas vrai. La Bible présente des cas où Dieu lui-même a ordonné de construire une image. Par exemple, dans le même livre que tu as cité, en Exode 25,18, nous lisons ici : “Tu feras aussi deux chérubins (anges) d’or massif, travaillés au marteau, et tu les placeras aux deux extrémités du propitiatoire, l’un d’un côté et l’autre de l’autre.” Dieu se contredit-il donc ? Il interdit d’abord et ensuite ordonne d’en faire ?
En Nombres 21,8 nous lisons : “Moïse parla pour le peuple, et le Seigneur lui répondit : ‘Fais un serpent de bronze, place-le sur une perche, et quiconque le regardera sera guéri.’” Dieu est-il donc en train d’ordonner de faire des idoles ?
En 1 Rois 6, 23-30 ; 7, 29 ; 9, 1-3 nous voyons que Salomon et les Juifs mirent des images dans le Temple de Jérusalem, et cela AGRÉA à Dieu : “Là seront toujours mes yeux et mon cœur”. Dans la maison de Dieu, dans les lieux les plus sacrés du Temple, on plaça deux anges géants en or (quelque chose qui est au-dessus des cieux) et d’autres images de bœufs, de palmiers, de lions (toutes images de choses qui sont sur la terre). J’imagine que tu n’entrerais pas dans le Temple de Jérusalem (où Jésus, lui, entrait), parce qu’il était orné de beaucoup d’images et de statues. Ceux qui y entraient étaient-ils idolâtres ?
ADORER ET VÉNÉRER, EST-CE LA MÊME CHOSE ?
L —Bon, d’accord, là-dessus tu as raison. Mais le problème est que les catholiques rendent un culte à leurs images, en imitant les païens. Ils les portent en procession, les embrassent, leur mettent des fleurs et des cierges, s’agenouillent devant elles, etc. Et cela est mauvais, parce qu’ainsi ils les adorent. La Bible dit : Ils sont insensés, ceux qui portent en procession une idole de bois et prient un dieu incapable de les sauver (Is 45,20).
J —Ne mélangeons pas tout, tu as une autre confusion. NOUS NE LES ADORONS PAS, mais NOUS LES VÉNÉRONS. Dis-moi, pour toi, adorer et vénérer, est-ce la même chose ?
L —Oui, c’est la même chose.
J —Tu te trompes. Si tu cherches dans ton dictionnaire, tu verras que ce n’est pas la même chose ; ADORER signifie reconnaître un être comme Dieu, comme être suprême, créateur et maître de tout ; c’est reconnaître sa divinité. En revanche, VÉNÉRER, c’est simplement respecter ou honorer une personne ou une chose pour ce qu’elles sont ou représentent. Par exemple, le Drapeau représente la Patrie (il n’est pas la Patrie) ; si quelqu’un le brûlait, ce serait un grave manque de respect. En ce sens, les catholiques N’ADORENT QUE Dieu et VÉNÈRENT (respectent) tout ce qui est lié à Dieu, comme par exemple les images de Jésus lui-même, de la Vierge et des Saints. Nous vénérons aussi la Bible elle-même (carton et papier), qui n’est pas Dieu, mais contient sa Parole.
L’Arche de l’Alliance était un objet sacré qui contenait les Tables de la Loi et la Manne, signes de l’amour de Dieu pour son peuple élu. ELLE N’ÉTAIT PAS DIEU, mais elle représentait Dieu. Pourtant, en 2 Samuel 6, 12-16, tu verras que les Israélites la portaient en procession, offraient un sacrifice devant elle tous les six pas, et David dansait devant elle. Oserais-tu accuser David d’idolâtrie pour cela ?
Comme eux, il nous arrive, à nous catholiques, de porter en procession quelque chose qui nous RAPPELLE Dieu ou qui est lié à lui, sans croire que nous transportons un dieu ou une déesse.
Quant à la manière pratique de réaliser l’“adoration” ou la “vénération”, tout dépend de la culture de chaque peuple et de la manière de comprendre de chaque personne. Pour nous, par exemple, embrasser, offrir des fleurs, porter en procession n’est pas la même chose qu’adorer. N’as-tu jamais embrassé quelqu’un ou offert des fleurs ?
L —Oui, mais les catholiques s’agenouillent devant les images, et cela est interdit par la Bible. Tu ne te prosterneras pas devant elles (Ex 20, 5). Comme Pierre entrait, Corneille vint à sa rencontre et tomba prosterné à ses pieds. Pierre le releva en disant : “Lève-toi ; moi aussi je suis un homme” (Ac 10, 25-26).
J —Tout dépend de l’INTENTION que l’on a lorsqu’on s’agenouille devant un objet sacré. Évidemment, si l’on pense faire un acte d’adoration, comme dans le cas de Corneille, qui était romain et confondit Pierre avec un dieu, alors c’est mauvais ; cependant, si par cet acte on veut seulement manifester son respect, alors ce n’est pas mauvais.
Tout cela est très clair dans la Bible, où nous trouvons des cas de personnes qui s’agenouillent devant d’autres personnes en signe de respect, parce que celles-ci sont des personnes de Dieu ou des rois. Ou nous voyons qu’ils portent en procession l’Arche de l’Alliance et se prosternent devant elle. Elle arriva jusqu’à l’homme de Dieu et lui embrassa les pieds (2 Rois 4, 27). Alors Josué et tous les chefs d’Israël demeurèrent prosternés devant l’Arche du Seigneur jusqu’au soir (Josué 7,5).
Dis-moi, Louise. Quand tu vois une personne agenouillée, priant devant une image de Marie, penses-tu qu’elle est en train de l’adorer ?
L’INTENTION DU CŒUR
L —Sincèrement… oui.
J —Tu te trompes encore ; l’adoration ou la vénération dépendent d’une ATTITUDE INTÉRIEURE. Et je dois te faire une correction à ce sujet. Mais pour que tu me comprennes, revenons à un exemple. Comment puis-je savoir que tu n’étais pas en train d’adorer les images dans les photos du mariage de ta fille ?
L —C’est simple, Jeanne ; tu sais bien que je n’avais pas l’intention d’adorer ces images, je les regardais seulement comme un souvenir d’elle, qui est loin maintenant.
J —Bien. Et comment te sentirais-tu si, malgré cela, je t’accusais d’idolâtrie ? Et si, en plus, je n’écoutais ni ne tenais compte lorsque tu me dis quelles sont tes véritables intentions en possédant et en regardant ces photos ?
L —Eh bien, cela me ferait mal, parce que tu me jugerais mal.
J —Tu vois ? Tu dois corriger ton attitude et ne pas faire aux autres ce que tu n’aimes pas qu’on te fasse. NE JUGE PAS LES AUTRES SUR LES APPARENCES. En 1 Samuel 16, 7, le Seigneur nous enseigne que l’homme ne voit que les apparences, mais Dieu voit le cœur. Jésus nous a dit : “Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés” (Mt. 7, 1), et Jacques dit : “Qui es-tu pour juger ton frère ?” (Jc. 4, 11-12). Comment peux-tu condamner quelqu’un comme idolâtre (péché grave), en jugeant seulement les apparences et sans t’intéresser le moins du monde à l’intention ? Ton attitude ne te paraît-elle pas téméraire et injuste ?
Que cela soit clair pour toi : LE PÉCHÉ D’IDOLÂTRIE NAÎT DU CŒUR DE L’HOMME, comme tous les autres péchés. Lis ce que Jésus dit à ce sujet en Matthieu 7, 20-23. C’est pourquoi l’INTENTION que l’on a en s’agenouillant devant une image compte beaucoup. L’Église catholique m’a appris à croire en un seul Dieu. Et je crois en lui de tout mon cœur. Nous ne croyons ni n’adorons aucun autre dieu. L’Église n’a JAMAIS enseigné d’adorer les images ; ce n’est qu’une fantaisie dans la tête de certains, totalement CONTRAIRE À LA VÉRITÉ. De même que les chérubins n’étaient pas considérés comme des dieux par les Juifs, mais comme des REPRÉSENTATIONS artistiques de SERVITEURS de Dieu, de même aujourd’hui l’Église approuve les images de la Vierge et des saints parce qu’elles sont des représentations artistiques de serviteurs de Dieu.
Demande à n’importe qui s’il pense que la statue de sainte Thérèse est une déesse et s’il l’adore ; tu verras ce qu’il te dira.
Les images, nous les vénérons, c’est-à-dire que nous les respectons POUR CE QU’ELLES REPRÉSENTENT. Par exemple, la statue de sainte Thérèse nous rappelle une jeune femme qui a livré sa vie au Christ (un vrai témoignage de la puissance de Dieu qui a agi dans sa vie).
Dans le cas des photos de ta fille, si quelqu’un, en les voyant, te dit “quelle vilaine créature !”, tu serais sûrement très offensée. Et si cette personne te disait “qu’est-ce que ça fait, si ce n’est qu’une photo ?”, tu lui dirais que oui, ce n’est qu’une photo, mais qu’elle représente quelqu’un que tu aimes et que, pour cela, elle exige le respect.
En VÉNÉRANT une image religieuse, je ne l’adore pas ; je respecte seulement ce qu’elle représente. Tu me comprends ?
L —Oui, maintenant je comprends. Je n’avais pas mieux analysé ce sujet auparavant. J’étais très sûre de ce que je savais.
LA VÉRITABLE IDOLÂTRIE CONTRE LE VRAI DIEU
J —Louise, ne cherche pas de faux dieux ou d’idoles dans les temples catholiques. Les dieux de ce monde actuel ne sont pas là ; ce sont plutôt des pouvoirs qui dominent l’homme moderne de l’intérieur. Saint Paul dit dans sa lettre aux Corinthiens : “Fuyez l’idolâtrie”. Nous ne devons pas chercher des idoles ou de faux dieux dans des choses de bois ou de plâtre, dans des images ou des tableaux, mais dans notre cœur. Regarde en Colossiens 3, 5-6 comment Paul définit l’idolâtrie : Faites donc mourir en vos membres ce qui est terrestre : la luxure, l’impureté, les passions désordonnées, les mauvais désirs, et aussi la cupidité, qui est une forme d’idolâtrie. Ces choses provoquent la colère de Dieu.
Pense à ces idoles ou faux dieux : ARGENT ; POUVOIR, SEXE LIBRE, ÉGOÏSME, GLOIRE, CONSOMMATION ; etc. Réfléchis aux CONSÉQUENCES que l’idolâtrie envers ces idoles entraîne : manipulation et oppression, mensonges, violence, corruption, manque de respect de la dignité humaine, drogues, manque d’engagement, familles désintégrées, avortement, absence de sens de la vie et dépression, manque d’éthique, chômage, athéisme pratique, boulimie et anorexie, dénutrition, alcoolisme, individualisme, pornographie…
L —Maintenant que tu me dis cela, je me mets à penser à la télévision, qui, dans une certaine mesure, est le sanctuaire de l’idolâtrie. Là apparaissent à toute heure ces idoles dont tu as parlé, vivantes et avec le pouvoir de corrompre le cœur de ceux d’entre nous qui nous “prosternons” des heures devant elle et absorbons les images qu’elle présente.
J —Très bien, maintenant tu me comprends ! Avec le culte de ces idoles, nous profanons notre cœur comme Temple de Dieu. C’est pourquoi l’Argentine est comme elle est. À cause de cette authentique idolâtrie qui nous éloigne du vrai Dieu. “Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur” (Mt. 6, 21) …Mais bon, Louise, je dois partir.
L —Merci, Jeanne ; maintenant je me rends compte que je critiquais sans bien connaître le sujet. Je vais t’accompagner à ton Église pour prier ensemble pour l’Argentine. Et j’aimerais que, quand nous reviendrons, nous prenions un maté chez moi et que tu m’expliques le pourquoi des saints.
J —Avec grand plaisir, Louise, allons-y.
Auteur : Ministère d’Apologétique Fils de la Lumière
Source : Apologetica.org
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