L’orgueil est le principal des péchés capitaux, et de lui découle la « présomption », qui consiste à se fier avec excès à soi-même, à ses propres lumières.

À la question « Peut-on être sûr de son salut ? », une page évangélique répond:

Vous pouvez en être sûr !

Êtes-vous sûr d’aller au ciel ? Si vous êtes comme la plupart des gens, vous hésiterez à dire « oui ». Pensant que c’est de la présomption. Mais en réalité, quelqu’un peut-il en être sûr ?

Eh bien, la Bible a une bonne nouvelle pour vous. Oui, vous pouvez en être sûr. La vérité, c’est que Dieu veut que vous en soyez sûr. Et ce n’est pas aussi compliqué que vous le pensez.

http://www.faithalone.org/seguro.html

Par ailleurs, Rick Jones dit dans son livre « Connaître le catholicisme romain » que l’Église catholique « s’oppose une fois de plus à la Parole de Dieu » lorsqu’elle signale dans le Catéchisme que la présomption de la toute-puissance ou de la miséricorde divine est un péché contre l’Espérance:

En prenant cette position, l’Église catholique s’oppose une fois de plus à la Parole de Dieu:

« Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, et pour que vous croyiez au nom du Fils de Dieu. »
1 Jean 5,13

Voici ce que le Catéchisme de l’Église catholique enseigne au sujet de l’Espérance:

L’espérance

2090 Lorsque Dieu se révèle et appelle l’homme, celui-ci ne peut répondre pleinement à l’amour divin par ses propres forces. Il doit espérer que Dieu lui donnera la capacité de l’aimer en retour et d’agir conformément aux commandements de la charité. L’espérance est l’attente confiante de la bénédiction divine et de la vision bienheureuse de Dieu; elle est aussi la crainte d’offenser l’amour de Dieu et de provoquer son châtiment.

2091 Le premier commandement concerne aussi les péchés contre l’espérance que sont le désespoir et la présomption:

Par le désespoir , l’homme cesse d’espérer de Dieu son salut personnel, le secours pour y parvenir ou le pardon de ses péchés. Il s’oppose à la Bonté de Dieu, à sa Justice —car le Seigneur est fidèle à ses promesses— et à sa Miséricorde.

2092 Il y a deux sortes de présomption . Ou bien l’homme présume de ses capacités (en espérant pouvoir se sauver sans le secours d’en haut), ou bien il présume de la toute-puissance ou de la miséricorde divines (en espérant obtenir son pardon sans conversion et la gloire sans mérite).

L’Espérance est l’une des vertus théologales, avec la Foi et la Charité mentionnées par saint Paul (1 Co 13,13). Si la « foi seule » suffit pour être sauvé et que l’on est déjà « sauvé, toujours sauvé », pourquoi l’Espérance est-elle nécessaire ? Pourquoi la Bible la mentionne-t-elle ?

Est-il vrai que la Bible dit que nous sommes « sauvés, toujours sauvés » ?

Or, d’après les paroles de saint Paul, il ne semble pas qu’il ait dit une telle chose:

« Mais je meurtris mon corps et le réduis en esclavage, de peur qu’après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même disqualifié. » 1 Corinthiens 9,27

« Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant; celui qui me juge, c’est le Seigneur. »
1 Corinthiens 4,4

« Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. » Philippiens 2,12

Et surtout, la lettre aux Philippiens est très importante pour voir si Paul « présumait » d’être « une fois sauvé, toujours sauvé »:

« Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les considère maintenant comme une perte à cause du Christ; bien plus, je considère tout comme une perte à cause de la sublime connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur, pour l’amour duquel j’ai tout sacrifié, tenant tout pour des ordures, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui, non pas avec ma justice à moi, celle de la Loi, mais avec la justice qui vient de Dieu, celle qui se fonde sur la foi et qui nous vient par la foi du Christ; afin de le connaître, lui et la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, en me conformant à lui dans sa mort, et si je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts . » Philippiens 3,7-15

Faisons ici une première réflexion. Saint Paul dit « si je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts ». Si je puis parvenir ? Autrement dit, Paul ne « présume » PAS qu’il parviendra à la résurrection d’entre les morts.

Saint Paul poursuit en disant:

« Non que je l’aie déjà remportée , c’est-à-dire que j’aie déjà atteint la perfection , mais je poursuis ma course pour tâcher de la saisir , puisque j’ai été moi-même saisi par le Christ Jésus. »

Un instant ! Encore une halte. Non qu’il l’ait déjà remportée ? Non qu’il ait déjà atteint la perfection ? Nous voyons de nouveau que Paul ne « présume » pas d’avoir atteint le but, qui est le Christ.

« Frères, je ne pense pas l’avoir encore remportée ; mais, oubliant ce qui est derrière, je m’élance vers ce qui est devant, (regardant) vers le but, vers le prix de la vocation souveraine de Dieu dans le Christ Jésus. »

Tiens ! L’affaire devient de plus en plus difficile pour les frères protestants. De nouveau il dit « je ne pense pas l’avoir encore remportée ». Maintenant, qu’on ne vienne pas nous sortir l’« interprétation » selon laquelle saint Paul parlerait ici de courses de quatre cents mètres plat… Le but, c’est Jésus, et Paul dit qu’il ne pense pas l’avoir atteint.

Et pour couronner le tout, il dit:

« Nous tous donc, qui sommes des parfaits, ayons ce sentiment. »

Autrement dit, les « parfaits » doivent agir comme lui et ne pas « présumer » d’avoir atteint le but, qui est le Christ Jésus.

Or, après avoir lu tout cela, quelqu’un peut-il dire que l’Église catholique « s’oppose une fois de plus à la parole de Dieu » ?

Sur la page évangélique http://www.faithalone.org, à propos de ce thème d’être sûr d’être sauvé, toujours sauvé, ils signalent:

Beaucoup de gens croient que, pour demeurer sauvés, ils doivent faire la volonté de Dieu. Mais Jésus-Christ a dit qu’il s’agit en réalité de ce que lui-même accomplit la volonté du Père sur la croix. Jésus a promis que celui qui croirait en lui n’aurait jamais faim ni soif. Il a promis qu’il ne rejetterait jamais quiconque viendrait à lui, et qu’il ne perdrait pas une seule personne qui croirait en lui. Si quelqu’un ayant la foi en Jésus venait à perdre son salut, alors Jésus aurait manqué à tenir sa promesse et aurait manqué à faire la volonté du Père. Le don éternel du Christ ne peut jamais faillir, pour aucune raison; il le garantit.

Cette affirmation est totalement contraire à la parole du Christ:

Ainsi pourrions-nous aller plus loin: non seulement « beaucoup de gens », mais aussi Jésus:

« Ce ne sont pas ceux qui me disent: “Seigneur, Seigneur”, qui entreront dans le Royaume des Cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père céleste. » Matthieu 7,21

On ne peut être plus clair: quiconque veut entrer dans le Royaume des Cieux doit faire la volonté de Dieu. Mais le Christ ajoute encore:

« Beaucoup me diront en ce jour-là: “Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé les démons, et en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?” Alors je leur dirai: Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »

Il ne suffit pas d’aller à une église évangélique et de dire « Seigneur Jésus », « Alléluia », « Loué soit le Seigneur », « Gloire à toi, Seigneur ». Il faut faire la volonté de Dieu.

Et quelle est la volonté de Dieu ?

Que tous les hommes soient sauvés; mais, pour entrer dans la vie éternelle, Jésus nous dit que nous devons garder les Commandements:

« Si tu veux entrer dans la vie, garde les Commandements. » “Lesquels ?” lui demanda-t-il. Jésus lui dit: « Tu ne tueras pas; tu ne commettras pas d’adultère; tu ne voleras pas; tu ne porteras pas de faux témoignage; honore ton père et ta mère, et: tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Matthieu 19,17-19

Combien différentes sonnent les paroles du Christ comparées aux enseignements du fondateur du Protestantisme, Martin Luther:

« Sois pécheur et pèche hardiment, mais crois et réjouis-toi dans le Christ avec plus de hardiesse encore… Aucun péché ne nous séparera de l’Agneau, quand bien même nous forniquerions et tuerions mille fois par jour. » Martin Luther, lettre à Mélanchthon, 1er août 1521

Le péché est la mort de l’âme. Le Christ ne nous donne pas licence d’« assassiner » notre âme mille fois par jour. C’est là tenter Dieu, et c’est contraire aux Écritures.

Si vous aimez fouiller les enseignements des Pères de l’Église, cherchez si un Père de l’Église a enseigné ce faux credo du « sauvé, toujours sauvé ».

Vous perdrez votre temps, car vous ne le trouverez pas. Le « Sauvé, toujours sauvé » est un autre « ajout protestant » à la saine doctrine enseignée dans l’Église.

Enfin, j’ai lu sur une page évangélique que l’on y parle de « l’angoisse du salut catholique », et c’est à cause de ce titre que je me suis décidée à écrire cet article. Je voudrais préciser que nous, catholiques, ne ressentons pas d’angoisse au sujet de notre salut.

Nous, catholiques, avons la FOI dans le Christ Jésus, l’ESPÉRANCE qui s’appuie sur les promesses divines réalisées en Jésus, dans lesquelles sont impliquées la miséricorde, la fidélité et le secours de Dieu, et la CHARITÉ qui, selon saint Jean de la Croix, « nous oblige à aimer Dieu par-dessus toutes choses ».

Avoir l’ESPÉRANCE n’est pas la même chose que PRÉSUMER. Nous, catholiques, ne « présumons » pas d’être « sauvés, toujours sauvés ». La présomption est un péché contre l’Espérance (1 Co 13,13). Nous, catholiques, avons une ESPÉRANCE humble dans les promesses de Notre-Seigneur, qui nous a appris à prier dans le Notre Père: « Que ton Règne vienne » et « délivre-nous de tout mal ».

L’ESPÉRANCE est humble; la PRÉSOMPTION est orgueilleuse. Dieu a horreur de l’orgueil:

Pr 8,13: « Craindre Dieu, c’est haïr le mal; l’orgueil, l’arrogance, la mauvaise voie, la bouche perverse , je les déteste  »

Au contraire, il élève les humbles:

Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les orgueilleux de cœur. Il a renversé les puissants de leur trône et il a élevé les humbles. (Lc 1,39-56)

Auteur: Beatriz Aparicio