Étude biblique sur la relation entre la foi et les bonnes œuvres
Ces derniers jours, nous avons vu apparaître dans l’opinion publique des débats fort intéressants au sujet des affrontements entre catholiques et protestants. D’une part, à cause de la violence exercée contre nous et même contre des images vénérées de l’Excelse Mère de Dieu ou de Notre Seigneur Jésus-Christ. D’autre part, à cause de la fausse idée que l’on se fait du rapprochement que l’Église cherche avec les protestants : il ne s’agit pas de changer notre foi, mais de poser les bases de ce que nous soutenons en commun afin de dialoguer.
Qu’est-ce que la « Sola Fide » ?
C’est la croyance selon laquelle nous sommes sauvés UNIQUEMENT par notre foi en Jésus-Christ et que, puisque le salut vient de la foi seule, nous ne sommes pas tenus aux bonnes œuvres, ou, à tout le moins, celles-ci ne comptent en rien pour notre salut. En d’autres termes, nous pourrions parfaitement manquer à la charité – par exemple en abandonnant le prochain dans sa souffrance – et être malgré tout sauvés. Ceux qui croient en la foi seule ne luttent pas contre le mal ; au contraire, ils combattent avec force ceux qui cherchent à s’y opposer. Obstinés, ils ne s’emploient qu’à se défendre.
La première conséquence de cette erreur monstrueuse est que, par simple bon sens, elle permet aux gens d’être mauvais, de pécher à leur guise, puisque, tant qu’ils gardent la foi que le Christ les a sauvés, ils atteindront la vie éternelle. Et la cohérence dans le bien, l’unité entre ce que je dis, ressens, pense et fais ? Elle n’existe pas, ou plutôt, elle n’a aucune importance. La Vérité, la vérité pleine et authentique, ne permet et n’exige avec force que le triomphe de la Justice et de la pureté.
Se substituer à l’Esprit Saint
Si cette idée est si absurde et perverse, sur quoi se fonde-t-elle pour être défendue avec tant de fanatisme ?
Nous pouvons rappeler brièvement les persécutions, les massacres et les guerres qui ont dressé les protestants contre les catholiques au nom de cette idée. Alors, serait-ce que la Bible l’enseigne et que l’Église fondée par le Christ s’en est écartée ?
Non. Cela ne pourrait jamais, au grand jamais, se produire, parce qu’Il en est la Tête et parce que la succession apostolique a été ininterrompue, parce que l’Esprit Saint la réconforte et l’assiste, parce que le Saint-Père est infaillible en matière de foi et de morale et, avant tout, parce que l’erreur, le mensonge, doit imiter la vérité.
Quel rapport ce dernier point a-t-il avec notre sujet ? Le voici : les protestants s’appuient et argumentent à partir d’un verset du Saint Évangile. Si le lecteur veut bien nous rendre le service de prendre un exemplaire des Saintes Écritures, il pourra lire dans l’épître de saint Paul aux Galates, 3,11 :
« Le ». Mais que disons-nous ?
Il dit : « Le juste vivra par la foi seule ».
Ont-ils donc raison de dire que c’est par la foi seule que nous sommes sauvés ?
Absolument NON. Car Luther, en s’autoproclamant « correcteur » de l’Esprit Saint, A AJOUTÉ le mot « seule » à cette épître. Ainsi, ce qu’il voulait lui faire dire pour appuyer ses idées pouvait coïncider avec ce que l’on pouvait désormais lire dans les Saintes Écritures. Le nouveau texte, « corrigé » à son goût, le confirmait de façon irréfutable. De fait, si l’on examine d’autres traductions non protestantes ou antérieures à celles de Luther, on y lit toujours la même phrase originale de saint Paul, parce qu’elle a été considérée comme le texte primitif ou parce que l’ajout a été définitivement supprimé. Nous lisons alors le véritable Apôtre, sans l’ajout falsificateur de Luther.
Néanmoins, certains se trompent et d’autres se ferment aveuglément, croyant que la foi seule est l’unique chemin du salut.
Retour aux origines
Les jours extraordinaires qui contemplèrent le Verbe Incarné sur la terre virent aussi l’aube de la Chrétienté. Les premiers hommes étaient des hommes de foi, très fidèles à leur religion d’origine, qui crurent au messie attendu. Et ils se donnèrent corps et âme à la Bonne Nouvelle.
Et les gentils et les païens connurent, avec des larmes de joie, la Nouvelle, et furent instruits dans la foi. Comme ils l’acceptèrent et crurent, ils furent baptisés et entrèrent dans l’Église du Christ. Autrement dit, d’abord ils croyaient, puis ils se faisaient baptiser. Ils désiraient adhérer à tout et appartenir au Peuple Saint. La bonne nouvelle (évangile) parcourait la terre, et ceux qui l’apprenaient se convertissaient de tout cœur.
Nous, nous n’avons pas à croire pour être baptisés. Nous sommes baptisés, nous accédons immédiatement au salut, et ensuite l’on nous prêche, l’on nous forme dans la foi et l’on nous y instruit.
En ce sens, nous pouvons dire que les premiers chrétiens (dont les parents et les ancêtres ne possédaient pas la foi chrétienne) devaient croire avant de se faire baptiser, et c’est seulement en ce sens que nous pouvons dire que leur foi les sauvait, car par elle ils accédaient au baptême, et par le baptême au salut. Nous, en revanche, nous avons été sauvés par la foi de nos parents, qui eurent la prudence et la charité de nous baptiser dès notre plus jeune âge
Le bon sens et les Saintes Écritures
Comme nous l’avons mentionné plus haut, c’est la Bible même qu’ils interprètent à leur fantaisie qui les contredit abondamment. Et comme si la parole de Dieu ne leur suffisait pas, le bon sens le plus élémentaire peut leur répondre.
Examinons de plus près la lettre de saint Paul aux Galates :
3,9 « Ainsi donc, ceux qui prennent le chemin de la foi reçoivent la bénédiction avec Abraham le croyant ». 3,10 « Au contraire, une malédiction pèse sur ceux qui veulent pratiquer la Loi, car il est écrit : Maudit soit celui qui ».
3,11 « Par le chemin de la Loi, personne ne devient juste aux yeux de Dieu, car ».
La profondeur de son contenu exige que l’on s’y arrête davantage. Le verset 3,11 est une citation tirée du livre d’Habaquq (2,4). Observons bien : ce n’est pas une simple idée ni un simple propos. Il s’agit, à l’évidence, d’une citation biblique, sinon il ne dirait pas « cela a déjà été écrit ».
Ce sont là, en réalité, des paroles très belles et percutantes de soutien pour les justes qui ont foi en Dieu Notre Seigneur, et la confirmation de la condamnation éternelle des injustes. Dans son contexte réel, le verset 3,11 est un message de l’Apôtre des Gentils à l’Église naissante, contre ceux qui croyaient encore qu’il fallait accomplir la loi de Moïse pour être sauvés.
Nos amis protestants insisteront probablement sur ce point, alléguant qu’en conséquence ceux qui croient en Jésus seront sauvés sans plus, par cela seul et sans que rien d’autre n’importe.
Mais les Saintes Écritures elles-mêmes sont une épée à double tranchant contre ceux qui tentent de les manipuler, quitte à ajouter ou à supprimer des mots. Quel coup portent-elles aux protestants ? Un argument simple, catégorique et définitif : le verset 3,11 ne dit pas
« le »,
mais il dit exactement — et même leurs imitations de Bible le reconnaissent :
« le »
Il est quelque peu fatigant et réducteur de vivre la foi à partir de l’interprétation littérale ou fantaisiste des Écritures, mais pour ceux qui la vivent aujourd’hui de cette manière, il est important de la présenter sous cette forme.
Le verset en question nous dit que nous croyons, c’est vrai, mais si nos actes montrent que nous n’avons pas d’amour, alors notre foi ne nous sert à rien. C’est comme le figuier maudit parce qu’il n’a pas donné de fruits.
L’ardent apôtre Jacques nous dit en 2,26 :
« De même que le corps sans esprit est mort, de même la foi qui ne produit »
Les Écritures pourraient-elles être plus claires et plus concluantes ?
Apparemment oui, car saint Paul lui-même (car il se pourrait que quelque école protestante ou évangéliste rejette Jacques parce qu’il la contredit) se charge de souligner la question qu’il enseigne dans toute son œuvre. Lisons la lettre aux Corinthiens :
1 Co 13,1 « Quand je parlerais toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. » 13,2 « Quand j’aurais le don de prophétie, connaissant les choses secrètes avec toute sorte de connaissances, et quand j’aurais assez de foi pour »
13,13 « Maintenant demeurent la foi, l’espérance et l’amour, ces trois-là. Mais le plus grand de »
La question est embarrassante : si, selon saint Paul (comme les protestants le voudraient), il est dit que nous sommes sauvés par la foi seule, pourquoi le même Apôtre continue-t-il d’affirmer que c’est l’amour qui est le plus grand, et non la foi ? Et pourquoi continue-t-il de nous encourager à faire le bien ? (2 Th 3,13) Et Paul lui-même souligne le point en insistant sur le fait qu’il y a des gens pires que ceux qui ne croient pas, et pires que ceux qui, après avoir cru, retombent dans le péché.
Il se pourrait, faute de bonne volonté et de désir sincère de comprendre la Vérité, que des doutes subsistent encore. Recourons alors à la première lettre à Timothée, où il nous dit :
1,18 « … tu dois combattre le bon combat avec la force que te donnent la foi et la bonne conscience. Certains ont rejeté cette bonne conscience jusqu’à faire naufrage »
5,8 « … Celui qui ne prend pas soin des siens, surtout de ceux qui vivent avec »
Et saint Pierre lui-même, dans sa deuxième lettre, nous met en garde contre les faux docteurs :
2,15 « Ils ont abandonné le droit chemin et suivi Balaam, fils de Bosor, qui se perdit pour gagner de l’argent en faisant le mal. Mais il fut repris de son égarement… » 2,17 « Ce sont des sources sans eau, des nuages poussés par »
2,20 « En effet, après s’être libérés des souillures du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils retournent à ces vices et se laissent dominer par eux ; et il se trouve que leur état présent est pire que le »
Qu’est-ce que cela signifie donc ? Simplement que, même si nous croyons, notre foi peut mourir par notre manque d’amour envers notre prochain. Dans ses épîtres, l’apôtre Jacques nous en dit davantage sur la foi et les œuvres, d’une manière sans équivoque et radicalement opposée à la thèse protestante.
2,14 « Frères, à quoi cela sert-il que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il ne le montre pas par sa manière d’agir ? Sa foi pourrait-elle le sauver ? » 2,15 « Si un frère ou une sœur sont sans vêtements et privés du pain quotidien, » 2,16 « et que l’un de vous leur dise : “Allez en paix ; ne souffrez ni du froid ni de la faim”, sans leur donner ce dont ils ont besoin, à quoi cela leur sert-il ? » 2,17 « Ainsi en est-il de la foi : si elle ne se montre pas par la manière d’agir, elle est »
À ce stade, le lecteur se demandera sûrement : comment se peut-il que précisément les gens qui se targuent le plus de connaître les Écritures ignorent ces autres affirmations si contraires à cet unique verset falsifié sur lequel ils fondent leur foi ?
Lisons dans saint Matthieu ce qui concerne ceux qui sont dans la pire condition et leur juste châtiment :
Matthieu 25,42-45 « “Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et en prison et vous ne m’avez pas visité.” Ceux-là aussi demanderont : “Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé, assoiffé,
Et le Roi [Dieu] leur répondra : “En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ceux-là [ceux qui sont à la gauche de Dieu] s’en iront au supplice éternel, et les bons à »
Poursuivons maintenant avec l’épître de Jacques :
2,18-19 « Et il sera facile de rétorquer à quiconque : “Toi, tu as la foi, et moi, je fais le bien ; où est ta foi qui ne produit rien ? Moi, pour ma part, je te montrerai ma foi par le bien que je fais.” Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu ? Fort bien. N’oublie pas que »
2,21 « Souviens-toi d’Abraham, notre père. Ne fut-il pas reconnu juste par ses œuvres, en offrant son fils Isaac sur l’autel ? Tu le vois : la foi inspirait ses »
Il est frappant qu’il existe des gens qui apprennent par cœur les Écritures sans en méditer ni en relier le contenu, n’est-ce pas ? Car même les démons croient, nous dit l’Apôtre. Aux lecteurs les plus ardents, nous recommandons de lire en entier les passages : Matthieu 25,31-46 et Jacques 2,14-26.
Que deviennent leurs objections ?
Le problème est donc résolu, mais d’autres questions s’ouvrent : si nous pensons encore croire en Jésus-Christ Notre Seigneur, nous devons le prouver, non pas aux autres, mais plutôt à NOUS-MÊMES. Le Divin Rédempteur lui-même a dit à ses apôtres que celui qui croit en Lui ferait des choses plus grandes que Lui, tout en leur demandant de croire en Lui à cause de ses propres œuvres (Jean 14,10)
« … Croyez-moi : » 14,11 « Je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez-le au moins à cause de mes œuvres. » 14,12 « En vérité, celui qui croit en moi ».
Approchons-nous de nos amis protestants et, avec la pleine confiance que Dieu désire convertir ces cœurs orgueilleux ou déjà convertis, demandons-leur :
« Et toi, crois-tu au Christ ? Crois-tu à l’amour ? Peut-être, cher ami, voudrais-tu me rétorquer que le livre de Jacques n’est que paille, quelque chose d’insignifiant, et que ce que dit l’apôtre Jacques n’a pas non plus grande importance, et que saint Matthieu l’évangéliste n’en a pas beaucoup non plus. “Nous devrions suivre Paul plutôt que Jacques”, me dis-tu, la Bible à la main. Mais écoute, frère bien-aimé, saint Paul aussi est en faveur des œuvres pour DEMEURER sauvés. Je t’entends parler, m’interrompre et me dire : “On a coupé les branches pour m’y greffer, moi.” Fort bien, collègue. Elles ont été coupées parce qu’elles n’ont pas cru, et toi tu tiens seulement par la foi. Mais ne présume pas trop de toi-même ; sois plutôt sur tes gardes. Car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus »
« Considère à la fois la bonté et la sévérité de Dieu : il fut sévère envers ceux qui sont tombés, et bon envers toi, pourvu que tu demeures dans la bonté. Sinon, toi
« Ainsi donc, la Foi seule ne suffit pas pour être sauvé. Tu dois porter des FRUITS pour DEMEURER sauvé. Rappelle-toi ce que Jésus a dit à ceux qui NE pratiquent PAS
« Pourquoi m’appelez-vous “Seigneur, Seigneur”, et ne faites-vous pas ce que je dis ? Je vais vous montrer à qui ressemble celui qui vient écouter mes paroles et les met en pratique. Il ressemble à un homme qui, en bâtissant sa maison, creusa bien profond et posa les fondations sur le roc. Une inondation survint, le torrent se rua sur cette maison, mais il ne put l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie. Au contraire, celui qui écoute ma parole et ne la met pas en pratique ressemble à un homme qui bâtit sa maison sur la terre, sans fondations. Le torrent se rua sur elle et aussitôt » Lc 6,46-49
Si tu continues de penser que nulle part dans la Bible il n’est mentionné que tu dois être bon pour être sauvé, lis ce passage :
Je suis la vraie Vigne, et mon Père est le vigneron. Toute branche en moi qui ne porte pas de fruit, il la coupe ; et toute branche qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’elle en porte davantage. Celui qui ne demeure pas en moi est jeté dehors et se dessèche comme les branches mortes : on les ramasse et on les jette au feu, où elles brûlent. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi je demeure dans l’amour de mon Père en gardant ses commandements. Je vous ai dit toutes ces choses pour que vous ayez part à ma joie et soyez pleinement heureux. Voici maintenant mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
C’est à cela que se référait saint Paul lorsqu’il parlait dans Romains 11. Demeurer dans le Christ. Et comment savons-nous si nous demeurons en Lui ? En étant bons, ET DE PLUS en aimant notre prochain. Si nous n’aimons pas notre prochain, alors nous ne sommes PAS dans le Christ, et nous serons jetés au feu, où nous brûlerions.
Cela suffit-il donc à te convaincre que tu dois obéir aux commandements du Christ (nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés), faire de bonnes œuvres (porter du fruit) pour demeurer en Lui (la vigne) et ne pas être brûlés (en enfer) ?
Pardonne si cela t’effraie, cher ami, mais je ne fais que répéter ce que Jésus a dit. Et cela »
Dernières objections
Alors, je t’entends demander, étouffé par les arguments et cherchant non plus tant à me réfuter avec la Bible qu’à ridiculiser mes paroles : « Que signifie ce que saint Paul a dit dans son épître aux Romains, à propos du salut par la Foi ? Et pourquoi Jacques nous dit-il que nous devons avoir de bonnes œuvres ? La Bible ne se contredit-elle pas ? »
Non. Absolument pas. Bien sûr que la foi EST nécessaire pour être sauvés. Lorsque le très doux Rédempteur se présente à nos vies, nous L’acceptons comme Notre Seigneur et Sauveur, et c’est cela qui nous sauve (pour le moment). Mais si tu cesses d’être bon et que tu oublies ton prochain, tu n’es plus en Lui. Et la foi n’y fera rien.
Disons-le plus clairement : d’abord vient la foi. Et ENSUITE, les œuvres sont nécessaires. Nous ne sommes pas sauvés par les seules œuvres. Nous sommes sauvés parce que nous avons cru, et tant que nous demeurons dans la grâce de Jésus-Christ, nous continuerons de porter du fruit. Les fruits de la foi ET nos œuvres.
Mais allons-nous pécher parce que nous sommes passés de la Loi [juive] au règne de la grâce ? Bien sûr que non. À partir du moment où l’on s’est livré à quelqu’un pour être ses serviteurs et exécuter ses ordres, on doit lui obéir et se soumettre à lui. Si ce maître est le péché, on ira à la mort ; mais si l’on obéit à la foi, on mènera une vie sainte.
Une autre belle question à poser à nos frères égarés est la suivante : « Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous ne ressentiez aucune obligation à l’égard du bien ; mais quel profit avez-vous tiré des choses dont vous avez honte aujourd’hui ? Le résultat final, c’est la mort. Mais maintenant, libérés du péché, vous servez Dieu ; votre tâche est de vous sanctifier, et vous aurez pour récompense la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur. » (Rm 6,15-16.20-23) Vous voyez maintenant ? Vous ne pouvez porter de fruits si vous n’êtes pas dans le Christ ; autrement, vous êtes esclaves du péché. Lorsque vous avez accepté Jésus-Christ comme votre Seigneur et Sauveur, ce ne fut pas une simple parole que vous ne tiendriez pas. Vous DEVEZ tenir cette parole. Et c’est cela : laisser Jésus-Christ Notre Seigneur être réellement le Seigneur de vos vies. À quoi sert-il de Lui dire qu’Il est Seigneur si, au lieu de faire ce qu’Il veut, nous faisons ce qui nous plaît ? C’est comme dire à quelqu’un : Tiens, voici. Ceci est mon trésor. Mais, au lieu de le lui donner, nous le cachons dans un coffre-fort pour nous-mêmes. N’était-Il pas le Seigneur de nos vies ? Alors, pourquoi ne Le laissons-nous pas USER de ce droit que nous Lui avons donné ?
En d’autres termes, si nous croyons au Christ, cette foi ne nous sauvera pas si nous ne nous laissons pas sauver par Lui. Si nous nous laissons entraîner par le péché, alors, évidemment, nous restons esclaves du péché. Notre conduite prouvera de qui nous sommes les serviteurs.
La question se réduit à ce point : qui est-ce que je sers ? Jésus-Christ, notre Sauveur ? Ou Satan, qui nous tient plongés dans le péché ?
Conclusion
Du point précédent découle quelque chose qu’il serait absurde de nier ou d’omettre : l’importance de la Grâce. Si nous ne nous soucions pas de prier, nous ne pourrons sortir du péché. Seul Dieu peut nous en tirer, mais c’est à nous de L’appeler pour qu’Il nous rende libres.
Pour parler d’accords entre protestants et catholiques, nous devons penser la même chose au sujet de la même chose ; mais si nous nous accordons sur tel ou tel point et que, sur l’essentiel ou sur ses conséquences, nous divergeons au point de risquer le salut, nous ne pouvons absolument pas dire que nous nous accordons sur ce point doctrinal. Nous croyons que oui, que le salut est effectivement un don. Mais un don qui implique des responsabilités.
Rappelons-nous la parabole des Talents : nous voyons clairement comment les Talents sont un don, qui est le salut.
Un homme de grande famille se rendit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et revenir aussitôt. Il appela dix de ses serviteurs, remit à chacun une pièce d’or et leur dit : Faites-la fructifier jusqu’à mon retour. Mais ses concitoyens le haïssaient et envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : Nous ne voulons pas de lui pour roi.
Quand il revint, après avoir été nommé roi, il fit appeler les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, pour savoir combien chacun avait gagné. Le premier se présenta et dit : “Seigneur, ta pièce en a rapporté dix autres.” Il lui répondit : “C’est bien, bon serviteur ; puisque tu as été fidèle en peu de chose, ”.
Le deuxième vint et dit : “Seigneur, ta pièce en a rapporté cinq autres.” Le roi : “Toi aussi, gouverne cinq villes.”
Le troisième vint et dit : “Seigneur, voici ta pièce. Je l’ai gardée enveloppée dans un linge, car j’avais peur de toi. Tu es un homme exigeant : tu réclames ce que ”.
Le roi répondit : “Mauvais serviteur, je te juge sur tes propres paroles. Tu savais que je suis un homme exigeant, que je réclame ce que je n’ai pas déposé et que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors, pourquoi n’as-tu pas placé mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec les intérêts.” Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Ôtez-lui la pièce et donnez-la à celui qui en a dix.”
« Mais ».
Je vous le déclare : à tout homme qui a, l’on donnera ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.
Quant à mes ennemis, qui n’ont pas voulu de moi pour roi, amenez-les ici et tuez-les devant moi. » (Lc 19,12-27)
Ce passage nous enseigne bien des choses : premièrement, nous devons employer nos « pièces », c’est-à-dire notre Grâce, pour nous sanctifier et sanctifier le prochain, afin de procurer son salut.
En effet, tant que nous ne travaillons pas pour le Christ, c’est-à-dire tant que nous écoutons Ses divines paroles sans rien faire, les ennemis de Dieu, c’est-à-dire les serviteurs du démon, chercheront à entraîner tous ceux qui marchent dans le doute. C’est pourquoi nous devons travailler pour Dieu, non seulement pour NOTRE salut, mais pour le salut des AUTRES. Voilà pourquoi la Sola Fide reste insuffisante sur ce point. Elle ne sert à rien ; par sa restriction, elle favorise l’action de Satan. Si nous ne travaillons pas et n’approchons pas les gens de la Vérité, de la Véritable et Sainte Église fondée par le Christ pour notre salut, alors que nous en aurions la possibilité, nous serons coupables d’avoir laissé ces gens se perdre. Et au jour du Jugement, où nous comparaîtrons devant Dieu, notre juste Juge, chacune de ces âmes se présentera devant nous pour témoigner contre nous. Elles nous montreront du doigt et nous serons responsables de notre inaction, de notre omission ou de nos péchés qui les ont scandalisées.
Le juge qui commit le crime le plus monstrueux de l’Histoire, Ponce Pilate, le fit en ne faisant rien, en se tenant à l’écart de l’affaire. De la même manière, nous sommes coupables de la perte d’autres gens lorsque nous ne faisons rien à ce sujet
Si Pilate pouvait encore s’excuser en disant qu’il ne croyait pas au Divin Rédempteur (chose douteuse, au vu du témoignage de l’Évangile), nous, nous ne le pouvons pas, parce que nous croyons en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Nous avons donc plus de responsabilités que les non-croyants. N’avons-nous pas la Foi ? N’aimons-nous pas nos frères ? Eh bien, usons donc de notre foi, et portons du fruit ! Nous devons sauver notre prochain et lui donner de l’amour.
Les criminels les plus vils, les trafiquants d’enfants, de femmes, d’armes ou de drogues, les avorteurs ou les ennemis de Dieu ou de la civilisation chrétienne croient eux aussi, comme les démons croient aussi. Leur sort est horrible, selon l’Évangile lui-même. Et les mêmes choses arriveront à ceux qui croient en Jésus en paroles, mais ne L’acceptent pas dans leur cœur : ils seront coupés et jetés au feu.
En bons chrétiens, les évangélistes et les protestants savent que ce n’est pas sur la peur que nous fondons notre foi, mais sur l’amour. Mais la réalité des fins dernières doit nous faire réfléchir, nous y oblige. Le Jugement, le Purgatoire, le ciel et l’Enfer sont des réalités que l’on ne peut nier, même si nous le voulions. Qui ne doit rien ne craint rien. Voilà un proverbe fort sage. Si tu aimes ton prochain, nous porterons du fruit. Telle est la promesse que le Divin Rédempteur nous a faite à tous.
Par amour, nous porterons du fruit, de même que c’est au fruit que l’on connaît l’arbre, selon l’Évangile. « Ce sont les actes qui font l’amour, et non les belles paroles », dit le proverbe populaire. C’est par amour que nous agissons, et la foi sans les œuvres est comme une guitare sans cordes.
| Si d’aventure nos frères dans le Christ continuent de s’opposer en leur cœur à accepter la multitude de citations évangéliques et le simple bon sens, nous pouvons en outre leur recommander de méditer les passages suivants, qui prouvent que les œuvres sont indispensables au salut :
1. Le figuier qui n’a pas donné de fruits (Luc 13,1-9) |
Source : Cristiandad.org