Un lecteur demande :

Quelle est la position de l’Église sur l’avortement légal en cas de sida ?

Réponse :

Cher Monsieur,

L’avortement, quelles que soient les circonstances dans lesquelles se trouve le fœtus et son état de santé, est toujours un homicide qualifié.

Dans l’Encyclique Evangelium vitae de Jean-Paul II, vous pouvez lire (nº 58) : « L’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance. La gravité morale de l’avortement provoqué apparaît dans toute sa vérité si l’on reconnaît qu’il s’agit d’un homicide et, en particulier, si l’on considère les circonstances spécifiques qui le qualifient.

1º Celui qui est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c’est-à-dire l’être qui est, dans l’absolu, le plus innocent qu’on puisse imaginer : jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins un agresseur injuste !

2º Il est faible, sans défense, au point d’être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né.

3º Il est entièrement confié à la protection et aux soins de celle qui le porte dans son sein. Et pourtant, parfois, c’est précisément elle, la mère, qui en décide et en demande la suppression et qui va jusqu’à la provoquer.

Il est vrai que de nombreuses fois le choix de l’avortement revêt pour la mère un caractère dramatique et douloureux, lorsque la décision de se défaire du fruit de la conception n’est pas prise pour des raisons purement égoïstes et de facilité, mais parce que l’on voudrait sauvegarder des biens importants, comme la santé ou un niveau de vie décent pour les autres membres de la famille. Parfois, on craint pour l’enfant à naître des conditions de vie qui font penser qu’il serait mieux pour lui de ne pas naître. Cependant, ces raisons et d’autres semblables, pour graves et dramatiques qu’elles soient, ne peuvent jamais justifier la suppression délibérée d’un être humain innocent. »

Cette dernière phrase, sur les possibles mauvaises conditions de santé de l’enfant à naître, répond à votre question.

Quant à la législation qui approuve l’avortement dans certains cas (par exemple, dans le cas d’un enfant atteint du sida ou de parents atteints du sida), je vous rappelle ce que dit la Déclaration sur l’avortement provoqué, de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, nº 22 : « Il doit être bien clair qu’un chrétien ne peut jamais se conformer à une loi immorale en elle-même ; tel est le cas d’une loi qui admettrait en principe la licéité de l’avortement. Un chrétien ne peut ni participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni lui donner son vote, ni collaborer à son application. » C’est pourquoi Jean-Paul II a dit : « une norme qui viole le droit naturel d’un innocent à la vie est injuste et, comme telle, elle ne peut avoir force de loi » (Evangelium vitae, 90).

Auteur : P. Miguel Ángel Fuentes

Source : Le théologien répond