Étude biblique sur la figure et la charge de Pierre dans le Nouveau Testament
Tu es « Pierre »
Selon les desseins de Dieu, le nom d’une personne est très important, spécialement le nom de Dieu (voir Dt 5, 11 ; Ex 3, 14 « Je Suis » ; Is 43, 1 ; et Ap 3, 5).
La Bible nous montre quelque chose de significatif : chaque fois que Dieu change le nom d’une personne, ce n’est pas par hasard mais pour une raison. Le nom correspond à sa nouvelle IDENTITÉ, FONCTION ET/OU MINISTÈRE.
Dans l’AT, nous voyons des exemples de cette idée selon laquelle le nom correspond à la nouvelle identité de la personne ; ainsi Dieu nous a préparés à comprendre ce qu’allait faire son Fils Jésus.
Dans le cas d’Abram, Dieu changea son nom en celui d’ABRAHAM (Gn 17, 5). Le nom Abraham signifie « père des nations ». Est-il vrai qu’Abraham est père des nations ? Oui, car Dieu le lui a promis : je t’établis père d’une multitude de nations (Gn 17, 5). Ainsi voyons-nous que son nouveau nom correspond à son nouveau ministère et à son identité.
Dans le même livre de la Genèse, nous voyons aussi que Saraï reçut le nom de SARA, qui signifie « princesse ». Une fois de plus, le changement de nom correspond à la nouvelle identité au sein de la royauté. Sara allait être mère de rois (Gn 17, 16).
À Jacob, Dieu changea son nom en ISRAËL parce qu’il a lutté avec Dieu et avec les hommes et l’a emporté (Gn 32, 28).
Nous lisons en Isaïe 62, 4 que le peuple de Dieu tout entier reçut un nom nouveau : On ne t’appellera plus Délaissée, et ta terre ne sera plus dite Désolée ; mais tu seras appelée Hephçiba, et ta terre Beula ; car l’amour de Yahvé sera sur toi, et ta terre aura pour Dieu le tien.(1) Il s’agit ici d’une nouvelle relation avec Dieu qui lui donnerait une nouvelle identité. Ce changement de nom affecterait aussi sa position à l’égard du monde politique. (Nous avons un autre exemple en 2 R 23, 34.)
Comme nous pouvons le voir, le nom nouveau reflète l’identité de la personne. Il en va de même dans le NT. En Mt 1, 21, l’ange dit à Marie : Tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de JÉSUS (2), car c’est lui qui sauvera son peuple. Le nom donné par l’ange correspond à son identité et à son ministère : Jésus sauve
Un autre exemple est : Et tu l’appelleras du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous (Mt 1, 23). Il est clair que Jésus est Dieu-avec-nous.
Nous voyons que, dans le plan de Dieu, lorsqu’il change le nom d’une personne, celui-ci correspond à son ministère et à son identité. Jésus suit la manière d’agir de son Père.
Dans la Bible (Reina-Valera), en Jn 1, 42, Jésus dit à Simon : Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui veut dire Pierre), on remarque que Céphas et Pierre signifient la même chose. Maintenant, frère, regarde au bas de la page de ta Bible, aux numéros qui accompagnent « Pierre » et « Céphas » dans le texte ; il est dit : « 1, 2 Du mot pierre en araméen et en grec, respectivement ». Ainsi Jésus a changé le nom de Simon en Pierre, et Pierre veut dire pierre en grec. Examinons maintenant Mt 16, 13-19 pour comprendre la volonté de Jésus-Christ. Nous voyons d’abord que Pierre répond à la question de Jésus sur son identité. Qui les hommes disent-ils qu’est le Fils de l’homme ? C’est une question d’identité, et c’est Pierre qui y répond. Tu es le Christ. Ensuite Jésus, employant les mêmes mots « TU ES », traite lui aussi de l’identité de Simon : Et moi, je te dis que tu es Pierre (Mt 16, 18). Jésus a changé le nom de Simon en Pierre, et rappelons-nous ce qui se passe lorsque Dieu change le nom d’une personne : cela correspond à sa nouvelle identité. Nous avons vu en Jn 1, 42 (dans la note de bas de page) que « Pierre » veut dire PIERRE. Pourquoi donc a-t-il changé son nom en Pierre ? Parce que cela correspond à sa nouvelle identité de « pierre ». Sinon, pourquoi changer son nom ? En me répondant, un pasteur baptiste m’a dit que Jésus avait donné un autre nom à Pierre parce qu’il avait changé de vie ; mais Jésus n’a pas changé le nom des autres Apôtres, et eux aussi ont changé de vie, puisqu’il leur dit qu’ils seraient pêcheurs d’hommes (Mc 1, 17). (De plus, « Pierre » n’est pas un nom, c’est une chose.) Jésus a changé son nom parce que Pierre serait la Pierre/Roc sur laquelle Jésus bâtirait son Église. On indique ici, clairement, la correspondance entre le nom et la fonction de la personne.
Il est remarquable qu’en Jn 1, 42, lorsque Jésus appelle Simon, il le fait en le regardant. La traduction ne capte pas ce que dit le grec. Jésus fixe ses yeux sur Pierre. Jean emploie le mot INTUITUS, non ASPEXIT ni VIDIT. C’est-à-dire regarder profondément, d’un regard pénétrant. Jésus disait quelque chose d’extrêmement grave, et son regard pénétrait l’âme de Pierre.
Il y a des chrétiens qui n’acceptent pas que Pierre soit le roc. Dans le livre de William Soto Santiago, nous lisons que le roc est « la révélation de Qui est la Parole incarnée » que Pierre a confessée.(3)
Mais alors nous leur demandons : pourquoi Jésus a-t-il changé son nom ? Ces personnes soutiennent que le grec présente deux mots différents : Tu es Pierre (Petros), et sur ce roc (petra) je bâtirai mon Église. Elles disent que petros est une petite pierre, distincte de petra qui est un roc. Par conséquent, Pierre ne pourrait pas être la pierre de l’Église. Jésus est la pierre, comme le dit 1 P 2, 4.
Mais cet argument est erroné. Tous les spécialistes de la Bible affirment que Jésus a parlé en araméen et non en grec, et dans cette langue une telle distinction n’existe pas. Jésus aurait dit en araméen : « Tu es Kepha/Céphas et sur ce Kepha/Céphas je bâtirai mon Église ». Le premier Père apostolique qui parle de cet évangile est l’évêque Papias, et il atteste que l’évangile fut écrit en araméen.(4)
Lorsqu’on traduisit Matthieu en grec, on ne voulut pas traduire CÉPHAS par un nom féminin. Au lieu de dire PETRA (« pierre »), on masculinisa le nom en PETROS. En français, le même mot féminin « pierre » sert aussi pour le prénom « Pierre »(5)
Un commentaire biblique évangélique dit : « Pierre (pétros) [sic] est le substantif grec qui signifie “pierre”. L’équivalent en araméen est “céphas”…. Certains estiment que le jeu de mots est significatif. Tu es Pierre (pétros), ce qui signifie une petite pierre, et sur ce roc (pétra) je bâtirai mon église. Pétros est masculin et s’emploie lorsqu’on se réfère à un homme. En revanche, pétra est féminin et se réfère à un grand roc. Cependant, nous devons nous rappeler que Jésus enseignait en araméen, et que dans cette langue il n’y a pas une telle différence entre les termes pour pierre et roc »(6).
Dans le grec du NT, il existe deux mots pour « pierre » : PETRA et LITHOS, comme en français : « pierre » et « roc ». En recourant au grec original de la Reina-Valera présenté dans le livre de C.P. Denyer, nous voyons que PETRA — que la Reina-Valera traduit par « Roc » en Mt 16, 18 — est parfois utilisé aussi pour un petit rocher, comme en 1 P 2, 8 et Rm 9, 32-33. Dans ces textes, PETRA est un petit rocher qui peut faire trébucher.
En poursuivant l’argument selon lequel la Bible emploie les deux mots pour des rocs grands et petits, nous voyons que Jésus est appelé LITHOS (1 P 2, 4), mais que ce même mot s’emploie aussi pour parler d’une petite pierre, comme celle qu’on allait jeter à la femme adultère (Jn 8, 7) ou à Jésus (Jn 8, 59). En 1 Pierre 2, 8 et 1 Co 10, 4, nous trouvons les deux mots, PETRA et LITHOS, pour Jésus. Ainsi, lorsqu’on parle de Pierre le Roc, cela n’a rien à voir avec le fait qu’il soit grand ou petit.
Nous avons examiné la question du grec et de l’araméen. Il est intéressant de noter que le grec emploie pour sur cette pierre l’adjectif démonstratif, au datif TAUTEE avec l’article au datif TEE, pour manifester la force impliquée dans la valeur démonstrative. À partir du grec, cette expression peut se traduire CETTE MÊME. Ainsi Mt 16, 18 dit : Tu es Pierre et sur CETTE MÊME PIERRE je bâtirai mon église (voir 2 Co 9, 4 ; Mc 14, 30 ; Ac 27, 23). Jésus ne dit pas « sur cette pierre » ou « sur une pierre », mais par l’emploi de TAUTEE il est clair que Jésus parle de la même pierre qu’il vient de mentionner : « sur cette même pierre ».
L’argument selon lequel, Jésus étant la pierre en 1 P 2, 4, il se référerait à lui-même en disant « et sur ce roc je bâtirai », est erroné, car en 1 P 2, 5 nous sommes tous appelés pierres (bien que non « PETROS » ou « PETRA », mais « LITHOS », car seul Pierre est ainsi nommé). À un autre moment, Jésus a donné à Pierre un autre titre. Jésus, qui est le Bon Pasteur qui prend soin des brebis (Jn 10, 11), établit Pierre Pasteur après sa résurrection (Jn 21, 15-17). Dieu est Roi d’Israël, mais David l’est aussi d’une manière subordonnée.
Lorsque nous considérons le contexte de Mt 16, 18 (vv. 17 à 19), nous voyons que Jésus dit trois choses, et toutes s’adressent à Pierre. La première commence par Tu es heureux, la deuxième : Tu es Pierre/Roc, et la troisième par Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. La première et la troisième sont des honneurs que Jésus accorde à Pierre. Dans ce contexte, la deuxième phrase, située entre les deux, sera un honneur elle aussi : Tu es le roc. Cela n’a aucun sens que Jésus lui dise « Tu es un petit caillou insignifiant, et pourtant voici les clefs du royaume »(7). De plus, la seconde partie de chacune de ces phrases se rapporte à la première moitié, elle l’explique : Pierre est heureux (v. 17), pourquoi ? Parce que le Père lui a révélé que Jésus était le Messie. La troisième phrase : je te donnerai les clefs du royaume est suivie de l’explication : ce que tu lieras… et ce que tu délieras sur la terre sera lié et délié dans les cieux. Ainsi, la deuxième phrase doit suivre le même schéma : sur ce roc je bâtirai mon église explique pourquoi Jésus appelle Pierre le Roc.
De nombreux et célèbres spécialistes bibliques protestants, comme W. F. Albright, Oscar Cullmann, Herman Ridderbos et C. S. Mann, ont écrit que Pierre est le Roc en Mt 16, 19, et que dire le contraire, selon eux, ne fait que « manifester des préjugés ». Günther Bornkamm a écrit : « Dans l’interprétation des paroles sur Pierre et l’Église, la théologie romaine-catholique et la théologie protestante se sont rapprochées l’une de l’autre depuis assez longtemps. Le “roc” n’est pas le Christ, comme le pensait déjà Luther ; le roc n’est ni la foi de Pierre ni la charge de la prédication, comme le comprenaient les réformés, mais Pierre lui-même comme chef de l’Église ».
Certains diront que Dieu est appelé « Roc » ou « Pierre », et que par conséquent un homme ne peut l’être. Mais Dieu a appelé Abraham la pierre, en Isaïe : Écoutez-moi, vous qui poursuivez la justice, vous qui cherchez Yahvé. Regardez le rocher d’où vous avez été taillés, et la fosse de la carrière d’où vous avez été tirés. Regardez Abraham votre père (51, 1-2).
Si, après son reniement, Jésus avait appelé Pierre « boue » et lui avait dit : « tu es boue et sur cette boue je ne bâtirai pas mon Église », aucun frère ne contesterait alors que Jésus se réfère à Simon-Pierre.
Si Jésus se référait à la confession de Pierre comme au roc, et non à l’Apôtre lui-même, pourquoi n’a-t-il pas nommé roc la confession de Nathanaël, lui qui aussitôt confessa : tu es le Fils de Dieu ; tu es le Roi d’Israël (Jn 1, 49), uniquement parce que Jésus l’avait vu sous un figuier ?
Jésus n’a pas dit « sur moi je bâtirai mon église », ni « sur la confession de Pierre je bâtirai mon Église ». Nous devons être honnêtes avec la Bible et ne pas ajouter de mots. Pourquoi Paul a-t-il continué d’appeler Pierre CÉPHAS (voir 1 Co 15, 5 entre autres) s’il ne l’était pas ? Si Matthieu voulait que nous comprenions que Jésus était le Roc, pourquoi ne l’a-t-il pas clarifié ? Parce que ce qui est clair, c’est que c’était Pierre.
À la question : pourquoi a-t-il changé son nom en « Pierre », si cela ne correspond pas à son identité ? Il est clair que Jésus est la Pierre invisible et que Pierre est le Roc visible sur lequel Jésus a bâti son Église. Jésus n’a pas changé son nom par hasard, ce qui nous conduirait à la confusion. Pierre est le Roc, et l’Église de Jésus-Christ se bâtit sur lui.
Les textes suivants montrent le plan de Dieu, qui consiste à bâtir cette Église. Et elle sera visible, car elle est la famille de Dieu (Ep 3, 14), et les familles ne sont pas invisibles.
Et cette Église enseignera même aux anges (Ep 3, 10), et durera à travers tous les âges (3, 21) :
Édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre d’angle (Ep 2, 20). Ici les Apôtres forment le fondement, tandis que Jésus est la Pierre d’angle qui maintient unie toute la structure.
Et le mur de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau (Ap 21, 14).
Alors les églises étaient en paix par toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; et elles s’édifiaient (Ac 9, 31).
Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu (1 Co 3, 9).
Vous aussi, vous êtes édifiés ensemble pour devenir une demeure de Dieu dans l’Esprit (Ep 2, 22).
De même que Dieu, en appelant Abraham roc, en fit le fondement de son peuple Israël (rappelle-toi qu’il changea son nom), ainsi Jésus, en changeant son nom, confierait à Pierre le fondement du Nouvel Israël, l’Église. Pierre est père du Nouvel Israël comme Abraham est père de l’Ancien (Gn 17, 5. Voir aussi Is 51, 1-2). (Rappelons que le nom de Jacob fut changé en Israël.) Jésus accomplit aussi la prophétie d’Am 9, 11 de « construire la maison ».
Il y a dans Matthieu 16, 18 une chose très importante. Jésus parle d’une seule église : je bâtirai mon église. C’est un singulier. C’est la seule Église qui existait à cette époque. Jésus n’a pas dit « je bâtirai mes églises » : « Jacques regroupe les baptistes, Pierre les catholiques, Matthieu — pourquoi pas — les nazaréens et Jean les mormons… » Il y a une multitude d’églises aujourd’hui. Laquelle est celle qui est bâtie sur Pierre ? Nous le savons déjà.
Le pouvoir des clefs
« Les clefs servent à ouvrir les portes. Le jour de la Pentecôte, c’est Pierre qui ouvrit la porte de l’Évangile au peuple juif ».(8)
« Comme interprète savant dans le royaume des cieux, Pierre ouvrit le trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Galates 2, 11-15 ; 1 Pierre 1, 1 ; 5, 1, qu’il présenta devant les juifs à la Pentecôte (Actes 2) et devant les gentils dans la maison de Corneille (Actes 10) ».(9)
En poursuivant avec Matthieu 16, considérons maintenant le verset 19 : Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. Nous voyons que Jésus a donné les clefs à Pierre seul, non aux autres Apôtres(10). Quelles sont les « clefs du Royaume » ? Les frères disent qu’il s’agit du pouvoir d’ouvrir des missions : Étant arrivés et ayant réuni l’église, ils rapportèrent quelles grandes choses Dieu avait faites avec eux, et comment il avait ouvert aux gentils la porte de la foi (Ac 14, 27 ; voir 1 Co 16, 9 ; 2 Co 2, 12 ; Col 4, 3). Mais ces citations disent que c’est Dieu qui ouvrit la porte. De plus, Jésus donna les clefs à un seul apôtre, non aux autres. C’est-à-dire que le pouvoir que possède Pierre n’est pas partagé avec d’autres, bien que la Bible parle de ce que Dieu ouvre des portes.
D’autres frères disent que les clefs se réfèrent à Pierre, qui ouvrirait la prédication le jour de la Pentecôte. (Voir par exemple Manuel-Abrégé de la Bible par Henry Halley.) Rappelons que les clefs sont « du royaume ». Il ne se peut pas que Pierre ait « ouvert le royaume » lorsqu’il prêcha le jour de la Pentecôte, car c’est Jésus qui l’a ouvert : Jésus vint prêcher l’évangile du royaume de Dieu, disant : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu s’est approché (Mc 1, 14-15). (Lc 17, 21). On ne dira pas : Le voici, ou : Le voilà ; car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.
Actes 2 ne mentionne rien au sujet de l’ouverture de portes. Il faut être honnête avec la Bible. Paul parle d’ouvrir des portes, mais il ne mentionne pas les clefs que Jésus donna à Pierre seul. Que sont les « clefs » ? En Mt 16, 19, Jésus accomplit une prophétie biblique : Je mettrai la clef de la maison de David sur son épaule ; il ouvrira, et nul ne fermera ; il fermera, et nul n’ouvrira. Et je l’enfoncerai comme un clou en un lieu solide ; et il sera un trône d’honneur pour la maison de son Père (Is 22, 22-23). C’est le seul endroit de l’AT où les clefs sont symboliques (voir Jg 3, 25) ; il faut donc que Mt 16, 19 s’y réfère.
L’Église est désormais la Nouvelle Maison du Nouveau Roi David (Ac 15, 16)(11). Le Roi Jésus a les clefs (Ap 3, 7) et maintenant, comme tout roi, il les confie à la garde de son intendant Pierre.(12)
Que fait Jésus ? Outre l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe, Jésus utilise un exemple tiré de la réalité de son temps. Chaque roi (David, Salomon, Hérode, César) avait un palais, et le roi choisissait un intendant (voir par exemple Is 36, 22 ; Gn 41, 40) à qui il confiait d’ouvrir et de fermer la porte du palais (c’est-à-dire tous les bureaux des ministres), de gérer toutes les affaires du royaume, de sceller ou non tous les documents importants et de garder le trésor du roi (Is 22, 15) (Ancient Israel, Roland de Vaux, 1961, p. 30). Voir le rôle du portier en Mc 13, 32-34. « Celui qui garde les clefs a, dans la maison, l’autorité d’être l’administrateur et celui qui enseigne » (The New Interpreter’s Bible, 1995, p. 346).
Jésus est le Roi et il confie cette charge à Pierre. Pierre a l’autorité d’ouvrir et de fermer ; il est donc l’instrument de l’accès au roi et il a la charge du trésor que Jésus veut nous donner (mentionné en Mt 6, 20). En Jn 10, 2-3, nous lisons : Mais celui qui entre par la porte est le Pasteur des brebis. À celui-là le portier ouvre… Ce sont deux personnages : le Pasteur et le portier. Le Portier aura les clefs, bien sûr. En résumé, Jésus a les clefs (Ap 3, 7) et il les donne à Pierre pour bâtir son Église. Et celle-ci appartient à Jésus-Christ, non à Pierre : je bâtirai mon Église. Le savant biblique protestant F. F. Bruce (peut-être le plus important des théologiens évangéliques) a affirmé dans son livre Les paroles difficiles de Jésus que Pierre est fait intendant de la maison que Jésus-Christ allait construire — cela de la part d’un homme opposé à la papauté !
Le pouvoir de lier et de délier en Mt 16, 19 se rapportait aux affaires légales religieuses du peuple de Dieu. Il s’agit de la doctrine (l’enseignement) et du pouvoir de prendre des décisions, de déclarer ce qui est permis et ce qui est défendu. Le célèbre savant biblique protestant W. F. Albright (« doyen des spécialistes bibliques nord-américains ») écrit dans son commentaire sur Matthieu que « l’autorité de Pierre de “lier” et de “délier” consistera à exécuter des décisions prises au Ciel. Ses activités d’enseignement et de discipline seront guidées par l’esprit pour accomplir la volonté du Ciel » (Matthieu dans Anchor Bible, p. 198).
Dans l’AT, lorsque Dieu établit l’Alliance avec le peuple d’Israël, il garantit une autorité vivante et continue par le sacerdoce de Moïse (2 Ch 19, 11 ; Ml 2, 7). L’autorité ne prit pas fin lorsque l’A.T. fut écrit, mais se poursuivit pour sauvegarder et authentifier son interprétation.
Les religions non catholiques n’ont ni les clefs ni le pouvoir de lier et de délier. Alors, comment chaque fondateur d’une église protestante peut-il avoir sa propre interprétation de la Bible ? Aucune prophétie de l’Écriture n’est affaire d’interprétation privée (2 P 1, 20). Sur certains aspects, dit Pierre, tout le monde ne peut pas comprendre les lettres de Paul : ...presque dans toutes ses épîtres, où il parle de ces choses ; parmi lesquelles il en est de difficiles à comprendre, que les ignorants et les inconstants tordent, comme aussi les autres Écritures, pour leur propre perdition (2 P 3, 15-16 et chapitre 3).
Pierre a manifesté son autorité lorsqu’il fit nommer un autre Apôtre (Ac 1, 15-22) et lorsqu’il jugea Ananie et Saphire (Ac 5, 1-11). Nous voyons dans ce texte que mentir à Pierre, c’était mentir à l’Esprit Saint (v. 3) ! Il est protégé de la confusion dans la foi causée par l’erreur et les fausses doctrines : moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, une fois revenu, affermis tes frères (Lc 22, 32).
Nous remarquons que Jésus dit « Satan vous a réclamés pour vous cribler », c’est un pluriel : le diable veut détruire tous les apôtres. Cependant, Jésus prie pour Pierre : « moi, j’ai prié pour toi » (singulier).
Nous remarquons aussi que Jésus dit cela après avoir parlé du rôle des Apôtres dans le royaume. Commentant ces versets, Jean Chrysostome dit que « Dieu a permis que Pierre tombe parce qu’il voulait faire de lui le gouverneur du monde. Pierre se souviendrait de sa chute et aurait ainsi de la compassion envers les autres qui tombent ».
Penses-tu que ce désir de Jésus, que Pierre ne tombe pas dans l’erreur, n’appartienne plus à ses successeurs ?
Le NT offre de nombreuses listes des Apôtres. Seuls Mt 10, 2 ; Mc 3, 16 ; Lc 6, 14 et Ac 1, 13 les nomment tous. Les trois premières précisent le rôle de Simon comme « Roc » en ajoutant le nom « Pierre ». Pierre apparaît en premier dans ces catalogues officiels ; Matthieu 10, 2 commence en disant premier, Simon. Et comme l’ont dit certains érudits, il est redondant de dire « premier, Simon » au début de la liste si cela veut seulement dire que Simon commence la liste, au lieu de souligner le fait de sa primauté (voir St. Peter and the Popes, Michael Winter, Conn : Greenwood Press, 1979).
Certains frères tenteraient d’utiliser l’argument selon lequel Pierre n’aurait pas eu d’autorité au-dessus des autres, parce que dans sa lettre il parle de lui-même comme ancien lui aussi, à l’égal des autres (1 P 5, 1). Mais cet argument ignore ce que nous avons vu (en Mt 16, 18-19 ; Lc 22, 32 ; Jn 21, 15-17, etc.). Le fait est que Pierre est humble ; cela fait partie de son enseignement dans cette lettre. De même que le Président d’un pays est aussi un concitoyen sans que cela lui ôte son autorité, le Pape est presbytre comme tout autre, mais en même temps il possède l’autorité de Pierre.
Prendre soin de mes brebis
Jésus avertit ses disciples de ne pas s’attendre à un temps facile : de même qu’on l’a traité, Lui, on ferait de même avec son Église (Mt 10, 25). Il savait que sa « maison » serait attaquée ; il faudrait la construire sur le roc (Mt 7, 24).
La prophétie de Michée (7, 14), selon laquelle Dieu allait paître son troupeau, est accomplie en Jean 21, 15. Trois fois, Jésus ordonne à Pierre de « prendre soin, paître, pastorer ses brebis ». Le mot grec POIMANE (« pais ») signifie gouverner, régir, être surintendant. (Voir la note de bas de page numéro 1 de Mt 2, 6 régira, c’est le même mot. Cf. aussi Ap 2, 27 et 19, 15.) L’érudit protestant Joachim Jeremias admet l’autorité universelle conférée à Pierre, distincte du mot « pasteur » employé pour les évêques locaux(13)
Dieu a toujours choisi des personnes (Noé, Moïse, les prophètes, etc.) pour son dessein. Mais les religions se rebellent contre le plan de Jésus lorsqu’elles refusent d’être gardées par le successeur de Pierre. C’est comme si un père de famille désignait son fils aîné pour prendre soin des autres enfants — non pas nécessairement parce qu’il est parfait —, et que les autres enfants ne voulaient pas lui obéir.
La seule Église qui puisse tracer une ligne chronologique du présent jusqu’à Jésus est l’Église catholique, comme le montrent la liste des papes et les œuvres des Pères apostoliques. Toute personne honnête peut le vérifier(14).
Après sa Résurrection, Jésus-Christ ordonna à Pierre de paître tous ses agneaux et ses brebis (Jn 21, 15-17). Frère, es-tu une brebis de Jésus ? Si tu te considères comme telle, alors Jésus-Christ a demandé à Pierre de prendre soin de toi !
Nous remarquons de nouveau le contexte : Pierre prend le commandement : Je m’en vais pêcher. Ils lui dirent : Nous venons nous aussi avec toi (Jn 21, 3). Nous savons ce qui arriva. En suivant le conseil de Jésus, le filet se remplit, il se remplit à tel point que tous les disciples durent le tirer. Cependant, lorsque Jésus demanda un poisson, la Bible dit que Pierre tira le filet à terre (Jn 21, 11). Est-ce seulement une coïncidence que Pierre, sans l’aide de personne d’autre, ait pu maîtriser le filet quand les autres ne le pouvaient pas ? Non. Ce n’est pas non plus une coïncidence que la Bible dise que le filet, plein de gros poissons… et quoiqu’il y en eût tant, ne se déchira pas lorsque Pierre le manœuvra. C’est lui le Pasteur. Il agit sur les ordres de Jésus : Apportez de ces poissons.
Autre chose à remarquer : immédiatement après avoir demandé à Pierre de paître ses brebis, Jésus parle de la manière dont Pierre allait mourir. Pourquoi ? Parce que nous rappelons les paroles de Jésus : le pasteur donne sa vie pour les brebis (Jn 10, 11).
Après les avoir avertis de veiller et d’être prêts à toute exigence, Pierre demanda : Seigneur, dis-tu cette parabole pour nous, ou aussi pour tous ? Et le Seigneur dit : Quel est L’INTENDANT fidèle et avisé, que son maître établira sur sa maison pour leur donner en temps voulu leur ration ? (Lc 12, 42). Nous voyons que Jésus répondit à Pierre par une question : « Quel est le serviteur ? ». En Jn 21, 15-17, nous connaissons l’identité de ce serviteur. Voici le serviteur fidèle qui est établi sur la maison pour la nourrir de l’aliment de la parole de Dieu, puisque ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme (Mt 4, 4). L’aliment de Jésus était de faire la volonté de son Père. Ainsi l’aliment est la parole de Dieu (l’enseignement) et sa volonté, qui en partie sont les lois qu’il nous a données. Nous voulons obéir au Père comme Jésus.
Pierre, après Jésus, est mentionné 196 fois dans le NT. Paul et Jean, en deuxième position, ne sont mentionnés que 46 fois. Seul Jésus est nommé davantage. Lorsque les Apôtres sont nommés, le nom de Pierre est mentionné en premier, bien qu’il n’ait pas été le premier Apôtre appelé par Jésus. Pierre démontra son autorité sur toute l’Église lorsqu’il visita les églises de Judée, de Galilée et de Samarie — PANTON en grec (c’est « tout le monde ») — en faisant une visite pastorale (Ac 9, 31-32), tandis que Paul ne visita que les villes où il avait prêché (Ac 15, 36).
Infaillibilité
« En 1870 fut proclamé le dogme de l’infaillibilité pontificale ; cependant, cela ne fut que la proclamation d’une croyance qui avait été presque universellement soutenue par tous les catholiques fidèles pendant des centaines d’années »(15).
Les frères s’efforcent de faire penser aux fidèles que l’infaillibilité du Pape signifie qu’il ne peut se tromper en rien, ni pécher, si bien que ce dogme semble être une sottise. Mais l’Infaillibilité n’est pas la même chose que l’impeccabilité : le pape peut pécher, il peut se tromper.
L’infaillibilité consiste en ce que, sous une certaine condition appelée EX CATHEDRA (voir plus bas), le Pape ne peut se tromper dans les domaines de l’enseignement du dogme et de la morale. Un dogme est un décret, une prescription légale ou disciplinaire comme les ordonnances en Ac 16, 4 ; c’est-à-dire qu’il ne dirait jamais quelque chose de faux ou d’immoral(16)
Nous ne disons pas qu’un pape en particulier, avec ou sans concile, sera saint, cultivé, toujours prudent, très sage, etc. Bien que ce soient d’excellentes qualités, elles ne sont pas essentielles. L’important est que le Magistère de l’Église (son autorité d’enseigner) est garanti par le Christ d’être protégé de l’erreur ; c’est cela qui compte. Je ne me fie pas au Pape, mais à Jésus-Christ qui l’a établi.
Jésus reconnut l’autorité de la « chaire de Moïse » pour enseigner, exercée par les scribes et les pharisiens (Mt 23, 2-3) : Tout ce qu’ils vous disent d’observer, observez-le et faites-le (bien qu’ils ne pratiquassent pas ce qu’ils disaient). Cette chaire (siège) n’était pas seulement une métaphore pour parler du pouvoir. Il y avait véritablement un siège de pierre devant la synagogue où le chef ayant l’autorité (généralement un scribe) rendait des jugements sur des questions doctrinales et légales. Comme le dit la Mishna Abote (commentaire juif), les juifs comprenaient que la révélation que Moïse reçut de Dieu fut transmise par succession ininterrompue depuis Josué, en passant par les anciens, les prophètes et le Sanhédrin (Ac 15, 21).
Puisque Jésus reconnut l’autorité du magistère des pharisiens pour interpréter les Saintes Écritures lorsqu’ils parlaient « depuis la chaire », nous reconnaissons le magistère de l’Église qui parle, non plus avec l’autorité de Moïse, mais avec celle de Jésus lui-même. Qui vous accueille m’accueille (Mt 10, 40). Qui vous écoute m’écoute (Lc 10, 16). Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux(Mt 16, 19). Par ce don de Dieu, il est assuré que la foi reçue de Jésus sera maintenue.
Obéissez à vos pasteurs (He 13, 17).
Comme nous l’avons vu, en Matthieu 24 nous lisons au sujet du serviteur que le Maître établit à la tête de la maison : Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que son maître a établi sur sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera occupé de la sorte ! En vérité, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : Mon maître tarde ; et qu’il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne sait pas ; il le châtiera durement et lui assignera sa part avec les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents (Mt 24, 45-51). Nous voyons d’abord que Jésus parle du serviteur qu’il « établit sur sa maison » (qui représente l’Église). Ce serviteur peut agir bien ou mal, et s’il est désobéissant et « frappe ses compagnons » (abuser de son autorité), il sera châtié. Mais ce n’est pas parce qu’il est mauvais serviteur que Jésus lui retire son pouvoir, ni ne nous donne la permission de sortir de la maison par rébellion. Lui-même châtiera ces mauvaises autorités de l’Église.
Ce n’est pas par hasard que Jésus a choisi Judas, celui qui le trahit ; ainsi la trahison de Judas nous préparait à comprendre les évêques et les Papes qui agiraient de même au cours de l’histoire. Dans le chapitre qui précède le chapitre 24, Jésus dit à ses Apôtres d’écouter les enseignements des pharisiens, parce qu’ils avaient l’autorité de la chaire de Moïse, mais sans imiter leurs actions (Mt 23, 1).
Ce dogme de l’Infaillibilité se fonde sur ce que le Christ promet d’être avec nous jusqu’à la fin du monde. Il ne nous abandonnera jamais, comme nous l’avons déjà vu. Pierre reçut de Dieu l’inspiration que Jésus était le Christ, le Fils du Dieu vivant : Jésus lui répondit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux (Mt 16, 17). Il prit d’importantes décisions dans l’Église primitive, comme remplacer Judas (Ac 1, 15-26. Voir 15, 7-12) et permettre l’entrée de Corneille et des autres gentils dans l’Église (Ac 10 est l’arrière-plan de Ac 15). Ce fut sa deuxième décision infaillible. Alors, ayant entendu ces choses (que dit Pierre), ils se turent et glorifièrent Dieu en disant : Ainsi donc, aux gentils aussi Dieu a donné la repentance qui conduit à la vie ! (Ac 11, 18). Pierre avait parlé, lui qui a les clefs — ou mieux, Dieu parla de nouveau par lui. Ainsi, lorsqu’on convoqua le Concile de Jérusalem pour prendre une décision, Pierre l’avait déjà prise en Ac 10 et 11. Jacques ne fit que la répéter : C’est pourquoi je juge, moi(17) qu’il ne faut pas inquiéter les gentils.
Sans ce don que Dieu lui confère, comment pourrions-nous assurer que notre interprétation de la Bible est vraie ? Nous voyons le problème avec tant de divisions parmi les protestants, chacun disant que son interprétation est la bonne. Jésus a promis de nous envoyer l’Esprit Saint pour nous conduire à la plénitude de la vérité (Jn 14, 16 et 26 ; 16, 13). Comment cette vérité nous parviendrait-elle sinon à travers son Église ?
Au sujet de l’infaillibilité du Pape, un autre auteur nous rappelle que nous devons distinguer les types de proclamations pontificales : « Les chrétiens doivent apprendre à distinguer les documents dans lesquels l’Église engage son infaillibilité (les définitions dogmatiques) des autres documents… Parmi ces derniers, il faut encore distinguer entre les écrits du Pape et ceux qui correspondent aux divers organismes du Vatican… Il va sans dire que ces textes n’ont pas tous la même “autorité” » (Pierre Descouvemont, Guide des difficultés de la foi catholique, Édit. Desclée de Brouwer, Espagne, 1992, pp. 247-248).
Quant aux documents du Pape, on distingue : les Constitutions, les Épîtres, les Épîtres encycliques ayant un destinataire concret et sans contenu dogmatique, les Épîtres Apostoliques, les Lettres décrétales, les Lettres Encycliques, les Lettres apostoliques, les Épîtres des Conférences épiscopales et les chirographes, les lettres d’opinion personnelle.
Les protestants admettent indirectement que Dieu peut donner le don de l’infaillibilité à des hommes. Il l’a fait avec les auteurs de la Bible, puisqu’ils croient comme nous que la Bible est infaillible. Il rendit Pierre infaillible lorsqu’il écrivit sa Première et sa Deuxième Lettre. Or, si Dieu lui a donné le don de l’infaillibilité lorsqu’il enseigna par écrit, pourquoi pas lorsqu’il enseigna de vive voix ? Et si cela s’est produit avec lui, pourquoi pas avec son successeur, sachant que sans cela il y aurait des divisions dans l’interprétation de la Bible ? Comment assurer que l’interprétation de la Bible est elle aussi infaillible ? (Voir chapitre 3).
Le Pape ne révèle jamais quelque chose de nouveau, mais il garde et expose fidèlement la révélation transmise par les Apôtres. Il ne fait que définir une vérité, et il le fait en union avec toute l’Église. C’est pourquoi l’infaillibilité du Pape est liée à l’infaillibilité de l’Église.
Les auteurs du NT, Matthieu, Marc, Jean, etc., étaient des hommes faillibles. Si l’Esprit Saint a pu les utiliser pour écrire la Bible infaillible, pourquoi n’aurait-il pas pu garantir l’interprétation de celle-ci à travers les siècles par les autorités de l’Église ?(18)
Jésus donna une interprétation infaillible de l’AT (il ajouta même une révélation nouvelle) ; ensuite il accorda ce don à son Église, qui poursuivrait son œuvre.
Ce ne serait rien de nouveau dans l’histoire du peuple de Dieu. Dans l’AT, le grand prêtre avait un charisme semblable. En Ex 28, 30, nous voyons qu’il portait sur sa poitrine le pectoral du jugement, l’Urim et le Tummim. Nous lisons ce que dit une revue anticatholique : « L’Urim et le Thummin (sic) faisaient partie du vêtement du Grand Prêtre… il était connu comme Lumière et Perfection. URIM. — Figure de la lumière de l’Esprit Saint. THUMMIN. — La perfection de la Parole dans les cœurs. On disait que, lorsque le Grand Prêtre voulait connaître la volonté de Dieu pour le peuple, il faisait usage de l’Urim et du Thummin, manifestant au Prêtre la volonté et les désirs de Dieu » (La Buena Semilla, revue évangélique, no 3, juin-juillet 1996, p. 14).
Ainsi, ce « pectoral du jugement » avec l’Urim et le Tummim (qui signifient « lumière et vérité » en hébreu) servait à connaître la volonté de Dieu et à régler les désaccords au sein du peuple d’Israël. Par exemple, Moïse ordonna à Josué de chercher le grand prêtre Éléazar qui, avec son Urim et son Tummim, put savoir quand et par où les Israélites devaient passer (Nb 27, 21). En 1 S 14, 41, Saül fit en sorte que le prêtre utilise l’Urim et le Tummim pour résoudre le conflit sur celui qui était coupable. Voir aussi d’autres moments en Esd 2, 63 et Ne 7, 65.
Lorsque Dieu agissait par ce charisme, les résultats étaient infaillibles, et cela n’avait rien à voir avec le fait que le prêtre fût un saint ou un méchant. Dans le NT, nous lisons : Alors l’un d’eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : Vous n’y entendez rien ; vous ne songez même pas qu’il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation ne périsse pas tout entière. Or cela, il ne le dit pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation (Jn 11, 49-52). Caïphe, bien qu’il n’ait pas cru au Messie et, pis encore, l’ait condamné à mort, prophétisa correctement par sa charge de grand prêtre du peuple de Dieu ! Allons-nous penser moins de l’Apôtre Pierre ?
Certains frères citent Ga 2, 11-14, où Paul reprit Pierre, comme preuve que Pierre n’avait pas la protection divine contre l’erreur. Mais cela prouve que Paul voyait Pierre comme chef de l’Église ; c’est pourquoi il dut l’affronter. Étant le chef, il pouvait faire beaucoup de tort au troupeau. De plus, Pierre n’avait pas parlé de façon infaillible (ex cathedra). Il n’avait donc rien défini en matière de doctrine ; le problème était sa conduite. Paul le reprit comme peut le faire un sujet avec son supérieur. Pierre s’était laissé entraîner par l’opinion de certains juifs qui voulaient imposer la circoncision. Fait intéressant, en une autre occasion Paul fit de même. Il agit en tenant compte de la surprise et du scandale possibles des autres : Paul voulut que celui-ci [Timothée] partît avec lui ; et il le prit et le circoncit à cause des juifs qui se trouvaient en ces lieux (Ac 16, 3). Moi, Paul, je vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien (Ga 5, 2).
De plus, n’oublions pas que Paul, bien qu’ayant eu une vision de Jésus et ayant été ravi au troisième ciel, dit dans la même lettre (Ga 2, 2) qu’il alla s’entretenir avec l’Église pour en recevoir l’approbation :
L’aveu de son erreur par Pierre ne diminua pas son autorité ; elle fut au contraire accrue par sa marque d’humilité. C’est le signe d’un bon chef.
Dans l’AT, nous lisons quelque chose de très significatif quant à la pensée de Dieu sur l’autorité qu’Il institue : En ces jours-là, Miryam et Aaron critiquèrent Moïse parce qu’il avait pris pour épouse une femme étrangère. Ils disaient : « Le Seigneur n’a-t-il donc parlé qu’à Moïse ? N’a-t-il pas parlé aussi à nous ? »….
Le Seigneur leur dit : « Écoutez mes paroles. Lorsqu’il y a un prophète parmi vous, je me communique à lui au moyen de visions et de songes. Mais avec Moïse, mon serviteur, il en va tout autrement : il est le serviteur le plus fidèle de ma maison ; je lui parle face à face, ouvertement et sans secrets, et il contemple face à face le Seigneur. Pourquoi donc avez-vous osé critiquer mon serviteur, Moïse ? » Et la colère du Seigneur s’enflamma contre eux. Lorsqu’il s’en alla et que la nuée se retira de dessus la tente, Miryam était lépreuse… (Nm 12, 1-2, 6-10).
Que voyons-nous ici ?
1) Moïse fit quelque chose de mal en se mariant avec quelqu’un hors du peuple de Dieu.
2) Le prophète et la sœur de Moïse le critiquent. Mais la critique la plus grave est dirigée contre Moïse comme porte-parole de Dieu : « Le Seigneur n’a-t-il parlé qu’à Moïse ? N’a-t-il pas parlé aussi à nous ? ». C’était mettre en question le rôle de Moïse comme médiateur et porte-parole. C’était mettre en question son AUTORITÉ. Et, ce faisant, c’était mettre en question Dieu lui-même. (Bien sûr, Dieu parle à tous, mais non avec la même autorité.)
3) Le châtiment fut que Dieu la frappa de la lèpre.
4) Certes, Paul critiqua Pierre (sa manière d’agir, mais non son autorité de porte-parole).
Chaque jour, dans des milliers de Messes à travers le monde, nous prions pour le Pape dans la prière eucharistique, comme Jésus pria pour Pierre en Lc 22, 32.(19) Si ces prières ne servent pas à l’aider, qu’en est-il de notre prière d’intercession ? Quelle possibilité d’aide avons-nous lorsque nous demandons à d’autres de prier pour nos besoins, si la prière pour autrui ne sert à rien ?
Certains frères diront que le Pape n’est pas le vicaire du Christ, mais que c’est l’Esprit Saint qui l’est. Et il est vrai que l’Esprit Saint est vicaire du Christ (Jn 15, 26 et 16, 13-15), mais cela n’exclut pas Pierre. Le mot vicaire signifie « celui qui a le pouvoir et la faculté d’un supérieur et le représente ». Nous sommes ambassadeurs au nom du Christ (2 Co 5, 20). Jésus dit : Qui vous écoute m’écoute ; et qui vous rejette me rejette ; et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé (Lc 10, 16). Qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé (Jn 13, 20). Il est très intéressant de noter que recevoir ou rejeter le vicaire du Christ, c’est recevoir ou rejeter le Père céleste. Vous m’avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus, dit Paul (Ga 4, 14).
Nous pouvons résumer ce sujet en quelques points :
1) Jésus a promis l’assistance divine à son Église (Mt 28, 19-20 ; Jn 14, 26).
2) C’est pourquoi l’Église est colonne et support de la vérité (1 Tm 3, 15).
3) L’Église remonte au moins au Pape Lin (qui remplaça Pierre). Il est mentionné en 2 Tm 4, 21, et personne ne met Paul en doute.
4) Pourquoi l’Église a-t-elle associé son autorité à Pierre, qui trahit Jésus, et non à Paul ? : PARCE QUE JÉSUS L’AVAIT ÉTABLI.
Les frères savent que le contexte d’un texte biblique est important pour son interprétation correcte. Il en est ainsi de Mt 16. En Mt 17, 24-27, Jésus demande à Pierre de payer l’impôt du temple. En 16, 19, Jésus lui a confié les clefs du Royaume. Jésus lui donne ce pouvoir. Lorsque les autres apôtres veulent quelque chose, ils vont vers celui qui a les clefs du trésor.
De même, en Mt 14, 22s, Jésus donne à Pierre un pouvoir surnaturel de faire ce qu’aucun homme n’avait fait : marcher sur l’eau. Et lorsqu’il commence à s’enfoncer, il lui tendit la main. À ce moment, sa foi commençait à défaillir. Mais en réalité Pierre ne compte ni sur sa foi ni sur ses œuvres pour se maintenir, mais sur la main du Seigneur qui le releva. Ainsi, Jésus dit qu’il allait prier pour que sa foi ne défaille pas (Lc 22, 32). C’est Jésus qui lui tend la main. Tel est le contexte de Mt 16.
Le célèbre théologien français Garrigou-Lagrange a conclu que le mot grec PROTOS en Matthieu 10, 2 démontre sans aucun doute la primauté de Pierre. Dans son contexte, il veut dire « principal, premier » (Évangile selon saint Matthieu, p. 195).
Si tu espères trouver une Église parfaite, tu n’atteindras jamais
ce but. Une telle Église n’existe pas. Et si elle était parfaite, elle cesserait de l’être dès l’instant où tu y entrerais. Si tu vivais au premier siècle, quelle communauté aurais-tu choisie ? Celle de Corinthe ? Celle de Laodicée ? Celle des Galates ? Toutes avaient leurs problèmes. Le défi est d’aimer (parfois de supporter) l’Église que le Christ a fondée, avec toutes les imperfections qu’elle a. Il serait intéressant de demander à bien des protestants quel degré d’infaillibilité ils accordent à leur pasteur dans son interprétation de la Bible.
Et ne me dis pas que « tu as accepté Jésus comme ton sauveur et Seigneur » si tu ne veux pas accepter sa volonté. Jésus dit : Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur (alléluia, gloire à Dieu, ou des paroles semblables) qui entreront dans le royaume, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Mt 7, 21). Et sa volonté est qu’il a donné l’autorité à Pierre et à l’Église ; Jésus veut que nous soyons gardés par Pierre.
Que disait l’Église primitive au sujet de l’Infaillibilité ?
Dès les temps primitifs, l’évêque de Rome était comme l’arbitre ultime de la foi chrétienne. Jusqu’au schisme grec du IXe siècle, il n’y eut pas d’opposition massive contre le Pape. Les huit premiers conciles œcuméniques, qui se tinrent en Orient, reçurent toujours l’approbation du Pape avant d’être convoqués, et son consentement avant d’être proclamés obligatoires pour l’Église universelle.
Le IIIe concile de Constantinople (680) déclara que « l’Église apostolique de Pierre ne s’est jamais écartée de la Vérité », et le IVe concile de Constantinople (869) enseigna que « la religion a toujours été préservée de toute souillure dans le Siège apostolique ». En 451, lorsqu’on lut la lettre dogmatique du Pape Léon à son représentant, l’évêque Flavien, les évêques de Chalcédoine (près de Constantinople) répondirent unanimement : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ». Le concile d’Éphèse (431) appela le Pape Célestin « gardien de la foi, qui enseigne la vraie doctrine parce qu’il est le successeur du bienheureux apôtre Pierre, tête de la foi et chef des Apôtres ».
Après tout, si tu acceptes le canon (la liste) du N.T. fixé par les conciles d’Hippone et de Carthage, pourquoi n’acceptes-tu pas la primauté de l’Église de Rome, proclamée au concile de Nicée en 325 apr. J.-C. ? 70 ANS AVANT CARTHAGE !
Encore sur la primauté de Pierre
Comme nous l’avons vu, Dieu changea le nom d’Abram en Abraham, qui signifie « père des nations », parce qu’il serait le père du peuple d’Israël : je te fais père d’une multitude de nations (Gn 17, 5). Pour cette même raison, l’A.T. appelle Abraham le rocher, c’est-à-dire le fondement du peuple de Dieu : Écoutez-moi, vous qui êtes en quête de justice, qui cherchez Yahvé. Regardez le rocher d’où l’on vous a taillés, la fosse d’où l’on vous a tirés. Regardez Abraham votre père (Is 51, 1-2).
Jésus-Christ fit de même avec Simon. Il changea son nom et l’appela roc afin qu’il fût le fondement du nouveau peuple d’Israël : l’Église. Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église (Mt 16, 18). Dans ce livre, je me limite à traiter quelques aspects importants de Mt 16, 18-19(20)
Nous commençons par le verset 13 de ce chapitre. La première chose que nous remarquons est le lieu où Jésus décida de conférer à Pierre cette autorité spéciale : à Césarée de Philippe. Cette ville se trouve au pied du mont Hermon et s’appelait auparavant Panéas (ou Banias), en raison de son lien avec le dieu païen de la nature « Pan ». Pour cette raison, il y avait là de nombreux sanctuaires et pèlerinages. L’un des rois (tétrarque) hérodiens — Hérode Philippe — éleva un sanctuaire en l’honneur de l’empereur (le César) : il fit élever en son honneur un temple magnifique, de pierre blanche (Antiquités judaïques, Flavius Josèphe, Livre XV, 10, 3 ; BI II, 10, 7). Le culte de César comme être divin (dieu) venait à peine de commencer. Il changea alors le nom de la ville en son honneur : Césarée de Philippe, qui signifie « ville en l’honneur de César, faite par Philippe ».
À Césarée de Philippe se trouve une grande formation rocheuse d’environ 70 mètres de hauteur et près de 200 de largeur. On l’appelait la Petra de Césarée de Philippe. Au-dessus d’elle se trouvait le sanctuaire de Pan.
Ici, Jésus demande : Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? Alors qu’en ce lieu il semble que ce soit César qui est seigneur et maître, « mais vous, que dites-vous ? », demande Jésus à ses apôtres.
Simon-Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Simon dit en somme : Tu es le « Christos », le Messie, l’Oint.
Les Israélites avaient trois personnes qui étaient ointes d’huile, quelque chose de physique qui représentait l’invisible Esprit Saint. Le PROPHÈTE, oint pour annoncer la vérité. Il transmettait la parole de Dieu. Celui qui était oint comme PRÊTRE, oint pour communiquer la grâce (la vie divine de Dieu) et le pardon (le péché est mort, le pardon est la réconciliation avec le Dieu de la vie). Le ROI, oint pour assurer une administration juste.
Naquit la tradition juive selon laquelle viendrait un jour le Messie qui unirait les trois fonctions : Prêtre, Prophète et Roi en une seule personne. Jésus vint et proclama être le Chemin (roi), la Vérité (prophète) et la Vie (prêtre). Pierre reconnut ces trois choses en Jésus-Christ en l’appelant Messie. Jésus lui répondit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas (v. 17).
Il y a un parallèle entre ce que Pierre dit à Jésus : Tu es le Christ, fils de Dieu, et ce que Jésus lui dit : Tu es Simon fils de Jonas. (Ou, comme le formule Matthieu : Tu es CRISTOS… et tu es PETROS). Lorsqu’on parle ainsi, en mentionnant un élément de la généalogie, cela relève du langage formel de la cour, c’est-à-dire du langage royal. De même, Jésus vit en Pierre les trois traits : prophète, roi et prêtre(21).
Jésus affirme que Pierre est prophète, lui qui révèle la vérité en proclamant que Jésus est le Messie, et que cette capacité ne vient pas de Pierre : ce ne sont pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Pierre n’était ni le plus intelligent, ni le plus aimé. Jésus reconnut que, par cette révélation, le Père céleste avait choisi Pierre. Ainsi Pierre participe au rôle prophétique de Jésus : proclamer la vérité et résoudre la controverse christologique, « Au dire des gens, qui suis-je ? »… Certains disent que tu es…
Au v. 18, Jésus dit à Pierre qu’il possède aussi l’autorité et le rôle de prêtre : tu es Roc, et sur ce roc je bâtirai mon Église ; et les Portes de l’Hadès ne prévaudront pas. Comment cela ?
Dans les textes poétiques de l’A.T., il y a des exemples montrant que la tradition juive avait l’idée d’une pierre, d’un roc et/ou d’une aire (à battre le grain) qui constituait quelque chose d’important dans l’histoire : l’EBEN SHETIEL, la pierre fondamentale. Elle était considérée comme la chose la plus ancienne au monde, la première chose créée par Dieu. Et pour cela la plus sacrée.
Ce lieu est celui où Joseph s’arrêta sept jours pour faire le deuil lorsqu’on transportait les restes de son père pour l’ensevelir : l’aire d’Atad (Gn 50, 10). Les Philistins la dérobèrent
(1 S 23, 1). Les fléaux cessent lorsque David achète une aire à battre le grain (2 S 24, 15-25 et 1 Ch 21). David édifia un autel sur une aire.
Lorsque David ramena l’Arche capturée par les Philistins, Dieu dut soutenir l’Arche qui vacilla en passant au-dessus de l’aire (2 S 6, 6). Autrement dit, l’aire avait une certaine signification.
Dans la Genèse, nous lisons que la terre était couverte d’eau : la terre était vide et vague (Gn 1, 2), car l’eau n’a pas de forme, elle est chaotique. Par l’Esprit, Dieu commença à séparer les eaux ; la première chose qui « sortit » de l’eau (qui monta d’elle) fut « un sol sec », le sec (Gn 1, 9), vu comme une cime élevée (et donc proche de Dieu et très sacrée) : le mont Sion. C’est là que Dieu fit l’Éden.
Les psaumes parlent de la pierre par laquelle brille la lumière sacrée : la SHEKINAH. « En tant que lieu de culte, le roc est aussi lieu de la révélation divine (Jg 6, 20.21 et 13, 19). » (Diccionario Teológico del Nuevo Testamento, Coenen, Beyreuther et Bietenhard, Sígueme, Espagne, 1994.)
Dans la cosmologie juive, le lieu du Shéol (en grec : HADÈS) est sous la terre. Ce lieu souterrain est obscur, de décomposition et de chaos ; où plane toujours la menace que l’eau recouvre de nouveau la terre et la plonge dans le chaos (Ps 18, 16). Voici ci-dessous une représentation du monde tel que les Juifs le comprenaient :
Les Juifs n’étaient pas un peuple marin comme les païens (les Philistins). Pour eux, la mer représentait le mal (souviens-toi des tempêtes en mer avec les Apôtres). Les Juifs s’identifiaient à la terre (promise) d’Israël. Dieu maintenait la source des eaux chaotiques du Shéol au moyen d’une pierre. Les portes du Shéol étaient comme la gueule d’un monstre qui engloutit les choses terrestres.
De cette terre de fondation mentionnée plus haut, Dieu crée Adam (ADAM signifie « terre » en hébreu). Adam éleva un autel et fit une alliance avec Dieu (Os 6, 7). C’est aussi là que Jacob dressa un autel après avoir lutté avec l’ange (et reçu un nouveau nom : Israël) (Gn 28, 18). Simon-Pierre reçut un nouveau nom pour correspondre à l’Église (comme nouvel Israël).
Le roc sortit des eaux et forma une montagne : le mont Moriyya, où Salomon construisit le Temple (2 Ch 3, 1). L’Arche de l’alliance est placée au-dessus de lui : Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines (Is 2, 2). Que de Sion te bénisse Yahvé (Ps 134, 3).
De même, selon la tradition juive, c’est depuis cette pierre de l’Éden que Dieu dit : « que la lumière soit ». Et derrière la pierre s’en alla l’obscurité. Venez, montons à la montagne de Yahvé, à la maison du Dieu de Jacob, qu’il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers. Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole de Yahvé (Is 2, 3). Yahvé rugit de Sion, et de Jérusalem il donne de la voix [vérité, lumière] (Am 1, 2). Ainsi parle Yahvé : Je reviens à Sion et j’habiterai au milieu de Jérusalem ; Jérusalem sera appelée Ville de Fidélité, et la montagne de Yahvé Sabaot, Montagne de Sainteté(Za 8, 3).
Le symbolisme du roc ne fut pas seulement un jeu de mots avec le nom de Pierre, mais il provient de la tradition de l’A.T. et même d’une tradition antérieure. En Is 28, 16, nous lisons : Voici que je vais poser en Sion une pierre, une pierre de granit, angulaire, précieuse, bien fondée (Is 28, 16). « Je vais poser en Sion une pierre choisie et de grande valeur, qui sera la pierre maîtresse et servira de fondement » (Dios Habla Hoy).
La croyance de cette époque était que la capitale et le temple principal avaient été élevés sur la Pierre Fondamentale de l’univers tout entier. En créant le monde, la première chose que Dieu fit fut de placer une pierre ferme, une pierre qui couvre et scelle les eaux chaotiques souterraines. Celle-ci devient le centre sur lequel le reste de l’univers est créé. La capitale et/ou le temple fut construit au-dessus de cette Roche Fondamentale. Isaïe, en parlant du mont Sion, le mont sur lequel le Temple de Jérusalem fut construit, utilise la même image de la pierre, Centre de la Terre, le fondement sûr sur lequel Yahvé a élevé toute la structure de son peuple.
De manière semblable, « Jésus utilise ce symbolisme pour parler du fondement sûr sur lequel la communauté de l’Église est bâtie »(22). Jésus demande aux Apôtres « Qui suis-je ? », et ne rencontre que l’obscurité : « tu es Jean-Baptiste, Élie, Jérémie… » Jusqu’à ce que jaillisse la lumière (vérité) par Pierre, le Roc. Jésus reconnaît que Simon est la pierre par laquelle la lumière jaillit. Il sera donc la pierre sur laquelle il bâtirait son Église. Il sera l’aire qui aurait la fonction de prêtre en raison de son lien avec l’autel, l’offrande (Adam, Jacob, David) et le temple.
Et ce roc maintiendra fermée la porte du Shéol/Hadès, avec son chaos. Pierre est prophète, gardien de la vérité, et prêtre qui protège la vie divine que Jésus a remise à l’Église par les Sacrements, afin que le « chaos du péché » ne nous détruise pas.
Au v. 19, Pierre est fait Roi, ou du moins partage la royauté avec Jésus en étant son intendant, du fait qu’il possède le pouvoir des clefs du Royaume. Lui seul a les clefs pour lier et délier. C’est une autre manière de dire ouvrir et fermer. Les autres auront ce pouvoir, mais lui seul a les clefs, comme le premier ministre. Il est préfiguré par Élyaqim en Is 22, 20ss, comme nous l’avons déjà vu. En Is 22, Shebna (le mauvais intendant) est remplacé par Élyaqim. Dieu le revêtira des vêtements d’autorité (Is 22, 21) pour gouverner, et il sera comme un père (Patriarche). Et je mettrai sur son épaule la clef de la maison (famille et royaume) de David. Il y a de la stabilité dans sa charge : je le planterai comme un clou en un lieu solide. Il aura son siège d’honneur, un trône comme symbole d’autorité (Is 22, 23).
Le verset 24 est important parce qu’il montre que cette charge se transmettait par succession dynastique au premier-né (ou à un autre s’il venait à tomber dans le péché) : On y suspendra toute la gloire de la maison de son père, les descendants et les rejetons…. Cette dynastie qui préfigure la succession apostolique ne sera pas parfaite (v. 25), car elle n’est qu’un « type » de la Nouvelle Alliance.
Jésus est le fils de David et fait de Pierre son premier ministre. Au-dessus de la Petra se trouvait un sanctuaire dédié au seigneur-dieu, l’empereur. Désormais, sur Petros (Pierre), Jésus construirait le véritable sanctuaire du véritable Maître et Seigneur : l’Oint, roi des Juifs. Avec lui commence la dynastie spirituelle du nouvel Israël : l’Église de Jésus-Christ.
Que disait l’Église primitive ?
Nous verrons ci-dessous que les premiers chrétiens avaient les mêmes croyances que l’Église catholique. Tous ces fidèles vécurent peu d’années après les Apôtres. Certains furent ordonnés par les Apôtres. Le catéchisme le plus ancien est la Didachè, écrite vers l’an 70 apr. J.-C. Nous répartissons les écrits selon la doctrine.
Nous avons mentionné Ignace d’Antioche et Polycarpe de Smyrne (voir le thème 2), tous deux disciples de Jean l’Apôtre, ainsi que Clément de Rome, converti par l’apôtre Pierre. Nous présentons maintenant d’autres Pères Apostoliques et d’autres chrétiens.
Le Pasteur d’Hermas, an 160 apr. J.-C.
Justin Martyr écrivit en 150-155 apr. J.-C. l’Apologie. Il y a quelques citations de son livre le Dialogue avec Tryphon.
Irénée était disciple de Polycarpe.
On mentionne quelques autres Pères Apostoliques avec la date (entre parenthèses), au plus tard aux alentours de Constantin, et l’ouvrage où l’on peut trouver le texte. On ne peut pas mentionner ne serait-ce que la moitié de tous les Pères, encore moins les citer.
Un excellent livre qui présente les citations des Pères Apostoliques par thème, par exemple Sacrements, Œuvres et Église) est La Predicación del Evangelio en los Padres de la Iglesia, de Miguel Peinado P., Éd. B.A.C., 1992.
1) L’Église fut appelée « catholique » pour la première fois dans la Lettre aux Smyrniotes, Ignace d’Antioche
2) Conserver les traditions et Pierre à Rome.
Polycarpe (#17)
Ignace (Lettre aux Philippiens, 7, 1) : les apôtres « nous ont évangélisés ». Les évêques, les presbytres et les diacres furent constitués selon la volonté de Jésus-Christ par son Esprit Saint.
Ignace (Lettre aux Smyrniotes) : « là où est Jésus-Christ, là est l’Église catholique. Sans l’évêque, il n’est pas permis de baptiser. »
Clément (Lettre aux Corinthiens, 5, 1, p. 76) Paul et Pierre furent persécutés jusqu’à la mort à Rome.
Clément (p. 113) : Les Apôtres, suivant la volonté de Dieu, allaient prêcher, baptiser et établir ceux qui étaient « leurs prémices, après les avoir éprouvés par l’Esprit, comme évêques (surveillants)… Les Apôtres confièrent l’œuvre du Christ à leurs successeurs. »
Clément (p. 114) : « Les Apôtres, par l’inspiration de Notre Seigneur Jésus-Christ, eurent une parfaite prévision de l’avenir. Ils établirent en lui les susdits et leur donnèrent en même temps l’ordre que, lorsqu’ils mourraient, d’autres hommes éprouvés leur succèdent dans le ministère. »
3) Pierre mourut à Rome.
Clément (Épître aux Corinthiens, 5, 1) : Pierre fut persécuté jusqu’à la mort à Rome. Les archéologues ont retrouvé ses restes. Il n’y a jamais eu d’autre ville qui ait revendiqué posséder ses ossements.
Ignace : Épître aux Romains, 4, 3.
Irénée (180) : Contre les hérésies, 3, 3, 2 et 3, 1.
Caïus (198) : dans sa Dispute avec Proclus, dans une œuvre d’Eusèbe (Histoire ecclésiastique, 2, 25, 5).
Denys de Corinthe (166) : dans sa Lettre à Soter de Rome, dans une œuvre d’Eusèbe (Histoire ecclésiastique, 2, 25, 8).
Tertullien (207) : Contre Marcion, 4, 5, 1.
Clément d’Alexandrie (190) : mentionné par Eusèbe (Histoire, 6, 14, 1).
Pierre d’Alexandrie (306) : dans La Pénitence, canon 9.
Les frères ne doutent pas que Paul soit mort à Rome. Et Paul mentionne Lin (2 Tm 4, 21). La succession apostolique remonte donc au moins jusqu’à Lin. Pourquoi l’Église de Rome a-t-elle associé son autorité à Pierre, qui a trahi Jésus, et non à Paul ? Ce doit être parce que Pierre la possédait.
Aucune église ni aucun peuple ne revendique les ossements de Pierre, hormis l’Église de Rome. Frère, crois-tu qu’on aurait construit la basilique Saint-Pierre sur un tombeau qui n’aurait pas existé ? Pourquoi Constantin aurait-il démoli le panthéon sacré pour élever le temple ? Ce lieu était hautement sacré pour les Romains. Il devait y avoir là quelque chose de plus sacré encore pour les chrétiens.
4) La primauté de Pierre le roc
Tertullien (213) : dans Sur la monogamie, 8, 4.
Clément d’Alexandrie (190) : dans Quel riche sera sauvé ?, 21, 3-5.
Origène (244) : Homélies sur le livre de l’Exode, 5, 4 ; In Rom, 5, 10.
Cyprien (250) : Lettre à ceux qui ont cessé d’assister, 33 (27), 1. Lettre à Florentius Pupianus, 66 (69), 8.
Éphrem (338) : Homélies, 4, 1.
Cyrille de Jérusalem (350) : Catéchèses, Catéchèse 2, 19.
Augustin : Serm 46, 13, Pierre le roc.
Il est important de noter que Hilaire de Poitiers, dans son Traité sur le Ps 131, 4, dit que la confession de Pierre est aussi le Roc. Mais c’était pour combattre l’arianisme qui rabaissait le Christ. Jean-Paul II enseigne que, la confession de Pierre étant aussi le Roc — que le Roc est le Christ et la foi en lui de la part de Pierre —, nous revenons alors au même point : le Roc-Christ prie pour Pierre, qui affermira les autres apôtres (Lc 22, 32), et lui demande de paître ses brebis (Jn 21, 15).
« Saint Jean Chrysostome (Hom Mt 54, 2) souligne l’ampleur du pouvoir conféré par le Christ à Pierre en lui confiant les clefs » (« Jerarquía, Infalibilidad y Comunión Inter Eclesial », Enrique Dóriga, Herder, 1972, p. 124).
Notes :
- Hefzi-bah signifie « Mon plaisir est en elle » et Beula « Épousée ».
- Jésus signifie SAUVEUR.
- Page trois de l’Iglesia Piedra Angular. « Le roc est la révélation que Pierre a reçue ». L’auteur protestant du livre intituléEl Apostol Pedro de W. H. Griffith Thomas (Éd. CLIE, 1984) dit que « de grands érudits protestants (comme le docteur Hort) » admettent que Petra et Petros sont le même apôtre Pierre (p. 31). L’auteur conclut néanmoins par l’idée que le roc est la confession de Pierre.
- « Le seul témoignage littéraire ancien dit que Matthieu a écrit en araméen » (Comentario Bíblico San Jerónimo, tome III, Espagne : Ediciones Cristiandad, p. 171.) Voir la nouvelle édition de 1990, pp. 630-631. En outre, « petite pierre » en araméen se dit EVNA.
- Remarque que la traduction La Versión Popular (de la même maison d’édition qui imprime la Reina-Valera) le traduit ainsi : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ». Dans la Concordance abrégée figurant à la fin de la Bible publiée par les Sociétés Bibliques, nous constatons que « Pierre » et « Roc » en viennent à signifier la même chose (p. 199).
Le commentaire biblique protestant The Interpreter’s One-Volume Commentary on the Bible dit qu’il y a des indices de formes sémitiques (araméennes) derrière le texte grec de Matthieu. Il admet également que Pierre est le Roc.
Dans le dictionnaire biblique protestant, nous lisons : « Il n’existe entre les deux vocables aucune différence de contenu : de même que petros peut désigner le rocher, petra peut aussi désigner la pierre… En Mt 16, 18, Pierre est appelé par Jésus <Pierre>… tant l’araméen Kefas que le grec petros peuvent désigner la pierre, le roc, et par conséquent, en Mt 16, 18, petra peut se traduire par <Pierre>, <Roc> » (Diccionario Teológico del Nuevo Testamento Vol. IV, par Coenen et al., 1971, 1994, pp. 116-117. Voir l’article « Roca » de W. Mundel).
Rafael Aguirre, dans « La Figura de Pedro en el evangelio de Mateo », dans Pedro en la Iglesia Primitiva, dit que Jésus donna le nom de « pierre » à Simon en raison de la tradition vétérotestamentaire de la « pierre précieuse » (p. 49). Voir Lm 4, 1-2 ; Ct 5, 14 ; Is 28, 16 ; Ex 28, 17-21 ; Ap 21, 20. Pierre est la pierre sur laquelle il bâtira son Église. Il devint le Roc en raison de « sa place éminente parmi les disciples… en raison de la position de Pierre dans l’Église primitive ».
- Dans Comentario Bíblico Mundo Hispano, tome 14, Matthieu, par divers auteurs, 1993, chez la même maison d’édition Casa Bautista de Publicaciones, 1993, pp. 222-223. Bien qu’en fin de compte ils finissent par dire que le roc n’est pas Pierre mais sa confession (p. 223).
- En outre, en araméen, simón signifie « grain de sable ». Ainsi, si PETROS signifie petite pierre, Jésus dirait à Pierre : « Simon, tu es un grain de sable, mais je t’appelle petite pierre insignifiante ». Il n’y aurait aucun sens à changer son nom.
- Catolicismo ROMANO du théologien évangélique le Rév. Dr Hugo P. Jeter (Éditions CLIE, Espagne, 1994, p. 51). Outre qu’il est rempli de présentations erronées de l’enseignement catholique, s’agissant d’un livre imprimé en 1994 qui prétend offrir une « compréhension de l’Église catholique actuelle » (comme l’indique le sous-titre), il présente des pratiques anciennes, telles que : « Pour recevoir les éléments de la Messe, le participant s’avance et s’agenouille devant l’autel » (p. 37). Cette pratique a changé avec le concile Vatican II en 1965.
- L’évangélique M. Raúl Caballero Yoccou, dans le livre Sobre Esta Roca Edificaré Mi Iglesia (Éd. Unilit, USA, 1991, 1993, p. 19). Ga 2, 11-15 et 1 P 1, 1 ; 5, 1 n’ont rien à voir avec les clefs ; de plus, le N.T. ne dit jamais que Pierre ouvre des portes : c’est Dieu qui les ouvre (Ac 14, 27 ; 2 Co 12 et Col 4, 3) directement et/ou par Paul (1 Co 16). Cependant, Pierre seul reçut les clefs de Jésus-Christ. Pas Paul.
- Dans le petit livre La Biblia Católica tiene la Respuesta du théologien évangélique le Dr Oswald Smith (publié par Cruzada Mexicana en Cada Hogar), nous lisons : « Ces clefs et ce Pouvoir représentent l’autorité qu’il a donnée à TOUS LES CROYANTS en Matthieu 18, 18-19. De toute manière, il est question ici d’un royaume et non des clefs de l’Église » (p. 3). Mais Jésus ne donna pas les clefs à tous, mais à Pierre seul : « à toi », et non « à vous ». Ce dépliant est rempli d’erreurs.
- Voir la Concordance à la fin de la Reina Valera, p. 248.
- Certaines personnes tentent d’utiliser l’argument selon lequel Is 22, 22 se réfère à Jésus parce que le prophète a annoncé le Seigneur. Il est vrai qu’Isaïe a prophétisé Jésus, mais le chapitre 22, 22-23 ne parle pas de Jésus-Christ. Le roi Ézéchias, le descendant royal du trône de David, fait d’Élyaqim l’intendant du palais. La prophétie sur les clefs concerne Élyaqim, non le roi qui les remet. Jésus, en Ap 3, 7, possède la clef de David, mais il n’est pas intendant. Comme les rois de l’A.T., Jésus, descendant du trône de David, donne les clefs à Pierre, son intendant (The Collegeville Bible Commentary). Ou bien penses-tu que Jésus est l’intendant et qu’il existe un autre messie, descendant de David, plus grand que lui ? En somme, les clefs sont un symbole d’autorité.
- Theological Dictionary of the New Testament, Eerdmans, USA, 1993, p. 498, cité dansPeter and the Orthodox: a reprise, Ray Ryland, Catholic Answers, oct. 1996, p. 26, de même que Chrysostome.
- J’ai sous la main 16 citations des Pères Apostoliques qui affirment que Pierre fut (et mourut) à Rome. L’archéologie a confirmé ce fait. Il nous faudrait admettre que quelques-uns (très peu) des Pères Apostoliques ont pensé que le roc de Mt 16, 18 étaitaussila confession de Pierre au v. 16, sans exclure que ce fût Pierre.
- ¿Por qué Soy Evangélico?, de C. William Fisher (intitulé en anglais « Pourquoi suis-je nazaréen ? ») (USA : Casa Nazarena de Publicaciones, 1961), p. 52.
- Il ne s’agit pas de comparer le Pape à l’apôtre Pierre sur des choses superficielles comme sa manière de se vêtir, de vivre, etc., mais de considérer en lui ce qu’il y a de plus profond, en tant que Pasteur Suprême de l’Église universelle.
- La Parole de Pierre demeure loi dans l’Église. Dans le grec, KRINO, mieux traduit par « je suis d’avis » comme en Ac 13, 46 ; 15, 19 ; 16, 15 et 26, 8, entre autres (Ibid., p. 28). Remarque que, tandis que les petites décisions que prit Jacques concernant le fait de ne pas manger de sang ou de viande offerte aux idoles, la décision
- L’auteur du livre Análisis del ROMANISMO, J.A. Phillips (USA : Casa Bautista de Publicaciones), traite de ce sujet, mais se contredit. D’une part, il dit que le Pape ne peut proclamer un dogme infaillible parce que « il n’existe aucun langage humain capable de posséder une flexibilité suffisante pour exprimer et transmettre de manière absolue et précise les formules de vérités qui ne peuvent se prouver par la recherche ni se corroborer à l’école de l’expérience. Les vocables, écrits ou parlés, sont des choses merveilleuses. Néanmoins, les mots ne sont que des symboles » (p. 95). D’autre part, parlant de la Bible, il dit : « Il existe deux différences dans la doctrine de l’infaillibilité de la Bible soutenue par les protestants… L’Esprit Saint est indispensable pour pouvoir comprendre l’Écriture » (pp. 97-98). La Bible de M. Phillips n’est-elle pas écrite « dans un langage humain » ? Comment peut-elle être « soutenue comme infaillible par les protestants », ainsi qu’il l’affirme, si, selon lui, « il n’existe aucun langage humain capable de posséder une flexibilité suffisante pour exprimer et transmettre de manière absolue… » ?
- Il est intéressant de noter que, durant la persécution d’Hérode, Jacques fut arrêté et mis à mort sans qu’il y eût beaucoup d’émoi parmi les chrétiens ; mais lorsque cela arriva à Pierre : l’Église priait Dieu pour lui sans relâche(Ac 12, 5). Pierre était le grand chef de l’Église.
- Une partie de ce qui suit provient de notes d’une conférence donnée par Catholic Answers, P.O. Box 17181, San Diego, Ca. 92177. Une partie des sources juives de ce qui suit sont extrabibliques et font partie de la tradition orale de l’interprétation. Pour en savoir plus sur cette tradition, lire Evangelio y tradición de Israel, Matthieu Collin & Pierre Lenhardt, EVD, Espagne, 1991.
- Un autre parallèle est le lien entre le ciel et la terre : « Tu es le Christ, fils de Dieu » (ciel) et « Tu es pierre » (terre). « Mon Père céleste » (ciel) et « forces du Shéol » (sous la terre). « lier/délier dans le ciel » et « ce que tu lies/délies sur la terre ».
- Tiré de Turning Point at Ceasarea Philippi, Donald Senior, Credence Cassettes, 1986.