Pepe Rodríguez est un journaliste espagnol, auteur de plusieurs pamphlets antichrétiens et antireligieux, et, selon ce qu’il déclare sur son site web (pepe-rodriguez.com), il est considéré comme l’un des meilleurs experts en « problématique sectaire ».

Ses œuvres varient par leur contenu et leur ton, mais la grande majorité d’entre elles sont antichrétiennes et, plus au fond, ANTICATHOLIQUES. Rodríguez déploie une puissante vague d’attaques contre le christianisme en général, et contre le catholicisme en particulier.
Parmi ses œuvres figurent les titres suivants : La vida sexual del clero, Mentiras fundamentales de la Iglesia Católica, Mitos y ritos de la Navidad, Dios nació mujer, etc.

De ses œuvres, on comprend que M. Rodríguez est athée, champion de l’attaque contre la foi des croyants, et pourvu d’un sensationnalisme avide d’attention. Il suffit de voir les titres mentionnés plus haut, lesquels sont évidemment élaborés dans le but d’attirer l’attention des lecteurs, dans un acte de publicité caractéristique des best-sellers sensationnalistes.

Commençons par préciser que M. Rodríguez prétend que la culture et la doctrine chrétiennes sont DANS L’ERREUR sur une série de points essentiels, et jusque dans des détails sans importance : une attitude semblable à celle des Témoins de Jéhovah qui, dans leur souci d’attirer l’attention, suggèrent que le christianisme se trompe et proposent une nouvelle série de croyances, telles que ne pas donner ni recevoir de sang, ne pas faire de service militaire, ne pas croire à l’enfer, affirmer que le Christ « est mort sur un poteau et non sur une croix » ; bref, contredire des icônes et des doctrines qui n’avaient pas été attaquées avant qu’ils ne le fassent, et donner ainsi l’impression qu’ils proclament une vérité « cachée » aux yeux du monde pendant des siècles. C’est exactement ce que prétend Rodríguez.

« Mentiras fundamentales de la Iglesia Católica »

Dans la note correspondant à ce livre, on explique que l’auteur a fait une lecture « rigoureuse » de la Bible, en laissant clairement entendre que « le message de la Bible s’oppose à ce que dit l’Église catholique ».

Avant de commencer à commenter ces points, signalons que M. Rodríguez n’est pas la première personne à lire la Bible et à conclure quelque chose comme : Tous les autres se trompent, moi, je sais VRAIMENT ce que dit la Bible !

La problématique sectaire, dont il est censément expert, est née précisément de gens qui ont lu la Bible (ou d’autres écrits religieux) et ont reçu une « étincelle d’illumination » qui les a conduits à sentir qu’eux, oui, avaient compris le texte en question, et pas les autres.
La Bible est étudiée depuis longtemps par des théologiens, des philosophes et des érudits d’un renom bien supérieur à celui de Rodríguez, et il est assez présomptueux de penser que TOUS se sont trompés et qu’un seul (Rodríguez n’est même pas théologien, mais journaliste) l’a mieux comprise.

Parmi les points qu’il aborde figure, par exemple, le suivant :

Dieu ne croit ni à la survie post mortem des humains, ni non plus à l’enfer.

Nous signalions déjà plus haut la ressemblance entre Pepe Rodríguez et la secte des Témoins de Jéhovah. Ces derniers nient l’existence de l’enfer et croient qu’après la mort vient une période d’inconscience qui ne prendra fin qu’à l’Harmaguédon.

Il suffit de dire que l’enseignement selon lequel il existe un enfer est une doctrine claire dans la Bible ; il suffit de lire des versets tels que (Ap 19, 20 ; Ap 20, 10 ; Ap 21, 8, etc.).

Quant à la survie post mortem : combien de fois, dans le Nouveau Testament, apparaissent des expressions comme « vie éternelle », « Royaume des Cieux », « résurrection », etc. ?

Marie, la mère de Jésus, a eu au minimum sept enfants.

En cela aussi, Rodríguez imite plusieurs sectes (y compris les Témoins de Jéhovah). Ces derniers, tout particulièrement, tiennent à affirmer que Marie « a eu d’autres enfants » ; de sorte que si Rodríguez croyait nous apprendre quelque chose de nouveau, il arrive un peu tard : plusieurs sectes antérieures à lui nous ont déjà servi cette affaire, et l’Église a eu des raisons suffisantes pour ne pas l’accepter.

L’Église maintient depuis longtemps le dogme selon lequel Marie est la TOUJOURS VIERGE, et il existe des raisons bibliques pour le justifier. Rodríguez dit que Marie a eu « au minimum sept enfants ». J’invite quiconque à chercher dans n’importe quelle Bible l’expression « fils de Marie » ; vous me direz ensuite comment cela s’est passé.

Et si Marie avait d’autres enfants, pourquoi le Christ, en mourant sur la Croix, l’a-t-il confiée aux soins de l’apôtre saint Jean ?

Notons en outre, parmi les points que manie Rodríguez, quelques affirmations qui sonnent de façon contradictoire :

Jésus fut un Juif, fidèle observateur de la Loi hébraïque, qui n’institua jamais — ni ne voulut le faire — aucune nouvelle religion ni Église. Jésus ne fut jamais chrétien ni, encore moins, catholique.

Jésus fut exécuté alors qu’il avait entre 41 et 45 ans, et non à 33 ans comme le dit la tradition.

Premièrement : si Jésus fut un Juif tout à fait ordinaire, d’où est sorti le christianisme ? Divers témoignages (bien plus anciens que Rodríguez) nous montrent clairement les débuts de la doctrine chrétienne, avec le Christ précisément ; il suffit de lire la Didachè, saint Clément de Rome, Papias, saint Ignace d’Antioche, etc.

Du reste, l’Histoire n’aurait pas retenu un Juif comme tous les autres, et l’on ne saurait rien de lui. Jésus a dû être un personnage d’une influence historique ÉNORME, puisque le calendrier (occidental) lui-même se règle à partir de sa naissance.

Inutile de dire que l’âge auquel Jésus fut crucifié importe peu. Le fait est qu’il fut crucifié pour nous Racheter et nous Sauver, quel qu’ait été son âge.

Contradiction, ou fausseté ? : si Jésus était « fidèle observateur de la Loi hébraïque », pourquoi l’a-t-on exécuté ?

Nous espérons que Rodríguez saura nous dire ce qui poussait les Juifs (ou même les Romains) à exécuter les « fidèles observateurs de la Loi hébraïque ».

Moïse n’est l’auteur d’aucun des cinq livres fondamentaux de la Bible.

Le Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) est certes attribué à Moïse, mais ce n’est pas là une affirmation rigoureusement historique.

Pour commencer, le style révèle que Moïse n’en fut pas l’auteur, puisqu’on y parle de lui à la troisième personne du singulier. Le Deutéronome raconte brièvement la mort de Moïse (que Moïse lui-même ne pouvait pas avoir écrite).

Mais si Moïse n’en fut pas l’auteur, les livres du Pentateuque se fondaient sur des écrits antérieurs (originaux ou copies) qui, eux, étaient bien de Moïse. La Loi de Moïse est suivie par les Juifs depuis fort longtemps, et il ne fait aucun doute qu’ils ont des raisons de le faire. Parmi ces raisons peut figurer la tradition orale, qui aurait fonctionné de manière semblable à la composition du Coran, car ce n’est pas non plus Mahomet qui écrivit personnellement le Coran, bien qu’on le lui attribue.

Ni « catholique » ne signifie « universel », ni le Jésus des Évangiles n’a prétendu donner ce caractère à son message.

(Καθολικον) : cela signifie UNIVERSEL, selon le Diccionario Manual Griego-Español de José M. Pabón Urbina, ancien professeur titulaire de langue et de littérature grecques à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Madrid, Editorial Bibliógrafa, 1969.
Quelles références Rodríguez présente-t-il pour contredire un professeur titulaire de langue grecque ?

Son curriculum (qu’il affiche sur sa page et que j’ai examiné attentivement) ne contient même pas un petit cours de grec en ligne. Et voilà qu’il vient nous dire que catholique « ne signifie pas universel » !!

À ce rythme, quelle autre connaissance du grec nous apportera-t-il ? Nous nous exposons à ce qu’un jour il nous dise que « Alpha n’est pas la première lettre de l’alphabet grec ».

Quant à l’idée que le Christ n’aurait pas eu l’intention de donner à Son message un caractère catholique (universel), rappelons ses paroles :
« Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16, 15)

S’ensuit un sensationnalisme propre aux sectes (qui sont pourtant censées être son principal objet de critique), et il contredit, tout comme elles, vingt siècles d’uniformité théologique et doctrinale dans l’Église catholique.
Allons, soyons logiques ! Si l’Église catholique était réellement fondée sur tant de tromperies et de « mensonges fondamentaux », comment a-t-elle pu survivre pendant deux millénaires ?
Et quelles études théologiques, paléolinguistiques ou bibliques Rodríguez possède-t-il ? AUCUNE.

La Taxa Camarae, le « point culminant de la corruption humaine »

La Taxa Camarae est un document (de toute évidence faux), attribué au pape Léon X, qui daterait du XVIe siècle, et qui consiste en une série de tarifs à payer pour obtenir l’absolution de toute une diversité de péchés.

Pepe Rodríguez expose la Taxa Camarae et défend son authenticité sur son site web, en lui attribuant le qualificatif de « point culminant de la corruption humaine ».

Personnellement, je ne puis pas dire grand-chose sur cette affaire. Ce qu’il m’intéresse de souligner, c’est qu’une équipe de recherche a étudié la question et a élaboré un magnifique relevé de données, extrêmement intéressantes pour démontrer la fausseté de ce document simoniaque.

Ce sont des membres d’apologetica.org qui ont mené une enquête minutieuse, en entretenant une correspondance avec Rodríguez, travail dont il ressort :

  • Que la Taxa Camarae publiée par Rodríguez ne s’appuie sur aucun document pontifical.
  • Que M. Rodríguez, en façade, emploie des mots très choisis et cultivés lorsqu’il expose le sujet, mais que, dès que quelqu’un lui tient tête, son sérieux apparent s’évanouit et se mue en réponses absurdes, en attaques personnelles et en digressions hors du sujet.

On expose ci-après quelques fragments du travail d’apologetica.org, que l’on peut trouver au complet en suivant ce lien.

Échanges d’apologetica.org avec Pepe Rodríguez (Fragments)

A. Tapfer : cher monsieur Pepe […] je voudrais savoir si vous pouvez me donner l’information sur ce terrible édit du pape taxa camarae pour un ami catholique pour qu’il voie la lumière d’où il est, cette église est terrible. lui il dit que ce n’est pas vrai, s’il vous plaît dites-moi où vous l’avez pris, comme ça il peut aller voir et se convaincre. un livre ou une bibliothèque, mon ami m’a lancé un défi, […]

Pepe Rodríguez : 1) La Taxa Camarae peut se trouver dans n’importe quelle bonne bibliothèque d’histoire religieuse et/ou médiévale, y compris la Vaticane et celles des grands séminaires. Peut-être aussi dans des bibliothèques protestantes, puisque ce document et d’autres semblables provoquèrent la rupture compréhensible de Luther.

A. Tapfer : monsieur Pepe, […] mon ami catholique dit qu’il est disposé à accepter ce document si je lui donne une source, c’est-à-dire d’où vous avez tiré ce document, lui il habite près d’une très grande bibliothèque du pape, et maintenant il me jette à la figure que je crois n’importe qui, et il dit qu’avec les données que je lui ai données, celles que vous m’avez données, il ne trouve rien, qu’il faut lui donner la source, voilà ce qu’il m’a répété.

Pepe Rodríguez : J’ai photocopié ce document il y a environ 30 ans dans une bibliothèque de Paris. Que ton ami le cherche où il voudra. En tout cas, le plus probable est qu’on ne le trouve que dans des livres édités au XIXe siècle et, peut-être, dans l’un ou l’autre de la première ou de la deuxième décennie du XXe.

Nino Mendoza : Il y a un point important : vous semblez exiger, pour retirer ledit document de vos publications et pour la rétractation opportune, qu’on vous présente, à vous, l’auteur, la date et les circonstances de la véritable production du document. Cela, pour peu qu’on y réfléchisse, est complètement absurde. Ce n’est pas à nous de fouiller toute la littérature du monde produite au cours des cinq cents dernières années pour voir si nous trouvons l’auteur d’un document dont personne ne sait d’où il vient, de quelle année il est, ni comment il s’appelle (les données que vous donnez, à savoir Léon X, 1517 et Taxa Camarae, ne mènent à rien en aucun sens). C’est au contraire vous qui faites connaître le document et qui devez procurer la source vérifiable avant de le publier, ou du moins, comme en l’occurrence, le retirer immédiatement de la circulation faute du fondement opportun. Je ne crois pas nécessaire de m’étendre davantage sur une chose aussi évidente, surtout pour une personne qui, à en juger par son curriculum, connaît parfaitement la démarche scientifique.

L’attitude de M. Rodríguez à propos du sujet

Dans sa réaction à notre position de doute au sujet du document qu’il a publié sans apporter aucun fondement, on trouve des manifestations péjoratives répétées à l’égard de cette équipe de recherche et du site web qui l’héberge (apologetica.org), telles que : « groupe intégriste », « secte catholique fanatique », « effronterie et honnêteté historique et scientifique nulle », « mauvaise foi, fanatisme et ignorance », « ils se targuent d’une grande rigueur académique et de recherche », « mentir avec la plus grande effronterie », « secte catholique extrémiste », « démagogie, fanatisme, ultraconservatisme et virulence », « crétinerie suprême ».

Voilà comment M. Rodríguez conçoit sa réponse académique contre ceux qui ont mis en doute un document publié par lui.

Une « traduction » qui sent la copie (Fragments)

La version espagnole de la Taxa que contient l’ouvrage anticlérical de 1936, et dont M. Rodríguez publie les photocopies sur le site web dont il est l’auteur, est de toute évidence une traduction (du français ? de l’allemand ? du latin ? Nous n’en savons rien). La traduction daterait, au moins, de 1936. Or, cette traduction (en laissant de côté la numérotation des trente-cinq paragraphes) compte 962 mots, tandis que la traduction du français faite par M. Rodríguez compte… 962 mots ; les caractères employés (lettres et signes de ponctuation) de la version du « petit livre » de 1936 totalisent 4699, tandis que la version du français de M. Rodríguez totalise… 4699.

Y a-t-il une différence entre la traduction du livre de 1936 et la « traduction du français » de M. Rodríguez ? D’après ce que nous avons pu vérifier, il n’y a que 3 différences en 962 mots, à savoir :

– paragraphe 11 de la Taxa : la traduction de 36 dit hubiese, la traduction de M. Rodríguez dit hubiere ;

– paragraphe 15 de la Taxa : la traduction de 36 dit obispo, la traduction de M. Rodríguez dit Obispo ;

– paragraphe 24 de la Taxa : la traduction de 36 dit en, la traduction de M. Rodríguez dit con.

Les différences sont minimes, comme on peut le voir, et facilement explicables. Notons :

– hubiese/hubiere : ce sont des formes facilement interchangeables. La traduction du « petit livre » emploie cinq fois la forme « hubiese » et une seule fois « hubiere », précisément au paragraphe 11, où M. Rodríguez donne « hubiese », comme dans les cinq autres cas.

– obispo/Obispo : une différence qui peut à peine être appelée « différence », surtout si l’on considère que le substantif « obispo » apparaît deux fois dans le texte de la Taxa, que le livre de 36 traduit, sans motif apparent (probablement par erreur), une fois avec majuscule (paragraphe 15) et une fois avec minuscule (paragraphe 16).

– en/con : autre différence, la plus substantielle en 962 mots, quoique facilement explicable par… une erreur de copiste ?

En confrontant les deux traductions, il est frappant (pour le dire ainsi) de constater que non seulement sont identiques l’usage des virgules, des points, des points-virgules (virtuellement aucune différence en 4699 caractères !), le choix des verbes et des substantifs pour chaque mot traduit, l’emploi de temps et de modes verbaux identiques, l’ordre des mots dans de longues phrases, etc., mais aussi — forcément — le style ! Alors que, comme le dit justement l’adage, « le style, c’est l’homme ».

Bien plus, les deux « traductions » présentent cette curieuse expression (paragraphe 17 de la Taxa) :
« El obispo u abad que cometiese… ». Notons l’emploi de « u » entre « obispo » et « abad », emploi qui est incorrect, ou du moins anachronique, comme il ressort des éditions successives du Diccionario de la Real Academia Española : la seule édition de ce dictionnaire qui présente cet emploi de « u » destiné à éviter la cacophonie due à un « o » final dans le mot précédent est l’édition de 1791, tandis que toutes les autres l’excluent (on peut consulter toutes les versions historiques du dictionnaire, avec les fac-similés des pages, sur le très intéressant site de la Real Academia : http://www.rae.es).

Vient renforcer l’idée qu’il s’agirait d’une erreur ou d’un anachronisme la constatation que les deux traductions de la Taxa en question n’emploient pas « u » après « o » et avant « a » (comme dans « obispo u abad ») : au paragraphe 19, tant M. Rodríguez que le livre de 36 traduisent « El hijo de hereje quemado o ahorcado o ajusticiado… », c’est-à-dire que, dans la même situation vocalique, tous deux emploient « o », alors que tous deux, quelques paragraphes plus haut, avaient employé « u ». Nous avons enfin vérifié que M. Rodríguez, dans d’autres de ses écrits, n’emploie pas « u » au lieu de « o » dans la même situation vocalique, mais emploie ce qui doit s’employer, à savoir « o » (par exemple, au chapitre 5 de son livre Mentiras… nous lisons « no al Jesús divinizado o a cualquier otro »).

En résumé, les deux traductions sont identiques en tout, y compris dans les erreurs ou les anachronismes.

Cela est scientifiquement inexplicable. Quiconque a fait dans sa vie la moindre traduction conviendra qu’il est humainement impossible que deux personnes (et à un demi-siècle de distance !) fassent une traduction identique d’un texte de trois à quatre pages.

Les Archives secrètes du Vatican : des gardes suisses armés de mitraillettes gardent la Taxa Camarae ! (Fragments)

Voici une partie d’un message de Rodríguez (que l’on peut trouver sur son site web : http://www.pepe-rodriguez.com/Mentiras_Iglesia/Taxa/Taxa_taxacamarae_falsa.htm) :

Les membres d’apologetica.org, qui se targuent de travailler avec rigueur, honnêteté et académisme, mentent avec la plus grande effronterie lorsqu’ils affirment qu’il n’y a pas de meilleures sources. Si, il y en a, nombreuses et meilleures, mais ni eux, ni leurs sources de consultation, ni personne ne peut y accéder pour vérifier qui a raison. Ils savent parfaitement, à apologetica.org, bien qu’ils le taisent pour défendre leurs intérêts catholiques, qu’à côté de la bibliothèque vaticane il existe un bâtiment contigu qui abrite ce qu’on appelle les « archives secrètes » — pour accéder à leur salle, il faut passer six contrôles de sécurité stricts, dont trois protégés par des gardes suisses armés de mitraillettes —, auxquelles n’accèdent que des chercheurs dûment autorisés, lesquels sont toutefois limités à travailler uniquement avec les documents répertoriés dans les catalogues qu’on leur propose. La première conclusion est que tout document qui ne figure pas dans un catalogue ne peut être demandé pour étude parce qu’officiellement il « n’existe pas ».

D’après ce qui ressort de l’enquête d’apologetica.org, les Archives secrètes du Vatican sont ouvertes au public, il n’y a AUCUN poste de contrôle gardé par des « gardes suisses armés », et, effectivement, la fameuse Taxa Camarae ne s’y trouve pas.

La partie finale de ce commentaire permet de se rendre compte (enfin) de la manière dont M. Rodríguez affronte les recherches qui s’opposent aux siennes — qui peuvent à peine être appelées ainsi — :

M. Rodríguez poursuit :

Ce n’est sans doute pas un hasard si les centaines de documents qui « n’existent pas » datent des XVIe et XVIIe siècles, une époque aux trop nombreuses zones d’ombre et à la corruption que l’Église continue de vouloir cacher.

Des centaines de documents ? Devons-nous croire cette affirmation gratuite parce qu’il lui plaît de le dire aujourd’hui ? Que dira-t-il demain, des millions peut-être ? Pourquoi pas ? Plus personne ne peut lui fixer de limites ! Une fois entré dans son bunker vatican, qui sait combien de documents M. Rodríguez y trouvera, devant lesquels nous, pauvres humains, ne pourrons qu’acquiescer ?

La réalité dépasse la fiction, M. Rodríguez.

Personne, aujourd’hui, ne sait ce que contiennent ces archives ; ainsi personne, aujourd’hui, ne peut rien affirmer ni nier de façon catégorique quant à la véracité ou non de la Taxa Camarae (ou des « documents similaires » que mes critiques cherchaient et que, logiquement, ils n’ont pas trouvés) ; ne le peuvent pas non plus, bien entendu, ceux qui, aux siècles cités, travaillèrent dans les archives vaticanes, mais sans pouvoir accéder à un matériel sans lequel toute conclusion ou affirmation ne peut être que provisoire.

Une fois de plus, nous sommes surpris : si « personne ne sait ce que contiennent ces archives », comment M. Rodríguez a-t-il connaissance des « centaines » de documents qui s’y trouvent ? Or, le lecteur se rendra compte que c’est là le nœud de la question, raison pour laquelle M. Rodríguez nous explique avec tant de détails l’accès aux archives et leur contenu : personne, aujourd’hui, ne peut rien affirmer ni nier de façon catégorique quant à la véracité ou non de la Taxa Camarae.

En d’autres termes, ce que M. Rodríguez est en train de dire est ceci : dans un premier temps, la Taxa se trouvait dans n’importe quelle bonne bibliothèque, comme il l’avait pontifié solennellement il y a un peu plus d’un mois ; mais, après des recherches intensives dans les meilleures bibliothèques du monde, il se trouve qu’il n’existe aucune preuve, qu’il n’existe aucun document, qu’aucun historien ne l’a trouvée, qu’elle ne se trouve dans aucune des 230 archives européennes examinées par des dizaines d’historiens catholiques et protestants, qu’aucune histoire de l’Église ne la mentionne, qu’elle n’apparaît dans aucune collection de documents, qu’aucune des nombreuses personnes qui ont examiné tous les documents du temps de Léon X ne l’a trouvée… et que conclut M. Rodríguez ? Elle est dans un bunker gardé par un régiment de gardes suisses armé de mitraillettes !

« Mitos y Ritos de la Navidad »

Cette œuvre de Rodríguez s’attache à tenter de démontrer que la célébration chrétienne de Noël est fausse, ou bien d’origine païenne, sur plusieurs points.
On retombe une fois de plus dans le sensationnalisme sectaire, propre aux Témoins de Jéhovah qui, tout comme Rodríguez, nient avec insistance que le Christ « soit né un 25 décembre ».

Question qui, précisons-le, n’a pas grande importance pour la théologie chrétienne, au sein du mystère de l’Incarnation. Le Christ est né et il est mort pour nous sauver, et la date exacte de sa naissance ou de sa mort importe peu. Le fait est que la société a adopté le 25 décembre comme date pour célébrer Noël, mais on n’affirme nullement que Noël soit célébré en stricte conformité avec la naissance réelle du Christ.

Parmi les points qu’il « étudie », je commente un exemple :

Balthazar fut blanc jusqu’au XVIe siècle, époque à partir de laquelle on le représenta comme étant de race noire pour des nécessités stratégiques de l’Église.

Je me demande : quelle est l’extraordinaire importance de savoir si Balthazar « est noir ou blanc » ? Et quand l’Église a-t-elle dit « Balthazar fut blanc », pour ensuite le remplacer par « Balthazar fut noir » ?

Le fait est que, noir ou blanc, l’Église, dans aucun document sur la doctrine ou la liturgie de Noël, ne dit que Balthazar soit noir. Ce n’est donc pas l’Église qui le présente noir « pour des raisons stratégiques ».

Et au XXe siècle, on a aussi représenté Balthazar comme étant de race blanche, par exemple dans le fameux classique Ben-Hur, tant dans le roman que dans le film : dans le roman, il est dit que Balthazar est égyptien, et dans le film il apparaît en se présentant comme « Balthazar d’Alexandrie », au teint blanc et aux yeux bleus.

Rodríguez dit, dans l’introduction de ce livre :

Et il est moins fortuit encore que la naissance de Jésus-Christ, le Sauveur chrétien, se soit fixée au 25 décembre, date à laquelle, jusqu’à la fin du IVe siècle de notre ère, on commémora la naissance du Sol Invictus dans l’Empire romain.

L’explication est très simple. Les chrétiens devaient être prudents. Les persécutions contre les chrétiens étaient fréquentes (et terribles) dans l’Empire avant Constantin. Choisir une date de fête romaine pour une fête chrétienne permettait aux chrétiens de célébrer leurs festivités sans attirer les soupçons des Romains.

Rodríguez inclut dans son œuvre une brève mais significative erreur historique. Avec l’affaire de la Taxa Camarae était déjà établie la rachitique rigueur historique et documentaire de Rodríguez, et les détails, un à un, s’accumulent contre lui. Rodríguez dit :

Les fêtes romaines en l’honneur de Saturne, les Saturnalia, furent à l’origine des fêtes champêtres — sementivae feriae, consualia larentalia, paganalia —, mais elles prirent beaucoup d’importance à partir de l’an 217 av. J.-C., après la défaite de l’armée romaine face au Carthaginois Hannibal près du lac Trasimène, prélude au désastre de la bataille de Cannes (216 av. J.-C.) qui mit fin à la deuxième guerre punique et contribua à réveiller l’esprit religieux des Romains.

Quelle est l’erreur ? L’erreur est que la bataille de Cannes ne mit pas fin à la Deuxième Guerre punique.

À la bataille de Cannes, Hannibal vainquit l’armée romaine commandée par le consul Terentius Varro (il est impressionnant de constater que les Romains étaient deux fois plus nombreux que les Carthaginois et leurs alliés).

Hannibal réalisa une manœuvre d’enveloppement par laquelle il écrasa les légions romaines. Ce fut l’une des dates les plus tragiques dont se souviendraient les Romains de la postérité. Cependant, la Deuxième Guerre punique continuait. Après sa victoire, Hannibal ne se décida pas à attaquer Rome ; il attendait des renforts d’Afrique et de Grèce, et comptait en outre que les alliés de Rome hésiteraient et rompraient avec la République (romaine).
Pendant 13 ans, Hannibal demeura en Italie à harceler les Romains, qui prirent entre-temps Syracuse (prise au cours de laquelle mourut Archimède) et vainquirent les armées macédoniennes.

En l’an 207 av. J.-C., les Romains vainquirent Hasdrubal, demi-frère d’Hannibal, qui venait à son secours. Puis Publius Cornelius Scipion proposa au sénat une expédition contre Carthage.

Carthage appela Hannibal à son aide ; celui-ci abandonna l’Italie et revint en Afrique, mais, en 202 av. J.-C., Scipion vainquit Hannibal à la bataille de Zama, victoire qui lui valut le surnom de Scipion l’Africain ; et avec cette bataille, oui, prit fin la Deuxième Guerre punique.

Un peu d’histoire ne fait jamais de mal.

« Morir es nada »

Cette œuvre de Rodríguez s’attache, fondamentalement, à nier qu’il y ait une vie après la mort ; en peu de mots, à affirmer que la mort est le passage de l’être humain de la vie à une inexistence totale, définitive et absolue. Il est facile de comprendre l’intérêt de Rodríguez pour ce sujet : la vie post mortem est un concept nettement religieux, et non pas exclusivement chrétien, puisqu’il est également commenté et étudié par d’autres religions.

Je commencerai par commenter ceci : Personne n’a une connaissance exacte de ce qu’il y a après la mort ; on peut avoir des intuitions, des indices, des croyances, la foi, des suppositions, des théories, des hypothèses, etc., mais PERSONNE (et, en chrétien que je suis, je le dis clairement), personne n’a la connaissance prouvée et définitive de ce qu’il y a après la mort.

Des connaissances objectives, prouvées et vérifiables par la science sont, par exemple : les lois qui régissent l’électricité, le mouvement et la dynamique des machines, le contenu nutritionnel des aliments, l’existence de radiations invisibles à l’œil humain, etc. Ces connaissances partent d’une vérification qui ne laisse aucune place au doute quant à leur réalité, leurs causes et leurs effets.

Il n’en va pas de même dans tous les aspects de la vie quotidienne ; il y a des choses comme ce qu’il y a après la mort, l’origine même de l’univers, la manière dont un être humain acquiert la conscience en naissant, parmi bien d’autres inconnues qui échappent (pour le moment) à l’analyse scientifique.
Cela me conduit à l’affirmation suivante : ce que Rodríguez pense de la mort n’est qu’une proposition de plus, à côté des diverses propositions qui, elles, envisagent une vie après la mort.

L’expression suivante de Rodríguez me met en alerte :

Cherchons-nous des explications à l’amour ? Enquêtons-nous sur le mécanisme de l’amitié ? Sûrement pas.

Sûrement pas ? D’où Rodríguez tire-t-il ce « sûrement » ? Se serait-il mis à dresser des statistiques à ce sujet ?
Eh bien, cela m’a surpris, car, personnellement, moi, j’ai bel et bien cherché des explications à l’amour, et je présume que je ne suis pas le seul. La poésie, la psychologie lui en ont aussi cherché… QU’EST-CE QUE L’AMOUR ? est une question posée trop de fois pour que Rodríguez vienne maintenant dogmatiser que « sûrement on ne lui cherche pas d’explications ».

Précisément dans les dialogues sur l’athéisme et le rationalisme, où certains avancent que tout est affaire de chimie, on ne peut s’empêcher de se demander : aimer quelqu’un, ou quelque chose, est-ce une simple réaction chimique ?
L’être humain pourrait-il générer des réactions chimiques qui produisent quelque chose comme l’AMOUR ? Existerait-il quelque chose comme un composé qui nous ferait tomber amoureux si nous le buvions ?

De semblables questionnements, c’est précisément chercher des explications à l’amour, et il y a bien sûr des gens qui le font. Cela s’étend à l’affection, au respect, à l’amitié, à la crainte, bref, à toute une gamme de sentiments et d’émotions qui, très fréquemment, se heurtent à la raison naturelle.

Rodríguez inclut des expressions PEU SÉRIEUSES, ou du moins peu ACADÉMIQUES ; notons :

Cela passait alors pour un compliment, mais ce serait aujourd’hui une invitation à fuir épouvantés des lieux pour aller chercher un logement n’importe où ailleurs. Que diable nous est-il arrivé en si peu de temps ?

Ce genre d’expressions est-il caractéristique d’un langage scientifique, sérieux, adulte, studieux ?

Je commenterai brièvement un autre point :

Je ne suis jamais tombé sur quoi que ce soit qui ressemble à l’« âme » dans tout ce que j’ai étudié en psychologie ou en biopsychologie ; je n’ai rien senti non plus en moi, ni perçu chez les autres, qui ait besoin d’une âme pour s’exprimer ; les merveilleux mécanismes cérébraux que nous possédons, capables de donner un support physique et une perception de réalité à toutes nos émotions, suffisent amplement

Fort bien. Mais M. Rodríguez n’est pas la seule personne à avoir étudié la psychologie et la biopsychologie. Le fait que lui ne soit « jamais tombé » sur rien qui ressemble à l’âme ne signifie pas que PERSONNE ne soit « tombé » sur rien de tel.
Personnellement, j’ai entendu des témoignages de nature diverse au sujet de la survie post mortem : récits de revenants, rencontres avec des personnes déjà mortes, visions de fantômes, etc., etc. Les rapporter ici, tels que je les ai entendus, serait tomber dans le même sensationnalisme que Rodríguez, et je m’en garderai certainement.
Il me suffit de dire que je les ai entendus, et que je n’ai pas de raisons de douter des personnes qui me les ont racontés. Je n’ai pas vécu d’expériences semblables, mais je crois que je ne peux pas subordonner mes croyances à MES seules expériences : je DOIS prendre en compte celles des autres.

_________________________________________________________________________________________________________

Ici s’achèvent mes commentaires sur M. Rodríguez ; je termine par une petite réflexion :

L’être humain est religieux depuis des milliers d’années. Sincèrement, je crois que la religiosité est plus ancienne que l’athéisme.
Eh bien, imaginons un instant qu’il n’existe ni Dieu, ni surnaturel, ni « au-delà ». À supposer cela, il ne se produirait jamais d’événements inexplicables, de miracles ou, à tout le moins, d’intuitions du surnaturel. Combien de temps durerait la religiosité humaine, s’il en était ainsi ?
S’il n’y a pas de Dieu, alors il n’y aurait aucun indice de son existence et, faute de cela, la religiosité se serait éteinte depuis longtemps…

Auteur : Jesús Hernández

Source : Luxdomini.com

Je remercie Apologetica.org de m’avoir permis d’utiliser du matériel de son site web