Le chef de la communauté anglicane de Fulham a été le premier évêque anglican à annoncer qu’il démissionnera pour entrer dans un Ordinariat anglo-catholique.

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Un ancien évêque anglican se montre heureux d’être désormais « seulement un catholique ordinaire »

Un important évêque anglican tient pour acquis le schisme avec les épiscopaliens

Benoît XVI : « L’Église est appelée à être inclusive, mais pas au prix de la vérité chrétienne »

John Broadhurst, évêque de Fulham, n’a pas seulement été le premier évêque de l’Église d’Angleterre à annoncer publiquement qu’à la fin de l’année il démissionnera pour entrer dans un Ordinariat anglo-catholique, en acceptant la doctrine du Catéchisme catholique et l’autorité du Pape. Il a aussi été le premier à expliquer sa décision en détail à la radio, concrètement dans l’émission « Sunday » de BBC Radio 4.

« L’Église anglicane s’est peu à peu séparée de l’Église catholique par ses décisions, et nous avons toute l’affaire du mariage gay dans la Communion anglicane, et les femmes prêtres en Angleterre, et les femmes évêques, et récemment est arrivée l’offre du Pape, très généreuse, dans “Anglicanorum Coetibus”, qui dit aux anglicans comme moi : “Il y a un foyer pour vous, si vous le voulez”. »

Broadhurst renonce à beaucoup. Comme catholique, étant marié, il ne pourra pas être évêque. De fait, il n’a aucune assurance que l’Église catholique le prenne comme prêtre, bien qu’il le souhaite et que, avec la permission de Rome, ce soit possible. « J’espère et je souhaite démissionner à la fin de l’année, et j’ai l’espérance d’entrer dans l’Ordinariat. J’ai l’espérance d’être prêtre, mais, au bout du compte, si je dois être un simple laïc, je l’accepte, ce n’est pas grave. Comme nous le disions dans le débat sur les femmes évêques : le ministère n’est pas une carrière, mais une vocation. C’est ce que l’Église exige de toi, non ce que tu demandes à l’Église. »

Après 25 ans au Synode de l’Église anglicane, il est convaincu qu’il n’y a plus de place pour les conservateurs en son sein. Selon le rapport « Cost of Conscience » de 2002, qui a interrogé 2 000 clercs anglicans, seule une femme prêtre anglicane sur trois croit en la maternité virginale de Marie, près de la moitié nie que Jésus soit ressuscité, 30 % nient la Trinité et une sur quatre ne croit ni en « Dieu le Père tout-puissant » ni en « Dieu le Saint-Esprit ». Et celles qui sont aujourd’hui femmes prêtres seront bientôt femmes évêques. « J’ai déjà dit en 1994 qu’on ne peut pas avoir des femmes prêtres sans avoir des femmes évêques », explique Broadhurst.

L’évêque encore anglican croit que l’Ordinariat catholique naîtra petit au début, « parce que pour beaucoup de prêtres, avec épouse et famille, il est très dur de passer à une situation incertaine, mais j’ai reçu beaucoup d’e-mails de laïcs demandant “comment entre-t-on ?”. On ne peut pas rejoindre quelque chose qui n’existe pas encore ». Lui, en tout cas, est convaincu de sa décision.

À Baltimore, 85 % pour

La paroisse épiscopalienne de Mount Calvary, à Baltimore, aux États-Unis, a voté ce week-end en faveur d’une entrée en bloc dans l’Église catholique à travers un Ordinariat anglo-catholique. 85 % des fidèles ont voté en ce sens. L’Église épiscopalienne (les anglicans libéraux des États-Unis) pourrait s’opposer à l’Église catholique, aux paroissiens ou à l’Ordinariat (quand il sera créé) au sujet de la propriété de l’édifice, et sa décision peut influencer d’autres groupes, mais les fidèles préfèrent l’union avec Rome, avec ou sans les locaux.

Auteur : Pablo J. Ginés/La Razón

Source : REL