La différence radicale qui sépare l’Église de la Science chrétienne des autres confessions est que, par des moyens spirituels, elle prétend obtenir non seulement la guérison des maux de l’âme, mais également celle des maladies physiques. Sa fondatrice, Mary Baker Eddy, expérimenta en 1866 la disparition soudaine de la maladie chronique qui l’affligeait alors qu’elle lisait dans le Nouveau Testament une guérison accomplie par Jésus. Des années plus tard, en 1879, elle créa aux États-Unis l’Église de la Science chrétienne.
Mary Baker
Éduquée dans une Église congrégationaliste -de régime autonome-, Mary Baker se rebella contre le calvinisme strict de son père. Sa santé fragile ne correspondait pas aux signes de prospérité qui accompagnent l’élection divine dans la théologie calviniste.
L’expérience de sa guérison orienta ses idées vers un principe universel spirituel sous-jacent aux guérisons rapportées par le Nouveau Testament. Consacrée à l’étude de la Sainte Écriture et à l’enseignement, elle obtint de nombreux adeptes, et ceux-ci la soutinrent pour fonder cette nouvelle congrégation ecclésiale, dont le but était de restaurer « le christianisme primitif et son ancienne force de guérison ».
Croyances
À une époque de grande influence matérialiste -évolutionnisme- et scientiste -critique protestante « libérale »-, Mary Baker Eddy insista sur la force du spirituel, jusqu’à abandonner la pensée chrétienne sur la création en niant que Dieu eût fait la matière, laquelle ne répondrait qu’à une erreur humaine de perception. Le Christ n’est pas Dieu, mais il est divin par sa filiation divine, à laquelle participent aussi tous les hommes. Cependant, le Christ n’est pas un simple exemple moral, comme l’affirme le protestantisme libéral, mais le véritable état spirituel de l’homme ; sa crucifixion et sa résurrection constituent l’événement central de l’histoire, indispensable à la rédemption de l’humanité. Les maladies sont la conséquence des idées erronées et de la surestimation de la matière, et doivent être guéries par la force de l’esprit
Signification sociale
L’église fondée par Mary Baker Eddy s’est étendue à plus de cinquante pays, bien qu’elle ait interdit la publication de statistiques pour leur simple valeur quantitative. Le culte tourne autour de la Bible et de l’œuvre de la fondatrice Science and Health (Science et santé), sous la direction de son Manual of the Mother Church (Manuel de l’Église mère). Socialement, elle a contribué à mettre en relief le rôle de la femme, aussi bien celui de la fondatrice que celui des ministres femmes du culte. Son journal The Christian Science Monitor, en plus de fournir une information journalistique générale adéquate, favorise le désir d’étude et la foi en une guérison progressive de tous les maux matériels.
Source : Enciclopedia Hispánica