Nous sommes en octobre, le mois du Saint Rosaire, un mois où les catholiques sont invités à le prier chaque jour. Mais tous ne voient pas dans le Rosaire une prière agréable à Dieu. Les protestants allèguent même souvent qu’il s’agit d’une prière où l’on donne plus d’importance à Marie qu’à Dieu lui-même. Leur raisonnement est assez simple : pour chaque Notre Père, il y a 10 Je vous salue Marie ; par conséquent, on donne à Marie dix fois plus d’importance qu’à Dieu.
Or, les protestants ont-ils raison de rejeter la prière du Rosaire ? Voyons cela :
La première chose à remarquer est que comprendre que, dans chaque Je vous salue Marie, on honore la Vierge et non Dieu est déjà une première erreur. Dans chaque Je vous salue Marie, on ne répète pas seulement la salutation de l’Ange à Marie, mais aussi les paroles que l’Esprit Saint inspira à sa cousine Élisabeth : “Tu es bénie entre les femmes et béni est le fruit de ton sein”. Et quel est le fruit de son sein ? Jésus. Par conséquent, si dans chaque Je vous salue Marie on bénit le Seigneur, on ne peut pas dire que Dieu n’y est pas honoré, puisque, comme nous le savons tous : Jésus est Dieu.
Dans la deuxième partie du Je vous salue Marie, on demande son intercession auprès de son Fils : «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort». Là encore, il ne s’agit pas d’une prière qui laisse de côté Jésus, qui est aussi vrai Dieu.
D’autre part, les protestants oublient souvent que tout le Rosaire se prie en méditant les mystères de l’Évangile, et que la plupart d’entre eux sont centrés sur la vie du Christ. Rappelons-les :
Mystères joyeux (lundi et samedi)

1. L’Incarnation du Fils de Dieu.
2. La Visitation de Notre-Dame à sainte Élisabeth.
3. La Nativité du Fils de Dieu.
4. La Purification de la Très Sainte Vierge.
5. La Perte de l’Enfant Jésus et son recouvrement au temple.
Mystères douloureux (mardi et vendredi)

1. L’Agonie de Notre Seigneur au jardin.
2. La Flagellation du Seigneur.
3. Le Couronnement d’épines.
4. Le Chemin du mont Calvaire.
5. La Crucifixion et la Mort de Notre Seigneur.
Mystères glorieux (mercredi et dimanche)

1. La Résurrection du Seigneur.
2. L’Ascension du Seigneur.
3. La Venue du Saint-Esprit.
4. L’Assomption de Notre-Dame au Ciel.
5. Le Couronnement de la Très Sainte Vierge.
Mystères lumineux (jeudi)

1. Le Baptême de Jésus dans le Jourdain.
2. L’autorévélation de Jésus aux noces de Cana.
3. L’annonce du Royaume de Dieu invitant à la conversion.
4. La Transfiguration.
5. L’institution de l’Eucharistie.
Pratiquement tous les mystères se réfèrent aux événements importants de la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ racontés dans l’Évangile. Celui qui prie le Rosaire quotidiennement médite chaque semaine sur tous les moments importants de la vie du Seigneur. Peut-on encore dire qu’il n’est pas christocentrique, ou qu’il laisse Dieu au second plan ?
L’accomplissement d’une prophétie
Avec la récitation du Rosaire s’accomplissent aussi les paroles inspirées par l’Esprit Saint et recueillies par l’Écriture : “Désormais toutes les générations me diront bienheureuse” (Luc 1,48). Ce n’est précisément pas grâce au protestantisme que cette prophétie s’accomplit quotidiennement, car même si quelqu’un peut admettre que Marie était bienheureuse si on le lui demande directement, ce n’est pas cela que prédit la prophétie.
DÉSORMAIS : Depuis ce moment-là…
TOUTES LES GÉNÉRATIONS : Génération après génération du peuple de Dieu
ME DIRONT BIENHEUREUSE : Elles l’appelleront ainsi. Il n’est pas dit qu’elles sauront qu’elle est bienheureuse, mais qu’elles L’APPELLERONT ainsi. C’est ce que nous, catholiques, faisons lorsque nous disons le Je vous salue Marie : “Vous êtes bénie entre toutes les femmes !”.
Le problème de fond est que les protestants ne comprennent pas une chose que Marie comprenait déjà à cette époque au sujet de ce que nous, catholiques, faisons lorsque nous la vénérons : tout honneur rendu à elle honore d’abord Dieu, qui a fait des merveilles en elle :
“Désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que LE PUISSANT A FAIT POUR MOI DES MERVEILLES, saint est son nom.” (Luc 1,48-49)
C’est Dieu qui a fait en sa faveur des MERVEILLES ; c’est Dieu qui l’a rendue bienheureuse, bénie entre toutes les femmes. Il y a des protestants qui pensent qu’elle est une femme quelconque. La Bible n’enseigne pas cela.
Nous ne retirons pas de gloire à Dieu pour la donner à la Très Sainte Vierge Marie. Nous rendons gloire à Dieu pour ce qu’il a fait en elle.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni !
Auteur : José Miguel Arráiz