Nous ne pouvons achever de parler de la doctrine trinitaire sans étudier le développement de cette doctrine depuis les origines de l’Église jusqu’au concile de Nicée.
C’est ici que peut surgir la question : les dogmes de l’Église évoluent-ils ? À quoi nous pourrions répondre que, s’ils n’évoluent pas quant à leur contenu (ce qui serait une évolution « transformiste »), ils se développent quant à la conscience que l’Église en acquiert peu à peu (évolution homogène, ou dans le même sens). Ainsi, le temps a permis à la terminologie de s’enrichir pour exprimer de façon plus précise ce que l’Église a toujours cru. Apparaît alors le terme « Trinité », comme une manière de définir le mystère selon lequel il y a un seul Dieu en trois Personnes distinctes qui ont une même nature ou substance.
Il est important de le préciser, car de nombreuses sectes tentent d’attaquer la doctrine trinitaire en affirmant qu’elle était inconnue des premiers chrétiens et qu’elle aurait été « inventée » sous l’influence du paganisme sur le christianisme. Un exemple de ces attaques se trouve dans les publications des Témoins de Jéhovah, qui écrivent :
« Le concile de Nicée affirma, certes, que le Christ était de la même substance que Dieu, ce qui posa la base de la théologie trinitaire postérieure. Mais il n’établit pas la Trinité, car en ce concile il ne fut pas dit que l’esprit saint fût la troisième personne d’une Divinité trine et une…
Durant de nombreuses années, il y avait eu, sur des bases bibliques, une forte opposition au développement de l’idée que Jésus fût Dieu. Pour tenter de régler le différend, l’empereur romain Constantin convoqua tous les évêques à Nicée.…
Quel rôle joua, au concile de Nicée, cet empereur non baptisé ? L’Encyclopædia Britannica raconte : « Constantin lui-même présida et dirigea activement les discussions, et proposa personnellement […] la formule décisive exprimant la relation du Christ avec Dieu dans le credo que le concile émit, à savoir qu’il est “consubstantiel au Père”. […] Impressionnés par l’empereur, les évêques — à deux exceptions près — signèrent le credo, bien que beaucoup d’entre eux n’y fussent guère enclins. »[1]
La brochure soutient en somme que la doctrine trinitaire est le produit d’une manœuvre politique de l’empereur Constantin, qui finit par obliger les évêques à reconnaître que le Christ était Dieu presque contre leur gré.
Rien de mieux, dès lors, que d’étudier le témoignage des Pères antérieurs à Nicée, pour connaître quel fut le véritable développement de la doctrine trinitaire au long de l’histoire.
La Didachè (65-80 apr. J.-C.)
C’est un excellent témoignage de la pensée de l’Église primitive ; nous le mentionnons parce qu’il inclut une mention de la manière dont la formule baptismale trinitaire était utilisée par l’Église primitive.
« Quant au baptême, baptisez de cette manière : ayant dit d’abord toutes ces choses, baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, dans une eau vive. »[2]
Le Martyre de Polycarpe (155 apr. J.-C.)
C’est l’un des écrits des Pères apostoliques qui fait usage des belles doxologies exprimant si clairement le dogme trinitaire.
« À Lui [Jésus-Christ] soit la gloire, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen. »[3]
Le Pasteur d’Hermas (141-155 apr. J.-C.)
« L’Esprit-Saint, qui est préexistant, qui a créé toute la création, Dieu l’a fait habiter dans le corps de chair qu’il a voulu. Or cette chair, en laquelle a habité l’Esprit-Saint, a bien servi l’Esprit, marchant dans la sainteté et la pureté, sans en aucune manière souiller l’Esprit. Ayant donc mené une conduite excellente et pure, ayant pris part à tout travail de l’Esprit et coopéré avec Lui en toute affaire, se comportant toujours avec force et courage, Dieu l’a prise pour compagne, conjointement avec l’Esprit-Saint. En effet, la conduite de cette chair plut à Dieu, parce qu’elle ne s’était pas souillée sur la terre, aussi longtemps qu’elle gardait avec elle l’Esprit-Saint. Il prit donc pour conseiller son Fils et les anges glorieux, afin que cette chair, qui avait servi sans reproche l’Esprit, obtînt également quelque lieu d’habitation, et qu’il ne parût pas perdu le salaire de ce service. Car toute chair en laquelle aura habité l’Esprit-Saint, si elle est trouvée pure et sans tache, recevra sa récompense. »[4]
À partir de ce texte, Quasten explique : « Selon ce passage, il semble que, pour Hermas, la Trinité consiste en Dieu le Père, en une seconde Personne divine, le Saint-Esprit, qu’il identifie au Fils de Dieu, et, enfin, au Sauveur, élevé à faire partie de leur société en récompense de ses mérites. En d’autres termes, Hermas considère le Sauveur comme un Fils adoptif de Dieu, en ce qui concerne sa nature humaine. »
Ignace d’Antioche (? – 107 apr. J.-C.)
Parmi les noms par lesquels saint Ignace désigne Jésus, on trouve : Jésus-Christ (112 fois), Christ Jésus (33), Seigneur (34), Dieu (13), Christ (7), Jésus (3), Sauveur, Fils de Dieu, Grand Prêtre, Porte de Dieu, Maître, Pensée de Dieu, Logos, Bouche de Dieu, Connaissance de Dieu[5].
« Ignace, surnommé Théophore, à l’Église bénie dans la grandeur de Dieu le Père en plénitude ; prédestinée avant les siècles à servir pour toujours, pour une gloire durable et inébranlable, unie et élue par la grâce de la passion véritable et par la volonté de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Dieu ; à l’Église digne de toute béatitude, qui est à Éphèse d’Asie, je présente mon salut très cordial en Jésus-Christ et dans une joie sans tache. »[6]
« Il est un seul médecin, cependant, qui est charnel en même temps que spirituel, engendré et non engendré, Dieu fait dans la chair, fils de Marie et fils de Dieu, d’abord passible et ensuite impassible, Jésus-Christ notre Seigneur. »[7]
« La vérité est que notre Dieu Jésus, l’Oint, fut porté par Marie dans son sein selon l’économie de Dieu ; de la lignée, certes, de David, mais par l’œuvre du Saint-Esprit. Il naquit et fut baptisé, afin de purifier l’eau par sa passion. »[8]
« Ignace, surnommé Théophore, à l’Église qui a obtenu miséricorde dans la magnificence du Père très-haut et de Jésus-Christ son Fils unique ; à celle qui est aimée et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu toutes les choses qui existent, selon la foi et la charité de Jésus-Christ notre Dieu. »[9]
Plus loin, dans la même épître aux Romains :
« Permettez-moi d’être l’imitateur de la passion de mon Dieu. »[10]
« Je glorifie Jésus-Christ Dieu, qui est Celui qui vous a rendus sages à ce point ; car je me suis bien rendu compte combien vous êtes affermis dans une foi inébranlable, comme si vous étiez cloués, en chair et en esprit, sur la croix de Jésus-Christ. »[11]
Pour saint Ignace, le Christ est au-dessus du temps et intemporel, ce qui est contraire à la théologie arienne adoptée par les Témoins de Jéhovah, qui nient que le Christ existe depuis toute éternité.
« … Attends Celui qui est au-dessus du temps, l’Intemporel, l’Invisible, qui pour nous s’est rendu visible ; l’Impalpable, l’Impassible, qui pour nous s’est rendu passible : Celui qui, de toutes les manières, a souffert pour nous. »[12]
Aristide (IIᵉ siècle)
Il a laissé une apologie de la foi, que l’on croyait perdue, jusqu’à ce qu’en 1878 les Méchitaristes de Saint-Lazare de Venise publient un manuscrit du Xᵉ siècle. Ensuite, en 1889, le savant américain Rendel Harris découvrit une traduction complète en syriaque de cette apologie. Dans ladite apologie, Aristide emploie la formule trinitaire en mentionnant les trois Personnes divines.
« Celui-ci eut douze disciples, qui, après son ascension aux cieux, s’en allèrent vers les provinces de l’Empire et enseignèrent la grandeur du Christ ; de même l’un d’eux parcourut nos contrées, prêchant la doctrine de la vérité ; car ils connaissent le Dieu créateur et artisan de l’univers dans son Fils unique et dans le Saint-Esprit, et ils n’adorent aucun autre Dieu en dehors de celui-ci. »[13]
Athénagore d’Athènes (IIᵉ siècle)
Athénagore, bien qu’il n’emploie pas le terme Trinité, est assez explicite dans sa définition. Il rejette également le subordinationisme, ainsi que la tendance que prendrait plus tard l’arianisme en considérant le Christ comme un être créé, comme cela ressort du texte suivant, écrit vers 177 apr. J.-C. :
« Et si, par l’éminence de votre intelligence, il vous venait à l’esprit de demander ce que veut dire “fils”, je le dirai brièvement. Le Fils est le premier rejeton du Père, non comme chose faite, puisque dès le commencement Dieu, qui est intelligence éternelle, avait en lui-même le Verbe, étant éternellement rationnel, mais comme procédant de Dieu, lorsque toutes les choses matérielles étaient une nature informe et une terre inerte, et que les plus grossières étaient mêlées aux plus légères, pour être sur elles idée et opération. »[14]
Voici sa manière d’expliquer la Trinité :
« Il est donc suffisamment démontré que nous ne sommes pas athées, puisque nous admettons un seul Dieu incréé, éternel, invisible, impassible, incompréhensible et immense, compréhensible seulement par l’intelligence et la raison… Qui donc ne s’étonnera d’entendre appeler athées ceux qui admettent un Dieu Père, un Dieu Fils et un Esprit-Saint, qui montrent leur puissance dans l’unité et leur distinction dans l’ordre ? »[15]
Tatien le Syrien (IIᵉ siècle)
Son discours contre les Grecs est parvenu jusqu’à nous, ouvrage où il attaque le polythéisme.
« Car nous ne sommes pas fous, ô Hellènes, et nous ne prêchons pas des sottises, lorsque nous annonçons que Dieu est apparu sous forme humaine. Vous qui insultez, comparez vos mythes avec nos récits. »[16]
Méliton de Sardes (IIᵉ siècle)
Après la découverte d’un manuscrit vers 1930, fut publiée en 1940 son Homélie sur la Passion, où saint Méliton expose une christologie très lucide, dans laquelle le concept de la divinité et de la préexistence du Christ domine toute sa théologie.
« Car, né comme fils, conduit comme un agneau, sacrifié comme une brebis, enseveli comme un homme, il est ressuscité d’entre les morts comme Dieu, étant par nature Dieu et homme. Il est tout : en tant qu’il juge, il est Loi ; en tant qu’il enseigne, Verbe ; en tant qu’il sauve, Grâce ; en tant qu’il engendre, Père ; en tant qu’il est engendré, Fils ; en tant qu’il souffre, brebis sacrificielle ; en tant qu’il est enseveli, Homme ; en tant qu’il ressuscite, Dieu. Tel est Jésus-Christ, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. »[17]
Dans le texte suivant, il affirme la préexistence du Christ :
« Celui-ci est le premier-né de Dieu, qui fut engendré avant l’étoile du matin, qui fit lever la lumière, qui fit briller le jour, qui sépara les ténèbres, qui posa les premières fondations, qui suspendit la terre en son lieu, qui dessécha les abîmes, qui étendit le firmament, qui mit l’ordre dans le monde. »[18]
Dans les fragments que nous a transmis Anastase le Sinaïte, il parle des deux natures du Christ, et de la manière dont il est à la fois vrai Homme et vrai Dieu.
« Il n’est en aucune façon nécessaire, quand on traite avec des personnes intelligentes, d’invoquer les actions du Christ après son baptême comme preuve que son âme et son corps, sa nature humaine, étaient comme les nôtres, véritables et non fantasmatiques. Les activités du Christ après son baptême, et surtout ses miracles, ont donné au monde les preuves de la divinité cachée en sa chair. Étant Dieu et par ailleurs homme parfait, il a donné des indications positives de ses deux natures : de sa divinité, par les miracles durant les trois années qui suivirent son baptême ; de son humanité, dans les trente années qui précédèrent son baptême, durant lesquelles, à cause de sa condition selon la chair, il dissimulait les signes de sa divinité, bien qu’il fût vrai Dieu existant avant les siècles. »[19]
Irénée de Lyon (140 – 202 apr. J.-C.)
Dans son célèbre traité Contre les hérésies, il exprime avec clarté la foi trinitaire de l’Église en un seul Dieu le Père, un seul Seigneur Jésus-Christ et au Saint-Esprit. Il soutient que Jésus-Christ est, pour les chrétiens, « Seigneur et Dieu et Sauveur et Roi ». Particulièrement important est son témoignage selon lequel cette doctrine est prêchée et crue par toutes les Églises du monde, comme si elles n’avaient qu’une seule bouche ou un seul cœur, puisque ce témoignage est bien antérieur au concile de Nicée.
« 1, 5. L’unique foi de l’Église
10, 1. L’Église, répandue à travers l’univers jusqu’aux confins de la terre, a reçu des Apôtres et de leurs disciples la foi en un seul Dieu Père souverain universel “qui a fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils contiennent”, et en un seul Jésus-Christ, Fils de Dieu, incarné pour notre salut, et en l’Esprit Saint qui, par les Prophètes, a proclamé les Économies et l’avènement, la naissance par la Vierge, la passion et la résurrection d’entre les morts et l’assomption au ciel de notre bien-aimé Seigneur Jésus-Christ ; et son avènement du ciel dans la gloire du Père pour récapituler toutes choses et pour ressusciter toute chair du genre humain, afin que, devant Jésus-Christ notre Seigneur et Dieu et Sauveur et Roi, selon le bon plaisir du Père invisible, “tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue le confesse”.
Il jugera tous les hommes avec justice, les “esprits du mal” et les anges qui sont tombés, ainsi que les hommes apostats, impies, injustes et blasphémateurs, pour les envoyer au feu éternel, et pour donner en récompense aux justes et aux saints qui gardent ses commandements et persévèrent dans son amour — les uns depuis le commencement, les autres depuis le moment de leur conversion — la vie incorruptible, et pour les entourer de la lumière éternelle.
10, 2. Comme nous l’avons dit précédemment, l’Église a reçu cette prédication et cette foi, et, répandue sur toute la terre, elle la garde avec soin comme si elle habitait dans une seule maison. Elle conserve une même foi, comme si elle n’avait qu’une seule âme et un seul cœur, et elle la prêche, l’enseigne et la transmet d’une seule voix, comme si elle n’avait qu’une seule bouche. Certes les langues sont diverses selon les régions, mais la force de la Tradition est une et la même. Les Églises de Germanie ne croient pas différemment et ne transmettent pas une doctrine différente de celle que prêchent celles d’Ibérie ou des Celtes, ou celles d’Orient, comme celles d’Égypte ou de Libye, ni non plus de celles qui sont établies au centre du monde ; mais, de même que le soleil, qui est une créature de Dieu, est un et le même dans le monde entier, de même la lumière, qui est la prédication de la vérité, brille partout et illumine tous les êtres humains qui veulent venir à la connaissance de la vérité. Et ni celui qui excelle par son éloquence parmi les chefs de l’Église ne prêche des choses différentes de celles-ci — car aucun disciple n’est au-dessus de son Maître —, ni le plus faible en parole ne rogne la Tradition : la foi étant une et la même, ni celui qui peut beaucoup en expliquer ne l’augmente, ni celui qui peut moins ne la diminue. »[20]
Il interprète que, lorsque Dieu dit « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance », il parle au Fils et au Saint-Esprit. Il affirme que le Christ est engendré, mais que nul ne connaît les mystères de cette génération, de sorte qu’il est vain que les hérétiques gnostiques tentent de l’expliquer.
« Si donc quelqu’un nous demande : “Comment le Père a-t-il émis le Fils ?”, nous lui répondons que cette production, ou génération, ou profération, ou enfantement, ou tout autre nom par lequel on voudrait appeler cette origine, est ineffable. Ne la connaissent ni Valentin, ni Marcion, ni Saturnin, ni Basilide, ni les Anges, ni les Puissances, ni les Vertus, mais seulement le Père qui l’a engendré et le Fils qui est né de lui. Cette génération étant donc ineffable, quiconque se hasarde à raconter les générations et les émanations n’est pas en son bon sens lorsqu’il promet de décrire l’indescriptible. »[21]
Il est encore plus clair dans le livre III, où il proclame de nouveau le Christ comme Dieu, Seigneur, Roi pour toujours, Fils unique et Verbe incarné :
« Que nul d’entre tous les fils d’Adam ne soit appelé Dieu par lui-même ni proclamé Seigneur, nous l’avons démontré par les Écritures ; et que lui seul, parmi tous les hommes de son temps, soit proclamé Dieu et Seigneur, Roi pour toujours, Fils unique et Verbe incarné, par tous les Prophètes et les Apôtres et même par l’Esprit lui-même, c’est là ce que peuvent voir tous ceux qui accueillent un peu de la vérité. »[22]
Il enseigne que le Christ est vrai Homme et vrai Dieu :
« Les Écritures ne donneraient pas tous ces témoignages à son sujet s’il n’était qu’un homme semblable à tous les autres. Mais comme il eut une génération éminemment lumineuse, venant du Père très-Haut, et qu’il mena aussi à terme la conception de la Vierge, les divines Écritures témoignent de l’une et l’autre chose à son sujet : qu’il est homme sans beauté et passible, qu’il s’est assis sur l’ânon d’une ânesse, qu’il a bu du fiel et du vinaigre, qu’il a été méprisé par le peuple et qu’il est descendu jusqu’à la mort ; mais aussi qu’il est Seigneur saint et Conseiller admirable, beau à voir, Dieu fort, qui vient sur les nuées comme Juge de tous. Voilà ce que les Écritures prophétisent de lui.
En tant qu’homme, il l’était pour être tenté ; en tant que Verbe, pour être glorifié ; le Verbe demeurait en repos afin qu’il pût être tenté, déshonoré, crucifié et mis à mort, habitant dans cet homme qui vainc et supporte (la souffrance), qui se comporte en homme de bien, qui ressuscite et est élevé au ciel. Tel est le Fils de Dieu, notre Seigneur, Verbe existant du Père et Fils de l’Homme parce qu’il est né de la Vierge Marie ; qui a tenu son origine des hommes, car elle-même était un être humain ; qui a eu sa génération en tant qu’homme, et est ainsi devenu Fils de l’Homme. »[23]
Il s’oppose, avec près d’un siècle et demi d’avance, à l’hérésie de l’arianisme, qui affirmera qu’il y eut un temps où le Fils n’était pas avec le Père. Il rejette également par avance le modalisme, en distinguant les Trois Divines Personnes :
« Que le Verbe, c’est-à-dire le Fils, ait toujours été avec le Père, nous l’avons démontré de multiples manières. Et que sa Sagesse aussi, c’est-à-dire l’Esprit, était avec Lui avant la création. »[24]
Certains auteurs estiment toutefois qu’il n’est pas tout à fait libre de subordinatianisme, ce qui pourrait être jugé hétérodoxe à la lumière de la théologie postérieure.
« Si par exemple quelqu’un cherche le motif pour lequel seul le Père connaît le jour et l’heure, alors qu’il communique toutes choses à son Fils, le Seigneur lui-même l’a dit, et nul ne peut en inventer un autre sans risque (de se tromper), car seul le Seigneur est le Maître de la vérité ; et il nous a dit que le Père est au-dessus de toutes choses, en disant : “Le Père est plus grand que moi” (Jn 14, 28).
Le Seigneur a donc présenté le Père comme supérieur à tous quant à sa connaissance, afin que nous, tandis que nous cheminons en ce monde (1 Co 7, 31), laissions à Dieu le soin de connaître pleinement ces questions ; car si nous prétendons sonder la profondeur du Père (Rm 11, 33), nous courons le péril de demander même s’il y a un autre Dieu au-dessus de Dieu. »[25]
« Le Père soutient en même temps toute sa création et son Verbe ; et le Verbe que le Père soutient donne à tous l’Esprit selon la volonté du Père : aux uns, dans la création elle-même, il donne celui (l’esprit) de la création, qui est créé ; aux autres, celui de l’adoption, c’est-à-dire celui qui vient du Père, lequel est l’œuvre de sa génération. Ainsi se révèle comme unique le Dieu et Père, qui est au-dessus de tout, à travers tout et en toutes choses. Le Père est au-dessus de tous les êtres, et il est la tête du Christ (1 Co 11, 3) ; à travers toutes choses agit le Verbe, qui est la Tête de l’Église ; et en toutes choses, car l’Esprit est en nous, lui qui est l’eau vive (Jn 7, 38-39) que Dieu donne à ceux qui croient droitement en lui et qui l’aiment, et qui savent qu’“un seul est le Père, qui est au-dessus de toutes choses, par toutes et en toutes”. »[26]
Clément d’Alexandrie (150 – 215 apr. J.-C.)
Dans son ouvrage Le Protreptique ou Exhortation aux Grecs, il écrit :
« La Parole, donc, le Christ, est la cause de notre ancien commencement — car il était en Dieu — et aussi de notre bien-être. Et à présent, cette même Parole est apparue comme homme.
Lui seul est à la fois Dieu et Homme, et la source de toutes choses bonnes. C’est par lui que nous sommes instruits à bien vivre, et ainsi nous sommes envoyés vers la vie éternelle… Il est le chant nouveau, la manifestation qui nous a été faite maintenant, de la Parole qui existait au commencement et avant le commencement. Le Sauveur, qui existait auparavant, n’est apparu qu’ensuite.
Celui qui est apparu est en Celui qui est, par la Parole qui était avec Dieu, la Parole par laquelle toutes choses ont été faites ; il est apparu comme notre Maître, et lui, qui nous a accordé la vie au commencement quand, comme notre Créateur, il nous a formés, maintenant qu’il est apparu comme notre Maître, il nous a enseigné à bien vivre, afin qu’ensuite, comme Dieu, il nous donne en abondance la vie éternelle. »[27]
Dans son commentaire sur la première épître de Jean, il écrit : « Le Fils de Dieu, étant, par égalité de substance, un avec le Père, est éternel et incréé. »[28] Dans son Exhortation aux Grecs, il poursuit l’approfondissement de sa théologie du Logos en affirmant que la divine Parole est « manifestement vrai Dieu », et il ajoute qu’elle se trouvait « au même rang » que le Père, ce qui prouverait qu’il n’avait pas d’inclinations subordinatianistes.
« Dédaigné quant à son apparence mais en réalité adoré, l’Expiateur, le Sauveur, la divine Parole, Lui qui est absolument et manifestement Dieu véritable, Lui qui est placé au même rang que le Seigneur de l’univers parce qu’il était son Fils, et la Parole était en Dieu. »[29]
Dans Le Pédagogue (ouvrage en trois livres qui fait suite au Protreptique), il explique au chapitre 2 du livre I :
« …mes enfants, notre instructeur est semblable à Dieu son Père, dont il est le Fils, exempt de péché, sans reproche, et possédant une âme libre de toute passion ; Dieu sous la forme d’un homme, sans tache, ministre de son Père, et la Parole qui est Dieu, qui est dans le Père, qui est à la droite du Père, et qui, sous la forme de Dieu, est Dieu. Il est pour nous une image sans défaut… »[30]
Théophile d’Antioche (? – env. 200 apr. J.-C.)
De même que Tertullien sera le premier à utiliser le mot latin Trinitas, saint Théophile fut le premier à employer le mot Τριάς (trias) pour exprimer l’union des trois Divines Personnes en Dieu.
« Les trois jours qui précèdent la création des luminaires sont le symbole de la Trinité, de Dieu, de son Verbe et de sa Sagesse. »[31]
« Dieu, ayant donc son Verbe immanent dans ses propres entrailles, l’engendra avec sa propre Sagesse, le proférant avant toutes choses. Ce Verbe, il l’eut pour ministre de sa création, et par lui il a fait toutes choses… Celui-ci est appelé Principe, car il est Prince et Seigneur de toutes les choses fabriquées par lui. »[32]
« Dieu, oui, le Père de l’univers, est immense et ne se trouve pas limité à un lieu, car il n’est point de lieu de son repos ; mais son Verbe, par lequel il a fait toutes choses, étant sa puissance et sa sagesse, prenant la figure du Père et Seigneur de l’univers, c’est lui qui s’est présenté dans le jardin sous la figure de Dieu et qui conversait avec Adam. Et, en effet, la divine Écriture elle-même nous enseigne qu’Adam dit avoir entendu sa voix. Et cette voix, qu’est-elle, sinon le Verbe de Dieu, qui est aussi son Fils ? Fils, non à la manière dont les poètes et les mythographes disent que naissent des fils des dieux par union charnelle, mais selon ce que la vérité explique : que le Verbe de Dieu est toujours immanent dans le cœur de Dieu. Car, avant qu’il ne créât rien, il l’avait pour conseiller, comme étant son intelligence et sa pensée. Et quand Dieu voulut faire tout ce qu’il avait résolu, il engendra ce Verbe proféré comme premier-né de toute la création, non en se vidant de son Verbe, mais en engendrant le Verbe et en conversant toujours avec lui. C’est pourquoi les saintes Écritures nous l’enseignent, ainsi que tous ceux qui ont été inspirés par l’Esprit, parmi lesquels Jean dit : “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu”, faisant entendre qu’aux commencements il y avait Dieu seul, et en lui son Verbe. Puis il dit : “Et le Verbe était Dieu”. »[33]
Tertullien (160 – 220 apr. J.-C.)
Il fut le premier à appliquer le mot latin Trinitas (Trinité) aux trois Divines Personnes. Dans De pudicitia (De la pudicité) il écrit :
« …Pour l’Église elle-même, c’est proprement et principalement l’Esprit lui-même, en qui est la Trinité d’une seule Divinité — Père, Fils et Esprit-Saint. »[34]
Dans Adversus Praxean (Contre Praxéas), il donne une explication de la doctrine trinitaire encore plus complète :
« Cependant, comme nous l’avons en fait toujours fait (et plus particulièrement depuis que nous avons été mieux instruits par le Paraclet, qui conduit les hommes à toute la vérité), nous croyons qu’il y a un seul Dieu, mais sous la dispensation suivante, ou οἰκονομία, comme on l’appelle : que cet unique Dieu a aussi un Fils, sa Parole, qui procède de lui-même, par lequel toutes choses ont été faites et sans lequel rien n’a été fait. Nous croyons qu’il a été envoyé par le Père à la Vierge, et qu’il est né d’elle — étant Dieu et Homme, Fils de l’Homme et Fils de Dieu — et qu’il a été appelé Jésus-Christ ; nous croyons qu’il a souffert, qu’il est mort et qu’il a été enseveli, selon les Écritures, et qu’ensuite il a été ressuscité par le Père et élevé au ciel, pour s’asseoir à la droite du Père, et qu’il viendra juger les vivants et les morts ; lui qui, selon sa promesse, a envoyé aussi du ciel, de la part du Père, l’Esprit-Saint, le Paraclet, sanctificateur de la foi de ceux qui croient au Père, au Fils et à l’Esprit-Saint. Telle est la règle de foi qui est parvenue jusqu’à nous depuis le commencement de l’Évangile, et cela même avant toutes les anciennes hérésies. »[35]
Plus loin, dans le même chapitre, il écrit :
« …L’hérésie, qui présume posséder en elle-même la pure vérité, pense qu’on ne peut croire à un seul Dieu d’aucune autre manière qu’en disant que le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont une même Personne. Comme si, par cette voie-là aussi, Un n’étaient pas Tous, en tant que Tous sont de l’Un par unité de substance ; cependant que demeure sauvegardé le mystère de la dispensation, qui distribue l’Unité en la Trinité en plaçant dans leur ordre les trois Personnes — le Père, le Fils et l’Esprit-Saint : trois, toutefois, non en condition, mais en degré ; non en substance, mais en forme ; non en puissance, mais en aspect. »[36]
Ce texte est particulièrement important, car il explique la conception que Tertullien se fait de la Trinité : trois Personnes, mais non trois natures, non différentes quant à la puissance, mais quant à l’aspect. Cela est également confirmé par le chapitre 4 du même ouvrage, où il affirme de nouveau que le Fils est « de la substance du Père » : Filium non aliunde deduco, sed de substantia Patris[37], et que l’Esprit est « du Père par le Fils » : Spiritum non aliunde deduco quam a Patre per Filium[38].
« Si la pluralité dans la Trinité te scandalise, comme si elle n’était pas liée dans la simplicité de l’union, je te demande : comment est-il possible qu’un être qui est purement et absolument un et singulier parle au pluriel : “Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance” ? N’aurait-il pas dû dire plutôt : “Je fais, moi, l’homme à mon image et à ma ressemblance”, puisqu’il est un être unique et singulier ? Pourtant, dans le passage qui suit, nous lisons : “Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous.” Ou bien Dieu nous trompe, ou bien il se moque de nous en parlant au pluriel, s’il est ainsi unique et singulier ; ou alors s’adressait-il peut-être aux anges, comme le prétendent les Juifs parce qu’ils ne reconnaissent pas le Fils ? Ou bien serait-ce parce qu’il était en même temps Père, Fils et Esprit qu’il parlait au pluriel, se considérant lui-même comme multiple ? Assurément, la raison est qu’il avait à ses côtés une seconde Personne, son Fils et son Verbe, et une troisième Personne, l’Esprit dans le Verbe. C’est pourquoi il employait délibérément le pluriel : “Faisons… à notre image… l’un de nous.” En effet, avec qui créait-il l’homme ? À la ressemblance de qui le créait-il ? Il parlait, d’une part, au Fils, qui devait un jour se revêtir de chair humaine ; d’autre part, à l’Esprit, qui devait un jour sanctifier l’homme, comme s’il parlait à autant de ministres et de témoins. »[39]
Il poursuit ensuite dans le même chapitre :
« …Or, s’il est aussi Dieu, selon Jean (qui dit) : “La Parole était Dieu”, alors vous avez deux êtres — l’un qui ordonne que les choses soient faites, et l’autre qui exécute l’ordre et crée. En ce sens, cependant, vous devez entendre qu’il est autre — je l’ai expliqué — quant à la Personne, non à la substance : une voie de distinction, non de division. Pourtant, je dois partout maintenir une seule substance en trois (Personnes) cohérentes et inséparables. »[40]
Dans le texte précédent, Tertullien se sert du terme « personne » pour expliquer que la Parole (logos) est distincte du Père « au sens de personne, non de substance ; pour la distinction, non pour la division », terme qu’il applique aussi au Saint-Esprit qu’il appelle « la troisième personne ».
Malgré tout ce que Tertullien a contribué à préciser en matière de terminologie pour la doctrine trinitaire, il ne fut pas entièrement exempt de subordinatianisme, au point d’en venir à interpréter que le Fils n’était pas éternel, l’une des erreurs de l’arianisme.
« C’est alors que le Verbe reçut sa manifestation et son complément, à savoir le son et la voix, lorsque Dieu dit : “Que la lumière soit !” Telle est la naissance parfaite du Verbe, lorsqu’il procéda de Dieu. Il fut d’abord produit par lui dans la pensée, sous le nom de Sagesse : “Dieu m’a créée au commencement de ses voies.” Puis il fut engendré en vue de l’action : “Quand il fit les cieux, j’étais près de lui” (Pr 8, 27). Par conséquent, en faisant son Père de celui dont il était Fils parce qu’il procédait de lui, il devint le premier-né, car il fut engendré avant toutes choses, et Fils unique, car lui seul fut engendré par Dieu. »[41]
Origène (185 – 254 apr. J.-C.)
En 1941, des papyrus furent découverts à Toura (près du Caire). On y trouve le compte rendu complet d’un débat qui prit naissance lorsque les opinions d’Héraclide sur la doctrine trinitaire avaient préoccupé ses frères dans l’épiscopat, et Origène fut appelé pour redresser la question. Ce débat eut lieu en présence du peuple et des évêques vers l’an 245.
À ce sujet, Quasten commente dans Patrología I :
« Héraclide n’aimait pas la formule d’Origène “deux dieux” comme unique moyen d’exprimer clairement la distinction entre le Père et le Fils. Elle impliquait un danger trop grave de polythéisme. Dans la discussion, Origène fait cette observation : “Puisque nos frères se scandalisent d’entendre dire qu’il y a deux dieux, cette question mérite d’être traitée avec délicatesse.”
Il recourt ensuite à l’Écriture pour montrer en quel sens deux peuvent être un. Adam et Ève étaient deux ; cependant, ils ne formaient qu’une seule chair (Gn 2, 24). Il cite ensuite saint Paul qui, parlant de l’union de l’homme juste avec Dieu, dit : « Celui qui s’unit au Seigneur ne forme avec lui qu’un seul esprit » (1 Co 6, 17). Enfin, il invoque comme témoin le Christ lui-même, car il a dit : « Moi et le Père, nous sommes un. » Dans le premier exemple, il y avait unité de « chair » ; dans le second, d’« esprit » ; dans le troisième, de « divinité ». « Notre Seigneur et Sauveur — observe Origène —, dans sa relation au Père et Dieu de l’univers, n’est pas une seule chair, ni non plus un seul esprit, mais quelque chose de bien plus élevé que la chair et l’esprit, un seul Dieu. »
Ainsi Origène défend que le Père et le Fils sont divins, contre le monarchianisme et le modalisme.
Quasten reproduit également l’interrogatoire d’Origène à Héraclide avec l’accord suivant :
Origène dit : Le Père est-il Dieu ?
Héraclide répondit : Oui.
Origène dit : Le Fils est-il distinct du Père ?
Héraclide répondit : Comment pourrait-il être à la fois Fils et Père ?
Origène dit : Le Fils, qui est distinct du Père, est-il aussi Dieu ?
Héraclide répondit : Il est aussi Dieu.
Origène dit : Ces deux Dieux ne font-ils donc qu’un seul ?
Héraclide dit : Oui.
Origène dit : Affirmons-nous donc qu’il y a deux Dieux ?
Héraclide répondit : Oui, mais le pouvoir est un.
Définition qui, bien que très antérieure au concile de Nicée et sans en posséder encore la terminologie, parvient néanmoins à exprimer la même conviction. Ainsi, par cet accord devant le peuple et les évêques, le Christ est proclamé Dieu, mais comme une Personne distincte du Père. On défend ainsi l’individualité des Personnes Divines contre le modalisme, et l’on dissipe les craintes que la reconnaissance du Christ et du Père comme Dieu ne conduise au polythéisme.
Origène emploie fréquemment le terme Trinité[42], affirme que le Fils procède du Père, et, Dieu étant éternel, il en déduit que cet acte de génération est lui aussi éternel : le Fils n’a donc pas de commencement, et il n’y eut jamais un temps où il n’existait pas (s’opposant ainsi par avance à l’hérésie de l’arianisme, qui affirmera par la suite le contraire, à savoir qu’il y eut un temps où le Fils n’existait pas[43]).
« On ne peut concevoir la lumière sans son rayonnement. Et si cela est vrai, il n’y eut jamais un temps où le Fils n’était pas Fils. Cependant, il ne sera pas, comme nous l’avons dit de la lumière éternelle, sans naissance (ce qui semblerait introduire deux principes de lumière), mais il est, pour ainsi dire, le rayonnement de la lumière ingénérée, ayant cette lumière elle-même pour principe et pour source, véritablement né d’elle. Il n’y eut cependant jamais un temps où il ne fut pas. La Sagesse, procédant de Dieu, est engendrée aussi de la même substance divine. Sous la figure d’une émanation corporelle, on l’appelle ainsi : “Émanation pure de la gloire de Dieu tout-puissant” (Sg 7, 25). Ces deux comparaisons manifestent clairement la communauté de substances entre le Père et le Fils. En effet, toute émanation semble être homoousios, c’est-à-dire d’une même substance que le corps duquel elle émane ou procède. »[44]
Il emploie le mot ὁμοούσιος (homoousios) qui signifie « de la même substance », terme qui sera ultérieurement si largement utilisé au concile de Nicée pour définir solennellement que le Père et le Fils ont une même nature. Il désigne aussi le Christ par l’expression θεάνθρωπος (Dieu-Homme).
Cependant, Origène possède quelques textes ambigus, au point de sembler tendre vers le subordinatianisme. Parmi ceux qui l’accusent d’être tombé dans cette erreur se trouve saint Jérôme ; d’autres Pères de l’Église, en revanche, comme saint Athanase et saint Grégoire le Thaumaturge, le défendent. L’un des textes où il semble en être ainsi est le suivant :
« Nous, qui croyons le Sauveur quand il dit : “Le Père qui m’a envoyé est plus grand que moi”, et qui pour cette même raison ne permettons pas que lui soit appliqué l’attribut de “bon” dans son sens plein, véritable et parfait, mais l’attribuons au Père, rendant grâce et condamnant quiconque glorifierait le Fils à l’excès, nous disons que le Sauveur et l’Esprit-Saint sont infiniment au-dessus de toutes les choses créées, d’une supériorité absolue et sans comparaison possible ; mais nous disons aussi que le Père est au-dessus d’eux dans la même mesure ou davantage que ceux-ci sont au-dessus des créatures les plus parfaites. »[45]
Justin Martyr (100 – 165 apr. J.-C.)
Dans le Dialogue avec Tryphon, il désigne le Christ comme « Dieu engendré du Père de l’univers », et part de textes de la Genèse où Dieu parle à la première personne du pluriel pour démontrer la pluralité des Personnes divines. Il écarte ici l’hypothèse qu’il parlât aux anges, car il est inconcevable que l’homme ait été fait par eux, et il écarte également que Dieu parlât aux éléments de la terre. Il conclut qu’il parlait au Christ, qui était avec le Père avant toutes les créatures. Il semble néanmoins montrer une certaine tendance au subordinatianisme.
« Je vais vous présenter, ô amis, dis-je, un autre témoignage des Écritures sur ce point : que Dieu engendra avant toutes les créatures un certain Principe de lui-même, une puissance rationnelle, que l’Esprit-Saint appelle aussi Gloire du Seigneur, et tantôt Fils, tantôt Sagesse, tantôt Ange, tantôt Dieu, tantôt Seigneur et Verbe ; et lui-même se nomme Capitaine général lorsqu’il apparaît sous forme d’homme à Josué, fils de Navé. Et c’est ainsi que tous ces noms lui viennent du fait qu’il est au service de la volonté du Père et qu’il a été engendré par la volonté du Père… Mais ce sera la Parole de la Sagesse qui me servira de témoin, car elle est ce Dieu même engendré du Père de l’univers, qui subsiste comme Parole et Sagesse et Puissance et Gloire de celui qui l’a engendré…
62. Cela même, ô amis, la Parole de Dieu l’exprima par la bouche de Moïse en nous indiquant que le Dieu qui nous fut manifesté parla en ce sens lors de la création de l’homme, quand il dit ces paroles : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance… Et pour que vous ne tordiez pas les paroles citées et ne disiez pas, comme le disent vos maîtres, que Dieu se parlait à lui-même en disant “faisons”, de même que nous, quand nous allons faire quelque chose, nous disons “faisons” ; ou qu’il parlait aux éléments, c’est-à-dire à la terre et aux autres choses dont nous savons que l’homme est composé, et que c’est à eux qu’il dit le “faisons” : je vais maintenant vous citer d’autres paroles du même Moïse, par lesquelles, sans discussion possible, nous devons reconnaître que Dieu conversait avec quelqu’un qui lui était numériquement distinct et qui était également doué de raison. Les voici : Et Dieu dit : Voici qu’Adam est devenu comme l’un de nous pour connaître le bien et le mal. En disant donc “comme l’un de nous”, il indique le nombre de ceux qui conversent entre eux, et qui sont au moins deux. Car je ne puis tenir pour vraie la doctrine de ce que vous appelez parmi vous l’hérésie, et ses maîtres ne sont pas en mesure de démontrer que Dieu parle aux anges ou que le corps humain est l’œuvre des anges. Mais ce Germe, véritablement émis du Père, était avec lui avant toutes les créatures, et c’est avec lui que le Père conversait, ainsi que nous le révéla la Parole par la bouche de Salomon, nous apprenant qu’avant toutes les créatures, ce même être que Salomon appelle Sagesse fut engendré par Dieu comme Principe et Progéniture. »[46]
Plus loin, il désigne le Christ comme Seigneur et Dieu :
« J’ai longuement démontré que le Christ, qui est Seigneur et Dieu, Fils de Dieu, apparut auparavant d’une manière prodigieuse sous forme d’Homme et d’Ange, et aussi dans la gloire du feu, comme dans la vision du buisson ardent et dans le jugement contre Sodome. »[47]
Dans sa Première Apologie, il distingue clairement et dans l’ordre les Trois Personnes Divines, ce qui exclut que saint Justin ait eu quelque tendance modaliste[48] :
« Et ensuite nous vous démontrerons qu’avec raison nous honorons aussi Jésus-Christ, qui a été notre maître en ces choses et qui est né pour cela, lui qui fut crucifié sous Ponce Pilate, procurateur de Judée du temps de Tibère César, que nous avons appris être le Fils du vrai Dieu lui-même et que nous plaçons au deuxième rang, et l’Esprit prophétique au troisième. »[49]
Il est encore plus précis pour distinguer la Personne du Père de celle du Fils au chapitre 63, et pour reconnaître dans le Christ celui qui parla aux Prophètes et se proclama « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » :
« Car ceux qui disent que le Fils est le Père prouvent qu’ils ne savent pas qui est le Père et qu’ils n’ont pas appris que le Père de l’univers a un Fils, lequel, étant Verbe et Premier-né de Dieu, est aussi Dieu.
C’est lui qui apparut d’abord à Moïse et aux autres Prophètes sous la forme de feu ou sous une image incorporelle, et qui, à présent, au temps de votre empire…, naquit homme d’une vierge… Or, ce qui fut dit à Moïse depuis le buisson ardent : Je suis Celui qui est, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, signifiait que, même après leur mort, ces hommes appartenaient encore au Christ lui-même. »[50]
Grégoire le Thaumaturge (213 – 270 apr. J.-C.)
Né vers l’an 213, il fut évêque de sa ville natale, Néocésarée. Il composa un bref symbole de foi dont Quasten commente qu’il « se limite au dogme de la Trinité, remarquable par la précision de ses concepts, affirmant que jamais aucune des Personnes Divines n’a été sans les autres, mais qu’elles ont toujours existé sans changement ».
« Il y a un seul Dieu, Père du Verbe vivant, de la Sagesse subsistante, de la Puissance et de l’Image éternelle ; Générateur parfait du Parfait Engendré, Père du Fils Unique. Il y a un seul Seigneur, Unique de l’Unique, Dieu de Dieu, Figure (caractère) et Image de la Divinité, Verbe Efficace, Sagesse qui embrasse tout l’univers et Puissance qui crée le monde entier, vrai Fils du vrai Père, Invisible de l’Invisible, Incorruptible de l’Incorruptible, Immortel de l’Immortel, Éternel de l’Éternel. Et il y a un seul Esprit-Saint, qui tire sa subsistance de Dieu et fut manifesté aux hommes par le Fils : Image du Fils, Image Parfaite du Parfait, Vie, Cause des vivants, Source Sacrée, Sainteté qui communique la sanctification, en qui se manifestent Dieu le Père qui est au-dessus de tous et en tous, et Dieu le Fils qui est à travers tous. Il y a une Trinité parfaite, en gloire et éternité et majesté, qui n’est ni divisée ni séparée. Il n’y a donc rien de créé ni de servile dans la Trinité, ni rien de surajouté, comme si cela n’avait pas existé à une période antérieure et avait été introduit plus tard. Ainsi, le Fils ne manqua jamais au Père, ni l’Esprit-Saint au Fils, mais, sans variation ni changement, la même Trinité a existé de toute éternité. »[51]
Novatien (? – 258 apr. J.-C.)
L’un de ses écrits, Sur la Trinité (De Trinitate), fut rédigé à une date bien antérieure à l’an 250.
« Le Fils, étant engendré du Père, est toujours dans le Père. Quand je dis “toujours”, je n’entends pas dire qu’il est ingénéré. J’affirme, au contraire, qu’il est né. Mais celui qui est né avant tout temps doit être dit avoir toujours existé dans le Père, puisqu’on ne peut lui fixer de dates, lui qui est antérieur à tous les temps. Il est éternellement dans le Père, sans quoi le Père ne serait pas toujours Père. D’autre part, le Père lui est antérieur, car le Père doit nécessairement être avant le Fils, en tant que Père ; puisqu’il ne connaît pas d’origine, il doit exister nécessairement avant celui qui en a une. Le Fils, donc, est nécessairement postérieur au Père, car il reconnaît lui-même qu’il existe dans le Père ; il a une origine, puisqu’il est né, et cela du Père d’une manière mystérieuse ; cependant, bien qu’ayant une origine en étant ainsi né, il est en tout proche (vicinus) du Père, précisément en raison de sa naissance, puisqu’il est né du Père, le seul qui soit sans origine. Lui donc, quand le Père le voulut, procéda du Père, et celui qui était dans le Père, parce qu’il procédait du Père, n’étant rien d’autre que la Substance divine. Son nom est le Verbe, par lequel toutes choses furent faites, et sans lequel rien ne fut fait. Car toutes choses lui sont postérieures, puisqu’elles viennent de lui, et par conséquent il est antérieur à toutes choses (mais après le Père), attendu que toutes choses furent faites par lui. Il procéda du Père, par la volonté duquel toutes choses furent faites. Dieu, assurément, issu de Dieu, constituant la seconde Personne après le Père en tant que Fils, sans dépouiller pour autant le Père de l’unité de la divinité. »[52]
Novatien manifesta cependant une forme de subordinatianisme, car bien qu’il reconnaisse que les Personnes divines ont la même substance, il affirma aussi que le Saint-Esprit est inférieur au Christ et le Christ inférieur au Père, dont il dit qu’il apparaît « comme le seul Dieu vrai et éternel ; il est l’unique source de ce pouvoir de la divinité. Bien qu’il soit transmis au Fils et concentré en lui, il revient de nouveau au Père à travers leur communauté de substance » :
« Le Paraclet a reçu son message du Christ. Mais s’il l’a reçu du Christ, le Christ lui est supérieur, car le Paraclet n’aurait pas reçu du Christ s’il ne lui était pas inférieur. Cette infériorité du Paraclet prouve que le Christ, de qui il a reçu son message, est Dieu. Nous avons là, donc, un puissant témoignage de la divinité du Christ. Nous voyons, en effet, que le Paraclet lui est inférieur et reçoit de lui le message qu’il transmet au monde. »[53]
Cyprien de Carthage (200 – 258 apr. J.-C.)
Il proclame la divinité du Christ à de nombreuses reprises :
« Si Jésus-Christ, notre Seigneur et Dieu, est lui-même le souverain prêtre de Dieu le Père. »[54]
« Si quelqu’un pouvait être baptisé par les hérétiques, il pourrait certainement recevoir aussi le pardon de ses péchés. S’il avait reçu le pardon de ses péchés, il pourrait être sanctifié. S’il était sanctifié, il pourrait être fait temple de Dieu. S’il était fait temple de Dieu — je te pose maintenant la question : de quel Dieu ? Du Créateur ? Mais cela n’est pas possible, car il ne croit pas en lui. Du Christ ? Quiconque nie que le Christ soit Dieu ne peut devenir son temple. De l’Esprit-Saint ? Puisque les Trois sont Un, comment l’Esprit-Saint pourrait-il être réconcilié avec celui qui est ennemi du Fils ou du Père ? »[55]
« Après la résurrection, lorsque le Seigneur envoya les Apôtres vers les nations, il leur ordonna de baptiser les gentils au nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint… Le Christ lui-même ordonna que les nations soient baptisées dans la Trinité complète et unie. »[56]
Denys de Rome (? – 268 apr. J.-C.)
Pape de 259 à 268, il combattit le modalisme et le subordinatianisme. Lorsqu’une accusation fut portée devant lui contre Denys d’Alexandrie (évêque) pour s’être exprimé de manière incorrecte sur la Trinité, il en résulta une controverse connue sous le nom de « la controverse des deux Denys ». Le Pape convoqua un synode en l’an 260 pour résoudre la question. En son nom propre et au nom du synode, il écrivit une lettre dans laquelle il condamne la doctrine modaliste de Sabellius, ainsi que les opinions marcionites qui divisaient la monarchie divine en trois hypostases distinctes, et aussi ceux qui présentaient le Fils de Dieu comme une créature.
Dans la lettre à Denys d’Alexandrie, le Pape qualifie de blasphème l’opinion selon laquelle le Fils est le même que le Père (modalisme), mais il censure également la doctrine que semblent soutenir des catéchistes de Denys d’Alexandrie, affirmant que chaque Personne Divine possède une nature distincte de l’autre.
« J’ai appris que certains parmi tes catéchistes et maîtres de la parole divine soutiennent ce principe [se référant à ceux qui divisent hérétiquement les natures des Personnes Divines]. Ils sont, pour ainsi dire, diamétralement opposés à l’opinion de Sabellius. Car lui, dans son blasphème, dit que le Fils est le Père et vice versa. Mais eux proclament qu’il y a en quelque sorte trois Dieux, lorsqu’ils divisent la Sainte Unité en trois substances différentes entre elles et complètement séparées. »[57]
Il déclare également blasphématoire la thèse — qui caractériserait plus tard l’arianisme — selon laquelle le Christ est un être créé, et explique que, le Christ étant la Parole, la Sagesse et la Puissance de Dieu, il ne put jamais y avoir un moment où le Père existait sans lui.
« C’est donc un blasphème, et non des moindres mais le pire, de dire que le Seigneur fut en quelque façon une œuvre créée. Car si le Fils est advenu, il y eut un temps où il n’était pas ; mais il a toujours existé, si, comme il le dit de lui-même, il est dans le Père ; et si le Christ est la Parole, la Sagesse et la Puissance — comme vous savez que le dit la divine Écriture — et que ces attributs sont des puissances de Dieu, alors il a toujours existé. Mais si le Fils est advenu, il y eut alors un temps où ces attributs n’existaient pas, et par conséquent il fut un temps où Dieu en était dépourvu, ce qui est tout à fait absurde. »[58]
« Il est nécessaire, cependant, que la Parole divine [Jésus-Christ] soit unie au Dieu de l’univers, et que l’Esprit-Saint réside et demeure en Dieu. La divine Trinité doit donc être récapitulée et ramenée à son unité, comme en un seul sommet — j’entends par là le Dieu tout-puissant de l’univers. »[59]
« Nous ne pouvons donc pas diviser en trois têtes divines l’admirable et divine Monarchie, ni dégrader la dignité et l’excellente majesté de notre Seigneur en l’appelant “œuvre” ; mais nous devons croire en Dieu le Père tout-puissant, et en Jésus son Fils, et en l’Esprit Saint, et soutenir que la Parole est unie au Dieu de l’univers. »[60]
Après avoir étudié les principaux témoignages patristiques antérieurs au concile de Nicée, il ne reste qu’à écarter les spéculations des sectes qui présentent la doctrine trinitaire comme une nouveauté tardive, produit d’influences païennes sur le christianisme. L’Église fut fidèle à reconnaître qu’il n’y a qu’un seul Dieu — le Père étant Dieu, le Fils étant Dieu et le Saint-Esprit étant Dieu —, et cette vérité était comprise et enseignée avec plus ou moins de clarté à l’époque post-apostolique et pré-nicéenne.
Le consensus des Pères rejetait ouvertement tant l’arianisme (qui affirmait que Jésus-Christ était un dieu moindre, créé et subordonné au Père, et qu’il n’avait pas toujours existé) que le modalisme (qui affirmait qu’il n’y avait qu’une seule Personne Divine en Dieu, le Fils étant le Père et vice versa, mais manifestés de manières différentes).
Certes, certains Pères ne comprirent pas pleinement le mystère trinitaire et tendirent vers le subordinatianisme à des degrés divers, ce qui est tout à fait compréhensible en une matière d’une telle complexité. C’est précisément des conflits aussi graves que l’arianisme et d’autres hérésies qui ont donné à l’Église l’occasion d’approfondir ces vérités de foi.
Notes
- Watchtower Library 2007, Témoins de Jéhovah — Grande brochure : Comment la doctrine de la Trinité s’est-elle développée ? ↩
- Didachè, VII, 1. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos (Pères Apostoliques), Biblioteca de Autores Cristianos 65, cinquième édition, Madrid, 1985, p. 84. ↩
- Martyre de Polycarpe, XXII, 3. Ibid., p. 688. ↩
- Le Pasteur d’Hermas, Similitude V, 6, 5. Ibid., p. 1020. ↩
- Carmelo Granado, Los mil nombres de Jesús (Les mille noms de Jésus), Narcea S.A. de Ediciones, p. 25. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, I. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos (Pères Apostoliques), Biblioteca de Autores Cristianos 65, cinquième édition, Madrid, 1985, p. 447. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, VII, 2. Ibid., p. 451. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, XVIII, 2. Ibid., p. 457. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Romains, I. Ibid., p. 474. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Romains, IV, 3. Ibid., p. 477. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre aux Smyrniotes, I, 1. Ibid., p. 488. ↩
- Ignace d’Antioche, Lettre à Polycarpe, III, 2. Ibid., p. 498-499. ↩
- Aristide, Apologie, XV, 2. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apologetas Griegos (Pères Apologètes Grecs), Biblioteca de Autores Cristianos 116, troisième édition, Madrid, 1996, p. 130. ↩
- Athénagore d’Athènes, Supplique pour les chrétiens, 10. Ibid., p. 660-661. ↩
- Ibid., p. 661. ↩
- Tatien, Discours contre les Grecs, 21. Ibid., p. 602. ↩
- Méliton de Sardes, Homélie sur la Passion, 8-10. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 240-241. ↩
- Méliton de Sardes, Homélie sur la Passion, 82. Ibid., p. 241. ↩
- Méliton de Sardes, fragment dans Anastase le Sinaïte, Le Guide, ch. 13. William A. Jurgens, The Faith of the Early Fathers, vol. I, The Liturgical Press, Minnesota, 1970, p. 81. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, I, 10, 1-2. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, II, 28, 6. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 19, 2. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 19, 2-3. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, IV, 20, 3. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, II, 28, 8. ↩
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 18, 2. ↩
- Clément d’Alexandrie, Exhortation aux Grecs (Protreptique), 1, 7, 1. William A. Jurgens, The Faith of the Early Fathers, vol. I, The Liturgical Press, Minnesota, 1970, p. 176. ↩
- Clément d’Alexandrie, Adumbrationes — Commentaire sur la Première Épître de saint Jean (sur 1 Jean 1, 1). New Advent, Fathers of the Church, http://www.newadvent.org/fathers/0211.htm ↩
- Clément d’Alexandrie, Exhortation aux Grecs, 10, 110, 1. Ibid., p. 177. ↩
- Clément d’Alexandrie, Le Pédagogue, I, 2. New Advent, Fathers of the Church, http://www.newadvent.org/fathers/02091.htm ↩
- Théophile d’Antioche, Ad Autolycum, 2, 15. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 236. ↩
- Théophile d’Antioche, Ad Autolycum, 2, 10. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apologetas Griegos (Pères Apologètes Grecs), Biblioteca de Autores Cristianos 116, troisième édition, Madrid, 1996, p. 796. ↩
- Théophile d’Antioche, Ad Autolycum, 2, 22. Ibid., p. 813. ↩
- Tertullien, De pudicitia (De la pudicité), 21. New Advent, Fathers of the Church, http://www.newadvent.org/fathers/0407.htm ↩
- Tertullien, Adversus Praxean (Contre Praxéas), 2. New Advent, Fathers of the Church, http://www.newadvent.org/fathers/0317.htm ↩
- Ibid. ↩
- Tertullien, Adversus Praxean, 4. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 621. ↩
- Ibid. ↩
- Tertullien, Adversus Praxean, 12. Ibid., p. 622. ↩
- Ibid. ↩
- Tertullien, Adversus Praxean, 7. New Advent, Fathers of the Church, http://www.newadvent.org/fathers/0317.htm ↩
- In Ioh. 10, 39, 270 ; 6, 33, 166 ; In Ies. Hom. 1, 4, 1. ↩
- De princ. 1, 2, 9 s ; 2 ; 4, 4, 1 ; In Rom. 1, 5. ↩
- Origène, In Hebr. frag. 24, 359. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 389-390. ↩
- Origène, In Ioh. 13, 25. Ibid., p. 390. ↩
- Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 61-62. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apologetas Griegos (Pères Apologètes Grecs), Biblioteca de Autores Cristianos 116, troisième édition, Madrid, 1996, p. 409-412. ↩
- Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 128. Ibid., p. 526. ↩
- Le modalisme ne voit pas le Père, le Fils et le Saint-Esprit comme des Personnes divines, mais comme des manifestations d’un seul Dieu. ↩
- Justin Martyr, Apologie I, 13, 3. Ibid., p. 194. ↩
- Justin Martyr, Apologie I, 63, 15. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apologetas Griegos (Pères Apologètes Grecs), Biblioteca de Autores Cristianos 116, troisième édition, Madrid, 1996, p. 254-255. ↩
- Grégoire le Thaumaturge, Exposé de la foi. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 433. ↩
- Novatien, Sur la Trinité, 31. Johannes Quasten, Patrología I (Patrologie I), Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid, 1995, p. 529. ↩
- Novatien, Sur la Trinité, 18. Ibid., p. 531. ↩
- Cyprien de Carthage, Lettre 63, 14. William A. Jurgens, The Faith of the Early Fathers, vol. I, The Liturgical Press, Minnesota, 1970, p. 232-233. ↩
- Cyprien de Carthage, Lettre 73, 12. Ibid., p. 238. | Note : Cyprien écrit vers l’an 255, plus d’un siècle avant les premiers manuscrits qui portent l’interpolation de 1 Jean 5, 7 (le fameux « Comma Johanneum ») ; sa phrase est donc un témoignage indépendant et primitif. ↩
- Cyprien de Carthage, Lettre 73, 18. Ibid. ↩
- Lettre de Denys de Rome à Denys d’Alexandrie, 1. William A. Jurgens, The Faith of the Early Fathers, vol. I, The Liturgical Press, Minnesota, 1970, p. 249. ↩
- Ibid. ↩
- Ibid., 2. ↩
- Ibid., 3. ↩