En ces temps que nous vivons, marqués par un intérêt croissant pour le dialogue entre les chrétiens et par la reconnaissance des erreurs du passé, certains milieux « évangéliques » persistent dans une attitude anticatholique dépassée, fondée davantage sur des préjugés que sur la réalité des choses. Le présent texte est une lettre adressée aux éditeurs de la publication « En la Calle Recta » (dont le siège est aux Pays-Bas). Son auteur suit la publication de cette revue depuis des années. Il en présente ici une analyse critique. (NdlR)
Le 17 avril 2001
Voici déjà quelques années qu’est parvenue entre mes mains votre revue intitulée « La Calle Recta », que je lis intégralement et que je collectionne. Depuis quelque temps, je désirais vous écrire pour vous faire part de mes réflexions au sujet de la publication en question et du propos que je crois y voir reflété. Je vous communique donc ce qui suit :
En premier lieu, je vous déclare que je suis un laïc catholique qui s’efforce d’avoir toujours le Christ au centre de sa vie et qui aime son Église universelle ou catholique en essayant de suivre son exemple, manifesté en Ep 5, 25.
Malgré les misères de ma nature humaine, aidé aussi de la Grâce de Dieu, je désire marcher et persévérer sur le chemin de l’amour ou charité chrétienne envers toutes les personnes qu’IL permettra que je rencontre sur ma route, même lorsque je ne partage pas leurs conceptions religieuses, à plus forte raison avec celles qui, comme vous, ont un jour exercé le très haut ministère du sacerdoce, par participation à l’unique sacerdoce du Christ, dans mon Église catholique ; et je dis « ont exercé », parce que maintenant, d’après ce qui est manifesté dans votre revue, en vous étant retirés de l’Église catholique apostolique romaine, il est logique que je comprenne qu’il n’en est plus ainsi, peut-être parce que vous le considérez comme inutile, dénué de sens et peut-être même hérétique. De toute manière, pour votre serviteur, indépendamment de votre attitude, vous demeurerez Prêtres pour toujours. Car ce sacrement imprime un Caractère pour toujours.
Cependant, bien que je possède déjà en collection de nombreux numéros de plusieurs années d’exemplaires d’ECR, je vois en eux tous, toujours, un commun dénominateur ou cercle fermé, avec le même contenu, c’est-à-dire que même si je n’avais lu qu’un seul exemplaire, j’aurais une vision générale de tous les autres, puisqu’en réalité TOUS présentent les mêmes thèses et les mêmes omissions, par exemple :
THÈSES DOCTRINALES
- La nouvelle naissance par la foi au Christ
- Présenter un plan de salut dans le Christ seul, en rejetant son Église visible
- Distinction entre religiosité et foi en un Christ vivant, selon leur point de vue
- La Sola Scriptura face à la doctrine officielle de Rome
- Condamnations enflammées de tout ce que fait ou ne fait pas le Pape de l’Église catholique (s’il demande pardon pour les fautes de l’Église, comme aussi s’il ne le fait pas).
- Empressement à rallier à ces thèses d’anciens prêtres catholiques et des fidèles de cette même foi
- Présentation de la vie de l’Église primitive uniquement à l’époque des Actes des Apôtres
- Exaltation de la figure de Martin Luther en passant sous silence toutes ses erreurs (par exemple, considérer l’épître de saint Jacques comme une épître « de paille » qui ne conduit pas au Christ)
- Condamnation de la moindre vénération envers la Vierge Marie et/ou les saints
- Messages subtils invitant à ne pas utiliser notre esprit rationnel, mais à tout accepter seulement par la foi
- Témoignages de convertis aux thèses présentées dans « Calle Recta »
OMISSIONS LES PLUS NOTABLES
- L’étude de l’histoire de l’Église à partir du IIe siècle jusqu’au siècle actuel, avec ses lumières et ses ombres. Car il n’a pas existé seulement l’Église du temps des Actes des Apôtres
- La reconnaissance des apports des Conciles œcuméniques de l’Église catholique aux non-catholiques (Nicée, Chalcédoine, Éphèse, etc., etc.), où furent pleinement définis les concepts christologiques que vous et de nombreuses dénominations protestantes acceptez.
- L’analyse de la Patristique, comme l’œuvre de saint Ignace d’Antioche, saint Polycarpe, saint Irénée, saint Justin Martyr, saint Irénée de Lyon, saint Cyprien, etc., etc. Personnages d’une grande sainteté et d’une doctrine droite, acceptés par de nombreux érudits protestants.
- Des justifications à l’incohérence qui consiste, tout en tenant l’Écriture pour unique règle de foi et de conduite, à ce qu’ECR accepte Noël, le terme Trinité, l’attribution à saint Matthieu, saint Marc et saint Jean de la rédaction desdits Évangiles. La Bible ne le dit pas.
- L’absence de condamnations, depuis votre vie dans le Christ telle que vous la concevez, des maux sociaux ou péchés qui crient justice vers le ciel, comme l’euthanasie, qui précisément prennent naissance et sont autorisés aux Pays-Bas, siège de votre communauté d’ECR. Pays où jusqu’à la drogue, la prostitution, l’homosexualité sont légitimées. Avez-vous visité le quartier rouge d’Amsterdam ? Avez-vous essayé d’évangéliser les personnes qui y vivent ?
- Jamais ils ne condamnent ni ne mettent en évidence les grandes différences doctrinales fondamentales de la foi chrétienne qui existent dans le monde protestant (baptistes, méthodistes, pentecôtistes, etc., etc.), lesquelles vont à l’encontre de ce qu’indique Ep 4, 5 : « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » ; en contraste avec les condamnations très sévères qui paraissent dans ECR lorsque se manifestent des tentatives d’œcuménisme entre l’Église catholique et les églises protestantes.
- Jamais ils ne présentent, ne serait-ce que brièvement, des témoignages de personnages saints comme un saint François d’Assise, le Père Damien qui contracta la lèpre en vivant avec les lépreux, ou l’œuvre de Mère Teresa de Calcutta. J’ai lu des revues protestantes où l’on cite de façon positive des sujets comme ceux-là ; pourquoi pas vous ?
- Dans les témoignages qu’ils publient, jamais ils ne citent l’adresse complète de leurs auteurs (je crois que certains devraient bien le leur autoriser), ce qui donne lieu à douter de la sincérité de ces témoignages. En cela, ils ressemblent à ceux qui paraissent dans des revues comme « La Tour de Garde » des Témoins de Jéhovah. Personnellement, je me suis rendu compte que ceux qui leur demandent directement cette donnée n’atteignent jamais leur objectif : on leur répond par des évasives, ou tout simplement on ne leur répond pas.
- Jamais ne transparaît, dans le propos des éditeurs d’ECR, l’intention de prier pour la conversion du « méchant Pape ». C’est une omission grave que de ne pas prier pour les pécheurs. S’ils condamnent la conduite du Pontife, ils doivent donner l’exemple de chrétiens en priant pour Lui, et non pas seulement en condamnant sa mauvaise conduite selon leur point de vue. Dans la même revue où ils le réprouvent, qu’ils inscrivent une prière pour sa conversion, et Dieu répondra. L’œuvre d’ECR prendra fin, ou celle du Pape, puisque la Bible dit que si l’Œuvre est de Dieu, elle demeurera, Ac 5, 38-39. L’Église présidée par le Christ et son vicaire le Pape dure déjà depuis presque 2000 ans ; celle de la Calle Recta, depuis un peu plus de 30 ans. Assurément, Dieu fera que l’Œuvre qui est de Lui demeure jusqu’au retour du Christ ; l’autre disparaîtra, même si ses ouvriers y ont travaillé ardûment. Voir Psaume 127, 1.
Ci-après, et en complément de ce qui vient d’être exposé, je me permets de faire une analyse des propos de votre Association et du contenu de votre revue EN LA CALLE RECTA :
L’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. Jn 16, 2
Vous devez être conscients que beaucoup de catholiques, nous sommes déficients dans la connaissance de notre foi, bien que cela ne nous empêche pas d’aimer le Christ et son Église. Vous savez de même qu’il existe beaucoup de régions du monde où le Christ est complètement inconnu et où l’œuvre des missionnaires est proscrite. Exemple : la Chine communiste, sans parler de certains pays musulmans où se décider pour le Christ se paie de la mort. Pourquoi ne dirigez-vous pas votre œuvre ECR vers ces régions ? Je crois qu’il vous paraît plus facile de « bâtir sur le fondement d’autrui », Rm 15, 20, en envoyant ECR là où l’Église catholique, avec toutes ses déficiences et ses réussites, travaille depuis plusieurs siècles.
Le propos de votre revue, plus que d’évangéliser de nouveaux disciples du Christ, vise principalement à tuer la foi des catholiques dans le Christ et dans son Église. Je vous souhaite que notre Juste Juge soit miséricordieux envers vous et votre œuvre le jour où vous vous présenterez devant Lui, au Jugement dernier.
« Tous les grands prêtres tinrent conseil contre Jésus, en sorte de le faire mourir. » Mt 27, 1
L’Église, c’est Jésus ; le Christ le dit à saint Paul : « pourquoi me persécutes-tu », Ac 9, 4.
Il est triste, et c’est la raison pour laquelle nous qui connaissons votre œuvre ECR sommes en prière constante pour vous, que, étant prêtres POUR TOUJOURS, vous soyez maintenant associés en conseil, comme les prêtres de l’A.T., pour prétendre vainement détruire l’Église universelle (catholique) du Christ. Comme vous le verrez, cela — que les prêtres livrent le Christ à la mort — est arrivé dès le premier siècle, et il en adviendra ainsi, vainement, jusqu’à la Parousie du Seigneur.
Pendant la Révolution française (fin du XVIIIe siècle), plusieurs anciens prêtres, après avoir trahi le Christ et son Église, furent de féroces ennemis de Lui et de son Église. Ils identifiaient le Christ comme le « tyran des âmes » ; ils participèrent à des fêtes blasphématoires dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, où l’on revêtit un âne d’habits sacerdotaux et où on le fit boire de l’eau dans le calice de la Messe ; on lui suspendit à la queue le Missel et la Bible. Ils assistèrent et applaudirent lorsque l’image de la Vierge Marie fut renversée de l’autel de la cathédrale et que fut installé à sa place le trône de la déesse Raison, figurée par une belle jeune femme couronnée de guirlandes.
Un ancien prêtre nommé Joseph Le Bon fut si sanguinaire que, exerçant les fonctions de commissaire des révolutionnaires, il plaçait près de la guillotine un orchestre de musiciens pour injurier ses victimes avant de les exécuter ; sans parler de ce que fit Joseph Fouché, un autre ancien religieux de l’époque.
En revanche, 17 religieuses carmélites, s’étant offertes en victimes au Très-Haut pour que cette orgie prît fin et que la France cessât de boire le sang de ses enfants, moururent martyres sur la guillotine, et 7 jours plus tard tomba le féroce Robespierre lui-même, avec plusieurs de ses complices, sur cette même guillotine où ils avaient envoyé à la mort tant de personnes innocentes, et avec cela l’époque de la Terreur prit fin.
L’Église, l’épouse du Christ, renaquit en France, purifiée de ses fautes et glorieuse en ses martyrs. Dieu lui-même permit que la Vierge Marie apparût à Lourdes et que commençât en ce lieu l’interminable série de miracles reconnus dans le monde entier, y compris par des non-catholiques.
Une fois de plus se réalisent les paroles de Jésus : « les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle », Mt 16, 18.
Un simple curé de village, peu après, dit au célèbre Napoléon : « même nous, les prêtres, avec nos péchés, nous n’avons pas pu la détruire ; encore moins vous. » L’œuvre d’ECR y parviendra-t-elle ?
Pour qui désire créer une Église véritable, la formule est : « Mourir un vendredi et ressusciter un dimanche ».
Je vous rappelle ce qui précède parce que, en votre condition de prêtres, les mains ointes de l’huile sainte, en considérant cela, vous pourrez le comprendre et réfléchir au fait que l’œuvre que vous réalisez, du fait de cette condition, rend plus terrible encore l’impact qu’elle cause dans les âmes simples qui ont le malheur de lire votre publication ECR, comme il advint en leur temps avec les anciens prêtres français, qui réussirent à entraîner derrière eux beaucoup d’apostats, convertis aux idées révolutionnaires, pour qu’ensuite, sans scrupule de conscience, ils commettent des crimes atroces.
Qu’il est terrible et triste de voir des prêtres du Christ, qui prirent autrefois dans leurs mains le calice de son sang devant l’Assemblée des fidèles, prendre maintenant la plume pour écrire contre Lui et son Église !
Devant les grands péchés qu’ont commis, que commettent et que commettront les âmes consacrées à Dieu dans son Église, nous devons nous rappeler l’attitude des saints époux, saint Joseph et la Vierge Marie, qui, connaissant les fautes des prêtres de leur temps, ceux-là mêmes qui un jour livreraient leur Fils à la mort de la croix, jamais n’apostasièrent ni ne s’éloignèrent du culte que ceux-ci présidaient dans le Temple de Jérusalem ou dans les synagogues ; mais ils prenaient conscience que cette Église ou caste de prêtres, bien qu’indignes, était celle qui présidait la congrégation de Dieu en leur temps. Ces saints époux accomplirent tous les préceptes que la Loi de Dieu, par leur intermédiaire, prescrivait aux fidèles de l’ancienne alliance. Ainsi devons-nous agir, nous, dans cette Nouvelle Alliance, lorsque nous voyons des scandales chez les personnes consacrées au Très-Haut dans la Nouvelle et plus parfaite Alliance.
« Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire ; MAIS NE VOUS RÉGLEZ PAS SUR LEURS ACTES. » Mt 23, 2-3
Votre revue ECR est constamment saturée des fautes réelles, supposées et inventées qui, à travers l’histoire, se sont produites dans l’Église catholique. Tout est critiqué, surtout si cela provient de la conduite du Pape ou de quelque autre ecclésiastique. La même technique que celle des sectes destructrices. Jamais ils ne voient quelque chose de positif en eux.
Dans l’Église du Christ, cela a déjà été dit, croîtront ensemble le bon grain et l’ivraie. Il y a toujours eu et il y aura, jusqu’à la fin des temps, des fautes terribles dans la partie humaine de ceux qui la formons, que nous soyons clercs ou laïcs.
Les prêtres les plus indignes de leur ministère, jamais — et j’en suis personnellement témoin — durant leurs exhortations dans le culte divin, ne nous incitent à être pécheurs, même si certains d’entre eux nous surpassent peut-être en cela par leur mauvaise conduite. Nous ne devons pas non plus perdre de vue que, grâce à Dieu, il existe dans son Église, comme j’en suis témoin, beaucoup de prêtres qui possèdent une conduite de sainteté.
Devant l’attitude immorale de nos frères dans la foi, qu’ils soient prêtres ou dirigeants éminents de l’Église, lorsqu’elle se produit en eux, nous avons la règle exprimée par Jésus, mentionnée ci-dessus. Ce qu’ECR signale à cet égard d’un index de feu doit être vu sous cette optique.
Le Pape lui-même, en célébrant quotidiennement la Sainte Eucharistie, comme tous les prêtres, se déclare devant l’Assemblée grand pécheur, lorsqu’il dit : « Moi, pécheur, je me confesse à Dieu et à vous, frères, parce que J’AI BEAUCOUP PÉCHÉ, en pensée, en parole, par action et par omission… » Voilà la raison des prières constantes de l’Église universelle pour que, chaque jour, celle-ci, en tous ses membres, se perfectionne dans la charité. Nous devons mener une lutte constante pour y parvenir, en suivant le Christ, en renonçant à nous-mêmes, en étant violents pour gagner le Royaume, Mt 11, 12, et non en fuyant comme les apostats.
Jésus lui-même, voyant la situation de l’Église de son temps, eut compassion de ses fidèles et disait qu’ils paraissaient des brebis sans pasteur, Mt 9, 36, puisque leurs Dirigeants n’accomplissaient pas la fonction que Dieu leur avait confiée ; cependant, le bon Jésus n’encouragea jamais personne à sortir de ce système religieux ; Lui-même visitait le Temple et ses synagogues pour y exposer la saine doctrine. Lui, unique et éternel Prêtre, eut toute l’occasion d’éloigner les fidèles de ce clergé corrompu (bien que tout le clergé ne le fût pas : rappelons-nous le juste Syméon, Lc 2, 25) et d’ordonner quelque publication semblable à ECR, et il ne le fit pas. Bel enseignement : la réforme et la purification d’un système s’obtiennent en luttant de l’intérieur, non en fuyant avec lâcheté. Plusieurs saints de l’Église en sont l’exemple :
Saint François d’Assise, sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, etc., devant les scandales de l’Église de leur temps, agirent de cette manière : ils restèrent dans l’Église et, par leur saint exemple, interpellèrent les hauts dirigeants, même indignes, de celle-ci.
Dans la vie quotidienne, s’il y a des déficiences dans ma maison, je ne vais pas les résoudre en la fuyant, mais en restant dedans pour les corriger.
Pourquoi devrions-nous alors nous étonner qu’ECR s’empresse de faire ressortir les ombres des membres de l’Église et cache ses lumières, ses grands personnages saints, ainsi que ses œuvres ?
Il vaudrait mieux qu’ECR entreprenne un plan de prédication de l’Évangile du Christ dans le milieu néerlandais, qui en a actuellement tant besoin.
Votre serviteur a passé une semaine aux Pays-Bas en octobre 2000, et j’ai constaté la froideur religieuse qui se manifeste chez les chrétiens de toutes les dénominations. Dans leurs temples prédominent les personnes âgées, avec une absence notable de jeunes et surtout d’enfants.
ECR devrait ajouter dans ses articles des sujets qui encouragent ceux qui se disent chrétiens à coopérer, au moins aux Pays-Bas, à l’œuvre du Créateur, en n’empêchant pas la naissance des enfants, en condamnant le contrôle artificiel des naissances au profit d’un hédonisme vide du Christ. Il serait également très opportun d’étendre cette campagne à l’Espagne (où se trouve une succursale d’ECR) afin d’y corriger cette anomalie qui est en train de transformer ce pays en une Nation de vieillards. (J’ai aussi visité l’Espagne.) L’Église catholique le fait dans ces pays et dans tous les pays du monde. Si certains catholiques n’écoutent pas son message, la faute leur en revient ; les Dirigeants catholiques, eux, ne peuvent plus être accusés d’omission. Voir Ézéchiel 33, 9
Le Pape condamne constamment la destruction de la vie (avortement, contrôle artificiel de la natalité, euthanasie, etc.). Comment est-il possible que, lui étant si pervers selon ECR, vous gardiez, vous, le silence au sujet de ces péchés devant vos lecteurs, principalement néerlandais et espagnols ? J’espère que les anciens prêtres mariés n’utilisent pas non plus, ni n’approuvent par leur silence coupable, ces méthodes qui vont contre la vie, grand don de Dieu. Ne seriez-vous pas en train de tomber dans un silence répréhensible, comme les mauvais chrétiens qui assistèrent passivement à l’holocauste juif ?
Quand verrons-nous dans ECR des messages qui motivent en ce sens ses lecteurs néerlandais et espagnols ?
Quand consacrerez-vous ne serait-ce que la moitié de l’effort avec lequel vous combattez l’Église catholique pour parler de cela dans votre revue ?
« Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité, c’est le corps du Christ. » Col 2, 17
L’Église de Dieu se préfigure dans la femme de l’Apocalypse (chap. 12) : elle était enceinte (elle attendait le Messie). Cette Église, dans sa phase de l’Ancien Testament, fut bien des fois infidèle à Dieu ; innombrables sont les citations bibliques qui le manifestent. Ses personnages éminents faillirent, bien qu’ils fussent considérés comme des hommes justes qui aimaient Dieu. Les exemples abondent ; pour abréger, je n’en citerai qu’un :
David, pour satisfaire ses caprices, tue 200 Philistins et leur coupe les prépuces, qu’il présente à Saül (1 S 18, 25-27) : c’est du sadisme. Plus tard, il projette l’assassinat d’Urie pour épouser Bethsabée, ce qu’il exécute avec préméditation, traîtrise et avantage. Il pécha aussi lorsqu’il fit le recensement, 2 S 24, 1-3.
Dans ses prières, restées consignées dans le psaume 137, 9, il disait à Dieu, au sujet de ses ennemis : « Heureux qui saisira et brisera tes petits enfants contre le roc ! »
Fut-il rejeté par Dieu comme Saül ? NON, parce que Dieu avait fait un pacte avec David et devait lui être fidèle, 2 S 12, 10-12.
Le mariage de David et de Bethsabée est fondé sur un crime ; cependant, Dieu permit que son propre Fils Jésus naquît de cette descendance, Lc 1, 27. De même, s’il y a ou si nous sommes, dans l’Église du Christ, de grands pécheurs, Jésus n’en finira pas pour autant avec Elle ; à la fin des temps, il donnera à chacun ce qu’il mérite.
Que peut-on dire des rois descendants de David ? À l’exception de deux ou trois, tous furent pires qu’Attila ; mais ils étaient membres du Peuple de Dieu et assis sur le trône accordé par Dieu, et Lui ne rompit pas son pacte.
Et si tout ce qui arriva dans l’A.T. était l’ombre de ce qui devait venir, Col 2, 17, pourquoi ECR se scandalise-t-elle de ce qui arrive dans le N.T. ?
Les 12 apôtres choisis par Jésus faillirent : Pierre douta de Jésus en essayant de marcher sur les eaux, puis le renia 3 fois. Thomas, qui avait vu ressusciter Lazare, n’accepta pas que Jésus fût ressuscité. Cette mauvaise conduite fut occasionnée par le fait de se trouver hors du noyau primitif de l’Église de ce temps-là, peut-être pour être allé chercher la vérité en dehors d’elle, Jn 20, 24, comme les auteurs d’ECR. Presque tous l’abandonnèrent au Calvaire, et auparavant ils s’endormirent au jardin de Gethsémani.
Même Jésus ressuscité, ils éprouvaient une grande crainte et s’enfermaient par peur des Juifs, Jn 20, 19. Judas le trahit
Les disciples d’Emmaüs, l’Église à peine commencée, étaient déjà découragés, Lc 24, 17. Pourquoi devrions-nous nous scandaliser qu’à 2000 ans de cette époque, il y ait non seulement des découragés, mais même des apostats ?
Au doux et humble de cœur, Jésus, on demandait de calciner par le feu des personnes, pour le délit de ne pas les avoir écoutés, Lc 9, 54 (germe des futurs et mauvais inquisiteurs). Des 7 Églises de l’Apocalypse qui préfigurent l’Église universelle de tous les temps (le 7 dénote la plénitude), 5 produisent des fruits pourris, Dieu les vomit de sa bouche, Ap 3, 16. La proportion est très élevée, 70 %. Dans l’Église actuelle, il peut arriver que, sur 7 prêtres, 5 soient indignes. Que ne sera-ce pas d’un milliard de catholiques ? Ou des plus de 260 Pontifes (Papes) qui ont existé ? Et si ce 7 contre 5 n’a pas détruit l’Église selon l’Apocalypse, pourrons-nous penser la même chose maintenant ?
Bien sûr que oui ! L’Église est l’épouse du Christ et, à la fin des temps, belle comme une fiancée, déjà purifiée de toute malice, elle épousera éternellement son époux Jésus. Ap 21, 2.
L’Église primitive fut-elle détruite par ces très graves infidélités ? Certainement pas. Jésus n’a pas promis aux membres de son Église, si grande que soit leur importance, l’IMPECCABILITÉ. Il assura que le pouvoir du démon entrerait dans l’Église, mais qu’il ne PRÉVAUDRAIT pas contre elle, Mt 16, 18. Plus nous nous approcherons de la fin des temps, plus Satan intensifiera ses attaques contre l’Église et il y entrera, Mt 24, 15 ; l’apostasie apparaîtra, 2 Th 2, 2. Néanmoins, il y aura toujours un reste fidèle, même si certains se retirent et l’attaquent.
Avec les yeux de la foi et le témoignage de l’histoire, nous pouvons voir que L’ÉGLISE CATHOLIQUE a toujours été la plus haïe et la plus attaquée, de l’intérieur (apostasies, hérésies, etc.) et de l’extérieur.
L’ont combattue et la combattent :
- Les empereurs romains
- Les schismatiques
- Les hérétiques
- Les musulmans
- Les ecclésiastiques corrompus et infidèles à leur ministère, par leur mauvais témoignage, tant ceux qui demeurent en elle que ceux qui s’en sont allés.
- Les laïcs infidèles ou qui simulent d’être ses membres
- Le protestantisme
- Napoléon
- Le sectarisme actuel
- Les satanistes
- Le nazisme (qui corrompit beaucoup de ses membres)
- Le communisme
- Le capitalisme matérialiste
- La franc-maçonnerie
- Les rationalistes
- Les athées
- La Révolution française
- Le sectarisme
- L’hédonisme
- Le courant appelé Nouvel Âge
- Les libéraux qui prétendent légaliser ou ont légalisé l’euthanasie, l’homosexualité, le sexe libre, etc., etc.
- Et tous ceux que dérange l’Évangile du Christ proclamé dans son Église
Malgré tout, Dieu ne l’abandonne pas. Cette Église pérégrinante qui chemine par le désert de la vie, préfigurée dans la Femme qui s’en va au désert que cite Ap chap. 12, Dieu la protège devant ses ennemis. Personne ne pourra la détruire.
Une convertie au catholicisme me disait : Je pense que si mon père est parti pour un pays lointain et me laisse dans notre maison sous la garde de mes frères, et que ceux-ci se corrompent dans leur conduite pendant son absence, mon devoir n’est pas d’abandonner la maison, mais de lutter pour la conserver en paix. Car mon père reviendra dans cette maison, indépendamment de la conduite de ceux d’entre nous qui y resterons. Ainsi le Christ a son Église visible et, même si beaucoup de ses membres se corrompent, moi je m’efforcerai de ne pas le faire et j’attendrai mon Jésus dans sa MAISON, mon ÉGLISE CATHOLIQUE.
De grands saints comme François d’Assise, Thomas More, sainte Catherine de Sienne, etc., furent témoins des grands péchés des clercs de leur temps, y compris des Papes, et, sans sortir de l’Église, sans se scandaliser ni perdre la foi, ils luttèrent pour purifier leur Église (de l’intérieur, non du dehors). Précisément, sainte Catherine de Sienne, voyant cela, écrivait au Pape Grégoire XI :
« Vices, péchés, orgueil, immondices abondent aujourd’hui dans le peuple chrétien et singulièrement chez les prélats et chez les directeurs de la Sainte Église, lesquels sont des mangeurs et des dévoreurs des âmes ; je ne dis pas des convertisseurs, mais des dévoreurs » (lettre n° 3 )
En une autre occasion, elle écrivait : « Malheur à moi ! ce que le Christ a conquis sur le bois de la croix se dépense avec les prostituées… » (Lettre XLI à l’Abbé Nonce apostolique).
« Frères et chanoines devraient être honorés et miroir de sainteté ; au lieu de cela, ils sont maintenant comme des escrocs, répandant peste et immondices, et exemple de misère morale. C’est avec peine et douleur, grande amertume et larmes que j’écris ceci ; c’est pourquoi, si je parle trop, que la douleur et l’amour m’excusent devant Dieu ».
Devant cette situation, sainte Catherine aurait pu perdre la foi et apostasier (ou éditer une revue comme ECR) ; mais non, elle fut fidèle, et elle est maintenant un diamant de sainteté qui brille dans l’Église pérégrinante et dans l’Église triomphante du ciel.
Dans les temps modernes, nous avons une Édith Stein, religieuse carmélite de race juive, qui mourut dans les camps d’extermination du nazisme, devant l’indifférence de beaucoup de chrétiens (protestants et catholiques) qui surent l’holocauste juif et ne firent rien pour l’arrêter. Elle aurait pu apostasier devant cette misère morale ; mais non, elle comprit que l’ÉGLISE DU CHRIST, malgré les graves péchés de ceux qui la composons, possède la promesse du Sauveur qu’elle demeurera jusqu’à la fin des temps.
« Et, ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. » Lc 23, 12
Dans Calle Recta, jamais ne sont dénoncées clairement les terribles différences doctrinales des diverses dénominations protestantes et des sectes qui surgissent sans cesse de ce courant. Quand verrons-nous ECR analyser des sujets comme « Qui est dans la vérité » :
- Le baptiste, qui proclame que le salut, une fois obtenu, ne se perd jamais — on est sauvé pour toujours —, ou
- Le méthodiste, qui dit et croit le contraire
- Les unitariens, qui disent que seul le Père est Dieu, et non le Fils, ou
- Celui qui baptise seulement au nom du Seigneur Jésus, et celui qui le fait au nom des trois personnes divines
- Celui qui observe le samedi, ou le dimanche
- Celui qui célèbre Noël, et celui qui le rejette
- Celui qui accepte la croix, et ceux qui la répudient
- Ceux qui parlent en langues, ont des évanouissements, des rires saints, des pleurs sans larmes (pentecôtistes), etc., et ceux qui n’acceptent pas ces manifestations
- Ceux qui célèbrent la Cène du Seigneur chaque mois, tous les trois mois, presque jamais ou chaque année. En opposition avec Ac 2, 42, qui signale que la coutume était de la célébrer fréquemment. Jésus lui-même la réalisa le jour de sa résurrection avec les disciples d’Emmaüs, Lc 24, 30. L’Église catholique l’accomplit tous les jours de l’année et 24 heures sur 24, du lieu où le soleil se lève jusqu’à son couchant, Ml 1, 11.
- Ceux qui acceptent le mariage des homosexuels, le contrôle des naissances, le sexe libre, etc.
- Ceux qui ont des hiérarchies, évêques, prêtres, diacres, etc., et ceux qui les rejettent
- Ceux qui baptisent les enfants, et ceux qui refusent cela comme du paganisme
Je crois que la position qu’ECR considère comme UNIFICATRICE et signe de VÉRITÉ, c’est que, même s’il existe ces différences doctrinales abyssales et beaucoup d’autres encore, du seul fait que ces groupes soient CONTRE L’ÉGLISE CATHOLIQUE, tout est correct. L’œcuménisme qu’elle recherche est semblable à l’amitié accidentelle d’Hérode et de Pilate lorsqu’ils s’unirent pour détruire Jésus.
Luther, personnage si admiré dans les pages d’ECR, je le vois plus sincère devant cette réalité que les éditeurs d’ECR, puisque ces derniers ne parviennent pas à détecter ce que l’ancien prêtre Luther voyait en son temps (ce qui n’arriverait pas maintenant, à 500 ans de distance) : le chaos que lui-même provoqua avec cette affaire de LA SEULE ÉCRITURE COMME RÈGLE DE FOI. Voici les fruits que signale le Réformateur :
« Il y a presque autant de sectes et de croyances que de têtes ; celui-ci n’admet pas le baptême, celui-là rejette le sacrement de l’autel, un troisième dit qu’il y a un monde intermédiaire entre le présent et le jour du jugement ; il ne manque pas qui enseigne que Jésus-Christ n’est pas Dieu. Il n’y a personne, cependant, si bouffon soit-il, qui n’affirme être inspiré par l’Esprit Saint et qui ne considère comme prophéties ses songes et ses divagations. (Cité dans Leslie Rumble, Bible Quizzes to a Street Preacher (Rockford, IL. TAN Books 1976), p. 22. »)
Il me paraît incohérent que les Éditeurs d’ECR aient intitulé leur revue officielle du nom « EN LA CALLE RECTA » (« Dans la Rue Droite ») pour diffuser leur principale doctrine ou arme de dialogue, « l’Écriture seule », alors que c’est précisément dans cette rue du Damas des temps bibliques, ainsi nommée, que nous trouvons le témoignage que Jésus, dans la quête de la lumière divine, nous renvoie à son Église, et non à un livre sans caution, comme les protestants tiennent la Bible.
Jésus, en des révélations parallèles, unit Ananie et le modèle des convertis de tous les temps, saint Paul, en un dessein qui fait de ce dernier l’un des grands Apôtres. Le Christ ne demanda ni à saint Paul ni à Ananie de recourir à la Sainte Écriture ou à quelque écrit sacré pour la grande Œuvre que l’Apôtre des Gentils allait bientôt commencer, mais il le mit en contact avec un membre de son Église ; il utilisa pour la croissance spirituelle de saint Paul un autre homme : Ananie. Il se servit d’un intermédiaire, ce qu’ECR critique tant chez les catholiques, parce que nous recourons à nos prêtres.
Jésus, en raison de son Incarnation, chercha des « hommes pour sauver les hommes », Mt 4, 19, et il leur communiqua sa Grâce et ses pouvoirs pour une si belle mission (célébration de l’Eucharistie, Lc 22, 19 ; pardon des péchés, Jn 20, 22-23 ; transmission de ces pouvoirs à d’autres, 1 Co 11, 23 ; 2 Tm 2, 2, etc., etc.). Cela se réalisera depuis la Pentecôte jusqu’à la Parousie du Seigneur, même si les dépositaires de ces dons divins, par leur misère humaine, faillissent.
Il est curieux que les protestants ne se soient pas mis à méditer sur le fait qu’au ciel se manifeste une ambiance de culte catholique, non celle du culte protestant, austère et vide :
La Bible nous montre au ciel : un agneau debout et immolé, Ap 5, 5, signe spirituel que le sacrifice qui s’offrait tous les jours sur la terre, Ac 2, 42, continue au ciel.
Au ciel, on voit des encensoirs, Ap 5, 8 ; des candélabres, Ap 1, 12 ; des vieillards qui exercent une fonction sacerdotale, Ap 4, 4 ; un autel, Ap 6, 9 ; des vêtements sacerdotaux, Ap 1, 12. Un chrétien comme ceux que prétendent former les gens d’ECR se sentirait mal à l’aise dans un tel état.
Compte tenu de ce qui précède, je crois qu’il aurait été plus logique, avec votre ligne de la SEULE ÉCRITURE, d’intituler plutôt votre revue officielle quelque chose comme « EN LA SOLA ESCRITURA » (« Dans la Seule Écriture ») et non « EN LA CALLE RECTA ».
Au Mexique, où je réside, comme dans le reste de l’Amérique latine, nous subissons une terrible invasion de sectes aux thèses doctrinales très proches de celles que proclame ECR.
Elles causent une grande division dans les familles ; je pourrais vous citer une infinité de désastres de ce genre, jusqu’à des morts, pour avoir refusé d’accepter des médicaments parce qu’elles disent que c’est seulement par la foi qu’elles guériront, sans parler de sectes aussi terribles que les Témoins de Jéhovah, avec leur doctrine bien connue et aberrante du refus des transfusions de sang.
Dans une communauté rurale, plusieurs fidèles d’une secte soi-disant chrétienne moururent par émanations de gaz. Le pasteur, en les voyant tomber, leur disait que c’était « l’action de l’Esprit Saint ». Que penserait Luther de cela aujourd’hui ?
Ces sectes manient des concepts comme : « Puisque tu es désormais né de nouveau, tu es une nouvelle créature, les choses anciennes sont restées en arrière ». Elles manipulent à leur guise la Bible dans des passages comme 2 Co 5, 17 et concluent : comme mon conjoint n’admet pas ma nouvelle foi, je l’abandonne (comme chose ancienne) et je me remarie.
Nous avons des pasteurs « nés de nouveau », sans parler des fidèles, mariés, divorcés, remariés, et ainsi de suite.
Jusqu’à des actrices de cinéma le font, et ensuite, « très converties », elles offrent des récitals où elles disent : « tout, je l’ai reçu gratuitement et je le donne gratuitement », « je suis déjà sauvée, née de nouveau », « j’ai un Christ vivant, pas un Christ mort comme celui des catholiques », etc., etc. Mais à l’heure de se retirer, rien n’existe de gratuit : elles encaissent leurs bons honoraires et le coût des voyages en avion.
Vous serez conscients que, dans le monde protestant, il est très facile de se marier et de divorcer ; généralement, ces congrégations ne tiennent pas de registre des mariages, et encore moins ont-elles coutume d’annoncer devant les fidèles les futurs mariages, au cas où quelqu’un connaîtrait quelque empêchement à leur célébration.
L’Église catholique tient en grande sainteté le sacrement du mariage ; il n’en va pas de même dans le milieu protestant ou sectaire. Si en Chine un catholique prétend se remarier, là-bas on détectera sa mauvaise prétention. J’en suis témoin, parce que je connais la structure dont on dispose dans notre Église pour éviter cela.
Je suis conscient que des abus sont peut-être commis sur la base de mensonges ou de corruptions, mais cela n’est pas la règle, et Dieu, on ne peut pas le tromper, même si on le fait avec le prêtre ou le Tribunal ecclésiastique concerné. Dieu donnera à chacun, au jour du Jugement, ce qu’il mérite. Ap 20, 13.
Personne ne pourra accuser l’Église catholique de ne pas faire un grand effort en tenant ces registres au niveau mondial. Mais le protestantisme et les sectes, que font-ils à cet égard ?
J’aimerais savoir si, parmi les anciens prêtres qui s’associent à ECR, ils tiennent quelque registre semblable pour que, s’ils se sont mariés, ils ne prétendent pas le refaire et tomber dans l’adultère ou la fornication, condamnés par Dieu, ou en alléguant qu’ils sont déjà sauvés et que la foi au Christ les couvre de tout péché.
Je vous suggère un sujet à ce propos pour de prochains numéros d’ECR. En 2 Co 11, 4, on nous avertit qu’il y en a qui prêchent « un autre Christ ». Il est très courant que de nouveaux groupes religieux prennent pour bannière la personne du Christ ; certains sont des Christs made in USA, comme celui des Témoins de Jéhovah, ou d’autres à la doctrine mutilée, des « Christs de convenance » : ce ne sont pas le Christ de la Bible.
Il y en a qui se disent d’authentiques disciples du Christ et se proclament « nés de nouveau », déjà sauvés pour toujours. D’autres apposent au salut une étiquette de « marketing », ou comme en promotion commerciale : ils disent que tu obtiendras le salut en une minute, le temps que tu mettes à dire « j’accepte dans mon cœur le Christ comme mon unique et suffisant Sauveur », par la foi seule, sans aucune œuvre. Comme on l’a dit : PÈCHE FORTEMENT, MAIS CROIS PLUS FORTEMENT ENCORE.
Le Christ de la Bible, on l’accepte dans 100 % de ses enseignements, et non seulement dans ceux qui nous semblent commodes pour une vie de simulation chrétienne.
S’Il a dit « Ceci est mon corps », Mt 26, 26, et promis la vie éternelle à qui le mangerait, chap. 6 de Jean, et qu’il y en a qui le rejettent ou ne le reçoivent que comme un simple symbole, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
S’Il a dit à Pierre « Pais mes agneaux et mes brebis », Jn 21, 15-17, et que quelqu’un se refuse à accepter ce Pasteur désigné par le Christ et ceux qui lui ont succédé, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
S’Il a dit : « recevez le pouvoir de pardonner les péchés… », Jn 20, 22-23, et que l’on n’accepte pas que ce grand pouvoir ait été partagé aux hommes par Jésus, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
S’Il a permis que dans la Bible sa Mère, la Vierge Marie, soit appelée « Mère du Seigneur », synonyme de Mère de Dieu, Lc 1, 43, le même Seigneur en qui croit sainte Élisabeth, et que maintenant il y en a qui se scandalisent de ce titre donné à la mère de Jésus, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
Si Jésus a célébré l’Eucharistie le dimanche même de sa résurrection avec les disciples d’Emmaüs, sans attendre des mois ou un an, Lc 24, 30, et que les premiers chrétiens, suivant son exemple, la réalisaient avec persévérance, Ac 2, 42, et que maintenant il y en a qui relèguent cela à une célébration symbolique et sans importance, conditionnée au leader ou pasteur du moment, tous les quelques mois ou chaque année, ceux-là n’ont plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
Faute de posséder l’Eucharistie au sens catholique, le protestantisme reflète dans ses temples mêmes cette absence et cette aridité de Dieu. Les temples protestants demeurent généralement fermés toute la journée et ne s’ouvrent que lorsque arrive le pasteur ; en revanche, les temples catholiques sont ouverts toute la journée, et les fidèles viennent prier devant Jésus au Tabernacle même si, à ce moment-là, aucun culte n’est célébré.
De même, pendant le culte catholique, les fidèles adoptent une attitude de grand respect et de silence. Dans le culte protestant, on voit plus de désordre (ils bavardent entre eux, se passent les instruments de musique à tout moment, croisent la jambe comme s’ils étaient dans une réunion mondaine ; certains, je les ai vus, par temps chaud, prennent un rafraîchissement en plein culte, et plusieurs autres détails absents des situations semblables chez les catholiques).
Un adventiste, s’entretenant avec le soussigné, après s’être exprimé dans les termes les plus atroces contre la foi catholique, je lui demandai : « dis-moi sincèrement, as-tu vu ne serait-ce que quelque chose de positif dans le catholicisme ? Tout ne peut pas être mauvais. La méchanceté absolue, humainement, n’existe pas ; même Hitler avait des traits positifs : c’était un magnifique meneur de masses, quoique à des fins nocives, et c’est lui qui promut la construction des premières autoroutes européennes. L’Église catholique, pour toi, n’a-t-elle rien de bon ? » L’adventiste me dit : mon pasteur et toute la congrégation, nous admirons le respect avec lequel vous célébrez votre culte, et je voudrais savoir comment nous pourrions, nous, y parvenir. Je lui dis : ce serait impossible ; tout tourne autour du fait que nous acceptons que le Christ est présent dans les Espèces eucharistiques, ce qui, pour vous et tous les non-catholiques, n’est qu’un symbole. Ce ne sera jamais la même chose d’être dans une Assemblée avec un symbole de Dieu que d’être avec LUI-MÊME RÉELLEMENT PRÉSENT. De là procède tout ce que tu me dis admirer dans le catholicisme. L’adventiste resta muet et se retira.
Si le Christ a ordonné de baptiser au nom des trois Personnes divines, Mt 28, 19-20, et que maintenant il y en a qui disent qu’il ne doit pas en être ainsi, mais seulement au nom exclusif de Jésus, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
Si le Christ n’a jamais écrit aucun livre, ni ordonné que ses disciples le fissent pour former le Nouveau Testament, mais a demandé que l’on « écoute la voix de son Église », Mt 18, 17, et que maintenant il y en a qui disent que LA SEULE ÉCRITURE EST RÈGLE DE FOI, celui-là n’a plus cru à 100 % au Christ de la Bible.
Et l’on peut continuer ainsi indéfiniment devant le panorama actuel de tant de Christs qui nous sont prêchés par une infinité de groupes religieux et de sectes.
Le « slogan » « accepte le Christ comme ton unique et suffisant Sauveur », cri de combat pour acquérir des prosélytes de nombreuses sectes, expression qui, du reste, ne se trouve certes pas dans la Bible et que Luther même n’a pas connue, tente d’induire celui qui le proclame à accepter de cette manière « un Christ vivant » ; mais en analysant la provenance de ce slogan, surgi du milieu sectaire, ce à quoi il nous conduit plutôt, c’est à un « Christ mutilé et de facture humaine », puisque lesdits groupes, dans leur totalité, rejettent la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie et d’autres doctrines fondamentales que contient le message TOTAL du Christ.
Un prédicateur catholique disait : « Le Christ de l’Eucharistie » se rend plus présent à nous que le Christ lui-même lorsqu’il était physiquement sur les terres de Palestine. Par exemple, au Ier siècle, le Christ prêchait son évangile et réalisait ses miracles dans le cadre réduit de la Galilée ; à cette époque, par exemple, dans ce qui est aujourd’hui l’Amérique, il n’était pas présent de cette manière. Les races indigènes (Aztèques, Incas, etc.) n’eurent pas l’occasion de le voir visiblement ; et cependant, avec l’arrivée des missionnaires de notre Mère Patrie l’Espagne, qui ouvrirent ces terres par leur prédication scellée jusque dans le martyre, elles reçurent un Christ dynamique et vivant, présent en chaque Tabernacle.
Tel est le Christ que proclame notre foi catholique. Certes, Il est présent spirituellement, comme il l’a promis, Mt 18, 20, là où deux ou trois se réunissent en son nom ; mais réellement, avec son corps, son sang et sa Divinité, seulement dans les Espèces eucharistiques et au ciel. De cette seconde présence sont privées les dénominations protestantes et les sectes qui en sont issues.
C’est pourquoi cette formule, « accepte le Christ comme ton unique et suffisant Sauveur », vue à la lumière de la Bible et des 2000 ans d’histoire de l’Église, doit être considérée avec réserve, parce qu’il pourrait s’agir d’un « Christ dévalué et accommodé aux intérêts humains de celui qui dit l’accepter ainsi ». « Un autre Christ », 2 Co 11, 4, non le Christ biblique. Sa profession de foi est relative, et les lèvres qui lancent des louanges à ce Christ doivent être écoutées avec prudence, de peur qu’elles ne se réfèrent, peut-être sans le savoir, au « Christ de leur facture humaine », non au CHRIST DE LA BIBLE.
De grands saints — pour n’en citer qu’une : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, ou saint Jean de la Croix —, sans faire autant d’étalage que les « slogans » protestants actuels, laissèrent imprimées dans leurs livres des expressions de leur grand amour et de leur donation au Christ, qui font pâlir les plus répétitives et rebattues de beaucoup de ceux qui se disent aujourd’hui « chrétiens nés de nouveau » ou qui suivent, selon eux, « un Christ vivant ».
Vous, comme prêtres, devez les avoir connus, et si vous ne l’avez pas fait, il serait très édifiant que vous lisiez et méditiez les sublimes écrits d’un saint Jean de la Croix, tels que « Le cantique spirituel entre l’âme et le Christ et la vive flamme d’amour », « La nuit obscure de l’âme », « La montée du Carmel », etc., et vous verrez que des personnes comme lui, sans utiliser le refrain d’« avoir le Christ comme son unique et suffisant Sauveur », consignèrent ces sublimes expériences de spiritualité, jamais surpassées, de leur amour et de leur donation au Christ de la Bible, et non à celui que les sectes nous demandent d’accepter.
Je vous suggère d’analyser la vie de saint Jean de la Croix, et vous verrez comme il souffrit l’envie de ses propres frères de l’Ordre religieux auquel il appartenait ; on alla jusqu’à le condamner comme un criminel, et il fut même enfermé dans la prison de Tolède ; de ses lèvres ne sortit pas une seule parole de plainte. Lui aussi aurait pu — et le talent ne lui manquait pas — éditer une revue dans le style d’ECR et apostasier le catholicisme ; mais il ne le fit pas. Un exemple de plus, parmi les nombreux qu’offre l’histoire, de ceux qui aiment l’Église du Christ et sont fidèles à son Fondateur et à Elle jusqu’à la mort.
Il y en a aussi qui, terriblement, posent une alternative pour le salut : TOUS AVEC LE CHRIST, PERSONNE AVEC L’ÉGLISE. LE CHRIST SAUVE, L’ÉGLISE NON.
Si le Christ n’avait pas fondé une Église et si son plan de salut ne l’intégrait pas comme présence vivante de Lui depuis la Pentecôte jusqu’à la Parousie, ceux qui proclament cela pourraient avoir raison.
On nous accuse, nous catholiques, d’identifier le plan de salut avec « la sainte Église » — en le notant avec des guillemets méprisants — et non avec le Christ. C’est un mensonge. Nous savons que le Christ est le chemin, la vérité et la vie, et qu’en dehors de Lui il n’y a pas de salut ; mais nous acceptons aussi que ce salut nous est pourvu, selon son propre plan, au-dedans de son Église, non en dehors d’Elle. Autrement, il n’y aurait eu ni raison ni sens à ce qu’Il ait dit « JE BÂTIRAI MON ÉGLISE », Mt 16, 18.
Le Christ est la tête de l’Église et l’Église est son corps, Ep 5, 23 ; Col 1, 18. Le Christ est l’époux et l’Église son épouse, Mt 25, 1 ; Ap 21, 2. Il est inconcevable que certains, se croyant chrétiens, prétendent séparer, dans le plan de salut, le Christ de l’Église, la tête du corps, l’époux de l’épouse. Une prétention perverse et blasphématoire.
À cause des maux qu’a engendrés la réforme protestante, avec l’infinité de sectes qui en sont issues, prétendant toutes être la véritable Église du Christ, de là est née cette doctrine mauvaise qui écarte l’Église du plan de salut de la personne du Christ.
Il y en a qui, se considérant chrétiens, assistent au culte baptiste le matin et l’après-midi au culte pentecôtiste, et un autre jour vont chez les presbytériens pour finir ensuite dans quelque communauté qui se dénomme seulement « chrétienne », toutes prêchant un Christ différent, unies seulement par leur rejet du catholicisme. Ils sont, comme on dit au Mexique, « du sésame pour toutes les sauces ». Ces personnes se sentent comme un poisson dans l’eau, puisqu’elles considèrent que l’Église est quelque chose d’invisible et de relatif et que seul le Christ sauve. Cette situation est engendrée précisément par la doctrine selon laquelle il suffit d’accepter le Christ, sans besoin d’une ÉGLISE VISIBLE.
Il est notable que le lecteur d’ECR en déduise que le catholicisme est la religion fausse qui a trahi le Christ, et que c’est seulement en dehors d’elle, sous la bannière de la vie d’un Christ accepté par la seule foi, que l’on pourra atteindre le salut.
Si la thèse précédente était vraie — très propre à tous les protestants et aux sectes qui en sont nées —, on conclurait erronément que le plus d’un milliard de catholiques qui habitons la terre, plus l’immense majorité de ceux qui vécurent du Ier siècle jusqu’au siècle actuel et de ceux qui vivront désormais jusqu’à la Parousie du Seigneur, nous sommes condamnés et, par conséquent, candidats à l’enfer.
Une telle réalité — tant de gens en enfer pour n’avoir pas suivi la doctrine inspirée des réformateurs du XVIe siècle, auxquels s’ajoutent les musulmans et les autres religions non chrétiennes qui n’ont pas reçu « le Christ comme leur unique et suffisant Sauveur » — nous montrerait un Dieu très cruel, qui ne donnerait son salut qu’à un groupe restreint détenant la doctrine protestante.
Qu’un chrétien, de ceux qui se disent « nés de nouveau », pense ainsi et l’accepte, cela le convertit moralement en un être plus terrible que l’inquisiteur Torquemada ou que d’autres qui, selon l’histoire, utilisèrent le supplice du feu contre ceux qui, de leur point de vue, trahissaient la foi du Christ, telle qu’ils la comprenaient erronément.
La doctrine qu’ECR imprime dans ses pages montre un Dieu mauvais, qui aurait permis pendant presque 16 siècles, jusqu’à la venue des réformateurs, avec des doctrines jamais proclamées auparavant, que des millions d’âmes fussent prises au piège, sans espérance de salut, dans l’Église catholique. S’il en était ainsi, nous pouvons nous demander :
Dans quelle Église surgirent des hommes d’une grande sainteté et sagesse comme saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise de Milan, saint Jean Chrysostome, saint François d’Assise, saint Thomas d’Aquin, saint Bernard de Clairvaux, etc., etc. ? De ce dernier, Luther lui-même, si admiré par ECR, alla jusqu’à s’exclamer : « S’il y eut au monde un moine saint et craignant Dieu, ce fut saint Bernard de Clairvaux » (La Historia de la Iglesia Cristiana, publication protestante, par Jesé Lyman (1985) – Editorial Vida, Miami, Floride, USA, p. 128).
Les protestants, qui ont fait leur la doctrine de la Divinité du Christ et de la Très Sainte Trinité, doivent être reconnaissants envers des personnages catholiques comme un saint Athanase, qui affronta l’hérétique Arius avec la saine doctrine, de même que saint Jérôme face à Pélage, ou saint Augustin face à d’autres qui diffusaient des doctrines christologiques erronées. De même envers les grands Conciles de l’Église, comme celui de Chalcédoine et d’autres, qui réaffirmèrent le dépôt sacré de l’Évangile du Christ.
Quand les grands hérétiques du passé prétendirent corrompre la saine doctrine, qui sortit pour les affronter et combattre leurs erreurs ? Furent-ce les baptistes, les méthodistes, les luthériens, les nés de nouveau, ceux qui avaient forgé cette phrase d’accepter le Christ comme son unique et suffisant Sauveur ? Certainement pas. Ce furent des membres de l’Église catholique apostolique romaine. Alors, pourquoi maintenant les groupes et congrégations issus de la rébellion luthérienne, qui partagent la CHRISTOLOGIE défendue par des personnages catholiques, ne leur reconnaissent-ils pas cette action sublime ? Au contraire, à tout prix, ils évitent de montrer à leurs adeptes cette partie de l’histoire de l’Église et s’enferment seulement dans celle des 40 premières années de son existence, montrée dans le livre des Actes. La seule que publie dolosivement ECR.
Effort vain : « la lumière ne peut rester cachée sous le boisseau », Mt 5, 15
Non, messieurs : l’Église du Christ ne fut pas seulement celle que raconte le livre des Actes, mais celle qui a perduré depuis la Pentecôte jusqu’à nos jours et qui sera présente au jour de la Parousie du Seigneur, même si beaucoup tentent de la détruire ou de la séparer de son Divin époux, LE CHRIST NOTRE SAUVEUR.
Les éditeurs d’ECR pourront dire : nous ne le pensons pas ainsi ; mais leurs thèses, subtilement ou ouvertement, le déclarent bel et bien, par la manière dont ils présentent leur plan de salut ; d’autant que, selon ECR , nous sommes idolâtres parce que nous avons des idoles (des images que nous vénérons). À cela ils pourraient ajouter que, si nous nous trompons sur la présence réelle du Christ dans les espèces eucharistiques, nous sommes les plus terribles des idolâtres, en croyant que dans un simple morceau de Pain se trouvent le corps et le sang du Sauveur du Monde. Mais si ce sont les autres qui se trompent, quelle grande manne ils sont en train de perdre ! Jn 6, 49-50.
Maintenant qu’existent des sectes sataniques, en elles le Démon lui-même, mieux que beaucoup qui se disent chrétiens, rend témoignage de la PRÉSENCE RÉELLE DE JÉSUS DANS L’EUCHARISTIE. Les chefs de ces terribles sectes recherchent avec empressement uniquement des hosties consacrées de l’Église catholique pour les profaner. Pourquoi agissent-ils ainsi et n’essaient-ils pas de se procurer des pains de ce qu’on appelle la Cène du Seigneur que célèbrent les non-catholiques ou protestants ? Tout simplement parce que le Démon lui-même leur manifeste que c’est seulement dans les hosties de la Messe catholique qu’est présent le CHRIST, que le Malin hait tant. Dans les autres, il n’y a tout simplement RIEN : uniquement de la farine.
Vous qui êtes d’anciens prêtres, dans votre ministère, vous pourrez comprendre plus profondément ce que cet indigne laïc vous confie. Quand vous verrez chaque jour vos mains consacrées par l’huile sainte, rappelez-vous cela et priez le Seigneur pour vous et pour votre serviteur.
Ici, au Mexique, il y a de très nombreuses années, on projeta un film, et dans une de ses scènes on montrait un ancien prêtre consumé par le vice de l’ivrognerie, dans une taverne, disant à un jeune catholique : crois-tu à cette fable selon laquelle nous pouvons convertir le vin dans le sang du Christ ? Moi qui fus prêtre, je te le dis, c’est un grand mensonge, et pour te le prouver — demandant au tavernier un grand récipient avec beaucoup de vin —, il dit au jeune homme : ici même, sur le comptoir de cette taverne, comme si c’était l’autel, je vais te le « consacrer » en ce que tu dis croire ; et cela dit, il prononça les paroles rituelles de la consécration, les mêmes que répète chaque prêtre à chaque Messe, comme Jésus à la dernière Cène. Cela terminé, l’ancien prêtre, au milieu des moqueries, prétendit jeter à terre le vin consacré. Le jeune homme lui arracha aussitôt la grande coupe et en but tout le contenu. En conséquence de cela, le jeune homme mourut. Voyant cela, l’ancien prêtre tomba à genoux et, là même, demanda pardon à Dieu pour un si grand péché, et il changea sa vie de péché en une vie de donation à Jésus, qui l’avait un jour appelé à participer à son sacerdoce.
Même s’il s’agit d’un film, ce récit nous laisse un grand message de foi.
« Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » Lc 9, 62
J’accepte que vous soyez d’anciens prêtres quant à l’exercice de votre ministère, non quant à votre identité, puisque, indépendamment de la décision que vous avez prise, je continue à vous considérer prêtres POUR TOUJOURS ; je vous partage, en conclusion, ce qui suit :
Je pense que certains se sont retirés de leur ministère pour des raisons et des misères humaines, tant les leurs propres que celles causées par ceux qui ne donnèrent pas devant vous un témoignage d’amour chrétien, ou peut-être ne soutinrent pas votre vocation — ce qui a pu être jusqu’à votre propre évêque. L’Église nous rappelle que, à un degré plus ou moins grand, bien des fois nous n’avons pas été le reflet du visage très saint du Christ devant nos frères, et cela retarde la croissance du Royaume de Dieu (Décret sur l’Œcuménisme, chap. I, point 4). D’autres peut-être, par une vocation immature ou par faiblesse humaine. Le soussigné n’est personne, en ce cas, pour vous juger ; je remets le jugement à notre Dieu bon.
Comme catholiques, encore fidèles par la Grâce de Dieu à notre Église, nous devons toujours prier pour nos prêtres, et avec plus d’insistance pour ceux qui se sont retirés de leur ministère, d’autant que, comme j’en suis personnellement témoin, je l’ai observé et je le sais, beaucoup d’entre eux ne parviennent jamais à être heureux, même s’ils se marient et ont des enfants.
Je sais d’un ancien prêtre que, plusieurs années après son départ, et vivant déjà avec son épouse, celle-ci racontait qu’elle observait qu’il se levait à des heures avancées de la nuit, et un jour qu’elle le suivit en cachette, elle vit avec tristesse comment il étendait sur un lit ses vêtements sacerdotaux et, agenouillé, priait devant eux, les yeux couverts de larmes. Les commentaires sont superflus.
Je ne le sais pas, mais je pense que, s’ils ne se sont pas encore produits, se présenteront des cas de fils d’anciens prêtres qui, mus par la Grâce de Dieu, un jour, nous les verrons eux aussi devenus prêtres. Un fils de l’éminent criminel nazi Bormann, qui haïssait l’Église, parvint au sacerdoce ; de même, la fille d’un féroce et sanguinaire révolutionnaire français du nom de Duchesne, archi-ennemi de l’Église, fut religieuse missionnaire sur le territoire du Canada ; elle est maintenant en procès de canonisation. Tous deux, outre leur vocation, le firent mus par le désir d’implorer de Dieu le pardon pour les fautes de leurs pères. Quelque chose de semblable ne pourra-t-il pas arriver un jour au fils ou à la fille d’un ancien prêtre ?
Les jugements et le plan de Dieu nous sont incompréhensibles. Rappelez-vous : le Pharaon d’Égypte essaya d’en finir avec le peuple d’Israël, et son principal libérateur, qui fit échouer ces plans, se trouvait protégé par ceux-là mêmes de sa maison, Ex 2, 8. Dans le N.T., Saul, expert dans la connaissance de l’Écriture, Ac 22, 3, ne parvenant pas à y identifier son personnage central, Jésus le Messie qui y est proclamé, le persécutait férocement ; et ce furent ses possibles victimes, qui le craignaient tant, Ac 9, 26, qui l’aidèrent dans son sublime ministère d’Apôtre. Ce sont là, pourrions-nous dire, « les paradoxes de Dieu »
Ainsi peut-il arriver que, parmi les descendants des anciens prêtres, surgissent de grands apôtres de la foi catholique ; il n’est pas impossible de l’espérer d’un Dieu qui nous dit que la vérité, si les hommes la taisaient, « les pierres mêmes crieraient », Lc 19, 40.
Soyez assurés que le soussigné, misérable pécheur, dans mes simples prières, garde toujours présents les anciens prêtres.
Un jeune Américain protestant fondamentaliste, du nom de Tim Staples, commença à avoir des doutes sur la vérité de sa religion et se mit à enquêter sur l’Église catholique pour son propre compte ; mais comme il ne voulait pas changer à la légère, il décida de s’inscrire au Jimmy Swaggart Bible College. Là, on vit qu’il était « piqué » de catholicisme, aux questions qu’il posait ; on lui dit qu’on allait lui présenter une personne qui le guérirait définitivement de cette « maladie ». On lui présenta un « expert » en catholicisme, qui se révéla être un ancien prêtre catholique du nom d’Andrew Caradagas ; celui-ci lui dit que les Papes n’existèrent qu’à partir du Ve siècle, mais il le réfuta en lui citant des témoignages de pères de l’Église antérieurs à ce siècle (ceux qu’ECR ne cite jamais) qui parlaient de l’autorité de l’Évêque de Rome. Il lui dit aussi que l’Eucharistie était une invention du Moyen Âge. Le jeune homme lui cita des témoignages de pères aussi anciens que saint Ignace d’Antioche, saint Justin et saint Irénée (IIe siècle) sur la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie (jamais présentées non plus aux lecteurs d’ECR). Le triste, c’est que l’ancien prêtre savait très bien tout cela (comme le savent bien, de toute évidence, les anciens prêtres qui éditent ECR). Le jeune converti au catholicisme dit : « à mesure que nous discutions de plus en plus de doctrines, il devint évident que l’ancien prêtre n’avait pas quitté l’Église pour des raisons doctrinales. Il finit par admettre qu’il avait eu dans l’Église catholique quelques « mauvaises expériences » qui l’avaient conduit à l’abandonner. » (Citation du livre « Surprised by Truth », Basilica Press, San Diego, CA, 1994, par Patrick Madrid, p. 238).
De ce genre d’anciens prêtres, qui connurent et connaissent la pleine connaissance de la vérité, la Sainte Écriture parle en des termes terribles :
« Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la pleine connaissance de la vérité, il n’y a plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrifiante du jugement et l’ardeur d’un feu prêt à dévorer les rebelles. » He 10, 26, Bible de Jérusalem.
Ces anciens prêtres devraient méditer la vanité de leur effort, Psaume 127, 1 ; et il leur suffirait de méditer que le Christ et son Église sont indestructibles, puisqu’Il l’assiste toujours et que du mal Il tire le bien.
Face à l’hérétique — et même évêque — Arius, surgit un saint Athanase. Face à la corruption de l’Église médiévale (simonie, corruption cléricale, luxure, etc.), un saint François d’Assise. Face à Luther, un saint Ignace de Loyola. Face à l’œuvre du communisme athée de notre temps, « un homme venu du monde marxiste : Jean-Paul II », qui influa beaucoup sur la chute de ce système symbolisé par le mur de Berlin (« Como El Papa Venció al Comunismo », Ediciones Rialp, Sa. Sebastián Elcano 30, 28012 MADRID, 1992). Liberté dont profitent maintenant les sectes qui, comme les sauterelles d’Égypte, vont dans ces pays avides de Dieu capturer des adeptes. Les témoignages sont innombrables ; il suffit d’analyser les 20 siècles d’histoire de l’Église.
Nous devons être conscients, nous qui par la Grâce de Dieu sommes encore fidèles au Christ et à son Église malgré toutes nos misères, que des œuvres comme celles des auteurs d’ECR, bien qu’elles soient si négatives pour le plan de salut, notre Dieu bon en tirera du bien, comme nous le rappelle, en son point 314, le Catéchisme de l’Église catholique :
« Nous croyons fermement que Dieu est le Maître du monde et de l’histoire. Mais les chemins de sa providence nous sont souvent inconnus. C’est seulement au terme, lorsque prendra fin notre connaissance partielle, lorsque nous verrons Dieu “face à face”, 1 Co 13, 12, que les voies nous seront pleinement connues, par lesquelles, même À TRAVERS LES DRAMES DU MAL ET DU PÉCHÉ, Dieu aura conduit sa création jusqu’au repos de ce Sabbat, Gn 2, 2, définitif, en vue duquel il a créé le ciel et la terre »
C’est pourquoi nous devons aussi être conscients qu’il y a beaucoup d’anciens prêtres qui s’en allèrent pour des motifs comme celui rapporté plus haut, et qui sont maintenant dans des congrégations anticatholiques pour essayer de faire taire leur conscience ; c’est pour cela qu’ils crient fort et s’acharnent à discréditer le catholicisme, croyant ainsi se justifier. Ils n’essaient pas d’évangéliser dans le Christ, mais de se servir de leur expérience et de leur désillusion pour masquer leurs frustrations réelles.
Il y en a d’autres, plus tristement, qui ont trahi le Christ, leur ministère et son Église de façon délibérée et consciente. Ils ont fait deux pas terribles : d’abord, ils ont tourné le dos à leur ministère sacerdotal, participé de l’UNIQUE SACERDOCE DU CHRIST ; ensuite, avec fureur, ils combattent l’Église où leurs mains furent ointes de l’huile sainte. Pour eux, il ne reste qu’à invoquer la miséricorde de Dieu, afin qu’ils ne soient pas éternellement confondus au jour du Jugement dernier.
On a dit que le Christ, on le trahit ou on le connaît dans l’Eucharistie. Judas le trahit le jour de l’Institution de ce Divin Sacrement, Mt 26, 25, et les disciples d’Emmaüs le reconnurent « à la fraction du pain », Lc 24, 35. Il est significatif que les disciples d’Emmaüs, bien que ce fût Jésus lui-même qui leur expliqua les Écritures sur le chemin de ce village — le maître par excellence, et sans doute avec l’un de ses sermons les plus éclairants et les plus beaux —, ce ne fut pas par la prédication biblique qu’ils découvrirent Jésus, mais « à la fraction du pain » : l’Eucharistie, ce que nous appelons communément la Sainte Messe.
C’est pourquoi le Jésus de la Bible se découvre dans son Évangile complet à 100 %, qui inclut le grand Mystère de notre Foi, la Sainte Eucharistie, et non par des expressions extra-bibliques comme « J’accepte le Christ comme mon unique et suffisant Sauveur », de provenance humaine.
Cela, tout prêtre catholique s’en souviendra toujours, dans le ministère ou en dehors de lui. Sa vie, indépendamment du cours qu’elle suivra, restera toujours liée au sacrement de notre Foi, la Sainte Eucharistie ; ses mains furent consacrées pour cela par l’Évêque, successeur des apôtres mêmes du Divin Agneau, Jésus.
Je prends congé de vous en vous souhaitant que le CHRIST, UNIQUE ET ÉTERNEL PRÊTRE, vous montre son VISAGE et vous donne la Paix. Me recommandant à vos prières et vous gardant présents dans les miennes.
Auteur : José L. Fierro Córdova