Du quatrième chapitre du livre Las sectas frente a la Biblia
(Ce que l’auteur dans son livre a écrit sous forme de note de bas de page, dans cette édition numérique c’est entre [ ])
NOTE SUR LES VERSIONS DU TEXTE SACRÉ : Tout au long de l’ouvrage, j’ai utilisé de préférence ma propre traduction directe du grec pour le Nouveau Testament, et de l’hébreu et de l’araméen pour l’Ancien. Dans le premier cas, j’ai utilisé le Nouveau Testament grec-anglais, de Nestlé-Aland, Editio XXVI, Stuttgart 1981, et dans le second la Bible Hebraica Stuttgartensia, Editio Minor, Stuttgart 1984. Je cite également les versions prestigieuses de la Bible courantes dans le monde hispanophone et les propres éditions des sectes. Les acronymes suivants sont ceux utilisés en relation avec les différentes traductions de la Bible : TMN : New World Version ou Bible des Témoins de Jéhovah ; EP : La Sainte Bible, des Ediciones Paulinas ; BJ : Bible de Jérusalem ; NC : Colunga Nacre ; VP : version populaire ; Machine virtuelle : version moderne ; NBE : Nouvelle Bible espagnole ; RV : Reina-Valera. Lorsqu’aucune référence n’est indiquée, la traduction m’appartient.
Il n’y a pas longtemps, j’ai assisté à la projection d’un film très suggestif intitulé Jésus de Montréal. Le film, discutable, mais sans aucun doute l’un des plus grands produits des années 80, raconte l’histoire d’un petit groupe d’acteurs qui écrivent un “chemin de croix” (un peu peu orthodoxe d’ailleurs) et le jouent dans l’enceinte d’un sanctuaire catholique. Progressivement, ils voient comment le contact avec la personne de Jésus change leur vie. Or, au milieu des préoccupations de ces hommes et de ces femmes, la question de la mort surgit comme quelque chose d’inné à l’être humain ; et, face à elle, l’espérance que Jésus donne que tout ne finit pas avec la mort.
Dans bon nombre de cas, cette intuition gravée dans l’homme (qui porte dans son cœur le désir d’éternité selon l’auteur de Qo 3,1 l) [« Désir d’infini » a traduit, très fidèlement à notre avis, la Bible des Editions Pauliniennes. L’expression hébraïque oulam (éternité) a cependant été traduit dans la version du Nouveau Monde par « temps indéfini ».] apparaît liée à la certitude que non seulement notre vie continue après la mort physique, mais qu’il existe aussi une rémunération pour le bien et le mal, conséquence du jugement divin. L’un des exemples paradigmatiques de la manière d’arriver à cette conclusion se trouve peut-être dans la philosophie de Kant, qui, dans sa Critique de la raison pratique Il formulait le besoin impératif que l’âme soit immortelle et qu’un jugement rétributif ait lieu après cette vie.
Eh bien, cette accumulation de désirs et de certitudes anciennes qui apparaissent, oserons-nous le dire, dans l’inconscient collectif des peuples, est obstinément niée par les sectes. Chez eux, il y a un entêtement absolu à nier la possibilité d’un châtiment pour le mal, soit parce qu’il est affirmé que celui-ci n’existe pas (adventistes du septième jour et témoins de Jéhovah), soit parce qu’il est éternellement différé (cas des sectes qui enseignent la réincarnation). Dans le cas des adventistes et des témoins, l’idée d’un jugement des méchants est également rejetée. [Comme je l’ai déjà souligné précédemment, les Témoins de Jéhovah (quoi qu’ils en aient) ne sont pas du tout originaux dans leurs approches, puisqu’ils se limitent à copier directement la théologie des Adventistes en la matière (cf. CÉSAR VIDAL MANZANARES, L’enfer des sectes, pp. 65ss; J. VAN BAALEN, Le chaos des sectes, p. 239, y E. C. GRUSS, Apôtres du déni, p. 55). La même chose pourrait être dite de l’Église universelle de Dieu, la création du « prophète » récemment décédé Herbert Armstrong.]
Nous essaierons donc de montrer d’abord ce que les sectes citées enseignent sur la vie après la mort, puis ce qu’indique réellement la Bible à ce sujet.
-
Les arguments des sectes pour nier la survie après la mort, ainsi que l’existence de l’enfer
Les sectes disent : « La Bible enseigne qu’avec la mort tout finit, puisque l’âme est mortelle » ; L’enseignement des Adventistes et des Témoins insiste sur le fait que l’âme est mortelle et qu’aucune conscience n’apparaît après la mort. Examinons donc les arguments allégués à cet égard.
– Ezéchiel 18,4 : “Regardez. Toutes les âmes… m’appartiennent. Comme l’âme du père, ainsi aussi l’âme du fils… m’appartient. L’âme qui pèche… mourra elle-même” (TMN).
De ce texte (doté d’ailleurs d’une syntaxe horrifiante dans la version des témoins) les sectes déduisent que l’âme est mortelle et, par conséquent, que tout se termine par la mort physique. Une telle thèse repose sur une ignorance biblique considérable.
Les sectaires n’ont pas été capables de faire la distinction (comme le fait la Bible) entre la mort spirituelle et la mort corporelle. La mort implique fondamentalement l’idée de séparation dans la Bible. La mort corporelle n’est rien d’autre que la séparation entre le corps et l’âme. Des passages répétés de la Bible font référence à une conception selon laquelle la mort est marquée par le départ de l’âme de l’intérieur du corps (cf. Gn 35, 18).
L’idée de mort spirituelle ou mort de l’âme vient du même concept de séparation. Lorsqu’on parle d’une âme morte, la Bible fait référence à la séparation que le péché opère entre elle et Dieu, mais cela n’implique pas du tout que l’âme soit mortelle ou qu’au moment de la mort l’être humain en tant que tel cesse d’exister. Il est vrai que le péché signifie la mort de l’âme ; mais c’est un terme symbolique qui n’indique ni l’inconscience ni la mortalité réelle. Un exemple clair de cela se trouve, par exemple, dans Eph 2 : 1, où nous lisons : « De plus, Dieu vous a donné la vie, bien que vous soyez morts à cause de vos offenses et de vos péchés » (TN-O.).
Tout adventiste ou témoin sait que Paul parle dans ce passage de la mort dans un sens spirituel et donc symbolique. Il ne dit pas que ces pécheurs étaient littéralement et physiquement morts, sans ressentir ni souffrir. Non. Ce que Paul dit, c’est que leurs péchés leur ont causé une mort spirituelle, une séparation d’avec Dieu, une aliénation du Créateur, même si, sans aucun doute, ils ont continué à vivre et à ressentir au milieu de cette mort spirituelle, puisqu’ils ont ensuite entendu la prédication de l’apôtre et l’ont accepté comme un message de salut.
Dans le même sens, Saint 5 :20 (un autre des textes préférés de ces sectes) dit que celui qui fait repentir un pécheur sauve son âme de la mort. L’exégèse est simple : celui qui fait revenir un pécheur de son état de péché le sauve d’un état de mort de l’âme ; non pas parce qu’il ne ressent ni ne souffre, mais parce que jusque-là il y a eu une séparation absolue entre lui et Dieu.
Le sens des textes qui parlent de « mort de l’âme » est si palpable que nous sommes sûrs que sans les œillères que la secte place sur ses adeptes, ils le verraient avec toute sa clarté. Et la Bible l’enseigne avec une transparence cristalline. Allons par exemple à l’Apocalypse (Apocalypse au nom crûment anglo-saxon des témoins) 6,9-11 : « Et quand il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause de l’œuvre de témoignage qu’ils avaient. sur ceux qui habitent sur la terre ? Et chacun d’eux reçut un long vêtement blanc ; et on leur dit de se reposer encore un peu, jusqu’à ce que le nombre de leurs compagnons d’esclavage et de leurs frères, qui étaient sur le point d’être tués comme eux, soit complété.
Il ne semble pas que le texte offre le moindre doute sur ce qui arrive aux âmes des morts (juste dans ce cas). Non seulement ils ne sont pas morts et ont cessé de ressentir, mais ils crient aussi à Dieu, ils peuvent attendre (pouvons-nous imaginer attendre quelque chose ou quelqu’un qui manque de vie ?) et ils prononcent des phrases complètes. Car étant mortes, ces âmes semblent très incohérentes… à moins que les doctrines des témoins et des Adventistes en la matière soient erronées.
-Qohélet 9,5 : Il est dit ainsi dans la Traduction du monde nouveau : “Car les vivants savent qu’ils vont mourir ; mais quant aux morts, ils ne savent rien du tout, et ils n’ont plus de salaire, parce que leur souvenir a été oublié.”
Selon l’exégèse très particulière des adventistes et des témoins, on nous enseigne ici que les morts sont inconscients, d’où il résulte qu’il n’y a pas de vie après la mort. Avant de répondre à cette objection, je voudrais apporter quelques précisions. Tout d’abord, il faut tenir compte du contexte fourni par le livre de Qohélet. En cela, jusqu’au chapitre 12, l’auteur reproduit ce que l’homme charnel voit « sous le soleil » ; des carreaux vers le bas, que dirions-nous. Son objectif est uniquement de faire écho à ce que l’on pourrait penser si l’on ne considérait pas ce qui se trouve « au-dessus du soleil ». Compte tenu de cela, cela explique le ton d’un certain épicurisme insouciant et une amertume indéniable que dégagent certaines de ses expressions. Par conséquent, essayer de fonder une doctrine sur des phrases isolées de Qohélet est une mauvaise théologie et une pire exégèse. Nonobstant ce qui précède, il faut noter que le passage de Qo 9,5 n’enseigne pas que les morts sont inconscients, mais plutôt qu’ils ignorent certaines circonstances. L’expression hébraïque que le TMN traduit par “ils ne se rendent compte de rien du tout” est “‘ynm yodtsym m’umh», traduit littéralement : « ils ne savent rien ». Or, ne pas savoir, ignorer, ce n’est pas la même chose (comme le prétendent les adventistes et les témoins) qu’être inconscient, sans ressentir ni souffrir. Des millions de personnes sur cette planète ignorent ou ne savent pas, mais ils vivent, souffrent et ressentent.
Les morts sont généralement oubliés au fil du temps et ne reçoivent plus rien des vivants, et ils ignorent également généralement ce qui se passe « sous le soleil » ; mais il ne s’ensuit pas qu’ils ne sentent pas. Essayer de donner ce contenu au texte implique un biais interprétatif injustifiable chez un lecteur impartial et honnête du texte sacré. Nous examinerons cette question plus attentivement dans la section suivante de ce chapitre.
– Psaume 146,4 : Il est dit ainsi dans le TMN : “Son esprit s’éteint, il retourne dans son sol ; ce jour-là, ses pensées périssent vraiment.” L’exégèse des témoins et des adventistes interprète ce passage comme une référence claire au fait qu’après la mort, l’être humain cesse de penser et reste donc inconscient, anéanti. Mais le texte ne parle pas du tout d’activité mentale ou psychologique. Le mot hébreu traduit ici par « pensées » est ‘stnio, c’est-à-dire « leurs projets » [Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, la version latino-américaine traduit « projets », la version des Ediciones Paulinas traduit « projets » et la Bible de Jérusalem « projets ».]. Ce que dit le psalmiste n’est pas que l’homme est perdu à la mort (comme l’enseigne la doctrine des Adventistes et des Témoins), mais que nous ne devrions pas faire confiance aux hommes puissants (v. 3) ; et cela pour une raison très simple : ils meurent, et tous les projets qu’ils avaient faits disparaissent avec eux (v. 4). Notre espérance, au contraire, doit reposer en Dieu (v. 5 et suivants). Nous avons très peur que les adventistes et les témoins, qui ont fait confiance à des êtres humains puissants qui leur ont enseigné qu’il n’y avait rien après la mort, soient surpris ; et il n’est pas étonnant que l’on considère que son point de vue se base sur un manque de connaissance de ce que signifie la mort de l’âme dans la Bible et sur quelques passages hors contexte.
Comme nous avons eu l’occasion de le voir, et nous continuerons de le contempler dans les pages suivantes, la Bible enseigne que les êtres humains continuent de vivre après la mort et qu’ils font face à un jugement sur ce qu’a été leur vie.
Les sectes disent : « La Bible enseigne que l’enfer est un lieu d’inconscience et de destruction. »
Le point suivant que la théologie témoin et adventiste cherche à démontrer est que l’enfer n’est pas un enseignement biblique. Le mot espagnol « enfer » (comme ils le prétendent) traduit l’hébreu schéol dans l’Ancien Testament et son équivalent Enfers du Nouveau Testament, ainsi que l’expression géhenne. Selon les deux sectes, aucun de ces termes ne désigne non plus un lieu où l’on a conscience après la mort, et encore moins un lieu où l’on reçoit une punition. Sheol et Enfers serait alors équivalent à “sépulcre”, et géhenne vers un brûleur ou une décharge située à la périphérie de Jérusalem, qui symboliserait donc la destruction éternelle des méchants, mais pas un lieu de punition ou de tourment. Compte tenu de l’amertume avec laquelle les adeptes des deux sectes défendent de telles interprétations, vraisemblablement basées sur l’hébreu et le grec, le profane peut penser qu’ils ont peut-être raison. Le plus triste, c’est qu’ils ne font que répéter les bêtises que leurs dirigeants leur ont enseignées et qu’ils ont avalées sans le moindre jugement critique.
Tout d’abord, il faut préciser que ni schéol ni l’un ni l’autre Enfers Ils signifient sépulcre ou tombeau, comme le prétendent ces sectes. L’hébreu a un mot spécifique pour tombe, qui est qbr, et en tant que tel, il est utilisé dans l’Ancien Testament ; v.g. : Gen 23,4. Quant au grec, il a aussi une expression très particulière pour dire tombeau, qui est mnéméion; v.g., Lc 24,2. De cette façon, l’un des premiers présupposés des deux sectes se révèle faux de haut en bas.
Deuxièmement, il faut noter que la Bible n’indique pas que ni dans le schéol comme dans son équivalent grec Enfers il y a une absence de conscience. Dans l’Ancien Testament, au contraire, on trouve divers exemples d’êtres qui le peuplent agissant, comprenant et parlant. Citons quelques-uns de ces cas, qui seront plus éloquents que mes explications :
“Même le schéol ci-dessous s’est agité à cause de vous pour venir à votre arrivée. Grâce à toi, il a réveillé ceux qui sont impuissants devant la mort, tous les chefs de la terre, semblables à des boucs. Il a fait lever de leurs trônes tous les rois des nations. Ils s’expriment tous et disent : Es-tu toi aussi devenu faible comme nous ? A-t-il été rendu comparable à nous ? » (Is 14,910) (TMN).
Le passage ne pourrait pas être plus évident. Le roi de Babylone descend à schéol (qui, comme on peut le voir, n’est pas le tombeau) ; et cela provoque une vive réaction parmi la population, surtout parmi les dirigeants arrivés auparavant. Et pas seulement cela, mais ils crient et interrogent également le roi de Babylone. Bien sûr, cela reste un comportement curieux de la part de sujets qui, s’ils acceptent la thèse des adventistes et des témoins, ne sont pas conscients et ne souffrent pas non plus. Le prophète Isaïe, comme on peut le voir dans son livre, soutient une thèse diamétralement opposée à celle de ces sectes.
Prenons encore un exemple : « Les hommes de renom des puissants lui parleront même, avec ses assistants, du milieu du monde. schéol» (Ez 32,21).
Le passage (traduit de l’anglais vers le terrible espagnol) exprime une fois de plus une thèse similaire à celle d’Isaïe. Dans ce cas, la descente vers schéol du pharaon d’Egypte. Eh bien, le prophète indique sans aucun doute que lorsque le monarque égyptien y descend, du milieu du monde schéol Des voix s’élèveront pour parler à lui et à ses assistants. Mais comment quelqu’un peut-il parler s’il ne ressent ni ne souffre, selon les doctrines jéhoviste et adventiste ? Et comment parleraient-ils si les âmes de Pharaon et de ses assistants, si la théologie jéhoviste et adventiste était vraie, ne pourraient pas entendre, parce qu’ils sont mortels et inconscients ? Le texte ne laisse aucun doute : une fois de plus, un prophète de Dieu tient une doctrine contraire aux « prophètes », Ellen White et Russell. Les morts sont conscients en un seul endroit et de l’intérieur ils s’adressent les uns aux autres.
Et les deux sectes ne savent pas ce que schéol dans l’Ancien Testament. Il ne s’agit pas là, comme nous avons eu l’occasion de le voir, d’un lieu où l’on est inconscient, ni du tombeau, mais plutôt d’une manière de désigner l’état après la mort physique, mais sans impliquer du tout l’inconscience.
C’est pourquoi il n’est pas surprenant que Jacob ou Job, dans des moments de terrible désespoir, aient désiré se rendre au schéol ou, en langage vulgaire, ils voudraient mourir et échapper à la tristesse de ce monde. Ils ne s’attendaient pas à cesser d’exister (ce n’était qu’une maigre consolation), mais plutôt à passer à un autre plan dans lequel ils ne subiraient plus les souffrances de ce monde, mais dans lequel tout ne serait pas non plus inconscient.
Passons maintenant à la signification du terme géhenne. Les témoins et les adventistes affirment qu’il ne s’agit que d’un symbole de destruction, arraché d’une décharge située à la périphérie de Jérusalem. Est-ce vrai ? C’est vrai que le nom géhenne soit géhinnon Il dérive de la vallée de Hinnom, qui était un dépotoir bien avant l’époque de Jésus, mais il ne symbolise pas un lieu d’anéantissement. Bien au contraire. Le sens que les Juifs lui ont toujours donné a été celui d’un lieu de punition consciente pour les méchants. [Pour une étude plus large de la pensée du rabbinisme juif sur le géhenne et sa signification de punition consciente des méchants après cette vie, cf A. COHEN, Le Talmud de tous, New York 1975, p. 376 et suiv.; A.EDERSHEIM, La vie et l’époque de Jésus le Messie, vol. II, Grand Rapids 1976, 79 et suiv.].
L’idée de géhenne (appelé géhinnon ou Vallée de Hinnon dans certaines sources juives) comme lieu de tourment conscient vient en grande partie des rabbins juifs avant et contemporains de Jésus, de l’étude du texte de Dan 12 :2, où il est dit : « Et il y en aura beaucoup de ceux qui dorment sur le sol de la poussière qui s’éveilleront, ceux-ci à la vie d’une durée indéfinie et ceux-là aux reproches (et) à la haine d’une durée indéfinie » (TMN). Le destin de l’humanité est clair : pour certains, c’est la vie éternelle et pour d’autres, la honte éternelle.
Donc dans Eccles. R. III, 9 les rabbins enseignaient : « Dans l’au-delà les méchants seront condamnés à la Géhenne et murmureront contre le Saint, béni soit-Il, en disant : ‘Nous cherchions ton salut et ce malheur nous est arrivé.’ Mais il leur répond : “Quand vous étiez sur terre, n’avez-vous pas combattu, combattu et commis toutes sortes de maux ?”
Le texte rabbinique est éloquent : les méchants sont destinés à géhenne soit géhinnon; et c’est un lieu de punition consciente, et non un lieu d’anéantissement total, comme le prétendent les Jéhovistes et les Adventistes.
Non moins clair est un ouvrage attribué à l’historien juif Flavius Josèphe, presque contemporain des apôtres, intitulé Discours aux Grecs sur Hadès. Josèphe tente d’y expliquer aux non-juifs ce que le peuple d’Israël entendait par Hadès et par la géhenne, et ça dit comme ça :
“Hadès est un lieu où sont détenues les âmes des justes et des injustes… Dans cette région, il y a un certain endroit à part, comme un lac de feu inextinguible… Les injustes et ceux qui ont désobéi à Dieu et ont honoré des idoles, comme l’ont été les vaines inventions des hommes, seront envoyés par le jugement de Dieu à ce châtiment éternel” [Nous avons traduit du texte grec publié dans Josèphe, Œuvres complètes, Grand Rapids 1978.]5.
Bien entendu, il est clair que lorsque Josèphe montra aux non-juifs ce que ses coreligionnaires pensaient de la Enfers et l’existence de l’au-delà, ne faisait même pas référence de loin à quoi que ce soit qui ressemblait aux doctrines des adventistes ou des témoins.
La première chose à faire lorsqu’on étudie une culture est d’apprendre ce que signifient les différents termes dans la langue qu’elle parle. Si les « prophètes » jéhovistes et adventistes avaient été plus honnêtes et plus prudents, ils auraient consulté des sources juives, bibliques et extra-bibliques pour savoir ce qu’ils entendaient par des termes tels que schéol et géhenne. Ils auraient ainsi évité de formuler des absurdités comme enseigner que le schéol est la tombe, que la géhenne est la destruction et qu’il n’y a pas de conscience (et encore moins de punition consciente) après la mort. Et ils auraient été sauvés, car les sources dont nous disposons sont claires à ce sujet.
Mais comme si cela ne suffisait pas, le Nouveau Testament enseigne clairement la doctrine du châtiment éternel. Cela peut vous plaire ou non, cela peut être plus ou moins attrayant ; mais ce qu’on ne peut nier, c’est que Jésus et les apôtres l’ont enseigné. Brièvement, rapprochons-nous-en.
Jésus a parlé d’un châtiment pour les méchants, dans lequel il y aurait des ténèbres, des pleurs et des grincements de dents. Prenons un exemple : « Les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors. C’est là que seront leurs cris et leurs grincements de dents » (Mt 8, 12) (TMN). “Et ils les jetteront dans la fournaise ardente. C’est là que seront (leurs) cris et (leurs) grincements de dents” (Mt 13, 42) (TMN). “Et il le punira avec la plus grande sévérité et lui assignera sa part parmi les hypocrites. C’est là que seront (ses) pleurs et (ses) grincements de dents” (Mt 24,51) (TMN). Autres textes similaires : Mt 25,30 et Lc 13,28.
Contrairement à ce que peuvent penser les témoins et les adventistes, la punition n’est pas un état d’inconscience. C’est des pleurs et des grincements de dents. Nous craignons grandement que, à moins que ces actions ne puissent être menées par un être insensible et inconscient, la doctrine de ces sectes ne soit pas la même que celle enseignée par Jésus.
Jésus symbolisait ce châtiment des injustes par le feu : « Mieux vaut entrer dans la vie estropié et boiteux que d’être jeté avec deux mains ou deux pieds dans le feu éternel » (Mt 18, 8) (TMN). “Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que d’être jeté avec deux yeux dans la Géhenne, où sa cresa ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas” (Mc 9,47-48) (TMN) “… le riche mourut et fut enterré. Et dans l’Hadès il leva les yeux, alors qu’il était dans le tourment, et vit de loin Abraham et Lazare dans (la position du) sein avec lui. Alors il appela et a dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchir la langue, car je suis dans l’angoisse dans ce feu flamboyant » (Lc 16, 2lb-24) (TMN). Autres textes similaires dans Mt 3,12 ; 5,29-30, et Mc 9,43.
J’aimerais m’attarder un peu plus sur ce dernier passage. Bien que nous admettions qu’il puisse y avoir un certain colorisme hyperbolique typique de l’environnement sémitique de Jésus, la vérité est qu’il enseigne qu’après la mort les êtres humains sont séparés en sauvés et condamnés, et tandis que les premiers reçoivent une récompense, les seconds voient leur juste punition tomber sur eux. Les adventistes et les témoins de Jéhovah soutiennent que le passage est une parabole et que, par conséquent, ce qu’il dit ne peut pas être considéré comme un échantillon de la pensée de Jésus sur le sujet. Une telle affirmation, outre qu’elle est totalement gratuite, ne fait que dénoter une ignorance absolue de ce qu’est une parabole. Celui-ci, qui en hébreu s’appelle machal, est une histoire absolument crédible tirée de la vie quotidienne, avec une signification didactique supplémentaire. Ainsi, dans la parabole du semeur, il ne nous est pas dit que le semeur a jeté des graines de blé et que les melons ont poussé, mais plutôt un fait réel : il y a une graine qui se perd et une autre qui porte du fruit. Dans la parabole du filet, il n’est pas dit qu’ils ramassaient des dragons dans la mer, mais plutôt des poissons, qui étaient ensuite logiquement séparés. Il n’y a pas une seule parabole de Jésus qui ne relate des faits logiques, naturels et vraisemblablement réels ; et il est difficile de croire que l’histoire de l’homme riche et de Lazare serait une exception simplement parce qu’elle plaît aux adventistes et aux témoins.
Cette parabole (qui, bien sûr, a aussi un sens plus profond) raconte quelque chose que, comme nous l’avons vu, tout Juif contemporain de Jésus savait : que Dieu juge après la mort ; que si certains sont sauvés, d’autres sont condamnés, et que cette condamnation implique tourment et angoisse.
Mais en plus, la parabole était si claire dans son enseignement (contrairement à la confusion des adventistes et des témoins), que les disciples de Jésus n’ont pas eu à lui demander sa signification, comme cela s’est produit dans d’autres cas. Ne l’auraient-ils pas fait s’ils avaient vu que Jésus non seulement leur avait donné un enseignement étrange, mais qu’il l’avait également fait en contredisant les idées bibliques sur l’enfer et la survie après la mort, comme le prétendent les adventistes et les témoins ? Sans aucun doute oui ; Seulement pour les disciples, comme pour ceux qui l’entendaient, ce qui n’aurait pas été biblique n’était pas l’enseignement de Jésus sur le châtiment après la mort, mais un enseignement similaire à celui des Jéhovistes et des Adventistes.
Jésus a enseigné que le châtiment des méchants était éternel. Cela a déjà été noté dans certains des textes que nous avons vus, mais nous allons l’observer dans un autre. Il s’agit de Mt 25, 46 : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel et les justes à la vie éternelle ».
Le texte est on ne peut plus clair : dans le jugement auquel tout être humain sera confronté devant Dieu, il y aura deux classes de personnes : les justes, qui auront la vie éternelle, et les injustes, qui auront aussi le châtiment éternel. Le texte est si révélateur que les dirigeants de la Watchtower n’ont pas hésité à le falsifier de la manière suivante : « Et ceux-ci partiront vers l’extermination éternelle » (TMN).
Or le mot qui est traduit par « punition » ou « tourment » dans toutes les versions est le terme grec colasis, qui n’apparaît de nouveau dans le Nouveau Testament qu’en 1Jn 4, 18, et qui ne peut en aucun cas être traduit par « couper » (comme d’ailleurs les témoins ne le font pas dans ce dernier cas). Sa forme verbale (Koladso) apparaît dans Héb 4 :21 et 2 Pierre 2 :9. Curieusement, dans le premier cas, la Watchtower le traduit correctement par « punir » (traduire que les grands prêtres menaçaient les apôtres de « les couper » aurait été excessif même pour la Watchtower), mais dans le second, elle répète l’absurdité de « couper ». L’idée, cependant, est claire dans la langue grecque de l’original, comme le révèle Hébreux 4 :21. Le mot signifie « punition », et nous avons déjà vu que « punition éternelle » est liée à des idées telles que le feu, l’angoisse, les pleurs, les grincements de dents, etc.
Jésus a enseigné qu’il existe différents degrés de punition. Si la thèse des adventistes et des témoins était vraie, on ne s’attendrait pas à ce que quelqu’un reçoive une punition plus sévère qu’un autre. En fin de compte, tous les injustes subiraient une destruction similaire. Mais comme la Bible n’enseigne pas une telle doctrine et que Dieu est juste, ce que Jésus a clairement indiqué à plusieurs reprises, c’est que l’intensité des punitions varie d’une punition à l’autre. Prenons un exemple : « Au jour du jugement, Tyr et Sidon seront plus supportables que vous » (Mt 11, 22) (TMN). « Ce sont eux qui dévorent les maisons des veuves et font de longues prières sous prétexte ; ceux-là recevront un jugement plus lourd » (Mc 12, 40) (TMN). Voir dans le même sens Luc 20 :47 et 1 Pierre 2 :20.
La vérité est que le bon sens fait s’attendre à ce que le voleur impénitent soit moins puni, par exemple, que l’assassin volontaire et impénitent de millions de personnes. De même, il semble évident que le péché de la personne qui a reçu la lumière (comme certains pharisiens du temps de Jésus) et qui, en outre, sous couvert de religion, a enfreint la loi de Dieu, ne peut être jugé de la même manière que celui de la personne qui n’a pas reçu le même degré de lumière. Cela est si évident que cela ne nous surprend pas que Jésus l’ait enseigné de cette façon. Eh bien, Mme White et les témoins ne l’ont pas considéré de cette façon. Non seulement ils se sont permis de nier le châtiment conscient des condamnés, mais ils ont également égalisé le sort des êtres humains sans tenir compte du fait que même parmi les injustes, il existe des différences non négligeables.
Que cela plaise ou non aux adventistes ou aux témoins, leurs thèses manquent de la moindre base historique, linguistique et exégétique ; et, ce qui est pire, ils cachent à l’homme leur état de perdition et ses terribles conséquences. Nous reviendrons sur cet aspect plus tard.
Les sectes disent : « La Bible enseigne que seuls les justes ressusciteront. » Comme point culminant des thèses adventistes et jéhovistes sur l’état des morts apparaît la déclaration selon laquelle seuls les justes seront ressuscités. Dans une certaine mesure, et vu de leur point de vue, c’est logique : quel est le but de ressusciter des êtres inconscients pour les défaire éternellement ? Mieux vaut qu’ils restent tels qu’ils sont, sans ressentir ni souffrir.
Le problème est que cet enseignement entre en collision frontale avec l’enseignement de la Bible. Nous avons déjà vu auparavant comment Dan 12 :2 indique qu’à la fin des temps l’humanité sera ressuscitée soit pour recevoir la vie éternelle, soit pour voir tomber sur elle le châtiment de la honte éternelle.
En harmonie avec cet enseignement de l’Ancien Testament, Jésus et les apôtres ont enseigné qu’il y aurait une résurrection des justes et des injustes, des bons et des méchants, et pas seulement des premiers. Regardons cela : « Ne vous étonnez pas de cela, car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux commémoratifs entendront sa voix, et ceux qui ont fait de bonnes choses sortiront pour une résurrection de vie ; ceux qui ont pratiqué des choses viles sortiront pour une résurrection de jugement » (Jn 5,2829) (TMN). « J’ai une espérance en Dieu, une espérance qu’ont aussi ces mêmes gens, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes » (Hé 24, 15) (TMN). « Et la mer rendit les morts qui étaient en elle, et la mort et l’Hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés individuellement selon leurs actes » (Ap 20 : 13).
C’est précisément cette négation de la doctrine biblique d’une résurrection universelle qui permet aux adventistes et aux jéhovistes de nier avec une certitude apparente la doctrine scripturaire du châtiment éternel. Un exemple de cela se trouve dans son exégèse erronée d’Apocalypse 20. Dans ce chapitre, on nous dit d’abord ce qui suit : « Le diable qui les égarait fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où se trouvaient déjà la bête sauvage et le faux prophète, et ils seront tourmentés jour et nuit pour toujours et à jamais » (Ap 20 : 10) (TMN).
Cela est évident pour quiconque sait lire ce passage : le diable a été jeté dans l’étang de feu et de soufre, qui, comme nous l’avons déjà vu chez le juif Josèphe, est le nom donné au lieu de châtiment des injustes, et là il sera éternellement tourmenté avec l’antéchrist et le faux prophète.
Quelques versets ci-dessous indiquent que tel est le sort qui attend également l’humanité non rachetée : « Et la mort et l’enfer furent jetés dans l’étang de feu. Cela signifie la seconde mort : l’étang de feu » (Ap 20, 14).
L’idée est claire : la mort (les corps des morts injustes) et l’Hadès (les esprits des morts injustes) ont été jetés dans la seconde mort. [Il est évident qu’il s’agit ici d’une figure littéraire, consistant à exprimer le continent à travers le contenu. On parle donc de boire un verre, alors qu’en réalité ce que l’on boit, c’est le vin qui est à l’intérieur. De la même manière on dit que la Grande-Bretagne a déclaré la guerre à la France, alors qu’en réalité ce sont les habitants de la Grande-Bretagne (et non ses rivières ou ses montagnes) qui entrent en guerre contre ceux de France. Cette même figure est utilisée ici par l’auteur de l’Apocalypse : la mort (les corps) et l’enfer (les esprits) furent jetés dans les tourments éternels.] Maintenant, le lecteur peut se demander : Qu’est-ce que la seconde mort ? La réponse est flétrissante : l’étang de feu, c’est-à-dire le lieu où, selon le verset 14 de ce même chapitre, les réprouvés seront tourmentés éternellement.
Les adeptes adventistes et jéhovistes sont très fiers de ce qu’ils considèrent comme une compréhension correcte de l’état de l’homme après la mort et de sa destinée éternelle. Il est pathétique de voir à quel point de telles illusions ne correspondent pas du tout à ce qu’enseigne la Bible.
-
L’espérance du croyant dans la Bible
Certains lecteurs pourront ressentir un certain arrière-goût amer après avoir lu les pages précédentes. C’est compréhensible. Des concepts tels que le péché, la responsabilité personnelle, le jugement final et l’enfer ne sont pas agréables aux oreilles de l’homme moderne ; Mais si l’on en croit ce que Luc raconte dans les Actes des Apôtres à propos du Félix romain (Hébreux 24 :25), cela n’a jamais été un sujet agréable pour des oreilles peu enclines au repentir.
L’enseignement de la Bible est clair et puissant : l’homme s’est séparé de Dieu à cause de son propre péché et il ne peut rien faire par lui-même pour réparer cette situation. L’amour de Dieu s’est manifesté précisément dans le fait d’envoyer son Fils mourir à notre place sur la croix pour nous donner la vie éternelle (Jn 3, 16). Ce n’est pas de peu que l’amour de Dieu nous sauve, mais d’un châtiment d’une dimension peut-être inconcevable pour nous ; et en être conscient est essentiel pour comprendre, même en petite partie, l’amour de Dieu.
L’espérance du croyant est précisément d’être uni, d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer, au Dieu d’amour qui s’est incarné pour mourir pour nous. Voyons ce que le Nouveau Testament enseigne à ce sujet :
Le croyant a son espérance au ciel. L’un des aspects peut-être les plus étranges de la théologie des témoins est d’affirmer que seulement 144 000 personnes iront au ciel, tandis que la grande majorité des sauvés, la soi-disant « grande multitude », resteront dans un paradis sur terre. Je dois souligner qu’une telle doctrine est relativement récente dans le Jéhovisme, qui soutenait initialement l’enseignement biblique en la matière [Voir à ce sujet CÉSAR VIDAL MANZANARES, L’enfer des sectes, Bilbao 1989, 65ff]. Cependant, elle est si ardemment défendue par les Jéhovistes et est en même temps si facile à réfuter, qu’avant d’entrer dans le sujet lui-même, il vaut la peine de s’y référer.
Pour ce faire, nous allons aller au texte d’Ap 7,9ff, où il parle de la “grande foule”, et nous verrons si on dit qu’elle est dans un paradis “made in Watchtower”.
“Après ces choses, je vis, et je vis, une grande foule que personne ne pouvait compter, de toutes nations et tribus et peuples et langues, debout devant le trône et devant l’agneau” (Ap 7,9) (TMN).
Malgré les inquiétudes des témoins, ce texte ne dit pas que la « grande foule » est dans un paradis sur terre, mais plutôt qu’elle est au ciel, devant le trône de Dieu. Cela est rendu encore plus évident quelques versets ci-dessous, lorsqu’il est expliqué qui est cette grande foule : « Ce sont ceux qui sortent de la grande tribulation et qui ont lavé leurs longues robes et les ont blanchies dans le sang de l’agneau. C’est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu ;
Si les Jéhovistes lisaient la Bible un peu attentivement, au lieu de permettre à leurs dirigeants de les guider avec les publications de la Watchtower, ils verraient ce qui est évident dans ce texte : la récompense des croyants qui ont lavé leurs péchés dans le sang du Christ est de se tenir devant le trône de Dieu pour le servir dans les cieux.
Que l’Apocalypse le souligne, en revanche, n’a rien de spécial, car c’est l’enseignement évident du Nouveau Testament.
« Réjouissez-vous et bondissez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux » (Mt 5, 12) (TMN). “Car nous savons que si notre maison terrestre, cette tente, était dissoute, il nous faudrait un bâtiment de Dieu, une maison non bâtie de main d’homme, éternelle, dans le ciel.” (2Cor 5,1) (TMN). “A cause de l’espérance qui vous est réservée dans le ciel” (Col 1,5) (TMN). Autres textes similaires : Mt 6,1920 ; 19,21; Lc 12,33 ; Eph 1,3.
En général, les Jéhovistes ont tendance à affirmer que ces passages ne font pas référence à la « grande foule », mais aux 144 000. Une telle division de l’Écriture en deux classes de fidèles, de sorte que 90 pour cent de ce qui y est écrit n’a aucune valeur pour la grande majorité, est quelque chose qui répugne non seulement au bon sens, mais à l’esprit chrétien lui-même ; Mais de plus, comme nous l’avons vu, la « grande foule » a une destinée au ciel, devant le trône de Dieu, et non dans le paradis créé par la Tour de Garde. La Bible est bien plus cohérente sur ce point que la théologie d’une quelconque secte.
Le croyant espère être avec Christ. L’un des aspects les plus choquants de la conversation avec ces disciples est peut-être le désir immense qu’ils expriment de recevoir un terrain au paradis et le peu qu’ils se soucient de la présence du Christ. Je me souviens qu’il y a des années, mon père avait accompagné une connaissance pour parler avec des Témoins de Jéhovah. Lorsque, au cours de la conversation, notre amie lui a demandé quel intérêt les Jéhovistes pourraient éprouver à être avec le Christ, la réponse qu’elle a reçue a été ferme : « Ce que je veux, c’est être au paradis, et le reste est secondaire. Aussi incroyable et désagréable que cela puisse paraître pour un esprit moyennement sensible, la vérité est que j’ai eu l’occasion de vivre des expériences similaires à de nombreuses reprises. Or, ce n’était pas l’espérance souhaitée par les premiers chrétiens. Voyons ce que dit à ce propos le Nouveau Testament : « Père, quant à ceux que tu m’as donnés, je souhaite que là où je suis, ils soient aussi » (Jn 17, 24) (TMN). Malheureusement, si l’on croit aux doctrines des témoins, le Père n’a pas entendu la prière de Jésus…
« Car si notre foi est que Jésus est mort et ressuscité, alors aussi ceux qui se sont endormis (dans la mort) à travers Jésus, Dieu les amènera avec lui… Alors nous, les vivants qui survivrons, serons enlevés, avec eux, dans les nuées pour rencontrer le Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec (le) Seigneur » (1Thes 4 :14-17) (TMN).
Dans une large mesure, ce désir d’être avec Dieu a ses précédents dans l’Ancien Testament. On y raconte comment Dieu a pris Enoch (Gen 5 : 22-24), Élie (2 Rois 2 : 10), et que cette espérance était attendue par de nombreux croyants (Ps 49 : 16, v. 15 dans la version du Nouveau Monde). Bien que des témoins et des adventistes aient insisté sur le fait que ni l’enlèvement d’Élie ni celui d’Enoch ne signifient qu’ils sont morts, la vérité est que le terme hébreu lch, qui est utilisé dans ces passages que j’ai cités, ne laisse aucun doute. C’est un « enlèvement » que Dieu fait tomber sur une personne pour l’avoir avec lui.
Il n’y a rien de fou là-dedans. Pour quiconque a ressenti, ne serait-ce que quelques instants, la proximité de Dieu, il est clair qu’on ne peut rien désirer de mieux que cela et que la possession du meilleur « paradis » n’a aucun point de comparaison avec lui. Être croyant implique une histoire d’amour continue avec Dieu. C’est une idylle dans laquelle notre faiblesse humaine provoque des hauts et des bas ; mais c’est aussi une idylle qui ne peut être échangée contre aucun paradis proclamé par les sectes, aussi merveilleux qu’il puisse paraître.
Le croyant espère être avec Christ dès sa mort. C’est pourquoi l’affirmation que cet être avec le Christ commence dès le moment de la mort ne peut que provoquer de la gratitude dans l’âme du croyant. Les témoignages du Nouveau Testament sont concluants à cet égard : « Car pour moi vivre, c’est Christ, et mourir, c’est un gain… ; mais ce que je désire, c’est la libération et être avec Christ » (Phil 1, 21-23) (TMN). Les paroles de l’apôtre sont claires. Après sa mort, il ne s’attendait pas à une inconscience de plusieurs siècles. Il était certain que s’il mourait, il serait immédiatement avec Christ.
« Et ils continuaient à jeter des pierres sur Etienne, pendant qu’il faisait une requête et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Hébreux 7 :59) (TMN). L’espoir d’Étienne au moment de son martyre était de ne pas sombrer dans l’inconscience pendant des siècles. Non; C’est ce qui a animé tant de martyrs de la foi au cours des siècles de l’histoire chrétienne : que leur esprit conscient ait été reçu par Jésus au moment de leur mort. L’idée d’échanger cela contre un terrain ne peut que nous paraître pénible. [Le lecteur pourra se demander si le « paradis » auquel Jésus fait référence est du type terrestre prôné par les témoins. La réponse est négative. L’apôtre Paul lui-même nous dit qu’il fut mystiquement enlevé dans ce paradis… qui est le troisième ciel, et non l’ensemble des complots que prétend la Tour de Garde (2Cor 12,1-4).]
En fait, une telle espérance vient de paroles comme celles que Jésus dit au voleur repentant au moment de sa mort : « Et il lui répondit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi au paradis » (Lc 23, 43).
Arrêtons-nous sur ce texte avec un peu plus d’attention. Le voleur, qui a commencé par insulter Jésus, l’observe depuis des heures et a découvert qu’il est le Messie. Repentant, il supplie Jésus de se souvenir de lui. Alors Jésus lui déclare solennellement que ce même jour il sera avec lui au paradis. La déclaration est si claire que, dans sa grandiose simplicité, elle contient tout un recueil de théologie de l’au-delà. Avec la mort, le croyant n’entre pas dans un état d’inconscience, mais passe plutôt dans la présence de Dieu. Ceci est si évident que les adventistes et les témoins ont insisté sur le fait que l’expression est mal ponctuée dans les traductions de la Bible, et ces derniers ont eu le culot de déformer le passage de leur Bible comme suit : « Et il lui dit : En vérité, je te le dis aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis » (TMN).
Inutile de dire qu’il n’existe pas un seul manuscrit grec du Nouveau Testament qui ponctue le passage de cette manière ; et la raison est évidente : une phrase de ce type est un pur non-sens grammatical ; C’est impensable en grec. Celui-ci dit : “En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi au paradis.”
Une fois de plus, comme c’est l’habitude parmi les adventistes et les témoins, la mauvaise théologie et la pire exégèse ont été combinées à l’ignorance des langues bibliques. [Comme les Témoins de Jéhovah, la version Valera de 90 a également falsifié le texte de Luc 23 :43. Il y a plus que de bonnes raisons de penser que cette révision de la Bible est due aux intérêts de la secte adventiste.]
-
Conclusion
Il y a une quinzaine d’années, je rendais visite à des connaissances dans une ville de Catalogne. Au cours de la conversation, quelqu’un a mentionné les Témoins de Jéhovah ; et l’un des présents (pas spécialement pieux, il faut le dire) commenta qu’il aimerait que leurs doctrines soient vraies, parce qu’il pouvait se permettre de faire ce qu’il voulait dans cette vie sans craindre une épreuve ultérieure dans laquelle il aurait à rendre compte à Dieu de ses actes. Une telle conclusion est, de notre point de vue, pleine de logique.
L’enseignement des Adventistes et des Témoins de Jéhovah sur l’au-delà prive ceux qui y croient d’une véritable perspective sur la situation de l’homme devant Dieu ; Mais, en outre, cela n’indique pas le coût du salut ni la merveilleuse espérance du croyant. Tout cela est remplacé par une offre de parcelles dans une sorte d’urbanisation colossale. Si ce n’était pas si dramatique, on pourrait presque dire que c’est comique.
Et le pire, c’est qu’un tel enseignement ne libère pas l’homme de toute peur. Au contraire, je dois dire que je n’ai rencontré aucun catholique ou protestant aussi bouleversé par sa situation future en tant qu’adventiste ou témoin. La peur irrationnelle qu’éprouvent les adeptes de ces sectes d’être détruits s’ils les abandonnent ne peut pratiquement être comparée à aucune autre sorte de peur. Et, au fond, c’est une manifestation pathétique de la peur des esclaves. En eux, il n’y a pas cette confiance d’Esteban au moment de sa mort ; ni la joyeuse espérance de Paul, qui sait que mourir est un gain ; ni la tranquillité du voleur repentant, qui se reposait sur la promesse de Jésus qu’il serait avec lui au paradis le même jour. Non; Ce qu’il y a, c’est l’horrible attente du néant s’ils abandonnent le joug de leurs dirigeants, ou le désir grossier dirigé vers un paradis qui, bien sûr, s’il doit être comme l’intérieur de ces sectes aujourd’hui, semble plus repoussant que tentant. Rendons grâce à Dieu car, heureusement, il n’y a pas la moindre similitude entre ce que la Bible enseigne et ce que prêchent ces sectes.