Le rejet par le protestantisme de l’épiscopat monarchique est notoire dans l’histoire. L’épiscopat monarchique n’est autre que la constitution hiérarchique de l’Église en évêques, presbytres et diacres. Cette organisation tire son origine des Apôtres, qui reçurent de Jésus-Christ l’ordre d’édifier et de gouverner l’Église. Cette hiérarchie tripartite est donc d’institution divine.

Les raisons pour lesquelles le protestantisme rejette l’épiscopat monarchique

Il n’a pas été commode pour le protestantisme d’affronter le fait qu’il ne dispose pas d’une légitime succession d’évêques remontant aux Apôtres, non plus que l’existence même de la papauté comme institution divine à laquelle il faudrait se soumettre. C’est pour cela que beaucoup s’imaginent trouver, en attaquant l’épiscopat monarchique, une justification à ces difficultés.

Selon la position protestante, au commencement les églises étaient gouvernées par un collège indépendant et démocratique de presbytres (ou anciens), tous dotés de la même autorité de gouvernement. Ce ne serait qu’au milieu du IIᵉ siècle (vers 150) que la hiérarchie aurait été « organisée » telle que nous la connaissons aujourd’hui, par l’imposition du gouvernement d’un évêque auquel le collège des presbytres se serait trouvé subordonné. Dans cette perspective, soutiennent-ils, les listes primitives d’évêques (y compris celles des Papes) ne sont pas dignes de foi : elles auraient été « fabriquées », « falsifiées » ou « inventées » par chaque église et par les saints Pères (Hégésippe, saint Irénée de Lyon, etc.) pour justifier leur origine apostolique face aux hérétiques gnostiques de l’époque. Sous cette hypothèse, nous aurions des Papes qui ne furent pas réellement Papes et, par conséquent, d’autres qui furent les successeurs de Papes qui n’ont jamais existé.

Un exemple de cela se trouve dans une conversation que j’ai eue avec un groupe de protestants sur un forum catholique :

« De nombreux érudits catholiques ont reconnu que le mono-épiscopat n’existait pas à Rome avant 140-150 ap. J.-C. Et sans épiscopat monarchique à Rome, et avec des listes d’évêques inventées au IIᵉ siècle, les catholiques se heurtent à un problème manifeste à propos de la papauté — ou si l’on préfère, à propos de la primauté pétrinienne avec ses successeurs dans l’Église romaine. »[1]

Un autre participant fit le commentaire suivant :

« Vouloir discerner une primauté à une époque aussi précoce que celle de la première épître de Clément est une idée déjà dépassée par l’érudition catholique contemporaine. Autrement dit, seuls les catholiques qui en sont restés à la vision pré-scientifique (c’est-à-dire vieille d’un siècle ou davantage) de l’histoire du christianisme primitif persisteraient à voir dans Clément de Rome un Pape revêtu des mêmes caractéristiques essentielles que les Papes d’aujourd’hui ou de l’époque médiévale. Je compte apporter des preuves tirées de l’érudition catholique contemporaine pour démontrer mon assertion. »

Et dans ce contexte nos amis protestants se mirent à mentionner et à citer avec effusion certains théologiens catholiques triés sur le volet (Raymond Brown, Eamon Duffy, Klaus Schatz, Paul Johnson, Hans Küng, parmi d’autres), car, selon eux, ils « partageaient » leur position. Selon leurs propres mots, ils nourrissaient un noble dessein :

« Mon propos est de montrer, aussi clairement que possible, quelque chose qui fait souvent défaut dans ces échanges d’idées en notre contexte hispano-catholique. Je veux parler de la découverte de cet autre grand secteur du catholicisme romain qu’est celui de l’Université, si ignoré et parfois même dénigré dans notre contexte. »

L’argument protestant… un sophisme d’autorité

Le sophisme d’autorité est celui qui soutient qu’une chose est vraie parce qu’une autorité en la matière l’affirme. Dans le cas qui nous occupe, les catholiques reconnaissent comme autorité le Magistère vivant de l’Église, au-dessus de l’opinion que tel ou tel théologien catholique pourrait émettre. Il est triste de le dire, mais l’on peut trouver aujourd’hui des théologiens catholiques affirmant à peu près n’importe quoi : nier la divinité du Christ, la réalité historique de ses miracles et de sa résurrection, défendre l’avortement, l’euthanasie, l’homosexualité, et bien davantage encore.[2]

Ainsi, ce qu’affirme un théologien ou un historien catholique ne peut être tenu en soi pour certain par le seul fait que l’opinion provient de quelqu’un qui possède des titres universitaires. Si ce qui est avancé n’est pas accompagné des preuves correspondantes, cela ne dépassera pas le niveau d’une opinion parfaitement susceptible d’être contestée, débattue et réfutée. Il ne s’agit nullement de disqualifier l’érudition catholique contemporaine, mais de mettre en lumière que le procédé utilisé ici par notre ami protestant est fondamentalement fallacieux, et qu’il s’accompagne d’une attitude moralement contestable consistant à retenir sélectivement les opinions qui lui semblent favorables pour écarter ensuite toutes les autres.

Bien entendu, l’intérêt soudain de nos amis protestants pour l’opinion de certains théologiens catholiques n’avait rien de fortuit : il en va de même chaque fois qu’ils s’aperçoivent, sur un sujet, que certaines opinions peuvent faire tourner l’eau à leur propre moulin. Ainsi, si ce que l’on affirme peut servir à justifier un postulat protestant, il s’agit alors, rien de moins, que de l’opinion de l’Université, du sommet même du savoir dont il faut tenir compte, car c’est là un « grand » et « important » secteur du catholicisme « si ignoré et parfois dénigré » (à la lecture de cela, une larme roulait sur ma joue). Mais qu’une opinion leur soit défavorable, et soudain elle ne vaudra guère plus qu’un fétu : divagations purement humaines, car ce qui importe en définitive, c’est la seule Bible — à condition, cela va de soi, qu’elle soit interprétée à leur manière.

Or, s’il est vrai qu’un nombre croissant de théologiens ont fini par embrasser ces hypothèses, il est absurde de prétendre que le consensus de l’érudition catholique contemporaine s’accorde sur ce point avec le protestantisme. La situation est plutôt qu’il existe une pluralité de positions qui peuvent se résumer ainsi :

Position 1 : L’épiscopat monarchique fut institué par les Apôtres.

Ils soutiennent que l’épiscopat monarchique fut institué par les Apôtres dès le commencement, et qu’il existait dans chaque église un évêque auquel un collège de presbytres était subordonné. Tout au long du Iᵉʳ siècle et même par la suite, la terminologie était ambiguë : les mots « évêque » et « presbytre » étaient synonymes. C’est pourquoi, dans certains textes patristiques primitifs, aucune distinction n’est établie entre les deux offices, bien que chaque église comptât à sa tête un presbytre-chef, comme Jacques à Jérusalem, Tite en Crète ou Timothée à Éphèse.

À ce sujet, Daniel Ruiz Bueno commente :

« La primitive et indéniable confusion des termes interchangeables de presbytres et d’épiscopes — qui s’étend jusqu’à un document aussi important à cet égard que la Ire Clementis et se prolongera encore longtemps — disparaît absolument chez saint Ignace. Mais la confusion des termes n’implique pas la confusion des fonctions, et toute la tradition interprète unanimement les faits dans le sens que révèlent les lettres ignaciennes. L’Église de Jérusalem, celle d’Antioche, celle de Rome apparaissent, dès qu’il existe à leur sujet une tradition historique, gouvernées par un seul évêque assisté de son presbyterium et de son diaconat. Le cas de Rome est exemplaire. »[3]

Une variante de cette position consiste à admettre qu’il y avait des communautés locales qui ne possédaient pas d’évêque, soit parce qu’elles étaient très petites, soit parce qu’elles demeuraient sous la surveillance directe des Apôtres tant que ceux-ci vivaient, soit pour toute autre raison. À la disparition des Apôtres, toutes les communautés chrétiennes se mirent à adopter la hiérarchie tripartite, et déjà vers le milieu du IIᵉ siècle elle était absolument généralisée. À ce propos, José Orlandis commente :

« Beaucoup d’églises du Iᵉʳ siècle furent fondées par les Apôtres et, tant que ceux-ci vécurent, demeurèrent sous leur autorité supérieure, dirigées par un collège de presbytres qui ordonnait leur vie liturgique et disciplinaire. Ce régime peut être attesté surtout dans les Églises pauliniennes, fondées par l’Apôtre des Gentils. Mais à mesure que les Apôtres disparurent, l’épiscopat monarchique se généralisa partout — lui qui, dès le premier moment, s’était d’ailleurs introduit dans d’autres églises particulières. L’évêque était le chef de l’Église, pasteur des fidèles ; et, en tant que successeur des Apôtres, il possédait la plénitude du sacerdoce et l’autorité nécessaire au gouvernement de la communauté. »[4]

Position 2 : L’épiscopat monarchique est le produit d’une évolution survenue au milieu du IIᵉ siècle et ne fut pas une initiative des Apôtres.

Ils soutiennent qu’avant cette date les églises n’avaient pas d’évêques monarchiques, mais seulement un collège d’anciens ou presbytres qui évolua par la suite en un épiscopat monarchique.

De nombreux théologiens catholiques qui soutiennent cette hypothèse se distinguent des protestants en ce qu’ils y voient un développement tout à fait normal de la doctrine chrétienne, qui ne remet en cause ni l’épiscopat ni la papauté comme institution divine[5]. D’autres vont un peu — ou parfois beaucoup — plus loin, et se débattent sur la ligne étroite qui sépare l’orthodoxie de l’hétérodoxie.

De ces deux théories, la première (avec les variantes déjà mentionnées) est parfaitement viable et résume la position qu’a toujours tenue la chrétienté orthodoxe. La seconde rencontre de sérieuses difficultés lorsqu’on l’examine à la lumière des données historiques, comme on va le voir.

Les sources primaires

Le témoignage d’Ignace d’Antioche (? – 107 ap. J.-C.)

Le témoignage de saint Ignace[6] est d’une très grande importance, car il est un témoin privilégié de la manière dont l’Église était organisée à l’époque des Apôtres. On conserve de lui sept lettres qu’il écrivit vers l’an 107, après avoir été arrêté et conduit par un peloton de soldats romains à Rome pour y être martyrisé.

Une étude de ces épîtres révèle qu’à cette date déjà (au début du IIᵉ siècle), toutes les églises destinataires comptaient un évêque qui les gouvernait, un collège de presbytres qui lui était subordonné, et les diacres. Des apologètes protestants connus, comme James White[7], ont soutenu que lorsque saint Ignace emploie le mot « évêque », il ne désigne que de simples presbytres[8] ; mais toute la documentation indique le contraire.

Lettre aux Éphésiens

« Car c’est votre foule tout entière que j’ai reçue, au nom de Dieu, en la personne d’Onésime, homme d’une charité indicible et votre évêque selon la chair. Je prie Dieu qu’il vous accorde de l’aimer selon Jésus-Christ, et puissiez-vous tous lui ressembler ! Béni soit Celui qui vous a fait la grâce de mériter de posséder un tel évêque. »[9]

« Mais comme la charité ne me permet pas de me taire à votre sujet, je me propose de vous exhorter à courir tous d’un même pas dans la pensée et le sentiment de Dieu ; car Jésus-Christ, notre vie, dont rien ne sera capable de nous séparer, est la pensée du Père, de même que les évêques, établis jusqu’aux confins de la terre, sont dans la pensée et le sentiment de Jésus-Christ. »[10]

« Il vous convient donc de courir d’un même cœur avec le sentiment de votre évêque — ce qui est précisément ce que vous faites déjà. En effet, votre collège d’anciens, digne du nom qu’il porte et digne de Dieu, s’accorde harmonieusement avec son évêque comme les cordes d’une lyre. »[11]

Lettre aux Magnésiens

« Ainsi, en la personne de Damas, votre évêque digne de Dieu, et de vos dignes presbytres Bassos et Apollonios, ainsi que du diacre Sotion, mon compagnon de service, dont puissé-je jouir — car il est soumis à son évêque comme à la grâce de Dieu et au collège des anciens comme à la loi de Jésus-Christ — j’ai eu le bonheur de vous voir tous.

Il vous convient aussi de ne pas abuser de la jeunesse de votre évêque, mais, contemplant en lui la puissance de Dieu le Père, de lui rendre tout le respect qui lui est dû. Aussi ai-je appris que vos saints anciens ne cherchent pas à tourner en dérision sa condition juvénile, qui saute aux yeux, mais que, prudents en Dieu, ils lui sont obéissants. »[12]

« De même donc que, à travers les personnes nommées ci-dessus, je contemple dans la foi toute votre multitude et j’en ai conçu de l’amour pour vous tous, je vous exhorte à mettre tout votre zèle à accomplir toute chose dans la concorde de Dieu : sous la présidence de l’évêque, qui tient la place de Dieu, et des anciens, qui représentent le collège des Apôtres, et avec les diacres, qui me sont très chers, auxquels a été confié le ministère de Jésus-Christ, lui qui, avant les siècles, était auprès du Père et s’est manifesté à la fin des temps. »[13]

« … unis à votre très digne évêque et à la couronne spirituelle — digne d’être ceinte — de votre collège d’anciens et à vos diacres selon Dieu. »[14]

« Par conséquent, de même que le Seigneur n’a rien fait sans son Père, étant avec lui une seule chose — rien, dis-je, ni par lui-même ni par ses Apôtres —, de même vous ne devez rien faire sans votre évêque ni sans les anciens ; ne cherchez pas non plus à colorer comme louable quoi que ce soit que vous feriez à vous seuls, mais réunis en commun, qu’il n’y ait qu’une seule prière, une seule espérance dans la charité, dans la joie sans tache, qui est Jésus-Christ, meilleur que quoi rien n’existe. »[15]

« Les Éphésiens vous saluent depuis Smyrne, d’où je vous écris ; ils sont ici présents pour la gloire de Dieu et m’ont en tout soulagé, en même temps que Polycarpe, évêque des Smyrniotes. »[16]

Lettre aux Tralliens

« J’ai appris que vous avez une intelligence irréprochable et inébranlable dans la patience, et cela non par un effort d’exercice mais par votre nature même, comme me l’a manifesté Polybe, votre évêque. »[17]

« Que tous, pour votre part, vous respectiez les diacres comme Jésus-Christ. De même pour l’évêque, qui est figure du Père, et pour les anciens, qui représentent le sénat de Dieu et l’alliance ou collège des Apôtres. Ôtez-les, et il n’y a plus de nom d’Église. »[18]

« Mes chaînes, que je porte partout par amour de Jésus-Christ en suppliant d’atteindre jusqu’à Dieu, vous adressent cette exhortation : demeurez dans la concorde mutuelle et dans la prière les uns pour les autres. Car il convient que les particuliers, et singulièrement les anciens, cherchent à soulager l’évêque, pour l’honneur du Père, de Jésus-Christ et des Apôtres. »[19]

Lettre aux Philadelphiens

« Mon salut dans le sang de Jésus-Christ. Église qui est joie éternelle et permanente, surtout lorsqu’elle ne fait qu’un avec son évêque, avec les anciens qui l’entourent et avec les diacres qui ont été établis selon le sentiment de Jésus-Christ, et que celui-ci, selon sa propre volonté, a affermis dans la fermeté par son Esprit-Saint.

Je me suis très bien rendu compte que votre évêque n’exerce pas le ministère qui concerne la communauté de l’Église parce qu’il se le serait arrogé de lui-même ni parce qu’il lui viendrait de la main des hommes, ni par ambition d’une gloire vaine, mais dans la charité de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ. »[20]

« Et c’est que tous ceux qui sont de Dieu et de Jésus-Christ sont ceux qui se tiennent aux côtés de l’évêque. Et ceux qui, repentis, sont revenus à l’unité de l’Église, ceux-là aussi seront de Dieu, afin qu’ils vivent selon Jésus-Christ. Ne vous laissez pas abuser, mes frères. Si quelqu’un suit un schismatique, il n’héritera pas du Royaume de Dieu. Celui qui marche dans un sentiment étranger à l’Église, celui-là ne peut avoir part à la passion du Seigneur. »[21]

Lettre à saint Polycarpe

« Ignace, aussi appelé Théophore : à Polycarpe, évêque de l’Église de Smyrne — ou, plutôt, lui-même placé sous la vigilance ou l’épiscopat de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ — mon salut le plus cordial. »[22]

« Attachez-vous à l’évêque, afin que Dieu s’attache à vous. Je m’offre en rançon pour ceux qui se soumettent à l’évêque, aux anciens et aux diacres. »[23]

Lettre aux Smyrniotes

« Suivez tous l’évêque, comme Jésus-Christ suit le Père ; et le collège des anciens comme les Apôtres ; quant aux diacres, révérez-les comme le commandement de Dieu.

Que nul ne fasse, sans l’évêque, quoi que ce soit qui touche à l’Église. Seule doit être tenue pour valide l’Eucharistie célébrée par l’évêque ou par celui qu’il aura autorisé. Où paraîtra l’évêque, là soit la multitude, de même que là où est Jésus-Christ, là est l’Église universelle. »[24]

« Je salue votre évêque, digne de Dieu ; le divin collège des anciens ; et les diacres, mes compagnons de service ; et tous ceux du peuple en général, au nom de Jésus-Christ… »[25]

La raison pour laquelle James White ne reconnaît pas que saint Ignace faisait référence à des évêques exerçant un épiscopat monarchique est qu’il serait alors obligé d’admettre que, dès le Iᵉʳ siècle, il existait déjà une hiérarchie tripartite parfaitement définie. Ses tentatives pour séparer l’épiscopat monarchique de l’époque apostolique et l’attribuer à une évolution postérieure étrangère à ces Apôtres en deviendraient encore moins convaincantes. À ce sujet, Daniel Ruiz Bueno commente :

« Cela a été longtemps l’un des autres obstacles que la critique a rencontrés pour admettre l’authenticité des lettres de saint Ignace, car, avec elles, il fallait avaler un épiscopat monarchique et une hiérarchie parfaitement définie à la fin du Iᵉʳ siècle, et voilà tombées bien des théories chères au cœur de certains. Mais les théories sont les théories, et les textes sont les textes. Or les textes des lettres ignaciennes nous attestent avec une parfaite clarté et avec une insistance répétée que chaque Église — Antioche, Smyrne, Éphèse, Tralles, Philadelphie — a à sa tête un ἐπίσκοπος, « intendant, inspecteur », autorité suprême dans la communauté, auquel s’adjoint comme dépendant et subordonné un πρεσβυτέριον, collège d’« anciens » qui l’assiste comme une sorte de « sénat », et un troisième corps de diacres ou ministres. »[26]

Il est également notoire que, dans le texte des lettres, il n’y a aucune tentative d’imposer l’épiscopat monarchique à quelque Église que ce soit. Son exhortation ne cherche pas à les inciter à s’organiser de cette manière, mais — reconnaissant la constitution déjà existante de leurs églises — il les exhorte à resserrer leurs liens avec l’évêque pour se tenir à l’écart des hérésies gnostiques qui représentaient un péril pour la foi chrétienne. À ce sujet, Daniel Ruiz Bueno commente de nouveau[27] :

« Il n’y a dans ses lettres aucune trace de ce que le régime de l’épiscopat monarchique se serait imposé par une sorte de révolution qu’il faudrait accepter ne serait-ce que pour le bien de l’Église. On n’y aperçoit pas non plus d’intention apologétique en faveur d’une institution contestée, dont il faudrait, comme l’évêque de Rome l’a fait à l’égard des Corinthiens séditieux, rappeler les origines divines à ceux qui les ignorent ou les oublient. Il s’agit d’un fait qui se justifie de lui-même parce qu’il fait partie de la conscience chrétienne ; mais un fait est l’évêque, comme un fait est le collège des anciens ou presbytres, un fait les diacres, et un fait la subordination — si bellement exprimée par les plus claires images — de ces trois ordres de la hiérarchie de l’Église. Ce fait, nul ne le discute, et il n’est pas question d’assurer un ordre nouveau ni de l’étayer apologétiquement. »[28]

Le fait que saint Ignace reconnaisse déjà, au début du IIᵉ siècle, un épiscopat monarchique dans toutes les églises à qui il écrit, ne rend guère plausible l’hypothèse d’une institution qui viendrait d’être imposée. À ce sujet, Jesús Álvarez Gómez[29] commente :

« Puisque saint Ignace d’Antioche ne prétend introduire aucune innovation, il faudra conclure que cette triple hiérarchie était admise quelques décennies auparavant, au moins dans les communautés de Syrie. »[30]

Mais si tel est le cas, on peut se demander : qui plaça dans leur charge tous ces évêques ? Nous savons que bon nombre de ces églises — comme Philadelphie, Éphèse, ou même Smyrne — furent placées sous la surveillance de l’Apôtre saint Jean, qui nomma personnellement saint Polycarpe, l’un des évêques destinataires. Saint Ignace lui-même fut nommé par des Apôtres (saint Pierre et saint Paul). L’hypothèse selon laquelle une « évolution » aussi soudaine se serait produite sous les yeux mêmes des Apôtres sans qu’ils y aient eu part ne paraît guère plausible.

Il n’est pas plus plausible que l’épiscopat monarchique soit une réalité adoptée exclusivement par les églises destinataires ; au contraire, saint Ignace exprime la conviction que telle est la situation de toutes les églises du monde lorsqu’il parle des « évêques, établis jusqu’aux confins de la terre »[31]. Et nous avons vu qu’à ses yeux le mot « évêque » revêt un sens monarchique indiscutable.

De plus, il n’est pas possible de trouver la moindre trace d’une quelconque contestation de cette institution. À ce propos, l’historien Alphonse Van Hove explique :

« La meilleure preuve de l’existence, à cette date ancienne, de l’épiscopat monarchique est que, à la fin du IIᵉ siècle, on ne relève aucune trace d’un changement d’organisation. Un tel changement aurait privé le collège des presbytres-évêques de son autorité souveraine ; et il est presque impossible de comprendre comment ce corps aurait accepté d’être dépouillé partout de son autorité sans laisser, dans les documents contemporains, la moindre trace d’une protestation contre un changement aussi considérable. Si l’épiscopat monarchique n’avait commencé qu’au milieu du IIᵉ siècle, il serait impossible de comprendre comment, à la fin du IIᵉ siècle, étaient généralement connues et reçues les listes épiscopales de nombreux diocèses importants qui faisaient remonter la succession des évêques aussi loin que le Iᵉʳ siècle. Tel fut, par exemple, le cas de Rome. »[32]

Saint Ignace et l’Église de Rome

Dans toutes ses épîtres, saint Ignace nomme presque tous les évêques par leur nom (Onésime à Éphèse, Polycarpe à Smyrne, Damas à Magnésie, Polybe à Tralles) ; dans sa lettre à l’Église romaine, en revanche, il ne nomme aucun évêque. Les protestants voient habituellement dans cette omission la preuve qu’il n’y avait pas à Rome d’épiscopat monarchique. Or, il ne nomme pas davantage un collège de presbytres ; il n’adresse même pas sa lettre à quelqu’un qui occuperait un poste d’autorité dans l’Église de Rome. Pour trouver la raison, il faut examiner le contexte : l’Empire romain a fait prisonnière l’une des têtes de la chrétienté, le célèbre Ignace, évêque du premier Siège de saint Pierre ; devant lui, tous les évêques destinataires — à l’exception de l’évêque de Rome — auraient été considérés comme de petits poissons. Il n’eût pas été prudent d’identifier par son nom, dans une lettre, précisément l’évêque de Rome, la principale église de la chrétienté, située dans la ville même où il était conduit pour y être martyrisé.

On ne peut pas non plus manquer de remarquer que le ton employé par saint Ignace pour s’adresser à l’Église romaine diffère substantiellement de celui employé avec les autres. Pour lui, Rome est « l’Église qui a obtenu miséricorde dans la magnificence du Père Très-Haut et de Jésus-Christ son Fils unique ; celle qui est aimée et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu toutes les choses qui existent, selon la foi et la charité de Jésus-Christ notre Dieu ; Église, de plus, qui préside dans la capitale du territoire des Romains ; digne de Dieu, digne de tout honneur, digne de toute béatitude, digne de louange, digne d’obtenir tout ce qu’elle désire, digne de toute sainteté ; et placée à la tête de la charité. »[33]

Ainsi, tandis qu’il demande à toutes les églises auxquelles il écrit de prier pour son église d’Antioche, jamais il ne la confie à une autre église, mais seulement à Rome qui, selon ses propres mots, « préside dans la charité ».

Le témoignage d’Irénée de Lyon (130 – 202 ap. J.-C.)

Le témoignage du plus grand théologien de son siècle[34] n’est pas de peu d’importance, d’autant qu’il tient son contact avec l’ère apostolique d’avoir été disciple de saint Polycarpe, lequel fut à son tour disciple direct de saint Jean lui-même. Il assure que toutes les Églises apostoliques peuvent énumérer leurs successions d’évêques, mais, pour ne point s’étendre, il se borne à recueillir la succession de l’Église de Rome :

« Tous ceux qui désirent discerner la vérité peuvent contempler dans toutes les églises la tradition apostolique qui se manifeste dans le monde entier. Nous pouvons énumérer ceux que les Apôtres ont institués comme évêques dans les églises ainsi que leurs successeurs jusqu’à nos jours : ils n’ont rien enseigné ni rien connu qui ressemblât au délire de ces gens (c’est-à-dire les gnostiques). »[35]

« Mais comme il serait trop long, dans un volume comme celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les églises, nous nous bornerons à la plus grande, à la plus ancienne et à la plus connue de toutes, fondée et établie à Rome par les deux très glorieux Apôtres Pierre et Paul, en montrant que la tradition reçue des Apôtres et la foi qu’elle a annoncée aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par les successions d’évêques. Cela servira à confondre tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre — que ce soit par satisfaction propre ou par vaine gloire, par aveuglement ou par erreur — tiennent des assemblées non autorisées.

« Car, en raison de son autorité éminente, il est nécessaire que toute église — c’est-à-dire les fidèles qui sont partout — s’accorde avec cette Église, parce que c’est en elle que la tradition apostolique a toujours été conservée par ceux qui sont partout. »[36]

Tertullien (160 – 220 ap. J.-C.)

De la même manière que les Pères, Tertullien[37] trouve dans la succession des évêques la garantie assurée pour retrouver la doctrine orthodoxe : ce sont eux qui transmettent intégralement l’enseignement qu’ils ont reçu des Apôtres.

« Au reste, si certaines [hérésies] osent s’insérer dans l’âge apostolique pour paraître avoir été transmises par les Apôtres, au motif qu’elles ont existé au temps des Apôtres, nous pouvons leur dire : que les origines de leurs églises les publient donc, qu’elles déroulent la liste de leurs évêques, de telle sorte qu’à travers la succession qui remonte depuis le commencement, ce premier évêque ait eu comme garant et prédécesseur l’un des Apôtres ou l’un des hommes apostoliques qui ait persévéré avec les Apôtres.

En effet, c’est ainsi que les Églises apostoliques font connaître leurs origines : comme l’Église de Smyrne raconte que Polycarpe fut établi par Jean, comme celle de Rome que Clément fut ordonné par Pierre. 3. De la même manière, certes, les autres Églises montrent aussi quels rejetons d’une semence apostolique elles possèdent, destinés à l’épiscopat par les Apôtres. 4. Que les hérétiques imaginent quelque chose de semblable. Car, après tant de blasphèmes, qu’est-ce qui leur serait illicite ? »[38]

Eusèbe de Césarée et le témoignage d’Hégésippe

Considéré comme le père de l’histoire de l’Église, Eusèbe recueille dans son Histoire ecclésiastique les successions d’évêques des quatre grands centres de l’Église primitive : Jérusalem, Antioche, Alexandrie et Rome. Grâce à lui, nous devons aussi la conservation d’extraits d’écrits primitifs aujourd’hui perdus, qui autrement auraient disparu. Parmi les sources recueillies par Eusèbe figurent des extraits des écrits d’Hégésippe, qui non seulement atteste l’existence d’épiscopats monarchiques à l’époque apostolique — mentionnant Jacques comme chef de l’Église de Jérusalem —, mais recueille encore la succession des évêques de Rome.

« Hégésippe, qui appartient à la génération postérieure à celle des Apôtres, écrit dans le livre V de ses Mémoires : « L’Église passa à Jacques, le frère du Seigneur, avec les Apôtres. » »[39]

« Après être arrivé à Rome, j’ai recueilli la succession jusqu’à Anicet, dont Éleuthère était le diacre. Anicet eut pour successeur Soter, et celui-ci, à son tour, Éleuthère. »[40]

Que Hégésippe, à une époque aussi ancienne, se réfère à la succession des évêques au singulier ne doit pas surprendre : il s’accorde simplement en cela avec ce que soutiennent saint Ignace, saint Irénée et toute la Tradition. De même qu’il n’y a nulle trace de quiconque ayant contesté en quoi que ce soit l’institution de l’épiscopat monarchique, il n’en existe pas davantage de qui que ce soit ayant contesté que les évêques de Rome ne fussent pas vraiment évêques, et moins encore qu’ils ne fussent pas successeurs de Pierre.

L’Épiscopat monarchique dans la Bible

On a déjà dit que, tant dans le Nouveau Testament que dans certains textes patristiques primitifs, les mots « évêque » et « presbytre » étaient employés comme synonymes, et que c’est à partir d’Ignace d’Antioche que le mot « évêque » se mit à être appliqué à ce presbytre qui était à la tête de la communauté. Cela n’empêche que l’Écriture offre suffisamment d’éléments pour trouver l’institution de l’épiscopat monarchique par les Apôtres.

Une explication didactique nous est donnée par l’historien George Hayward Joyce :

« Il reste à examiner si l’épiscopat dit « monarchique » fut institué par les Apôtres. En dehors de l’établissement d’un collège de presbytres-évêques, placèrent-ils un homme en position de suprématie, lui confiant le gouvernement de l’Église et lui conférant l’autorité apostolique sur la communauté chrétienne ? Même si nous ne prenons en compte que le seul témoignage des Écritures, il y a là un fondement suffisant pour répondre affirmativement à cette question. Dès le temps de la dispersion des Apôtres, Jacques apparaît en relation épiscopale avec l’Église de Jérusalem (Ac 12, 17 ; 15, 13 ; Ga 2, 12). Dans les autres communautés chrétiennes, l’institution des évêques « monarchiques » fut un développement un peu postérieur. Au commencement, les Apôtres eux-mêmes exerçaient, semble-t-il, toutes les tâches de surveillance suprême. Ils établirent cette charge lorsque les besoins croissants de l’Église l’exigèrent. Les Épîtres pastorales ne laissent aucun doute sur le fait que Timothée et Tite furent envoyés comme évêques à Éphèse et en Crète respectivement. À Timothée furent accordés de pleins pouvoirs apostoliques. Nonobstant sa jeunesse, il a autorité tant sur les clercs que sur les laïcs. On lui confie la tâche de garder la pureté de la foi de l’Église, d’ordonner des prêtres, d’exercer la juridiction. De plus, l’exhortation que saint Paul lui adresse de « garder le commandement sans tache ni reproche jusqu’à l’apparition de Notre Seigneur Jésus-Christ » montre qu’il ne s’agit pas d’une mission transitoire. Une telle mission expresse inclut dans sa portée, non pas Timothée seul, mais ses successeurs dans une charge qui doit durer jusqu’au Second Avènement. La tradition locale le reconnut sans aucun doute parmi les titulaires du siège épiscopal. Au concile de Chalcédoine, l’Église d’Éphèse comptait une succession de vingt-sept évêques commençant par Timothée (Mansi, VII, 293 ; cf. Eusèbe, Hist. eccl., III, iv, v).

Ce ne sont pas là les seules indications que le Nouveau Testament fournit de l’épiscopat monarchique. Dans l’Apocalypse, les « anges » à qui sont adressées les lettres des sept Églises sont presque certainement les évêques des communautés respectives. Certains commentateurs, en réalité, ont soutenu qu’ils étaient les personnifications des communautés elles-mêmes. Mais cette explication ne peut guère se soutenir. Saint Jean, partout, se réfère à l’ange comme au responsable de la communauté, précisément comme il se réfèrerait à son gouvernant. De plus, dans le symbolisme du chapitre 1, les deux sont représentés sous des images différentes : les anges sont les étoiles dans la main droite du Fils de l’homme ; les sept lampadaires sont l’image qui représente les communautés. Le terme même d’« ange », faut-il noter, est pratiquement synonyme d’« apôtre » ; aussi est-il justement choisi pour désigner la charge épiscopale. De nouveau, les messages à Archippe (Col 4, 17 ; Phm 2) laissent entendre qu’il occupait une position de dignité particulière, supérieure à celle des autres presbytres. Sa mention dans une lettre entièrement consacrée à une affaire privée, comme celle à Philémon, n’est guère explicable à moins qu’il n’ait été le chef officiel de l’Église de Colosses. Nous avons donc quatre indications importantes de l’existence d’une charge dans les Églises locales, occupée par une seule personne et comportant une autorité apostolique. Aucune difficulté ne peut naître du fait que, jusqu’ici, aucun titre particulier ne distingue ces successeurs des Apôtres des presbytres ordinaires. Il est dans la nature des choses que la charge existât avant qu’on lui assignât un titre. Le nom d’« Apôtre », comme nous l’avons vu, ne se limita pas aux Douze. Saint Pierre (1 P 5, 1) et saint Jean (2 Jn 1 ; 3 Jn 1) parlent d’eux-mêmes tous deux comme des « presbytres ». Saint Paul parle de l’apostolat comme d’une diakonia. Un cas parallèle dans l’histoire ecclésiastique postérieure est fourni par le mot « Pape ». Ce titre ne fut pas réservé à l’usage exclusif du Saint-Siège avant le XIᵉ siècle ; et pourtant nul ne soutient que la primauté suprême de l’évêque de Rome n’ait été reconnue qu’à partir de là. Il ne faut donc pas s’étonner qu’une terminologie précise, distinguant les évêques, au sens propre, des presbytres-évêques, ne se retrouve pas dans le Nouveau Testament. »[41]

Conclusions

Malgré tout cela, l’argument protestant n’a guère de force, car il repose sur la supposition que les premiers chrétiens — parmi lesquels d’illustres Pères de l’Église et des disciples directs des Apôtres — étaient des menteurs qui n’auraient eu aucun scrupule à falsifier et à inventer des listes d’évêques. Bien entendu, il ne manquera pas de gens pour vernir ces hypothèses d’opinions de théologiens et d’historiens choisies de manière sélective ; mais cela ne doit pas nous empêcher d’aller aux sources primaires et d’en tirer nos propres conclusions.

Notes

  1. J’ai ici paraphrasé un extrait d’un commentaire du protestant en question afin d’en rendre la lecture plus fluide.
  2. Hans Küng, par exemple, défend l’avortement comme un droit de la femme ainsi que le mariage des homosexuels. Raymond Brown soutient que de nombreux passages de l’Évangile de Luc ne sont pas historiques.
  3. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos (Pères apostoliques), BAC 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 422.
  4. José Orlandis, Breve Historia del Cristianismo (Brève histoire du christianisme), Ediciones RIALP, sixième édition, Madrid 1999, p. 25-26.
  5. Il est vrai qu’autre chose est le développement progressif d’une doctrine, autre chose son origine.
  6. Saint Ignace est l’un des Pères apostoliques en raison de son contact direct avec l’ère apostolique. Né approximativement entre les années 30 et 35 ap. J.-C., il fut disciple direct des saints Apôtres Pierre et Paul.
  7. James White est un pasteur baptiste réformé, directeur d’Alpha and Omega Ministries, organisation consacrée à l’apologétique protestante. Il est l’auteur de plus de vingt livres.
  8. James White, Exegetica: Roman Catholic Apologists Practice Eisegesis in Scripture and Patristics.
  9. Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens I, 3. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos, BAC 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 448.
  10. Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens III, 2. Ibid., p. 449.
  11. Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens IV, 1. Ibid., p. 449-450.
  12. Ignace d’Antioche, Lettre aux Magnésiens II ; III, 1. Ibid., p. 460-461.
  13. Ignace d’Antioche, Lettre aux Magnésiens VI, 1. Ibid., p. 462.
  14. Ignace d’Antioche, Lettre aux Magnésiens XIII, 1. Ibid., p. 466.
  15. Ignace d’Antioche, Lettre aux Magnésiens VII, 1. Ibid., p. 463.
  16. Ignace d’Antioche, Lettre aux Magnésiens XV, 1. Ibid., p. 466-467.
  17. Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens I, 1. Ibid., p. 467.
  18. Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens III, 1. Ibid., p. 468-469.
  19. Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens XII, 2. Ibid., p. 472-473.
  20. Ignace d’Antioche, Lettre aux Philadelphiens, inscription et I, 1. Ibid., p. 481.
  21. Ignace d’Antioche, Lettre aux Philadelphiens III, 2. Ibid., p. 483.
  22. Ignace d’Antioche, Lettre à Polycarpe, inscription. Ibid., p. 496.
  23. Ignace d’Antioche, Lettre à Polycarpe VI, 1. Ibid., p. 500.
  24. Ignace d’Antioche, Lettre aux Smyrniotes VIII, 1-2. Ibid., p. 493.
  25. Ignace d’Antioche, Lettre aux Smyrniotes XII, 2. Ibid., p. 495.
  26. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos (Pères Apostoliques), Biblioteca de Autores Cristianos 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 421-422.
  27. Prêtre, théologien et historien, bien connu pour ses traductions et ses travaux patristiques et philosophiques, il fut proclamé par une autorité reconnue « comme l’une des personnes les mieux qualifiées pour rendre les textes grecs en un castillan élégant et coulant » (M. F. Galiano, Emerita XVI [1948], p. 334).
  28. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos, BAC 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 422-423.
  29. Missionnaire clarétain, docteur en histoire de l’Église de l’Université grégorienne (Rome) et professeur d’archéologie chrétienne à la Faculté de théologie « San Dámaso » de Madrid.
  30. Jesús Álvarez Gómez, Historia de la Iglesia (Histoire de l’Église), t. I : Edad Antigua, Biblioteca de Autores Cristianos, Madrid 2001, p. 121.
  31. Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens III, 2. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos, BAC 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 449.
  32. Van Hove, Alphonse. Bishop, The Catholic Encyclopedia, vol. 2, New York, Robert Appleton Company, 1907.
  33. Ignace d’Antioche, Lettre aux Romains, inscription. Daniel Ruiz Bueno, Padres Apostólicos, BAC 65, cinquième édition, Madrid 1985, p. 474.
  34. Selon Quasten, qui ajoute qu’il naquit probablement entre les années 140 et 160.
  35. Irénée de Lyon, Contre les hérésies 3, 3, 1. Johannes Quasten, Patrología (Patrologie) I, Biblioteca de Autores Cristianos 206, cinquième édition, Madrid 1995, p. 301-302.
  36. Irénée de Lyon, Contre les hérésies 3, 3, 2. Ibid., p. 303.
  37. Dans sa période orthodoxe, car il embrassa plus tard l’hérésie du montanisme.
  38. Tertullien, De praescriptione haereticorum (Prescriptions contre les hérétiques) XXXII, 1-2. Salvador Vicastillo, Fuentes Patrísticas 14, Editorial Ciudad Nueva, Madrid 2001, p. 253-255.
  39. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II, 23. Paul L. Maier, Eusebio, Historia de la Iglesia, Editorial Portavoz, Michigan 1999, p. 81.
  40. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique IV, 22. Ibid., p. 157.
  41. G. H. Joyce, « Church », The Catholic Encyclopedia, vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908.