Compendium d’Apologétique Catholique

Brève liste des Pères de l’Église et des écrivains ecclésiastiques

La Didachè ou doctrine des douze Apôtres

C’est l’un des écrits chrétiens non canoniques les plus anciens du groupe des Pères apostoliques, considéré antérieur à de nombreux écrits du Nouveau Testament. On l’associe à la décennie allant de l’an 65 à l’an 80 de l’ère chrétienne.

Clément de Rome (?-101 apr. J.-C.)

Saint Clément de Rome fut évêque de Rome et troisième successeur de saint Pierre. À l’époque de son pontificat, il dut faire face à un grave problème : une partie de la communauté de Corinthe avait cessé d’obéir à ses légitimes pasteurs. C’est pourquoi il leur adressa une lettre, connue sous le nom d’Épître de Clément aux Corinthiens, où il les admonestait de se soumettre à leurs pasteurs, et où il intervenait dans les affaires de l’Église de Corinthe avec un autorité indiscutable.

Martyre de Polycarpe (155 apr. J.-C.)

C’est une lettre appartenant au groupe des Pères apostoliques, écrite par l’Église de Smyrne à la communauté de Philomène, dans laquelle est raconté le martyre de Polycarpe. C’est le récit le plus ancien connu d’un martyre chrétien.

Papias de Hiérapolis (69-150 apr. J.-C.)

L’un des Pères apostoliques canonité comme saint. Il naquit en l’an 69 et mourut en l’an 150. Il fut disciple de saint Jean et ami de Polycarpe. Son principal ouvrage, l’Explication des oracles du Seigneur en cinq livres, n’est conservé qu’en fragments.

Le Pasteur d’Hermas (141-155 apr. J.-C.)

Le « Pasteur d’Hermas » est un livre qui fut très apprécié dans l’Église primitive, au point que certains Papes et Pères de l’Église le recommandèrent pour la lecture au sein de l’Église.

Ignace d’Antioche (?-107 apr. J.-C.)

Disciple de Pierre et de Paul, deuxième évêque d’Antioche et martyr sous le règne de Trajan environ en l’an 107. Ce qui est digne d’attention chez ce Père de l’Église, c’est que dans les sept lettres qu’il écrit en chemin vers son martyre, il insiste constamment sur la primauté et l’unité de l’Église dans la personne de l’évêque.

Justin Martyr (100-168 apr. J.-C.)

Martyr de la foi chrétienne vers l’an 165 (décapité), il est considéré comme le plus grand apologète du IIe siècle.

Perpétue (181-203 apr. J.-C.)

Sainte Perpétue fut une martyre chrétienne martyrisée en l’an 203 avec cinq autres chrétiens : Félicitas, Revocatus, Saturninus, Secundulus et Saturus. Elle est connue notamment pour la rédaction partielle de son propre journal de prison.

Théophile d’Antioche (?-~200 apr. J.-C.)

Grâce à l’ancien historien de l’Église Eusèbe de Césarée, nous savons qu’il fut évêque d’Antioche, le sixième après les Apôtres. C’est à lui qu’on doit la première utilisation connue du mot « Trinité » en théologie.

Tertullien (160-220 apr. J.-C.)

Né environ en l’an 160 et mort vers l’an 220. Tertullien n’est pas considéré comme un Père de l’Église au sens strict, mais comme un écrivain ecclésiastique, car il tomba dans l’hérésie du montanisme sur la fin de sa vie. Cependant, ses écrits antérieurs à cette chute demeurent extrêmement précieux.

Origène (185-254 apr. J.-C.)

Origène fut écrivain ecclésiastique, théologien et commentateur biblique. Il vécut à Alexandrie jusqu’en l’an 231, passa les dernières années de sa vie à Césarée de Palestine et fut torturé sous Dece. Il ne reçut pas le titre de Père de l’Église en raison de certaines propositions théologiques qui furent déclarées hérétiques après sa mort.

Athénagore d’Athènes (IIe siècle)

Apologète chrétien primitif reconnu du IIe siècle. Il dut se convertir au christianisme après avoir suivi les études philosophiques platoniciennes. Ses écrits défendent les chrétiens contre les accusations de cannibalisme, d’athéisme et d’inceste.

Grégoire le Thaumaturge (213-270 apr. J.-C.)

Né à Néocésarée en l’an 213 dans une famille noble. Il s’appelait Théodore et reçut au baptisme, à l’âge de 14 ans, le nom de Grégoire. Évêque de Néocésarée en Pont, il reçut le surnom de Thaumaturge (« faiseur de miracles ») pour le grand nombre de miracles attribués à son intercession.

Irénée de Lyon (130-202 apr. J.-C.)

Saint Irénée (évêque et martyr) fut disciple de saint Polycarpe, qui était lui-même disciple de l’Apôtre saint Jean. Il est célèbre pour son œuvre contre les gnostiques : Contre les hérésies (Adversus haereses).

Abercius de Hiérapolis (?-200 apr. J.-C.)

On sait de saint Abercius qu’il fut évêque de Hiérapolis dans la deuxième moitié du IIe siècle et au début du IIIe. On ignore la date de sa naissance. Il est surtout connu pour son inscription funéraire, découverte en 1883, et qui est considérée comme l’un des plus anciens monuments de littérature chrétienne.

Clément d’Alexandrie (150-217 apr. J.-C.)

Né vers l’an 150, probablement à Athènes, de parents païens. Après s’être fait chrétien, il voyagea dans le sud de l’Italie, en Syrie et en Palestine. Il fut le maître d’Origène.

Sa connaissance des écrits païens et de la littérature chrétienne est remarquable ; selon Johannes Quasten, ses œuvres contiennent des citations de quelque 360 auteurs anciens, et il est le premier à citer presque tous les livres du Nouveau Testament.

Hippolyte de Rome (?-235 apr. J.-C.)

On ne connaît ni le lieu ni la date de sa naissance, bien qu’on sache qu’il fut disciple de saint Irénée de Lyon. Sa grande connaissance des Saintes Écritures et de la littérature profane lui valut une grande réputation.

À l’occasion du problème de la réadmission dans l’Église de ceux qui avaient apostasié lors d’une persécution, éclata un schisme à Rome dont Hippolyte fut le chef. Il mourut en exil, et après sa mort fut vénéré comme martyr.

Cyprien de Carthage (200-258 apr. J.-C.)

Évêque de Carthage né vers l’an 200, probablement à Carthage, dans une famille riche et cultivée. Dans sa jeunesse, il se consacra à l’enseignement de la rhétorique, et il était déjà âgé quand il se convertit au christianisme. Peu après avoir été baptisé, il fut ordonné prêtre, puis, à la mort de l’évêque de Carthage, il fut élu évêque malgré son peu d’expérience.

Firmilien de Césarée (?-268 apr. J.-C.)

Évêque de Césarée et disciple d’Origène. On ne conserve de lui qu’une lettre adressée à saint Cyprien, dans laquelle il se déclare entièrement d’accord avec lui sur la question du baptisme des hérétiques.

Lactance (250-317 apr. J.-C.)

Appelé le Cicéron chrétien pour son élégant maniement de la langue latine, Lucius Caecilius Firmianus Lactantius naquit en Afrique du Nord. On ignore ses origines familiales et la date exacte de sa mort. Ses œuvres, notamment les Institutions divines, furent très influentes dans la pensée chrétienne.

Eusèbe de Césarée (263-340 apr. J.-C.)

Théologien et historien né en l’an 263 et mort en l’an 340. Il est considéré comme l’Hérodote de l’histoire de l’Église, en raison de son œuvre fondamentale : l’Histoire ecclésiastique. Favorable à l’emper eur Constantin, il fut présent au Concile de Nicée.

Jacques de Nisibe (?-328 apr. J.-C.)

Depuis les temps anciens, on le considère comme une figure très importante et vénérée en Orient, où presque toutes les Églises célèbrent sa fête. Il reçut une éducation solide et fut évêque de Nisibe en Mésopotamie.

Athanase d’Alexandrie (295-373 apr. J.-C.)

Saint, évêque d’Alexandrie et proclamé docteur de l’Église en 1568 par Pie V. Né en Égypte, à Alexandrie, vers l’an 295. Il est surtout connu pour sa défense du Concile de Nicée et son opposition à l’arianisme, ce qui lui valut cinq exils.

Hilaire de Poitiers (315-367 apr. J.-C.)

Saint Hilaire naquit en l’an 315 et mourut environ en l’an 367. Il fut évêque de Poitiers, dans les Gaules (la France actuelle). Il fut banni en Phrygie de 356 à 360 pour son opposition à l’arianisme. Il est l’auteur de nombreuses œuvres théologiques.

Ambrosiaster (366-384 apr. J.-C.)

C’est un livre anonyme, connu sous ce nom depuis Erasme, qui contient un important commentaire sur les épîtres de saint Paul. On lui attribue également des Questions sur l’Ancien et le Nouveau Testament.

Jean Chrysostome (347-407 apr. J.-C.)

Saint, patriarche de Constantinople et docteur de l’Église, né à Antioche, Syrie, en l’an 347, il est considéré comme l’un des plus grands prédicateurs de l’histoire de l’Église. Il reçut le surnom de Chrysostome (« bouche d’or ») pour l’excellence de son éloquence.

Jérôme (340-420 apr. J.-C.)

L’un des quatre docteurs originaux de l’Église latine. Père des sciences bibliques et traducteur de la Bible en latin (la Vulgate), qui est la version latine de référence de l’Église catholique. En outre, il réalisa aussi une traduction en latin de nombreux livres de l’Église orientale.

Cyrille d’Alexandrie (370-444 apr. J.-C.)

C’est l’un des Saints Pères les plus célèbres de l’ancienne Église orientale. Il fut pendant trente-deux ans patriarche d’Alexandrie. Il est surtout connu pour avoir défendu le titre de Théotokos (« Mère de Dieu ») pour la Vierge Marie au Concile d’Éphèse.

Didyme l’Aveugle

Écrivain ecclésiastique et chef de l’école catéchétique d’Alexandrie. Il était considéré comme un guide doctrinal et spirituel de premier plan. Après sa mort, certaines de ses positions théologiques furent condamnées.

Basile de Césarée (329-379 apr. J.-C.)

Saint et évêque de Césarée, docteur de l’Église, né en l’an 330 et mort en l’an 379. Il est reconnu comme l’un des grands Pères cappadociens avec Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse. Il œuvra activement contre l’arianisme et fonda de nombreux établissements de charité.

Augustin d’Hippone (354-430 apr. J.-C.)

Saint et docteur de l’Église, il est reconnu comme l’un des quatre docteurs les plus éminents de l’Église latine. Né en Numidie (Afrique du Nord) en l’an 354 et mort en l’an 430. Ses œuvres, en particulier les Confessions et la Cité de Dieu, ont exercé une influence immense sur toute la pensée chrétienne.

Ephrem de Syrie (306-373 apr. J.-C.)

Saint Ephrem fut un diacre de l’Église en Syrie, né vers l’an 306 à Nisibe, ville de Mésopotamie. Saint Ephrem est le plus grand poète-théologien de la tradition syriaque. Ses hymnes et ses commentaires bibliques sont d’une grande richesse spirituelle.

Aphraate le Syrien (?-350 apr. J.-C.)

Le plus ancien des Pères de l’Église de Syrie, appelé « le Sage perse » par les écrivains syriens ultérieurs. Peu de chose sont connues de sa vie, mais ses Éxposés ou Homiliae, au nombre de 23, témoignent d’une profonde connaissance de la Bible.

Épiphane de Salamine

Né environ en l’an 315 et mort en l’an 403. Il fut fait évêque de Salamine et, par conséquent, métropolitain de Chypre. Son œuvre la plus connue est le Panarion (ou Médicament contre toutes les hérésies), un catalogue de 80 hérésies avec une réfutation de chacune.

Basile de Séleucie (?-469 apr. J.-C.)

Il fut archevêque de Séleucie environ depuis l’an 440. Il agit de manière étrange lors des événements qui aboutirent au Concile de Chalcédoine, mais se rallia à ce concile. Quelques-uns de ses homélies et de ses écrits nous sont parvenus.

Cyrille de Jérusalem (315-386 apr. J.-C.)

Né à Jérusalem ou dans ses environs, vers l’an 313 ou 315, on estime qu’il mourut en l’an 386. Il fut Père de l’Église et évêque de Jérusalem. Il est surtout connu pour ses Catéchèses, des instructions sur les sacrements de l’initiation chrétienne, qui constituent une source précieuse pour connaître la liturgie du IVe siècle.

Grégoire de Nazianze (329-390 apr. J.-C.)

Il fut appelé le Démosthène chrétien pour son éloquence et est connu dans l’Église orientale sous le nom de « le Théologien », pour la profondeur de ses réflexions sur la Trinité. Il fut évêque de Nazianze et ensuite de Constantinople.

Grégoire de Nysse (331-394 apr. J.-C.)

Né entre 331 et 335. Il fut professeur de rhétorique, puis, encouragé par ses amis, et en particulier par celui qui allait devenir son illustre frère aîné, Basile de Césarée, il entra dans la vie ecclésiastique. Il est l’un des plus importants représentants de la myst ique chrétienne des premiers siècles.

Ambroise de Milan

Considéré comme l’un des quatre grands docteurs de l’Église d’Occident. Né à Trèves, probablement en l’an 340 et mort en l’an 397. Il fut gouverneur de Milan avant d’être élu évêque par acclamation populaire, alors même qu’il n’était encore que catéchumène.


Nil d’Ancyre

Il était abbé ou archimandrite d’un monastère près d’Ancyre (Ankara), vécut à la fin du IVe siècle et au début du Ve. Il fut un des plus éminents disciples de Jean Chrysostome et l’auteur de nombreux écrits ascatétiques et de lettres.

Théodoret de Cyr

Né à Antioche vers l’an 393 et éduqué dans les monastères de cette ville. En l’an 433, il fut élu évêque de Cyr. Grand commentateur des Écritures, il prit part aux controverses christologiques de son temps.

Léon Ier le Grand (400-461 apr. J.-C.)

Né dans la région de Toscane, et élevé en l’an 440 à la chaire de Pierre, il exerça son pontificat comme un véritable père de l’Église. En l’an 452, il reçut Attila au bord du Pô, dans l’intérêt de Rome et de la paix.

Grégoire Ier le Grand (540-604 apr. J.-C.)

C’est le quatrième et dernier des docteurs originaux de l’Église latine. Il défendit la primauté du Pape et œuvra pour la conversion des peuples barbares d’Europe.

Bède le Vénérable (672-735 apr. J.-C.)

Moine bénédictin au monastère de Saint-Pierre de Wearmouth (aujourd’hui partie de Sunderland), et dans son monastère frère de Jarrow, il passa toute sa vie dans ces deux monastères. Il est connu comme le « Père de l’histoire anglaise ».